L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d'avortement qui suscite de nombreuses questions, notamment en ce qui concerne ses effets secondaires. Cet article vise à informer de manière détaillée sur les aspects liés à l'IVG médicamenteuse, en mettant un accent particulier sur les effets secondaires potentiels, y compris la diarrhée, et les complications possibles.
Qu'est-ce que l'IVG Médicamenteuse ?
L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles. Cette méthode consiste en la prise de deux médicaments à 24-48 heures d’intervalle qui vont permettre à l’œuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé. Elle peut être proposée par un médecin ou une sage-femme exerçant en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet libéral, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification familiale) ou en centre de santé.
Étapes de l'IVG Médicamenteuse
Après la réalisation des étapes d’information et recueil du consentement, l’IVG peut être réalisée. La méthode médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments à 24-48 heures d’intervalle qui vont permettre à l’œuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé. Ces médicaments peuvent être prescrits par un médecin ou une sage-femme, dans un centre de planification, dans un centre de santé ou en téléconsultation. Ils peuvent être pris dans un centre de soins ou, si la femme le souhaite, à domicile, à un moment adapté à son emploi du temps.
- Première étape : la prise du premier médicament, la mifépristone. Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, il peut survenir des saignements et des douleurs plus ou moins importants mais la plupart du temps les symptômes commencent après la prise du 2d médicament.
- Deuxième étape : la prise du second médicament, le misoprostol, entre 24 h et 48 h plus tard. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’interruption de la grossesse. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes) et qui peuvent être réduites grâce à des anti-douleurs (prescrits par le professionnel de santé qui vous suit). Les saignements, souvent assez abondants et accompagnés de caillots, qui accompagnent l’évacuation de la grossesse peuvent se produire très vite après la prise du misoprostol, mais parfois plus tardivement. Il est possible que vous voyez l’œuf lors de son expulsion. Dans 60 % des cas, l’évacuation de l’œuf intervient dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol et dans 40 % des cas dans les 24 à 72 heures. Les saignements durent généralement une quinzaine de jours mais peuvent persister jusqu’à 3 semaines.
En l’absence de saignements dans les 72h qui suivent la prise des médicaments, contactez le professionnel de santé qui vous suit pour la réalisation de l’IVG pour faire le point car il est possible que la méthode n’ait pas fonctionné. Toutefois, les saignements ne sont pas non plus le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc toujours indispensable de réaliser une visite de suivi 14 à 21 jours après la prise du premier médicament.
Contre-indications à l'IVG Médicamenteuse
Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l’utérus, par exemple dans une trompe). D’autres situations peuvent contre-indiquer cette méthode : les femmes présentant une allergie à l’un des deux médicaments utilisés, les femmes souffrant d’insuffisance rénale chronique ou de porphyrie héréditaire. Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.
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La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG. A contrario, les symptômes possibles d’une grossesse intra utérine peuvent être des seins tendus, des douleurs qui ressemblent aux douleurs de règles ou aux syndromes pré-menstruels, des nausées.
Effets Secondaires Courants de l'IVG Médicamenteuse
Au cours d’une IVG médicamenteuse des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) surviennent fréquemment. Si des vomissements surviennent dans les 30 minutes qui suivent la prise du misoprostol prenez contact avec le médecin ou la sage-femme qui vous suit pour l’IVG car il peut être nécessaire de prendre un nouveau comprimé.
Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles accompagnent systématiquement l’expulsion de la grossesse. Ils surviennent le plus souvent dans les 3 à 4h suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament). Les saignements ne sont pas la preuve de l’expulsion complète de la grossesse. Il est donc indispensable de réaliser une visite de suivi deux à trois semaines après l’IVG pour s’assurer que la grossesse est bien interrompue. Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament.
Les douleurs lors d’une IVG médicamenteuse sont fréquentes et leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de règles plus intenses que d’habitude et sont provoquées par les contractions utérines qui permettent d’expulser la grossesse. Elles surviennent le plus souvent suite à la prise du second médicament (le misoprostol) mais peuvent aussi parfois survenir dès la prise du premier médicament (la mifépristone). Des antidouleurs vous seront systématiquement prescrits à l’avance afin que vous puissiez les prendre dès l’apparition de douleurs. Si la douleur persiste et ne s’atténue pas malgré la prise des médicaments antidouleurs, contactez le médecin ou la sage-femme qui vous suit pour l’IVG.
Diarrhée : Un Effet Secondaire Possible
La diarrhée est un effet indésirable possible de l'IVG médicamenteuse, bien qu'elle ne soit pas systématique. Elle est généralement causée par la prise de misoprostol, le second médicament utilisé dans le processus. Les prostaglandines contenues dans le misoprostol peuvent stimuler l'activité intestinale, entraînant ainsi des selles liquides.
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Gestion de la Diarrhée
Si vous souffrez de diarrhée après avoir pris du misoprostol, voici quelques conseils pour la gérer :
- Hydratation : Buvez beaucoup d'eau, de bouillons clairs ou de solutions de réhydratation orale pour compenser la perte de liquides.
- Alimentation légère : Privilégiez les aliments faciles à digérer comme le riz, les bananes, les compotes de pommes et les toasts.
- Évitez certains aliments : Évitez les aliments gras, épicés, les produits laitiers et les boissons contenant de la caféine, car ils peuvent aggraver la diarrhée.
- Médicaments : Si la diarrhée est sévère ou persistante, consultez votre médecin. Il pourra vous conseiller des médicaments anti-diarrhéiques adaptés.
Autres Effets Indésirables et Complications Possibles
Outre la diarrhée, d'autres effets indésirables et complications peuvent survenir après une IVG médicamenteuse. Il est crucial de les connaître pour pouvoir réagir rapidement.
- Saignements abondants : Les saignements sont normaux, mais s'ils deviennent excessivement abondants (changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes pendant plus de deux heures), consultez immédiatement un médecin.
- Douleurs intenses : Des douleurs abdominales sont attendues, mais si elles sont très fortes et ne sont pas soulagées par les antidouleurs prescrits, contactez votre professionnel de santé.
- Fièvre : Une température supérieure à 38°C peut indiquer une infection. Consultez un médecin sans tarder.
- Infection : Si la grossesse n’a pas été totalement expulsée, une infection peut survenir.
- Complications rares : Dans de très rares cas, des complications graves comme un choc toxique ou un choc septique peuvent survenir, nécessitant une intervention médicale urgente. Des cas graves (incluant des cas fatals) de syndrome de choc toxique et de choc septique faisant suite à des infections par des pathogènes atypiques (comme Clostridium sordellii ou Escherichia coli) ont été rapportés après l’interruption médicamenteuse de grossesse réalisée avec 200 mg de mifépristone suivie par l'administration vaginale ou buccale non autorisée de comprimés de misoprostol.
Quand Consulter un Médecin ?
Il est impératif de contacter un professionnel de santé si vous présentez l'un des symptômes suivants :
- Fièvre supérieure à 38°C.
- Saignements très abondants.
- Douleurs abdominales sévères qui ne sont pas soulagées par les médicaments.
- Malaise général.
- Vomissements persistants.
- Signes d'infection (douleur, rougeur, gonflement).
Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG.
Suivi Post-IVG
Après une IVG médicamenteuse, une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et qu’il n’y a pas de complications. Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d’environ 95 %.
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Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place. Des complications peuvent parfois survenir jusqu’à un mois après l’IVG si la consultation de contrôle n’a pas été réalisée dans de bonnes conditions ou pas faite du tout.
Impact Psychologique
Il est important de noter que chaque femme vit l’IVG de manière singulière. Si vous ressentez le besoin de partager vos sentiments et d’en parler, vous pouvez demander à être reçue en entretien individuel. Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
Interactions Médicamenteuses
L’administration concomitante de mifépristone avec l’itraconazole, inhibiteur du CYP3A4, augmente l’ASC de mifépristone de 2,6 fois et l’exposition à ses métabolites 22-hydroxy-mifépristone et N-déméthyl-mifépristone de 5,1 fois et 1,5 fois respectivement. La Cmax augmente de 1,5 fois pour la mifépristone, de 1,8 fois pour la 22-hydroxy-mifépristone et diminue de 0,7 fois pour la N-déméthyl-mifépristone. Une augmentation de l’exposition est attendue quand la mifépristone est administrée de manière concomitante avec un inhibiteur puissant du CYP3A4 (la Cmax augmente de 1,5 fois). Cependant cela n’est cliniquement pas pertinent. Aucun ajustement de dose n’est nécessaire quand la mifépristone est administrée de manière concomitante avec un inhibiteur du CYP3A4 (par exemple itraconazole, kétoconazole, érythromycine ou jus de pamplemousse).
L’administration concomitante de mifépristone avec la rifampicine, inducteur du CYP3A4, diminue l’ASC de mifépristone de 6,3 fois et ses métabolites 22-hydroxy-mifépristone et N-déméthyl-mifépristone de 20 fois et 5,9 fois respectivement. Par conséquent, une efficacité diminuée peut être attendue quand la mifépristone est donnée de manière concomitante avec un inducteur du CYP3A4 (par exemple rifampicine, dexaméthasone, millepertuis et certains anticonvulsivants comme phénytoïne, phénobarbital, carbamazépine).
Les données in vitro et in vivo indiquant que la mifépristone est un inhibiteur du CYP3A4, l'administration concomitante de mifépristone peut entraîner une augmentation des taux sériques des médicaments métabolisés par le CYP3A4. Compte tenu de la lente élimination de la mifépristone de l'organisme, cette interaction peut être observée pendant une durée prolongée après son administration.
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