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Développement Psychomoteur du Nourrisson : Guide pour les Enseignants

L'évaluation du développement psychomoteur est un élément essentiel du suivi de l'enfant. Elle consiste à situer le développement d'un enfant d'un âge donné par rapport aux normes établies pour sa tranche d'âge. Cette évaluation repose sur deux piliers : un interrogatoire approfondi et un examen clinique minutieux.

I. Évolution du Développement Psychomoteur au Cours de la Première Année

La première année de vie est marquée par des transformations importantes sur le plan moteur. On observe une évolution du tonus musculaire, avec une diminution progressive de l'hypotonie axiale et de l'hypertonie des membres. La motricité réflexe du nouveau-né, caractérisée par les réflexes archaïques, cède progressivement sa place à la motricité volontaire, puis à une coordination de plus en plus fine et à l'acquisition de la marche.

A. Développement de la Motricité Globale

  1. Tenue de tête

    • À la naissance, la tenue de tête est inexistante. La manœuvre du tiré-assis permet d'apprécier un maintien de la tête dans l'axe pendant quelques secondes.
    • À 2 mois, l'enfant commence à contrôler sa tête en position verticale.
    • À 3 mois, le contrôle de la tête est présent dans toutes les positions. En décubitus ventral, l'enfant parvient très tôt à soulever sa tête du plan du lit et peut la tourner d'un côté à l'autre dès l'âge de 1 mois.
    • À 4 mois, la tenue de la tête doit être acquise. L'enfant s'appuie sur les avant-bras en décubitus ventral.
  2. Station assise

    • L'acquisition de la station assise est progressive. À 1 mois, tenu, le nourrisson a le dos rond.
    • Un début de tenue assise avec support est observable vers 4 mois.
    • À 5 mois, l'enfant tient assis avec l'appui des mains vers l'avant.
    • Vers 8-9 mois, la station assise autonome, sans support, est parfaitement maîtrisée.
  3. Station debout et marche

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    • Chez le nouveau-né, la station debout est réflexe.
    • À 6 mois, le nourrisson supporte le poids de son corps.
    • À 10 mois, il se met debout en tirant avec les membres supérieurs.
    • Il marche tenu vers 11 mois et seul entre 9 et 18 mois.
    • L'acquisition de la marche se fait généralement entre 9 et 18 mois. La plupart des enfants marchent à quatre pattes ou rampent avant de se mettre debout. Certains enfants développent un mode de locomotion particulier, se déplaçant sur les fesses, souvent avec une jambe repliée.
  4. Préhension

    • La préhension est réflexe à la naissance (grasping).
    • Vers 4-5 mois, le nourrisson tend la main vers l'objet (préhension volontaire) et réalise un empaumement cubital.
    • À 6 mois, il porte les objets à la bouche et réalise un empaumement médian. Il passe également les objets d'une main à l'autre.
    • À 9 mois, il manipule les objets avec ses deux mains et développe une pince fine avec opposition pouce-index.

B. Développement Sensoriel et de la Communication

  1. Expériences sensorimotrices

    Elles jouent un rôle crucial en influençant les processus cognitifs impliqués dans la résolution de tâches.

  2. Vision

    • Le nouveau-né reconnaît le visage de sa mère et peut suivre des objets horizontalement.
    • À 1 mois, la poursuite horizontale est parfaite.
    • À 3 mois, la poursuite est à la fois horizontale et verticale.
    • À 9 mois, le nourrisson cherche du regard un objet tombé et disparu.
  3. Audition

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    L'enfant entend dès la naissance, le système auditif étant fonctionnel dès la vie intra-utérine.

  4. Communication

    • Un sourire-réponse est présent dès 2 mois.
    • Les premières vocalises (gazouillis) apparaissent vers 2 mois.
    • Le nourrisson rit aux éclats vers 4 mois. La qualité du contact et l'intérêt du regard sont les premiers indices de capacités de communication.
    • L'attention partagée, c'est-à-dire la capacité de l'enfant à regarder un objet que tient son parent, doit être acquise à 6 mois.
    • L'attention conjointe, où l'enfant regarde un objet que lui montre son parent, est très importante à évaluer et doit être acquise à 9 mois.
    • À 9 mois, le nourrisson réagit à son prénom et apprécie jouer à « coucou le voilà ».
    • Le pointage du doigt pour montrer un objet ou pour le réclamer apparaît dès 9 mois et doit être acquis à 16 mois.
    • À 1 an, l'enfant utilise les gestes sociaux comme « au revoir » et « coucou ».
    • À 16 mois, il commence à jouer à « faire semblant », manipulant les jouets selon des scénarios de plus en plus complexes.
    • À 2 ans, il a des jeux symboliques, comme jouer à la poupée et aux voitures en se racontant des histoires.
  5. Langage

    Il est important de préciser le développement des deux versants du langage : réceptif (compréhension) et expressif (expression). Le développement du versant réceptif précède généralement celui du versant expressif. Il est à noter que les parents peuvent parfois surestimer le niveau de compréhension de leur enfant.

    • La compréhension des premiers mots survient entre 8 et 10 mois.
    • L'enfant comprend un ordre simple en contexte vers 15 mois et hors contexte vers 30 mois.
    • Sur le versant expressif, le babillage, notamment canonique (redoublement des syllabes qui apparaît entre 6 et 7 mois), a valeur de langage et précède l'apparition des premiers mots entre 10 et 12 mois.
    • L'augmentation du nombre de mots est variable d'un enfant à l'autre. En moyenne, l'enfant à 15 mois possède dix mots ; entre 18 et 24 mois, l'enfant arrive à une masse critique de cinquante mots, devenant alors capable d'apprendre entre quatre et dix mots nouveaux par jour.

C. Développement Psychomoteur de 2 à 6 Ans

  1. Motricité Globale

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    • À 2 ans : L'enfant est capable de marcher à reculons, lancer une balle, monter et descendre les escaliers marche par marche, donner un coup de pied dans un ballon, ouvrir une porte, grimper sur des meubles et commencer à courir.
    • À 3 ans : Il est capable de tenir une attitude, de résister à une poussée douce, de sauter à pieds joints vers l'avant et de faire du tricycle. Il se lave les mains seul.
    • À 5-6 ans : Il sait sauter à la corde, rattraper une balle qui rebondit, faire du vélo sans les petites roues et s'habiller et se déshabiller.
  2. Motricité Fine et Capacités Praxiques

    • À 2 ans : L'enfant gribouille des figures circulaires, encastre des formes, fait des tours avec six cubes et copie un trait vertical.
    • À 5 ans : Il copie le triangle et écrit son prénom en lettres bâton. Il reproduit une pyramide avec six cubes.
  3. Langage et Cognition

    • À 2 ans : L'enfant montre les parties de son corps, associe deux mots, suit deux ou trois directions (devant, derrière, en haut ou en bas), nomme une ou plusieurs images, utilise le pluriel et écoute une histoire en suivant les images. Vers 2 ans et demi, il fait semblant lors des jeux (dînettes, poupées, files de petites voitures…).
    • À 3 ans : Il fait des phrases, emploie le « je », prononce son nom, compte jusqu'à trois et commence à jouer avec les autres enfants en parallèle.
    • À 4 ans : Il raconte des histoires, joue avec d'autres enfants avec des interactions sociales (joue au papa et à la maman), compare la longueur de deux lignes, désigne la plus longue et nomme les couleurs.
    • À 5-6 ans : Il décrit parfaitement une image avec des phrases élaborées, répète une phrase de douze syllabes, pose des questions sur la signification des mots, connaît la comptine numérique jusqu'à 30 et dénombre une collection de dix pièces, ayant acquis le principe de cardinalité. Au niveau de l'organisation spatio-temporelle, l'enfant montre le dessus, le dessous, devant, derrière. Le repérage dans le temps est parfois plus difficile à évaluer : il doit connaître l'après-midi et le soir.

D. Sommeil et Propreté

  1. Sommeil

    • Chez le nouveau-né : Il dort beaucoup, environ 16 heures par jour. Les périodes d'éveil s'effectuent sous forme d'état de veille agitée. Il n'y a pas de différence jour-nuit.
    • Entre 1 et 6 mois : C'est la période où le sommeil évolue le plus rapidement avec apparition d'une périodicité jour-nuit, d'une maturation EEG des ondes de sommeil et apparition de rythmes circadiens de la température, du pouls, de la respiration et des sécrétions hormonales. À 3 mois, la durée moyenne de sommeil est de 15 heures dont 9 heures de sommeil nocturne.
    • De 4 à 12 ans : On note une réduction du temps total de sommeil ; le sommeil devient uniquement nocturne avec augmentation du sommeil lent profond en début de nuit.
  2. Propreté

    • Chez le nouveau-né, la miction est un acte réflexe. Le contrôle volontaire ne débute pas avant 15 à 18 mois. L'acquisition de la propreté est dépendante de l'âge d'initiation de l'éducation à la propreté, facteur clé à prendre en compte pour juger de l'âge d'acquisition de la propreté.
    • L'enfant peut prévenir et utiliser un pot à 18 mois.
    • À 2 ans, il est propre le jour avec des accidents occasionnels et commence à être propre la nuit. Cependant, l'âge de la propreté nocturne est variable.

II. Difficultés et Troubles du Développement Psychomoteur

Il est important de noter que le terme de « retard » est souvent trompeur, car il laisse supposer un rattrapage qui n'est pas toujours possible. Les difficultés peuvent être persistantes.

A. Démarche Diagnostique

  1. Anamnèse

    Il est essentiel de préciser le moment exact de la première inquiétude des parents, car il existe souvent un décalage par rapport à l'âge de la première consultation.

  2. Examen Clinique

    L'interrogatoire et l'examen clinique permettent de préciser le niveau de l'atteinte neurologique (centrale ou périphérique).

B. Principales Causes de Difficultés

  1. Atteintes Neurologiques

    Il s'agit de maladies neuromusculaires.

  2. Déficit Intellectuel

    Le déficit des fonctions intellectuelles concerne plusieurs domaines comme le raisonnement, la résolution de problème, la planification, la pensée abstraite et le jugement. L'évaluation du fonctionnement intellectuel fait appel le plus souvent aux échelles de Wechsler. On parle de déficit si le score du quotient intellectuel (QI) est inférieur à 70 (± 5). Les causes sont nombreuses.

  3. Troubles du Spectre Autistique (TSA)

    L'autisme est considéré comme un trouble d'origine neurodéveloppementale dont les signes psychopathologiques principaux se manifestent par des perturbations dans l'interaction et la communication sociale, accompagnées également de comportements répétitifs et stéréotypés (DSM-5). Il est important d'éliminer une exposition excessive du nourrisson aux écrans (télévision, tablette…), qui est susceptible d'entraîner des troubles du comportement (intolérance à la frustration) et une pauvreté des interactions sociales. L'arrêt des écrans et une stimulation importante de l'environnement sous forme de jeux et d'échanges verbaux (intérêt des lieux d'accueil petite enfance) permettent d'évoluer rapidement vers une normalisation. Tout praticien doit savoir repérer les signes d'alerte d'autisme et prendre en compte les inquiétudes des parents autour du développement de leur enfant.

  4. Troubles Spécifiques des Apprentissages (TSA)

    Ce sont des troubles neurodéveloppementaux qui entraînent des anomalies cognitives perturbant les acquisitions (langage, motricité, apprentissage de la lecture, des mathématiques ou de l'écriture) en l'absence de déficience intellectuelle (diagnostic différentiel), en l'absence de trouble sensoriel ou neurologique, chez un enfant normalement socialisé et scolarisé. Leur étiologie est actuellement considérée comme complexe, plurifactorielle avec des facteurs génétiques et environnementaux. Ils sont fréquents, avec une prévalence dans la population générale autour de 10 %. L'enquête clinique devra absolument écarter un trouble sensoriel ou neurologique.

    • Troubles spécifiques du langage oral (TSLO) : Le retard de langage est un motif de consultation fréquent à l'âge préscolaire et est le signe d'appel le plus fréquent des TSLO. Il évolue favorablement avec une rééducation orthophonique bien conduite permettant l'acquisition d'un langage bien structuré et efficient. Il évolue très souvent en trouble du langage écrit lorsque l'enfant atteint l'âge de l'apprentissage de la lecture. L'absence d'évolution de la qualité du langage verbal malgré une rééducation orthophonique bien conduite fait poser le diagnostic de dysphasie. La production orale reste simple avec l'absence de mise en place de phrases complexes.
    • Trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH): Le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par un niveau inapproprié d'attention, d'impulsivité et d'hyperactivité motrice. Sa prévalence est estimée à 5 % des enfants d'âge scolaire, avec une prédominance masculine.
  5. Régression des Acquis

    Après un développement normal, une régression des acquisitions est constatée plus ou moins tôt. La démarche étiologique repose là encore sur l'interrogatoire et l'examen clinique qui permettront de guider au mieux les explorations complémentaires. Dans cette situation de régression, il faut savoir rechercher une encéphalopathie neurodégénérative métabolique et/ou génétique (par exemple, le syndrome de Rett) ou des formes rares d'épilepsie.

III. Psychomotricité : Du Corps Subi au Corps Représenté

A. Corps Subi (0-3 Mois)

Cette étape concerne le nourrisson de 0 à 3 mois et correspond au stade des mouvements réflexes. À la naissance, les premiers tests médicaux ont pour objectif de vérifier les réflexes "vitaux" (succion et respiration) et les réflexes "posturaux moteurs" (grasping réflexe, réflexe de la marche et réflexe de Moro). Ces tests permettent de contrôler le bon fonctionnement des structures nerveuses. Puis, grâce à la maturation du système nerveux (myélinisation) associée aux stimulations de l’environnement (sécurité, affection, hygiène, alimentation, langage, jeu, amour…), le nourrisson va progressivement, en quelques semaines passer d’une motricité réflexe à une motricité subjective qui conduira à la motricité "volontaire". Cette fonction de préhension de l’objet, avec l’ouverture de la main et l’extension des doigts est l’acte préparatoire essentiel qui distingue définitivement le réflexe sous-cortical de l’acte cortical. Defontaine nomme cette étape "l’auto éducation psychomotrice". Elle se caractérise par l’éveil et l’exploration de soi-même et du milieu. La personne privilégiée dans l’environnement est la mère. La qualité de la relation mère enfant influence la fonction tonique qui alterne entre une "hypertonie d’appel" qui correspond à l’expression des besoins et au déplaisir, et une "hypotonie de détente" qui exprime la satisfaction des besoins.

B. Corps Vécu (3 Mois - 3 Ans)

Si le milieu scolaire n’intervient pas à cette étape du développement, il reçoit dès l’école maternelle des enfants qui ont une histoire corporelle. Piaget parle à cet âge de période sensori-motrice. Defontaine parle d’"éducation acquisition et apprentissage de…". Pour Harrow, les mouvements fondamentaux et les capacités perceptives sont à développer durant cette période. Il y a un consensus général, c’est, en effet la période d’acquisition des verbes d’action de locomotion (marcher, grimper, ramper, courir, sauter…), des verbes d’action de manipulation (jeter, lancer, saisir, découper, coller, enfiler…) et des verbes d’action qui n’impliquent pas la locomotion (pousser, tirer, se tourner…). L’éducation PM à l’école maternelle repose sur la gestion et le développement de cette motricité de base. C’est aussi la période où l’enfant découvre son corps, les objets, les autres, l’espace et le temps. L’éducation perceptive est fondamentale dès cet âge et ne s’arrête pas à trois ans. La connaissance des objets passe par la vue, le toucher, le goût, l’odorat. Ces pôles sensoriels sont le moyen de communiquer avec le monde, ils vont permettre la connaissance du monde. Ils sont le passage incontournable de la construction langagière. L’adulte a un rôle important dans ce passage de la sensation que l’action procure à la perception, il apporte le vocabulaire au moment où l’enfant vit les expériences sur les objets pour donner de la signification aux sensations.

C. Corps Perçu

L’enfant passe d’une connaissance et d’une perception globales de son corps à une connaissance topologique des parties du corps. Il sait situer et nommer les parties du corps. Cette connaissance va permettre la construction de la représentation du corps. Par le dessin, par le modelage ou par le langage, l’enfant avance dans la représentation qu’il a de son corps.

D. Corps Maîtrisé

Le corps maîtrisé est-il l’aboutissement des apprentissages psychomoteurs ou une quête permanente et un travail constant pour permettre au sujet de s’adapter à l’environnement ? Cette maîtrise de soi, conditionnée par la maîtrise du corps, suppose que les fonctions psychomotrices soient opérationnelles et coordonnées entre elles en fonction de l’intentionnalité et de la volonté du sujet à atteindre un but ou à résoudre un problème. L’adolescence est, par excellence, la période des bouleversements corporels. Ce corps maîtrisé n’est pas quelque chose de statique atteinte une fois pour toutes. C’est une dynamique intérieure de gestion de soi dans sa relation à soi, à l’environnement matériel et humain. C’est une dynamique sans cesse régulée. C’est la recherche de l’équilibre dans toutes ses dimensions : posturale, affective, psychologique et relationnelle.

IV. Rôle des Enseignants et Importance de la Psychomotricité à l'École Maternelle

Les connaissances théoriques sur le développement psychomoteur de l’enfant constituent la base des séances de « motricité » ou « d’éducation physique » à l’école maternelle. Bien que le concept de psychomotricité ne soit plus explicitement utilisé dans les textes officiels en France, il demeure essentiel pour comprendre et mettre en œuvre les pratiques motrices au quotidien.

A. Approche Globale de la Personne

La psychomotricité est une approche globale de la personne, considérant l'individu dans ses dimensions motrice, cognitive, émotionnelle et sociale. Elle s'appuie sur les concepts de corps vécu, corps perçu et corps représenté.

B. Équipement Psychomoteur de Base

Pour ces auteurs, différents facteurs constituent un équipement psychomoteur de base. Cet équipement porte sur : les aptitudes motrices, l’équipement sensoriel et l’organisation des informations proprioceptives et extéroceptives, la maîtrise de l’espace et du temps, l’équilibre psychologique et social, les qualités intellectuelles.

C. Psychomotricité et Éducation Physique

Il est important de souligner la complémentarité entre la psychomotricité et l'éducation physique. La psychomotricité peut apporter des réponses différenciées en fonction des comportements des élèves, notamment en ce qui concerne la sociabilité, la confiance en soi, le respect des limites, la créativité et la gestion des émotions.

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