La dengue est une infection virale transmise par la piqûre de moustiques du genre Aedes, principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus, communément appelé moustique tigre. Ces moustiques prospèrent dans les environnements urbains et périurbains, se reproduisant dans les eaux stagnantes autour des habitations. La dengue connaît une recrudescence mondiale, touchant toutes les zones tropicales et subtropicales. En France, le moustique tigre est apparu en 2004 et son aire de répartition ne cesse de s’étendre. La majorité des cas de dengue diagnostiqués en France sont des cas importés, mais des cas de transmission autochtone sont également observés.
La dengue : généralités
La dengue sévit toute l'année dans les pays tropicaux et pendant l'été dans les régions tempérées. Environ 25 % des personnes infectées par le virus de la dengue présentent des symptômes tels que fièvre élevée, maux de tête intenses, courbatures, troubles digestifs et éruption cutanée. Dans la plupart des cas, la guérison survient spontanément en quelques jours, mais la fatigue et les courbatures peuvent persister. Le traitement est symptomatique. Il existe 4 sérotypes de virus responsables de la dengue. Une infection par un sérotype confère une immunité durable contre ce sérotype.
Dengue et grossesse
Chez la femme enceinte, la dengue n'est pas plus grave, mais peut entraîner des complications telles qu'une fausse couche, un décès fœtal, un accouchement prématuré ou un retard de croissance fœtale.
Dengue et allaitement : ce que l’on sait
La transmission du virus de la dengue de la mère à l'enfant pendant l'allaitement est possible. Une étude a mis en évidence le virus de la dengue dans le lait maternel d'une patiente virémique à l'accouchement. Le virus a été détecté dans le lait maternel puis dans le sang du nouveau-né. Les charges virales étaient similaires dans le lait et le sang maternel.
Une étude prospective menée lors d'une épidémie de dengue en Nouvelle-Calédonie en 2012-2013 a révélé que, sur 10 femmes virémiques à l'accouchement, 90 % des nourrissons ont été contaminés et malades. Parmi 35 femmes virémiques allaitantes, le virus a été détecté dans 75 % des prélèvements de lait.
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Ces résultats suggèrent que le risque de transmission verticale du virus de la dengue lorsque la mère est virémique à l'accouchement est élevé, avec un risque de complications obstétricales et néonatales. Les voies de transmission restent à élucider, mais un risque de transmission par le lait maternel ne peut être écarté.
Une autre étude a mis en évidence le VD chez 10 parturientes symptomatiques (2,5/1000 des femmes ayant accouché en Nouvelle-Calédonie pendant la période d'étude). Neuf des dix nouveau-nés ont été contaminés, et tous étaient asymptomatiques à la naissance. La recherche de l’ARN du VD était positif dans les échantillons de placenta, de sang du cordon, de lait maternel et de liquide gastrique. Tous les échantillons de lait sont restés négatifs, et seulement échantillons de sang étaient positifs.
Recommandations actuelles
Bien que les données soient limitées, les études suggèrent un risque de transmission du virus de la dengue par le lait maternel. Il est donc important de prendre en compte les éléments suivants :
- Dépistage : Rechercher le VD chez toutes les femmes fébriles en période périnatale qui vivent dans une zone d’endémie.
- Surveillance : Surveiller étroitement le nouveau-né si la mère a été infectée par la dengue pendant la grossesse ou l'allaitement.
Toutefois, il est important de noter que l'allaitement maternel présente de nombreux avantages pour la mère et l'enfant. La Leche League France soutient les femmes qui souhaitent allaiter. La décision d'allaiter ou non doit être prise en concertation avec un professionnel de santé, en tenant compte des risques et des bénéfices potentiels.
Vaccinations et allaitement
L’allaitement maternel ne constitue pas une contre-indication à la vaccination, à l’exception de la vaccination contre la fièvre jaune. La vaccination contre l'encéphalite japonaise est déconseillée. Si cela n’a pas été fait avant la grossesse, il est recommandé de mettre à jour l’ensemble des vaccinations notamment celles contre la coqueluche et la rubéole (vaccin combiné ROR), en post-partum immédiat même si la femme allaite. La vaccination est recommandée dans le cadre du cocooning.
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Vaccins vivants atténués et allaitement
- Fièvre jaune : La vaccination contre la fièvre jaune ne doit pas être administrée aux mères qui allaitent des nourrissons de moins de 6 mois, sauf en cas de besoin clairement identifié comme dans le cadre de la lutte contre une épidémie et après évaluation du rapport bénéfice/risque. Si la femme qui allaite doit être vaccinée, l’allaitement maternel sera suspendu pendant deux semaines.
- Varicelle : La vaccination contre la varicelle est possible chez la femme non immunisée qui allaite. Une grossesse doit être évitée dans le mois qui suit une injection de vaccin contre la varicelle.
- Rougeole : La vaccination contre la rougeole peut être réalisée pendant l’allaitement. Une grossesse doit être évitée dans le mois qui suit une injection de vaccin contre la rubéole, les oreillons et la rougeole.
- Oreillons : La vaccination contre les oreillons peut être réalisée pendant l’allaitement. Une grossesse doit être évitée dans le mois qui suit une injection de vaccin contre la rubéole, les oreillons et la rougeole.
- Rubéole : La vaccination contre la rubéole peut être réalisée pendant l’allaitement. Une grossesse doit être évitée dans le mois qui suit une injection de vaccin contre la rubéole, les oreillons et la rougeole.
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