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Défibrillateur cardiaque : un dispositif vital pour sauver des vies

Chaque année en France, plus de 50 000 personnes meurent d'un arrêt cardiaque. Intervenir dans les trois premières minutes augmente considérablement les chances de survie et évite de graves conséquences neurologiques. Le défibrillateur cardiaque, et plus particulièrement le Défibrillateur Automatisé Externe (DAE), est un dispositif médical qui aide à la réanimation des victimes en cas d’arrêt cardiaque.

Qu'est-ce qu'un défibrillateur automatisé externe (DAE) ?

Un Défibrillateur Automatisé Externe (DAE) est un appareil portable et autonome, un dispositif médical utilisé en cas d’arrêt cardiaque. Très simple d’utilisation, il permet de délivrer un choc électrique lorsqu’une personne est en arrêt cardio-respiratoire, contribuant à augmenter significativement les chances de survie. Le défibrillateur analyse le rythme cardiaque et décide si un choc électrique doit être délivré pour rétablir l'activité du cœur. Via une assistance vocale, l’utilisateur du DAE est guidé pas à pas, du massage cardiaque au placement des électrodes.

Comment reconnaître un arrêt cardiaque ?

La victime a une perte de connaissance complète, non réversible, ne parle pas, ne bouge pas, ne respire pas : c’est un arrêt cardiaque. En cas d’arrêt cardiaque, le temps est un élément décisif qui conditionne les chances de survie. Au-delà de 4 minutes sans oxygénation le cerveau peut être gravement endommagé et présenter par la suite de lourdes séquelles.

Comment utiliser un DAE ?

En cas d'accident cardiaque, l’utilisation de cet appareil constitue, avec l’appel aux secours et la réanimation cardio-pulmonaire, l’un des trois gestes qui permettent de sauver une vie.

  1. Assurez-vous que personne ne touche la victime si un choc électrique doit être administré.
  2. Appuyez sur le bouton pour délivrer le choc si demandé par le DAE.
  3. Ne pas éteindre le DAE et laissez les électrodes en place sur la poitrine de la victime.

Il n'existe pas de risque pour la victime car elle serait de toute façon condamnée si on n'effectuait aucun geste d'urgence. Le défibrillateur détermine automatiquement la nécessité du choc électrique et son intensité. Ainsi, il ne délivrera pas de choc s'il perçoit que le cœur a un fonctionnement qui ne justifie pas ce traitement.

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L'humidité excessive (pluie, victime mouillée) ou un environnement métallique (victime sur un échafaudage, etc) peuvent conduire à des difficultés d'ordre électrique : d'une part, le test automatique de l'activité cardiaque peut être faussé et, d'autre part, le choc peut être ressenti par les personnes se trouvant à proximité de la victime. C'est pourquoi le défibrillateur ne doit pas être utilisé tant que ces circonstances défavorables ne sont pas éliminées.

Les données médicales enregistrées par l'appareil (résultats du test, nature des chocs délivrés, etc) peuvent, sur certains modèles, être mises immédiatement à disposition des services de secours pour faciliter la prise en charge de la victime.

Formation à l'utilisation d'un DAE

Contrairement à une idée répandue, l'utilisation d'un défibrillateur ne permet pas à elle seule de réanimer une personne. En réalité, l'appareil complète et facilite les gestes de réanimation cardio-pulmonaire que l'on apprend lors des formations de secourisme. De ce fait, même si le décret du 4 mai 2007 indique que les défibrillateurs externes automatisés peuvent juridiquement être mis en œuvre par « toute personne », il est préférable que les utilisateurs aient reçu une formation pour pouvoir les manipuler efficacement.

L'utilisation du défibrillateur fait en effet partie d'un enchaînement d'actions que l'on doit connaître, depuis la découverte de la victime jusqu'à sa prise en charge par les services de secours. Ces mesures peuvent paraître intuitives (par exemple téléphoner au 15 en présence d'une personne faisant un malaise cardiaque), certaines sont rappelées par le défibrillateur automatisé (par exemple ne pas toucher la victime pendant le test d'activité cardiaque), d'autres enfin nécessitent la maîtrise de certains gestes (par exemple effectuer un massage cardiaque).

Il est donc préférable d'avoir préalablement acquis ces connaissances lors d'une formation adaptée. Celle-ci peut être intégrée à une formation de secouriste ou prendre la forme d'une simple initiation dispensée par un organisme spécialisé, tel que défini par l'arrêté du 6 novembre 2009. Cet arrêté définit également le contenu et la durée de cette initiation, sans toutefois la rendre obligatoire (ce qui irait à l'encontre du décret du 04 mai 2007 qui stipule que « toute personne » peut mettre en œuvre les DAE).

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Concernant le monde de l'entreprise, le Code du travail rend obligatoire la formation de secouristes dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux ainsi que sur les chantiers employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours. Pour les autres postes, le Code indique que « l'employeur organise et dispense une information des travailleurs sur les risques pour la santé et la sécurité et les mesures prises pour y remédier ». Il précise (R4141-3) que la formation à la sécurité doit notamment porter sur la conduite à tenir en cas d'accident.

Ainsi, si l'entreprise fait le choix de s'équiper d'un défibrillateur, on ne peut que recommander à l'employeur, pour répondre à son obligation de formation, d'inscrire ses salariés à une session de secourisme ou d'initiation la plus adaptée à la mise en œuvre de l'appareil qu'il aura choisi. Afin de faciliter l'appropriation des gestes, on choisira pour la formation un modèle de défibrillateur si possible identique à celui équipant l'entreprise.

Défibrillateur Automatique Implantable (DAI)

La pose d’un Défibrillateur Automatique Implantable (DAI) est envisageable en prévention ou pour éviter la récidive de certains troubles du rythme graves. Après un infarctus du myocarde ou dans certains cas d’insuffisance cardiaque grave, le ventricule gauche (pompe principale du cœur) est altéré. Cette fatigue du muscle cardiaque peut favoriser la survenue d’anomalies du rythme ventriculaire pouvant conduire à une perte de connaissance ou à un arrêt cardiaque. C’est pour traiter ces anomalies que le défibrillateur cardiaque existe. Sa version miniaturisée peut être implantée comme un pacemaker sous la peau.

Le pacemaker a pour rôle d’envoyer des impulsions électriques lorsque la fréquence cardiaque est trop lente (bradycardie). Le Défibrillateur Automatique Implantable se présente comme un stimulateur cardiaque amélioré. Avant toute chose, le DAI va analyser le rythme cardiaque recueilli via des sondes implantées. Son algorithme permet d’identifier la nature de la tachycardie et déclencher ensuite une stimulation rapide du cœur pour normaliser le rythme.

Obligations légales et recommandations

Établissements Recevant du Public (ERP)

Depuis l’adoption de la loi n° 2018-527, dite « défibrillateur cardiaque », les Établissements Recevant du Public (ERP) sont tenus d’être équipés d’un DAE facilement accessible. Le décret du 19 décembre 2018 oblige les établissements recevant du public (ERP) à s’équiper d’un défibrillateur automatique dans un emplacement visible du public et facile d’accès. S’il est à l’extérieur, il devra être à l’abri du soleil. Les articles R123-57 à R123-60 du Code de la construction et de l'habitation précisent les modalités d'installation et de maintenance de ces appareils.

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Cette obligation concerne les entreprises qui sont classées ERP :

  • De catégorie 1 à 3, quel qu'en soit le type, au plus tard le 1er janvier 2020 ;

  • De catégorie 4, quel qu'en soit le type, au plus tard le 1er janvier 2021 ;

  • De catégorie 5, pour les types suivants, au plus tard le 1er janvier 2022 :

    • Les structures d'accueil pour personnes âgées ;
    • Les structures d'accueil pour personnes handicapées ;
    • Les établissements de soins ;
    • Les gares ;
    • Les hôtels-restaurants d'altitude ;
    • Les refuges de montagne ;
    • Les établissements sportifs clos et couverts ainsi que les salles polyvalentes sportives.

En cas de non-respect de cette obligation, l’établissement s’expose à de lourdes sanctions qui vont de la fermeture administrative (temporaire ou définitive) et à des sanctions pénales (amende de 45 000€ et 1 peine d’emprisonnement). En outre, un ERP qui ne possède pas de défibrillateur cardiaque obligatoire s’expose à une plainte des ayants-droits d’une victime d’arrêt cardiaque.

Entreprises (ERT)

Pour rappel, en tant qu’Établissements Recevant des Travailleurs (ERT), les entreprises ont d’après l’article R. 4224-14 du code du travail, l’obligation de s’équiper du matériel de premiers secours adapté à la nature des risques de l’activité. Ainsi, en cas d’arrêt cardiaque, et en l’absence d’un défibrillateur, la responsabilité de l’employeur pourrait être engagée en vertu de son obligation de protéger la santé physique de ses salariés.

Le Code du travail, quant à lui, n'impose pas particulièrement le défibrillateur comme moyen de secours, contrairement à ce qui existe pour d'autres dispositifs de première intervention tels que les extincteurs d'incendie. Toutefois, la responsabilité de l'employeur pourrait être engagée en cas d'accident car il doit assurer la santé de ses salariés en termes de résultat.

La réglementation du travail prévoit à cet effet plusieurs obligations pour l'employeur en matière de secours, que l'entreprise soit classée ERP ou non. Cela concerne notamment la mise à disposition de « matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible ». L'employeur doit également prendre « après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures qui sont prises en liaison notamment avec les services de secours d'urgence extérieurs à l'entreprise sont adaptées à la nature des risques. Ces mesures sont consignées dans un document tenu à la disposition de l'inspecteur du travail ».

C'est donc l'employeur qui, dans le cadre de l'évaluation des risques et de la consultation du médecin du travail et des représentants des salariés, détermine l'opportunité de s'équiper. Les facteurs de risques les plus souvent cités dans la littérature peuvent l'aider dans cette démarche :

  • Lorsqu'il y a de nombreuses personnes réunies sur un même lieu (salariés ou public) ;
  • Lorsqu'il y a de nombreuses personnes de plus de 50 ans ;
  • Lorsque les centres de secours sont éloignés,
  • Lorsque les personnes sont soumises à des efforts physiques (activités sportives, manutention, ambiances thermiques inhabituelles, etc) ;
  • Lorsque les personnes sont fragiles (malades, personnes âgées, personnes ayant déjà eu des difficultés cardiaques) ;
  • Lorsqu'il y a des risques spécifiques à l'activité, en particulier pour les travaux électriques et ceux exposant à la noyade.

En tout état de cause, la mise à disposition d'un défibrillateur ne permet pas de s'affranchir des obligations de sécurité prévues par la législation, en particulier des mesures de prévention des risques. Il s'agira par exemple d'équiper les salariés de moyens mécanisés de manutention pour diminuer les efforts, d'adapter la température des locaux de travail, de privilégier l'intervention hors tension sur les installations électriques, etc.

Enfin, si l'entreprise décide de s'équiper d'un défibrillateur, il convient de ne pas oublier que l'employeur doit consulter les instances représentatives du personnel pour aider aux choix du matériel et des programmes de formation.

Aides financières disponibles

Investir dans un Défibrillateur Automatisé Externe (DAE) est essentiel pour lutter contre l’arrêt cardiaque. Si cette mesure constitue un impératif pour la sécurité des usagers, l’investissement qu’elle représente peut être un frein pour de nombreuses collectivités, entreprises et associations. Néanmoins, des aides financières sont mises à disposition pour faciliter l’achat et l’installation de ces équipements vitaux. Ces dispositifs de soutien permettent aux structures publiques et privées de répondre à leur obligation légale tout en limitant l’impact financier.

  • Les subventions pour les collectivités territoriales
    • Les Aides des Conseils régionaux et départementaux: Les Conseils régionaux et départementaux proposent des dispositifs de financement pour soutenir les communes et intercommunalités dans leurs projets. Ces aides prennent la forme de subventions directes ou de programmes d’accompagnement financier. Dans le cadre de l’acquisition ou du renouvellement d’un parc de défibrillateurs, il est possible de solliciter ces institutions pour connaître les appels à projets en cours. Le portail Aides-territoires est également régulièrement mis à jour avec les dernières aides disponibles sur les différents territoires.
    • La Dotation d’Équipement des Territoires Ruraux (DERT): La Dotation d’Équipement des Territoires Ruraux, attribuée par le préfet du département, permet aux collectivités éligibles de financer divers projets.
  • Les aides pour les entreprises
    • Les aides financières des Caisses d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT):
      • Le contrat de prévention: Le contrat de prévention est prévu pour les PME/PMI de moins de 200 salariés. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en place de mesures de prévention pour réduire les accidents du travail et les maladies professionnelles. Cette aide financière est une avance permettant à l’entreprise de mettre en place un plan d’action sécurité défini en collaboration avec la CARSAT.
      • Les aides financières simplifiées (AFS): Les CARSAT accordent également des aides financières simplifiées aux entreprises de moins de 50 salariés relevant du régime général de la sécurité sociale. Ces aides régionales peuvent permettre de soutenir l’acquisition d’un défibrillateur.
    • L’aide financière de la Mutualité Sociale Agricole (MSA): Concernant les TPE du domaine agricole, la MSA donne accès à une aide financière simplifiée visant à améliorer les conditions de travail. Ce dispositif facile et rapide permet d’accéder aux conseils d’un expert en prévention et à un soutien financier de 50 % de l’investissement, plafonné à 3 000 €.
  • Les subventions dédiées aux associations
    • Les aides des administrations publiques: Les associations peuvent obtenir des subventions pour tout projet d’intérêt général, comme l’achat d’un DAE. Pour déposer une demande, il est obligatoire de remplir le formulaire Cerfa n°12156*06 mis à disposition par le Ministère chargé de la vie associative. Les associations sportives peuvent également faire une demande auprès du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Pour cela, elles doivent prendre contact auprès des délégations régionales académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES) dont elles dépendent.

Choisir le bon type de défibrillateur

Le décret du 4 mai 2007 précise que les appareils externes utilisables par toute personne sont les défibrillateurs entièrement automatiques (DEA) et les défibrillateurs semi-automatiques (DSA).

Le fonctionnement des deux types est identique, à la différence que le DSA ne délivre le choc qu'après que le secouriste aura appuyé sur un bouton alors que le DEA délivre de lui-même le choc en fonction de son analyse automatique de l'activité cardiaque.

Il existe une controverse scientifique, voire commerciale, dans le choix entre les deux types. Les défenseurs du DEA argumentent que leur appareil est préférable dans un milieu bruyant car le secouriste risque de ne pas percevoir l'ordre qui lui est donné par la voix de synthèse. Pour éviter cela, certains appareils DSA sont dotés également de voyants lumineux ou d'afficheurs répétant l'ordre mais cela suppose que le secouriste soit attentif à de nombreuses informations tandis qu'il se trouve dans une situation inhabituelle et stressante.

Les partisans du DSA indiquent quant à eux qu'il autorise le secouriste à choisir l'opportunité de la délivrance du choc, ce qui lui permet de veiller auparavant aux bonnes conditions d'application (pas de masse métallique, pas de personne à proximité).

Enfin, le laps de temps s'écoulant entre l'analyse et la délivrance du choc, ainsi que l'intensité de celui-ci, diffèrent entre DEA et DSA. Des études étrangères contradictoires sont avancées par les fabricants à ce sujet. Notons que certains appareils permettent de choisir le mode de fonctionnement DSA ou DEA.

Le choix devra donc se faire surtout en fonction des conditions d'utilisation prévisibles, l'important étant qu'un salarié sache mettre en œuvre l'appareil rapidement.

Coût d'un défibrillateur

Les défibrillateurs externes automatiques sont à ce jour commercialisés aux environs de 1 300 euros. Il ne faut pas oublier d'y ajouter les coûts liés à la formation et à la maintenance périodique.

Il existe aussi des contrats de location, proposés aux environs de 150 euros par mois selon la prestation, comprenant diverses options telles que la mise à disposition d'un appareil, son entretien, la relation avec un service médical, la sensibilisation du public, la télésurveillance, etc. L’achat d’un défibrillateur implique de prendre en compte plusieurs éléments de coûts : prix de l’équipement, renouvellement des consommables, et maintenance.

Emplacement et signalisation

Pour être efficace, le défibrillateur doit pouvoir être mis en œuvre très rapidement. Les installateurs préconisent que l'accessibilité permette une intervention sur la victime en moins de trois minutes. On évitera ainsi par exemple de placer le défibrillateur dans un poste de garde éloigné du centre de l'entreprise.

Dans un lieu ouvert au public, il est préférable que l'appareil soit placé sous surveillance, par exemple en l'implantant près de salariés à poste fixe ou dans un boîtier sous alarme. Cela ne doit pas empêcher son accès immédiat par le public.

On favorisera également la proximité avec les lieux où les accidents cardiaques sont les plus probables, par exemple dans un magasin de stockage où de nombreux efforts de manutention sont possibles.

Pour éviter d'endommager les piles et les électrodes, l'appareil doit être placé dans une ambiance thermique qu'il peut accepter. Les fabricants préconisent en général une plage de + 5° C à + 70° C. Cela peut conduire à placer l'appareil dans un coffret chauffé ou refroidi s'il est implanté à l'extérieur.

Le défibrillateur sera idéalement placé à proximité de moyens d'alerte (téléphone…). Certains diffuseurs proposent un système d'appel automatique dès l'ouverture du coffret, associé à la mise en relation sur téléphone portatif avec un centre de régulation médicale. Certains défibrillateurs intègrent cette fonction de communication par un réseau WIFI ou de téléphonie mobile.

D'une manière générale, il est utile d'associer au défibrillateur quelques accessoires qui faciliteront son utilisation : ciseaux pour couper les vêtements de la victime, rasoir pour mieux coller les électrodes sur une personne à forte pilosité, matériel de protection biologique pour le secouriste…

L'emplacement choisi doit être signalé (article R .4224-23 du code du travail) et les salariés informés.

L'arrêté du 29 octobre 2019 fixe les modèles graphiques à respecter pour la signalisation des défibrillateurs dans les lieux publics et dans certains établissements recevant du public (ERP) pour lesquels un défibrillateur est obligatoire. Six panneaux sont ainsi définis : l'un indiquant que l'établissement est équipé d'un DAE, quatre autres permettant de localiser l'appareil, le dernier indiquant près du défibrillateur divers renseignements administratifs et de maintenance à son sujet.

Il est à noter que les mêmes signalisations de direction sont à utiliser pour indiquer les défibrillateurs installés dans les lieux publics, même si ceux-ci ne constituent pas des ERP.

Concernant les ERP listés par l'article R123-57 du Code de la construction et de l'habitation, l'installation d'un DAE est obligatoire. L'article R.123-58 de ce même code prévoit : « Le défibrillateur automatisé externe est installé dans un emplacement visible du public et en permanence facile d'accès ». L'arrêté du 29 octobre 2019 précise : « Le défibrillateur automatisé externe est installé dans un emplacement facilement accessible et permettant son utilisation permanente par toute personne présente dans l'enceinte de l'établissement. Le défibrillateur automatisé externe installé à l'extérieur de l'établissement est muni d'un boitier assurant sa protection contre les intempéries et son maintien dans les conditions de température requises par son fabricant. » Les exploitants de ces ERP sont également tenus d'apposer les pancartes de signalisation conformément à l'arrêté, depuis l'extérieur de l'établissement jusqu'à l'appareil.

Maintenance périodique

La mise en place d'un défibrillateur doit être accompagnée d'une maintenance appropriée. Celle-ci est prévue par le Code de la santé publique, les défibrillateurs étant des dispositifs médicaux. S'ajoute à cette réglementation celle issue du Code du travail lorsque les appareils sont installés en milieu professionnel et celle issue du Code de la construction et de l'habitation pour certains établissements recevant du public.

Le Code de la santé publique dispose à son article R.5212-25 que « L'exploitant veille à la mise en œuvre de la maintenance et des contrôles de qualité prévus pour les dispositifs médicaux qu'il exploite. La maintenance est réalisée soit par le fabricant ou sous sa responsabilité, soit par un fournisseur de tierce maintenance, soit par l'exploitant lui-même ».

Le Code du travail prévoit quant à lui une obligation générale pesant sur l'employeur d'organiser la prévention des risques et les moyens de secours dans son entreprise.

Il précise à son article R.4224-17 que « les installations et dispositifs techniques et de sécurité des lieux de travail sont entretenus et vérifiés suivant une périodicité appropriée. Toute défectuosité susceptible d'affecter la santé et la sécurité des travailleurs est éliminée le plus rapidement possible. La périodicité des contrôles et les interventions sont consignées dans un dossier ».

Le Code de la construction et de l'habitation rappelle par son article R.123-60 aux exploitants d'établissements recevant du public l'obligation de maintenance posée par le Code de la santé publique.

Comme on le voit, si la réglementation pose un grand principe d'obligation de maintenance des appareils, elle laisse l'employeur déterminer la périodicité et la nature de l'entretien et des vérifications. Ainsi, pour ceux appartenant à la Ville, les batteries des DAE sont contrôlées tous les ans et changées tous les cinq ans.

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