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Elegance Never Dies : Le Retour Triomphal de Trisomie 21

Après une période de silence que beaucoup croyaient définitive, le groupe culte de cold wave français Trisomie 21 a fait un retour remarqué sur la scène musicale. Cet article explore le contexte de ce retour, la genèse de leur dernier album, Elegance Never Dies, et l'impact du groupe sur la scène musicale, notamment à travers leur son unique et leur capacité à capturer l'atmosphère des villes industrielles du nord de la France.

Un Retour Inattendu

Beaucoup pensaient que Trisomie 21 avait tiré sa révérence après la sortie de leur album Black Label. Les frères Lomprez eux-mêmes avaient annoncé ce qui semblait être leur tout dernier concert le 14 novembre 2009 au Glazart. Pourtant, le duo n'avait pas dit son dernier mot. Le groupe a opéré un retour très attendu avec un nouvel album, Elegance Never Dies, et une tournée mondiale, incluant un concert à guichets fermés à Paris le 17 novembre.

Philippe Lomprez explique ce retournement de situation : « On pensait que T21 c’était fini, tout simplement. On s’est dit qu’on était arrivés au bout de l’histoire. Au bout d’un moment, on ressuscite, un peu comme à chaque fois. Là, on avait vraiment l’impression d’en avoir terminé, on avait fait un dernier concert. On avait éventuellement pensé à refaire un disque mais la scène ne nous tentait plus. Finalement, il s’est avéré que non, on se trompait. C’est quelque chose d’assez intime et indéfinissable. Ça doit être assez freudien, il doit y avoir quelque chose d’inconscient. C’est une envie qui nous prend et on découvre, un peu comme un chercheur d’or, une veine. »

Elegance Never Dies : Un Titre Révélateur

Le titre de l'album, Elegance Never Dies, est porteur de sens. Philippe Lomprez souligne l'importance du « ne meurt jamais » : « Nous qui croyions avoir enterré le groupe, il n’était finalement pas mort parce que, nous mêmes, on revivait, on avait envie de revoir la lumière que nous apporte le public. C’est tout un processus avec beaucoup d’enthousiasme. Dès le premier morceau il se passe quelque chose. » Le groupe a même eu la chance d’enregistrer une ligne de basse avec Pascal Tison, le premier bassiste du groupe. En écoutant l’album, ils ont réalisé qu’ils avaient encore des choses à faire et à dire. L'encouragement d'amis a également joué un rôle crucial, leur rappelant qu'un groupe comme le leur avait vocation à laisser une œuvre éternelle.

Évolution Musicale et Fidélité à l'Esprit Initial

Malgré le renouveau actuel du post-punk et de la cold wave, Elegance Never Dies présente une sonorité plus rock que les précédents albums du groupe. Philippe Lomprez explique cette évolution : « Ah oui, forcément ! On l’a toujours été. Si on regarde et analyse le passé, c’est vrai qu’on peut y déceler des mouvements comme la coldwave, mais quand on est à l’intérieur de tout ça on ne se rend pas compte et on avance. T21 avance toujours en fracassant un peu le disque précédent. On essaie à chaque fois d’être différents, c’est le but. On n’aimerait pas se répéter. Qu’il y ait un revival, c’est sûr, mais les gens n’attendent pas forcément qu’on rejoue la même chose que dans les années 1980. Les gens veulent simplement retrouver la flamme qu’il y avait à cette époque-là. Ce qui animait cette flamme c’était, après le No Future, qu’on n’en avait rien à foutre que le public aime ou pas. Tout ce qui nous plaisait c’était d’envoyer tout ce qu’on avait et d’être nous-mêmes. Si les gens adhèrent c’est formidable, sinon tant pis. C’est ce côté brutal qui crée une dynamique. C’est pas soft les années 1980. »

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Le groupe n'a jamais hésité à expérimenter et à briser les codes, comme en témoignent leurs choix audacieux en matière de mixage et de formats à l'époque. Ils restent fidèles à cette approche en explorant de nouvelles façons de créer de la chanson, comme l'écriture automatique utilisée pour certains titres de Elegance Never Dies.

L'Influence du Nord de la France

Trisomie 21 est profondément ancré dans le paysage industriel et social du nord de la France. Comme Manchester ou Liverpool, cette région a été marquée par la misère sociale et intellectuelle liée au déclin des bassins miniers et sidérurgiques. Philippe Lomprez décrit cet environnement : « Ce sont des régions qui sont broyées par des choses qui dépassent l’humain. C’est ravagé par les systèmes économiques et politiques. Les habitants deviennent des victimes de guerres qui ne sont pas dites. Forcément, c’est propice à l’expression corporelle, il y avait beaucoup de théâtre avant-gardiste, et à toute forme d’expression en général du moment où elles ne coûtent pas cher. […] Il y a eu de la musique bien sûr, parce que les gens avaient un besoin de crier et se soulever face à une société invraisemblable. »

Le nom même du groupe, Trisomie 21, est une provocation, une manière de rejeter la norme sociale perçue comme synonyme de chômage, de précarité et d'humain broyé. Le groupe préfère se considérer comme anormal, en marge de cette société.

Création et Expérimentation

Trisomie 21 a toujours accordé une grande importance à l'expérimentation et à la recherche de nouvelles sonorités. Ils ont collaboré avec des artistes issus de différents horizons musicaux, comme Blaine Reininger de Tuxedomoon, et ont puisé leur inspiration dans des genres variés, de Kraftwerk à Ryuichi Sakamoto. Ils sont particulièrement intéressés par les bandes originales de films et ont même réalisé un album, Plays the Picture, à la demande d'un studio de cinéma.

Le groupe n'a jamais eu peur de prendre des risques et de défier les conventions. Par exemple, ils ont créé un album sans basse, Million Lights, en réaction à la prédominance de cet instrument dans la new wave des années 1980. Cette volonté de surprendre et de se renouveler est au cœur de leur démarche artistique.

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Un Groupe Engagé et Authentique

Trisomie 21 ne cherche pas à créer des tubes commerciaux, mais plutôt à toucher l'âme de l'auditeur en suscitant une émotion. Ils accordent une grande importance au travail sur le son et au mixage, créant des atmosphères uniques et souvent empreintes de mélancolie.

Malgré leur succès et leur influence sur la scène musicale, Trisomie 21 est resté un groupe discret et authentique. Ils n'ont jamais cherché à se conformer aux attentes de l'industrie musicale et ont toujours privilégié leur liberté artistique.

La Réhabilitation d'un Groupe Culte

Récemment, Trisomie 21 semble connaître une forme de réhabilitation. Le groupe est programmé dans des festivals électroniques, attire un public de plus en plus jeune et joue à guichets fermés. Cette reconnaissance tardive est une forme de justice pour un groupe qui a toujours été du côté obscur de la force, loin des radios et des circuits mainstream.

Trisomie 21 est un groupe à part, qui a su créer un univers musical unique et marquant. Leur retour avec Elegance Never Dies est une excellente nouvelle pour les fans de cold wave et pour tous ceux qui apprécient la musique authentique et engagée.

Retour sur Scène et Authenticité

Sur scène, Trisomie 21 privilégie la simplicité et l'authenticité. Ils cherchent à établir un contact direct avec le public, sans artifices ni décors superflus. Ils sont conscients que les spectateurs viennent pour entendre les morceaux qui ont marqué leur discographie et s'efforcent de ne pas dénaturer leurs classiques, tout en intégrant de nouveaux titres.

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L'Évolution du Matériel et la Nostalgie

Si certains artistes nostalgiques des années 1980 persistent à utiliser du matériel vintage, Trisomie 21 adopte une approche plus pragmatique. Hervé Lomprez utilise de moins en moins les vieilles machines, préférant souvent les versions plug-in qui offrent une meilleure qualité sonore. Le groupe ne cherche pas à reproduire le son des années 1980 à l'identique, mais plutôt à créer quelque chose de nouveau en s'appuyant sur les technologies actuelles.

Les Débuts Difficiles et l'Esprit de Débrouille

Les débuts de Trisomie 21 ont été marqués par le manque de moyens financiers. Philippe Lomprez a commencé à jouer de la batterie sur des barils de lessive et des plaques de métal, tandis qu'Hervé Lomprez a acquis une guitare électrique bon marché et a utilisé l'ampli hifi de son père, jusqu'à ce qu'il rende l'âme. Cet esprit de débrouille et cette créativité ont contribué à forger l'identité du groupe.

Influences et Indépendance

Bien que Trisomie 21 affirme ne pas écouter beaucoup de musique et se concentrer sur sa propre création, le groupe a été influencé par certains artistes, comme Tuxedomoon et Kraftwerk. Cependant, ils ont toujours cherché à développer leur propre son et à ne pas imiter les autres. Ils ont été surpris de se voir comparer à des groupes comme The Cure, Ian Curtis et Killing Joke à leurs débuts, car ils ne connaissaient pas ces artistes à l'époque.

Rejet des Paillettes et Authenticité du Nord

Trisomie 21 n'a jamais été attiré par la scène parisienne et les paillettes. Leur nom même est une forme de protection contre ce genre de tentations. Le groupe est profondément ancré dans le nord de la France et revendique son identité régionale.

Un Concert à Domicile

En 2017, Trisomie 21 a fêté la sortie de Elegance Never Dies avec une série de dates françaises, dont un concert à Denain, leur ville d'origine. Ce concert a été un événement spécial, car c'était la première fois depuis la fin des années 2000 que le groupe jouait à domicile. Le public a été conquis par la performance du groupe, qui a interprété une sélection de morceaux de tous ses albums, ainsi que quelques titres de leur dernier album.

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