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Causes de décès chez les enfants de 4 ans : une analyse approfondie

En 2023, près de cinq millions de bébés et d’enfants sont morts avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé, soit 37 sur 1 000 naissances. Malgré les progrès considérables réalisés au cours des dernières décennies, la mortalité infantile reste un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Cet article se penche sur les principales causes de décès chez les enfants de 4 ans, en mettant en lumière les disparités régionales et les mesures de prévention possibles.

Disparités régionales de la mortalité infantile

Le risque de mourir bébé ou dans la prime enfance est très inégal selon la région du monde. En Europe de l’Ouest, le taux de décès avant cinq ans est de 4 pour 1 000, et de 6 pour 1 000 en Amérique du Nord. En Asie de l’Est, en Amérique latine et dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le risque de mourir dans les jours ou les années qui suivent la naissance est compris entre 14 et 20 pour 1 000 selon la région. Par rapport à ces régions, il est encore deux fois plus élevé (35 pour 1 000) en Asie du Sud. En Afrique subsaharienne, la situation s’améliore aussi, même si cela semble plus lent, de 4,1 à 2,8 millions de décès chez les moins de cinq ans au cours de la même période.

Heureusement, les progrès en matière de mortalité des jeunes enfants sont très importants : le nombre de décès des moins de cinq ans a diminué de moitié dans le monde en deux décennies, passant de 10 millions en 2000 à 4,8 millions en 2023. Le nombre de décès a été divisé par quatre en Asie de l’Est et Pacifique, la région qui comprend la Chine. 1,3 million d’enfants y sont morts avant cinq ans en 2000, un chiffre en très nette baisse puisque 300 000 décès ont été recensés en 2023. Le taux de mortalité y est passé de 40 pour 1 000 naissances à 14 sur la période. En Asie du Sud, ce nombre de décès a été divisé par trois, essentiellement sous l’effet du pays le plus peuplé dans la région, l’Inde. Il est passé de 3,7 à 1,2 million en vingt ans, soit de 93 décès pour 1 000 naissances en 2000 à 35 en 2023.

Principales causes de décès chez les enfants de moins de cinq ans

Malgré les progrès des conditions sanitaires qui entourent la naissance et les premières années de vie, plus d’un tiers des décès infantiles restent dus à des maladies qui pourraient être évitées grâce à des soins peu sophistiqués.

  • Pneumonie : 16 % des décès de jeunes enfants dans le monde surviennent suite à une pneumonie dont le traitement (antibiotique par exemple) est peu coûteux. Cette seule maladie cause la mort de 500 000 enfants par an en Afrique.
  • Diarrhée : La diarrhée est encore la cause de 9 % des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde. L’hygiène et l’accès à une eau correctement traitée sont essentiels pour prévenir cette maladie.
  • Paludisme : Le paludisme continue à tuer également. Il emporte 450 000 jeunes enfants par an, essentiellement en Afrique. Là aussi, les moyens de prévention sont connus : moustiquaires et vaccination permettraient de réduire considérablement ce nombre.
  • Maladies infectieuses et tuberculose : Par ailleurs, 4 % des décès chez les moins de cinq ans dans le monde sont dus à des maladies infectieuses et 3 %, à la tuberculose.
  • Prématurité : La première cause de mortalité infantile est la prématurité.

Accidents de la vie courante : une cause majeure de décès chez les enfants de 1 à 4 ans

En France, les accidents de la vie courante (AcVC) représentent une menace sérieuse pour la santé et la sécurité des enfants. L’étude AVICOU, menée entre mai 2022 et juin 2023, a analysé les accidents de la vie courante chez les enfants de moins de 15 ans, grâce à un échantillon de 162 médecins généralistes et 31 pédiatres répartis sur le territoire français. Elle révèle que plus de 550 000 consultations annuelles en médecine de ville sont liées à ces accidents, dont environ 476 000 chez des généralistes et 77 000 chez des pédiatres.

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Les accidents de la vie courante englobent les accidents domestiques, de sports, de loisirs, ainsi que ceux survenant à l’école ou dans toute autre situation de la vie privée. Ils constituent la première cause de décès chez les enfants de 1 à 4 ans, et la deuxième chez ceux de 5 à 14 ans.

Types d'accidents de la vie courante

La nature des accidents évolue avec l’âge. Chez les moins de 10 ans, le domicile est le lieu principal de l’accident, avec une implication fréquente du mobilier chez les plus jeunes. Pour les plus de 10 ans, les activités sportives et de loisirs à l’extérieur sont davantage impliquées. Quel que soit l’âge, les chutes étaient la cause principale des accidents : le mobilier était le plus souvent impliqué chez les moins de 5 ans ; chez les plus de 5 ans, les chutes étaient souvent spontanées (lors de jeux en trébuchant).

Voici quelques exemples d'accidents de la vie courante :

  • Chutes : Les chutes sont la première cause d’accident domestique chez les 0-6 ans, selon le ministère de la Santé et de la Prévention. Le risque de chute pour un enfant en bas âge est particulièrement élevé. En effet, encore peu conscient de son environnement et de son propre corps, il se confronte à des situations dangereuses sans en avoir conscience. Il est fréquent de trébucher contre un objet et de perdre l’équilibre, ou encore de glisser sur un sol mouillé.
  • Brûlures : Des milliers de personnes sont hospitalisées pour brûlure en France chaque année. Un quart d’entre elles sont des enfants de moins de 4 ans, rapporte Santé publique France. Elles touchent particulièrement les moins de 5 ans, trop curieux, et profitant de méthodes de rangement imprudentes. Les appareils de cuisson et les aliments cuits à de très hautes températures peuvent causer de graves brûlures.
  • Intoxications : Autre type d’intoxication répandu au sein des foyers : celle au monoxyde de carbone. L’utilisation d’appareils utilisant des combustibles (gaz naturel, bois, charbon, fuel…) pour produire de la chaleur sont susceptibles de produire du monoxyde de carbone s'ils sont mal utilisés ou mal entretenus. Chaque année, ce gaz toxique est responsable de plus de 1000 épisodes d'intoxication et d'une centaine de décès en France.
  • Suffocations : L’obstruction des voies aériennes par un corps étranger est à l’origine de plusieurs milliers de décès par an en France. Une simple cacahuète ou un bonbon avalé de travers peuvent venir bloquer la respiration et engendrer une suffocation à l’issue parfois fatale. Première cause de mortalité chez les nourrissons de moins d’un an, l’étouffement touche toutes les tranches d’âge.
  • Noyades : Plus de 400 décès par noyade accidentelle sont recensés chaque année en France. Il s'agit de la 2e cause de décès accidentel chez les enfants de 1 à 4 ans. Les noyades peuvent également occasionner de lourdes séquelles. Quelques centimètres d’eau suffisent à un nourrisson, nul besoin d’une submersion totale pour générer un résultat dramatique.
  • Électrocutions : Parmi les accidents domestiques les plus courants, l’électrocution est un phénomène fréquent. L’électrisation du corps subissant le passage d’un flux électrique provoque chaque année des décès et des blessures graves. Utilisation d’appareils défectueux ou contact avec une source électrique par mégarde peuvent entraîner ce genre d’accident.

Lieux à risque

Chaque espace de la maison est différent et comporte des risques qui lui sont propres. La cuisine, la salle de bain, les escaliers ou encore le jardin nécessitent une vigilance toute particulière pour éviter les accidents domestiques. La cuisine est donc l’une des pièces présentant le plus de probabilité d’accident domestique. Dans la salle de bain, l’eau peut être à l’origine de nombreux accidents. Les risques que représente une chute sont bien souvent proportionnels à la hauteur dont la victime tombe. Fenêtres et escaliers peuvent ainsi s’avérer particulièrement dangereux. Qui dit jardin dit généralement outils et produits chimiques en tout genre ! Soit autant de sources de danger.

Prévention des accidents de la vie courante

La prévention s’impose comme une priorité. La feuille de route 2024-2030 sur la pédiatrie et la santé de l’enfant prévoit notamment de renforcer les actions préventives, en particulier pour les enfants de 1 à 4 ans.

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Voici quelques mesures de prévention à mettre en place :

  • Sécuriser l'environnement : Pour éviter les accidents domestiques, plusieurs dispositifs peuvent être intégrés aux différentes pièces du logement. Sécuriser les rambardes des escaliers est par exemple une démarche indispensable, au même titre qu’équiper le mobilier saillant de protège-coins, pour limiter la gravité des chutes ou des chocs. De même, la fermeture à clé des placards accessibles aux enfants, ainsi que la protection des prises électriques basses sont des mesures indispensables à adopter pour préserver les plus jeunes.
  • Sensibiliser les enfants : La sensibilisation des plus jeunes aux accidents domestiques les plus courants est un moyen de prévention efficace pour éviter les blessures à la maison. Apprendre aux petits à identifier les situations périlleuses, les objets dangereux et les comportements à risque est essentiel pour les protéger.
  • Former aux premiers secours : Malgré toutes les précautions possibles, les risques ne peuvent jamais être totalement écartés. Il est donc important de connaître les gestes de premiers secours. Le premier réflexe à avoir en cas de brûlure consiste à identifier la gravité et la nature de la blessure, afin d’adopter le comportement adéquat. En toutes circonstances, refroidissez immédiatement la zone en la passant à l’eau tempérée. Cela limitera l’extension de la surface lésée et les douleurs. En cas d’intoxication par ingestion d’un produit chimique, d’un aliment ou d’un médicament, asseyez la victime au sol, ou allongez-la en position latérale de sécurité (PLS) si elle est inconsciente. Desserrez ses vêtements si nécessaire afin de limiter le sentiment d’oppression, et pratiquez un massage cardiaque si la personne ne respire plus. En cas d’étouffement par obstruction, donnez des tapes énergiques dans le dos de la personne concernée. Si cela s’avère insuffisant, opérez des compressions répétées au niveau de son abdomen, afin de l’aider à dégager ses voies respiratoires.

Ressources et outils de sensibilisation

Plusieurs organismes diffusent des brochures et des guides visant à sensibiliser tous les publics aux accidents domestiques les plus courants. Par exemple, pour protéger les enfants de 0 à 6 ans, le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Assurance maladie, propose un document complet présentant les risques domestiques et les solutions pour les éviter. Un jeu sérieux (serious game) "Zéro Accident : Un Jeu d’Enfant !" : expérience immersive destinée à renforcer les compétences du grand public sur la prévention des accidents des enfants de moins de 5 ans.

Amélioration de la santé maternelle : un impact sur la mortalité infantile

260 000 mères meurent chaque année dans le monde pour des raisons liées à la grossesse ou lors de l’accouchement, selon l’Organisation mondiale de la santé (donnée 2023). Près de neuf de ces décès sur dix surviennent dans deux régions du monde : en Afrique subsaharienne (70 %) et en Asie du Sud (17 %). Au total, ce phénomène demeure extrêmement rare si on le rapporte aux 140 millions de naissances qui ont lieu dans le monde chaque année.

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