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Diabète gestationnel et complications liées au RCIU : Une analyse approfondie

Le diabète gestationnel, une condition caractérisée par une intolérance au glucose qui se développe pendant la grossesse, peut entraîner diverses complications, notamment le retard de croissance intra-utérin (RCIU). Le RCIU est une condition dans laquelle un fœtus ne grandit pas au rythme normal à l'intérieur de l'utérus. Cet article explore en profondeur les liens entre le diabète gestationnel et le RCIU, ainsi que les complications qui peuvent en résulter.

Comprendre le diabète gestationnel

La grossesse modifie le métabolisme du sucre chez une femme. Certaines femmes deviennent intolérantes au glucose, voire diabétiques, avec des taux de glycémie élevés. Le dépistage du diabète gestationnel n’est pas systématique. Il doit concerner uniquement les patientes à risques. En cas de diabète, un régime spécial est institué et la prescription d’insuline est parfois nécessaire. Si le diabète n’est pas pris en charge, des complications pour le bébé peuvent survenir. Il peut en particulier être trop gros et cela peut poser des problèmes lors de l’accouchement. Il peut également présenter des hypoglycémies juste après la naissance.

Facteurs de risque

Le dépistage du diabète gestationnel n'est pas systématique, mais il est recommandé pour les patientes présentant des facteurs de risque, tels que:

  • Obésité
  • Antécédents familiaux de diabète
  • Diabète gestationnel lors d'une grossesse précédente
  • Appartenance à certains groupes ethniques

Impact du diabète gestationnel non traité

Si le diabète gestationnel n'est pas pris en charge, des complications peuvent survenir pour le bébé, notamment :

  • Macrosomie (bébé trop gros), pouvant entraîner des complications lors de l'accouchement
  • Hypoglycémie néonatale (faible taux de sucre dans le sang après la naissance)
  • RCIU

Retard de croissance intra-utérin (RCIU)

Le RCIU correspond à la situation d’un fœtus qui ne parvient pas à atteindre son potentiel de croissance, traduisant l’existence d’une pathologie sous-jacente. L’estimation de poids fœtal est obtenue par mesure échographique de plusieurs biométries fœtales : le périmètre céphalique (PC), le périmètre abdominal (PA) et la longueur fémorale (LF). Le RCIU est associé à des complications anténatales ainsi qu’à des complications post-natales à court et long termes. Il s’agit de la deuxième cause de mortalité périnatale, avec un risque quatre fois plus élevé de décès périnatal ; il est responsable d’environ 30 % des morts fœtales in utero. En post-natal, le RCIU est associé à un risque de troubles neurodéveloppementaux que sont les altérations du volume cérébral, de la myélinisation et de la structure corticale. En ce qui concerne les conséquences à long terme, les enfants d’âge scolaire nés avec un retard de croissance ont des taux plus élevés de troubles de la cognition, de la mémoire, de l’attention et de la motricité globale.

Lire aussi: Prise en charge du diabète gestationnel

Types de RCIU

Il existe deux principaux types de RCIU :

  • RCIU harmonieux (ou symétrique, ou homogène) : concerne tous les paramètres biométriques (périmètre crânien, taille, poids). Il témoigne d’un processus pathologique survenant précocement au cours de la grossesse.
  • RCIU dysharmonieux (ou asymétrique) : le plus fréquent (80 %), concerne essentiellement le poids (périmètre abdominal) et la croissance céphalique est conservée.

Causes du RCIU

Les causes peuvent être intrinsèques ou extrinsèques, mais dans 20 % des cas la cause reste inconnue. Les causes vasculaires, également appelées insuffisance placentaire ou anomalies de la fonction placentaire, concernent la moitié des RCIU. Ils surviennent avant 32 SA et représentent environ 20 à 30 % des cas ; leur physiopathologie correspond à une anomalie de remodelage vasculaire myométriale et villositaire. Le RCIU est sévère et le risque de mortalité fœtale intra-utérine (MFIU) survient tardivement par rapport au diagnostic de RCIU. Les RCIU tardifs, survenant après 32 SA, représentent 70 à 80 % des cas ; leur physiopathologie correspond à une sénescence placentaire. Le RCIU est modéré et le risque de MFIU survient plus précocement après le diagnostic de RCIU. Il s’agit d’un ralentissement de croissance chez un fœtus de poids plus élevé, avec des besoins nutritionnels importants. Parmi les origines chromosomique et génétique, on retrouve en premier lieu la triploïdie et la trisomie 18, constituant environ 10 % des RCIU. Les infections à cytomégalovirus (CMV) et la toxoplasmose sont les plus fréquentes. Une sérologie CMV peut être demandée en pratique courante en cas de dépistage de RCIU. En cas de sérologie toxoplasmique négative, une surveillance mensuelle est recommandée et permet de détecter précocement les séroconversions.

Diagnostic du RCIU

Durant la grossesse, l’échographie fœtale associée à la mesure de la hauteur utérine, permet de détecter la présence d’un RCIU. L’échographie surveille la circonférence céphalique, le diamètre bipariétal et abdominal transverse, la longueur du fémur et du pied. Un doppler est effectué sur les artères utérines, ombilicales et cérébrales.

Impact à long terme du RCIU

Il existe une réduction de la taille finale d’environ une déviation standard chez les sujets atteints d’un RCIU, le risque de retard de la taille est 7 fois plus élevé chez les sujets nés avec un RCIU. Sept à 10 % des enfants nés avec un RCIU conservent un retard de croissance définitif dès la 3ème année de vie, en dessous de 2 déviations standards des courbes de référence. Il n’existe aucun facteur prédictif de la qualité du rattrapage.

Liens entre le diabète gestationnel et le RCIU

Le diabète gestationnel peut contribuer au RCIU en affectant le flux sanguin vers le placenta. Lorsque le diabète gestationnel n'est pas bien contrôlé, il peut entraîner une hyperglycémie (taux de sucre élevé dans le sang) chez la mère. Cette hyperglycémie peut endommager les vaisseaux sanguins, y compris ceux qui irriguent le placenta. Un placenta endommagé peut ne pas être en mesure de fournir suffisamment d'oxygène et de nutriments au fœtus, ce qui peut entraîner un RCIU.

Lire aussi: Causes et symptômes du diabète insipide chez l'enfant

Prise en charge et prévention

La prise en charge du diabète gestationnel est essentielle pour minimiser le risque de complications, y compris le RCIU. La prise en charge peut comprendre :

  • Surveillance glycémique : Les femmes atteintes de diabète gestationnel doivent surveiller régulièrement leur taux de sucre dans le sang pour s'assurer qu'il se situe dans une plage cible.
  • Régime alimentaire : Un régime alimentaire sain et équilibré est essentiel pour contrôler la glycémie. Les femmes atteintes de diabète gestationnel doivent consulter un diététiste pour élaborer un plan de repas personnalisé.
  • Exercice physique : L'exercice physique régulier peut aider à améliorer la sensibilité à l'insuline et à contrôler la glycémie.
  • Médicaments : Dans certains cas, des médicaments tels que l'insuline peuvent être nécessaires pour contrôler la glycémie.

En plus de la prise en charge du diabète gestationnel, des mesures peuvent être prises pour prévenir le RCIU, telles que :

  • Soins prénatals réguliers : Des visites prénatales régulières permettent aux professionnels de la santé de surveiller la croissance et le développement du fœtus et de détecter tout problème potentiel à un stade précoce.
  • Adoption d'un mode de vie sain : Adopter un mode de vie sain, comprenant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et l'absence de tabagisme et de consommation d'alcool, peut favoriser une grossesse saine et réduire le risque de RCIU.

Témoignage

Voici le témoignage très émouvant d’une maman sur sa grossesse ponctuée de complications de grossesse, d’épreuves et d’incertitudes. Elle souligne aussi la force et le courage dont font preuve ces petits bébés qui réussissent à survivre malgré un faible poids de naissance et possibles séquelles du fait de leur prématurité plus ou moins grande. « Je suis maman d’un petit garçon qui est né au mois de novembre 2020. J’ai eu une grossesse très difficile avec énormément de complications : diabète gestationnel, retard de croissance très sévère (<5%), pré-éclampsie, accouchement par césarienne d’urgence à la 31ème semaine. Il s’agit de mon premier enfant. Tout commence un merveilleux jour du mois de mai où je fais le fameux test de grossesse ! Bébé est là et nous permet de réaliser notre souhait de fonder une famille ! Nous sommes très enthousiastes et prêts à tout pour protéger cette merveille que nous aimons déjà tellement ! Très vite les choses se compliquent… Je souffre quasi immédiatement de violentes nausées qui me font perdre beaucoup de poids… Je vais extrêmement mal et rien ne peut me soulager… C’est ainsi que suite à une prise de sang, j’apprends que je fais du diabète gestationnel. C’est un coup dur car je dois faire un régime drastique et cela génère des inquiétudes pour le bébé ainsi que pour moi-même. Début juillet, mes nausées passent et surtout je revis. Je me sens bien, je reprends une vie normale et active, mon ventre s’arrondit, nous voyons notre bébé à l’échographie du 3ème mois : tout est en ordre et ce petit être nous comble déjà de bonheur ! Nous avons hâte de connaître son sexe. Cette lune de miel ne durera pas. Dès la fin du mois d’août, un saignement m’envoie aux urgences et nécessite que je reste alitée. Le premier diagnostic met en cause un raccourcissement du col mais cette théorie sera réfutée par les examens suivants. À ce jour, personne ne sait expliquer ce saignement. C’est à la deuxième échographie que tout bascule. Un retard de croissance est décelé. Cela ne nous inquiète pas plus dans un premier temps même si une deuxième échographie dans les 15 jours est programmée pour vérifier que tout va bien. Malheureusement, tout se complique, le retard est très important. Les médecins nous préparent au pire : décès probable du fœtus ou handicaps sévères. On nous demande de faire une amniocentèse pour être sûrs que tout va bien. Nous demandons donc un second avis médical qui remet en cause une éventuelle détresse fœtale. C’est rassurant. S’en suivent des semaines décisives où je dois être suivie chaque semaine à domicile et effectuer des examens de sang et d’urines régulièrement. Le retard de croissance est effectivement important mais Bébé continue de suivre sa courbe et de grossir à son rythme. On lui fait confiance. C’est alors que suite à un rdv de routine, mes examens d’urines et ma prise de tension se sont considérablement dégradés : je fais une pré-éclampsie. Je vais immédiatement aux urgences qui décident de m’hospitaliser immédiatement. Je serai suivie pendant deux semaines, chaque jour, comme le lait sur le feu. C’est là que nous apprenons que la courbe de croissance de bébé se casse et qu’il ne sait plus s’adapter à ces conditions extrêmes qu’il vit dans mon ventre. Nous nous sentons démunis, impuissants, extrêmement tristes. À 31 semaines de grossesse, je suis descendue d’urgence en salle de naissance suite à une anomalie du rythme cardiaque du bébé lors du monitoring habituel de la matinée. À ce stade et au vu des prédictions de poids ainsi que de la grande prématurité, je ne sais pas si l’enfant sera vivant et encore moins s’il pourra être réanimé et survivre. C’est un vrai choc. Ma césarienne est décidée en urgence. La tête me tourne. Je pleure, je ne comprends pas ce qui est en train de se passer et tout va beaucoup trop vite. Tout un tas de personnes s’agitent autour de moi durant cette opération invasive que je vis très mal. J’entends un cri, c’est la délivrance, bébé est là et il est vivant. Il m’est à peine présenté. Je ne le vois qu’à travers sa couveuse et dans un sac plastique donc je ne peux distinguer qu’un petit pied qui remue… Il pèse 770 grammes. J’ai des absences et ne vit pas vraiment l’instant. J’ai du mal à réaliser. Mon seul réconfort : papa est là avec moi et me soutient ! Je tremble, j’ai froid. Je me sens vide. Annihilée et anéantie malgré que je sache mon enfant vivant. Je sais en effet qu’il subit des manipulations invasives douloureuses en ce moment-même. J’ai du mal à me réjouir de cela… Deux mois d’hospitalisation plus tard et après avoir traversé tous les hauts et les bas imaginables avec un enfant si fragile, nous pouvons enfin nous retrouver ! Le parcours a été très difficile et ponctué d’angoisses car on avait toujours la boule au ventre qu’on nous annonce une très mauvaise nouvelle. Notre fils s’en est sorti mais il a eu une grosse infection qui a nécessité de garder un cathéter d’antibiotiques pendant 10 jours et de nombreuses ponctions lombaires, prises de sang et sondage pour récupérer des urines. Depuis qu’il est rentré à la maison, il a toujours un suivi très dense qui inclut beaucoup de médicalisation. Une équipe bienveillante et rassurante veille sur lui et sur nous ! Son opération a été une épreuve supplémentaire pour lui comme pour nous mais sa hernie inguinale le faisant beaucoup souffrir, on est contents de voir que cela le soulage un peu. Suite à l’analyse poussée de mon placenta et de mon bilan thrombophilique, il m’a été expliqué que mon placenta présentait trois infarctus et que si je souhaitais de nouveau me lancer dans une seconde grossesse, je devrais être sous traitement dès le début. Malheureusement il y aurait 40% de risques que ce traitement ne fonctionne pas et que tous ces événements se produisent à l’identique. Quelle angoisse pour moi qui aurait tant voulu donner un petit frère ou une petite sœur à notre bébé. Je remets en question ce projet pour le moment. Aujourd’hui, il a huit mois et il nous remplit de joie et de fierté. C’est un petit héros inspirant qui donne du sens à notre vie.

Lire aussi: Diabète Gestationnel : Que Manger ?

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