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Désogestrel et allaitement : avis et guide complet sur la contraception post-partum

La question de la contraception après l'accouchement est cruciale pour les femmes qui ne souhaitent pas une nouvelle grossesse immédiate. L'allaitement, bien que souvent perçu comme une méthode contraceptive naturelle, ne l'est pas toujours. Il est donc essentiel de comprendre les options contraceptives disponibles et leurs implications, en particulier pour les mères qui allaitent. Cet article vise à fournir un guide complet sur l'utilisation du désogestrel, une pilule microprogestative, pendant l'allaitement, en abordant les aspects essentiels tels que son efficacité, ses effets secondaires potentiels et les précautions à prendre.

Contraception post-partum : un besoin essentiel

Après l'accouchement, le corps de la femme reprend progressivement son fonctionnement normal. L'ovulation peut reprendre dès 21 jours après l'accouchement, même en l'absence de retour de couches (réapparition des règles). Par conséquent, une contraception fiable est recommandée dès la reprise des rapports sexuels, et même avant le retour de couches, pour éviter une grossesse non désirée. Il est recommandé de parler contraception avec son professionnel de santé dès la fin de la grossesse.

L'allaitement n'est pas toujours une contraception fiable

Bien que l'allaitement exclusif puisse être considéré comme un moyen de contraception dans certaines conditions strictes, il ne garantit pas une protection totale contre la grossesse. Pour que l'allaitement soit considéré comme une méthode contraceptive fiable, les conditions suivantes doivent être respectées :

  • L'allaitement doit être exclusif : le nourrisson ne doit recevoir que du lait maternel, sans aucun autre aliment ou boisson, pas même de l'eau.
  • L'allaitement doit se faire au sein, à la demande, jour et nuit, sans intervalle de plus de 4 heures le jour et de plus de 6 heures la nuit entre deux tétées.
  • Le nourrisson doit avoir moins de 6 mois.
  • La mère ne doit pas avoir eu de retour de couches : les règles ne doivent pas avoir repris.

Si ces conditions ne sont pas strictement respectées, une autre méthode de contraception doit être envisagée.

Désogestrel : une pilule microprogestative compatible avec l'allaitement

Lors de votre séjour en maternité, vous serez conseillée par une sage-femme ou un obstétricien sur une contraception adaptée à la période post-natale. Seule une pilule micro progestative peut vous être prescrite. En effet, les pilules classiques avec des œstrogènes sont contre-indiquées du fait du passage des œstrogènes dans le lait maternel. Le désogestrel est une pilule contraceptive contenant uniquement un progestatif, ce qui la rend compatible avec l'allaitement. Contrairement aux pilules combinées, qui contiennent à la fois des œstrogènes et un progestatif, le désogestrel ne contient pas d'œstrogènes, ce qui évite le risque de diminution de la production de lait maternel et d'effets néfastes sur le nourrisson.

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Comment fonctionne le désogestrel ?

Le désogestrel agit principalement en inhibant l'ovulation. Il modifie également la glaire cervicale, la rendant plus épaisse et difficile à franchir pour les spermatozoïdes.

Quand commencer à prendre le désogestrel après l'accouchement ?

La pilule microprogestative peut être débutée à partir de trois semaines après l’accouchement et en accord avec votre professionnel de santé. La prise du premier comprimé doit commencer le premier jour du cycle naturel de la femme (c'est-à-dire le premier jour des règles). Après un avortement du premier trimestre, il est recommandé de débuter la prise des comprimés immédiatement. Il doit être conseillé aux femmes de débuter la prise des comprimés entre le 21ème et le 28 ème jour après la naissance ou l’avortement du second trimestre. Si la prise des comprimés commence plus tard, elles devront recourir à une méthode de contraception mécanique supplémentaire pendant les sept premiers jours de prise des comprimés. La femme doit commencer DESOGESTREL SANDOZ le jour suivant la prise du dernier comprimé actif (c’est-à-dire le dernier comprimé contenant la substance active) de son précédent COC ou le jour du retrait de l’anneau vaginal ou du patch transdermique. Dans ces cas, il n’est pas nécessaire d’utiliser de contraception mécanique supplémentaire. La femme peut également commencer DESOGESTREL SANDOZ au plus tard le jour suivant la période habituelle sans prise de comprimés ou sans utilisation de patch ou d’anneau, ou alors suivant la période de prise de comprimés placebo du précédent contraceptif hormonal combiné. En relais d'une pilule microprogestative, la femme peut commencer n'importe quel jour. Il est important de suivre les recommandations de votre médecin ou sage-femme pour déterminer le moment idéal pour commencer la prise du désogestrel.

Comment prendre le désogestrel correctement ?

Les comprimés doivent être pris chaque jour, à peu près à la même heure chaque jour, de sorte que l'intervalle entre la prise de 2 comprimés soit toujours de 24 heures. Il est essentiel de prendre le désogestrel régulièrement, sans oubli, 1 comprimé par jour à la même heure, sans interruption entre 2 plaquettes. Cette pilule doit être impérativement prise chaque jour à la même heure. En cas d'oubli d'un comprimé, prendre immédiatement le comprimé oublié et continuer à l'heure habituelle pour les comprimés suivants (ce qui peut correspondre à la prise de 2 comprimés si l'oubli est découvert lors de la prise suivante). Si l'oubli est constaté plus de 12 heures après l'heure habituelle de prise d’un comprimé, la femme devra utiliser une méthode de contraception mécanique supplémentaire pendant les 7 jours suivants. Si des vomissements se produisent dans les 3-4 heures suivant la prise d'un comprimé, l'absorption peut ne pas être complète. Avant toute prescription, un interrogatoire médical complet devra être réalisé incluant les antécédents médicaux et un examen gynécologique complet et/ou un test de grossesse sont recommandés afin d’exclure une grossesse.

Efficacité du désogestrel

Le désogestrel est une contraception hormonale efficace si elle est prise correctement. Cependant, son efficacité peut être diminuée en cas d'oubli de comprimés, de troubles gastro-intestinaux (vomissements, diarrhée) ou de prise concomitante de médicaments qui diminuent la concentration plasmatique d'étonogestrel, le métabolite actif du désogestrel.

Effets secondaires potentiels du désogestrel

L’effet indésirable le plus fréquemment rapporté lors des essais cliniques est l’irrégularité des saignements. Jusqu’à 50 % des femmes utilisant le désogestrel ont rapporté des irrégularités de saignement. Comme DESOGESTREL SANDOZ entraîne une inhibition de l’ovulation proche de 100 %, contrairement aux autres pilules uniquement progestatives, l’irrégularité des saignements est plus fréquente qu’avec ces autres pilules. Les saignements vaginaux peuvent être également de plus longue durée. Au bout de quelques mois de traitement, les saignements tendent à être moins fréquents. Les autres effets indésirables les plus fréquemment rapportés (fréquence > 2,5 %) lors des essais cliniques avec le désogestrel sont les suivants : acné, modification de l'humeur, mastodynies, nausées et prise de poids. Un écoulement mammaire peut survenir au cours de l’utilisation de DESOGESTREL SANDOZ.

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Il est important de noter que ces effets secondaires ne sont pas systématiques et peuvent varier d'une femme à l'autre. En cas d'effets secondaires gênants, il est conseillé de consulter un médecin.

Précautions à prendre lors de la prise de désogestrel

En présence de l'une des affections ou de l'un des facteurs de risque mentionnés ci-dessous, les bénéfices de l'utilisation d'un progestatif devront être mesurés par rapport aux risques éventuels pour chaque patiente et discutés avec celle-ci avant qu’elle ne décide de commencer DESOGESTREL SANDOZ. La patiente devra contacter son médecin en cas d'aggravation, d'exacerbation ou d'une première apparition de l'une de ces affections.

  • Cancer du sein : Le risque de cancer du sein augmente généralement avec l'âge. Durant l'utilisation de contraceptifs oraux combinés (COCs), le risque de diagnostic d’un cancer du sein est légèrement augmenté. L'augmentation de ce risque disparaît progressivement dans les 10 ans qui suivent l'arrêt du traitement et n'est pas liée à la durée d'utilisation mais à l'âge de la femme au moment de cette utilisation. Le risque chez les utilisatrices de contraceptifs uniquement progestatifs, tel que DESOGESTREL SANDOZ, est potentiellement similaire aux COCs. Cependant, pour une contraception uniquement progestative, les preuves sont moins concluantes.
  • Cancer du foie : Comme un effet biologique des progestatifs sur le cancer du foie n’est pas à exclure, une évaluation individuelle du ratio bénéfice/risque peut être envisagée chez la femme atteinte d’un cancer du foie.
  • Thrombose : Des études épidémiologiques ont associé l'utilisation des COC à une augmentation de l'incidence de thrombose veineuse (accidents thrombo-emboliques veineux, thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire). Bien que la pertinence clinique de ce résultat pour le désogestrel utilisé comme contraceptif en l’absence d’un composant estrogénique ne soit pas connue, DESOGESTREL SANDOZ doit être arrêté en cas de thrombose. L’arrêt de DESOGESTREL SANDOZ doit aussi être envisagé en cas d'immobilisation à long terme liée à une intervention chirurgicale ou à une maladie.
  • Dépression : L’état dépressif et la dépression sont des effets indésirables bien connus liés à l’utilisation de contraceptifs hormonaux. La dépression peut être grave et constitue un facteur de risque bien connu de comportement suicidaire et de suicide.
  • Diabète : Bien que les progestatifs puissent avoir un effet sur la résistance périphérique à l'insuline et sur la tolérance au glucose, il n’existe aucun élément démontrant la nécessité de modifier le schéma posologique chez les femmes diabétiques utilisant des pilules ne contenant que des progestatifs.
  • Grossesse extra-utérine : Traditionnellement, avec les pilules uniquement progestatives, la protection vis-à-vis des grossesses extra-utérines n'est pas aussi bonne qu'avec les COCs, en raison de la survenue fréquente d'ovulations au cours de l'utilisation des pilules uniquement progestatives.
  • Chloasma : Un chloasma peut occasionnellement survenir, notamment chez les femmes ayant présenté un antécédent de chloasma gravidique.
  • Interactions médicamenteuses : L'efficacité de DESOGESTREL SANDOZ peut être diminuée en cas d'oubli de comprimés (voir rubrique 4.2), de troubles gastro-intestinaux (voir rubrique 4.2) ou de traitements concomitants qui diminuent la concentration plasmatique d’étonogestrel, le métabolite actif du désogestrel (voir rubrique 4.5). DESOGESTREL SANDOZ contient du lactose.

Il est important d'informer votre médecin de tous les médicaments que vous prenez, y compris les médicaments en vente libre et les produits à base de plantes, car certains médicaments peuvent interagir avec le désogestrel et diminuer son efficacité. Ce médicament ne doit pas être associé avec les produits de phytothérapie contenant du millepertuis : risque de baisse de la sécurité contraceptive. L'efficacité contraceptive de cette pilule peut être également diminuée par certains antiépileptiques (phénobarbital, carbamazépine, phénytoïne, oxcarbazépine, topiramate), certains traitements du sida (éfavirenz) et les médicaments contenant l'une des substances suivantes : bosentan, griséofulvine, rifampicine, rifabutine

Alternatives au désogestrel pendant l'allaitement

Outre le désogestrel, d'autres méthodes contraceptives sont compatibles avec l'allaitement :

  • Dispositif intra-utérin (DIU) : Le DIU au cuivre ou hormonal peut être posé quatre semaines après un accouchement (sauf si vous avez accouché par césarienne, le délai sera alors plus long). Tout comme l’implant, l’un des avantages du DIU pour les femmes allaitantes est qu’il sera en place et efficace quel que soit le moment où le bébé sera sevré.
  • Implant contraceptif : La pose d’un implant, dès trois semaines après l’accouchement et en accord avec votre professionnel de santé.
  • Préservatifs : Le préservatif interne (« féminin ») et le préservatif externe (« masculin »).
  • Méthodes naturelles : Méthode naturelle MAMA : pour les mères qui allaitent exclusivement leur bébé.

Il est important de discuter avec votre médecin ou sage-femme pour choisir la méthode contraceptive la plus adaptée à votre situation personnelle.

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Désogestrel et retour de couches

Si vous avez eu votre retour de couches, vous avez vos règles régulièrement…ou pas. Certaines femmes remarquent que pendant les deux ou trois premiers jours des règles, leur bébé s’énerve au sein, ou bien elles tirent moins de lait. Ce phénomène est normal, non expliqué pour le moment, et transitoire puisque la lactation reprend son rythme habituel après des deux ou trois jours. De ce fait, certaines femmes ressentent des sensations désagréables au niveau des seins pendant les tétées car elles peuvent avoir l'impression que leur bébé « tète à vide ».

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