L'approche de la date d'accouchement est un moment rempli d'excitation et d'anticipation. Cependant, lorsque le terme approche et que le travail ne commence pas naturellement, la possibilité d'un accouchement après terme peut susciter des interrogations et des inquiétudes. Cet article vise à fournir des informations complètes sur les causes du déclenchement de l'accouchement, les procédures impliquées et les considérations importantes pour les futurs parents.
Accouchement après terme : Définition et fréquence
Il est essentiel de définir clairement ce que l'on entend par "accouchement après terme". Pour les professionnels de la santé, une grossesse est considérée à terme entre 37 et 41 semaines d'aménorrhée (SA) plus six jours. Un accouchement est donc qualifié d'"après terme" à partir de 42 SA révolues, soit environ neuf mois et douze jours de grossesse. On parle également de "grossesse prolongée" à partir de 41 SA et zéro jour. Selon le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), il est important de noter qu'environ 15 à 20 % des femmes enceintes dépassent le terme de leur grossesse.
Il est crucial de comprendre qu'accoucher après la date prévue ne signifie pas nécessairement que le bébé est "en retard" ou qu'il y a lieu de s'inquiéter immédiatement. Chaque corps, chaque grossesse et chaque bébé a son propre rythme.
Causes de l'accouchement après terme
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à un accouchement après terme. La date du terme est généralement estimée à partir du premier jour des dernières règles, puis affinée grâce à l'échographie du premier trimestre, notamment par la mesure de l'os du fémur du bébé. Cependant, la grossesse n'étant pas une science exacte, il peut y avoir un léger écart entre la date estimée et la date réelle.
Voici quelques raisons possibles :
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- Erreur de calcul : L'ovulation peut avoir eu lieu plus tard que la moyenne (basée sur le 14e jour du cycle), ce qui peut entraîner une estimation incorrecte du début de la grossesse.
- Première grossesse : Il est plus fréquent d'accoucher après terme lors d'une première grossesse.
Il est important d'avoir confiance en son corps et en son bébé, car ce sont eux qui donneront le signal du départ.
Risques et surveillance en cas d'accouchement après terme
En général, il n'y a pas de risques majeurs associés à un accouchement après terme. Cependant, une fois la barre des 41 SA dépassée, une surveillance quotidienne est mise en place pour vérifier les éléments suivants :
- Fonctionnement du placenta : S'assurer que le placenta est toujours opérationnel pour assurer les échanges entre la mère et le bébé.
- Quantité de liquide amniotique : Vérifier qu'il y a suffisamment de liquide amniotique.
- Poids du bébé : S'assurer que le bébé garde un poids raisonnable pour faciliter l'accouchement.
- Bien-être du bébé : Confirmer que le bébé se plaît toujours dans l'utérus.
Cette surveillance "renforcée" comprend généralement un monitoring pour écouter le rythme cardiaque du bébé et une échographie pour évaluer la quantité de liquide amniotique et parfois le poids du bébé. Il est essentiel de retenir que "Une grossesse après terme n’est pas une pathologie en soi. Mais elle nécessite une vigilance accrue pour s’assurer que tout continue de bien se passer."
Déclenchement : Nécessité et méthodes
Si le travail ne démarre pas naturellement après 41 SA passées, un déclenchement médical peut être proposé. Cependant, il n'est en aucun cas automatique ou imposé. Il est préférable de discuter avec sa sage-femme, son gynécologue ou le personnel soignant de la maternité pour décider ensemble de la meilleure option pour la mère et le bébé. L'objectif est de ne rien précipiter, de rester sereine et alignée avec ses envies (lorsque la situation le permet) et de favoriser un accouchement le plus doux et sécurisé possible.
Les méthodes de déclenchement médical incluent :
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- Décollement des membranes
- Tampon de prostaglandines ou ballonnet
- Rupture artificielle de la poche des eaux
- Perfusion d'ocytocine ou comprimés
Accouchement en maison de naissance ou à domicile
Le suivi après terme peut varier selon le lieu d'accouchement choisi :
- Maternité : Monitoring, échographie, examen du col et éventuellement proposition de déclenchement à partir de 41 SA.
- Maison de naissance : Suivi aussi "rigoureux" qu'à la maternité. La sage-femme peut accompagner dans des méthodes naturelles pour aider le travail à démarrer. Cependant, si rien ne se passe à 42 SA, la future maman sera redirigée vers une maternité.
- Domicile : La plupart des sages-femmes pratiquant l'accouchement à domicile n'accompagnent plus après 41 SA + 5 ou 42 SA par mesure de sécurité et redirigent vers une structure hospitalière.
Raisons médicales du déclenchement
Dans certaines situations, il est nécessaire de déclencher le travail de l'accouchement artificiellement pour des raisons médicales, que ce soit pour le bébé ou pour la mère. Isabelle Le Ray, gynécologue obstétrique, explique que les raisons du déclenchement varient en fonction de l'avancée de la grossesse : « Avant terme, on le propose si laisser la grossesse se poursuivre présente un danger plus grand que l'arrêter, que ce soit pour la maman ou pour son bébé. »
Voici quelques indications médicales courantes pour le déclenchement :
- Risque de pré-éclampsie sévère
- Rupture de la poche des eaux sans déclenchement du travail dans les 48 heures
- Retard de croissance intra-utérin
- Dépassement du terme de plus de 6 jours ou si le corps médical juge que la poursuite de la grossesse entraîne un risque pour l’enfant ou pour la femme enceinte.
- Grossesses gémellaires ou multiples qui présentent plus de risques que les grossesses « classiques ».
- Diabète gestationnel mal équilibré
Déclenchement de convenance
Il est également possible de déclencher un accouchement pour des raisons de convenance, bien que cela soit soumis à certaines conditions. Un déclenchement de convenance peut être envisagé à partir de 39 semaines, soit deux semaines avant le terme, mais jamais avant. Il peut être envisagé lorsque la mère a plusieurs enfants et souhaite programmer son accouchement pour faciliter son organisation ou lorsque la grossesse a atteint son terme, soit 41 semaines. Cependant, il est impératif que le terme soit supérieur à 39 SA, que le bébé soit tête en bas et que le col utérin soit déjà bien ouvert et raccourci. De plus, la maman ne doit pas avoir eu de césarienne lors d’une grossesse précédente puisque cela risquerait de fragiliser davantage l’utérus.
Préparation au déclenchement
Lorsqu'un déclenchement de l'accouchement est prévu, la future maman doit arriver à la maternité soit la veille au soir, soit très tôt le matin, le jour du déclenchement. Une sage-femme vérifie alors que la consultation avec l'anesthésiste a bien eu lieu et que tous les examens médicaux nécessaires ont été réalisés. Un toucher vaginal permet d'estimer l'état du col.
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Méthodes de déclenchement
Diverses méthodes permettent de déclencher l'accouchement. Le choix de la méthode dépend de l'état du col de l'utérus.
- Col défavorable : Des prostaglandines sont appliquées au niveau du vagin, le plus souvent sous forme de gel, parfois par le biais d'un tampon. Après plusieurs heures d'action sur la maturation cervicale et le muscle utérin, les soignants posent une perfusion d'ocytocine en intraveineuse. Dans certains cas, un ballonnet peut être inséré dans le col de l'utérus pour favoriser sa dilatation.
- Col favorable : La sage-femme rompt directement la poche des eaux pour amorcer les contractions. Si la poche des eaux est déjà rompue, on provoque des contractions en posant une perfusion d’ocytocine. Dans cette situation, le décollement des membranes fœtales du col de l'utérus peut être réalisé manuellement, avant que la poche des eaux ne soit percée.
Risques et inconvénients du déclenchement
Bien que le déclenchement soit généralement sûr, il comporte certains risques et inconvénients potentiels :
- Risque que le déclenchement ne "fonctionne" pas et qu'une césarienne soit nécessaire
- Travail anormalement long, ce qui augmente la survenue de saignements après l’accouchement
- Contractions plus douloureuses qu'un travail spontané
- Nécessité d’un monitorage fœtal continu dès le début du travail
- Risque de rupture utérine chez les grandes multipares (≥ 5 accouchements antérieurs) ou en cas d'utérus cicatriciel (ce risque doit être discuté avec la patiente)
- Complications telles que des contractions excessives de l’utérus ou un arrêt de la dilatation du col
Durée du déclenchement
La durée d'un déclenchement peut varier, mais elle est en moyenne de 24 à 48 heures. La future maman est d'abord accueillie à la maternité, puis un examen est réalisé avant de commencer le processus de déclenchement. Elle est ensuite surveillée avant d'être conduite en salle de naissance lorsque le col est prêt à s'ouvrir et que le travail commence.
Aspects émotionnels et psychologiques du déclenchement
Le déclenchement de l'accouchement peut susciter des préoccupations émotionnelles pour certaines futures mamans, telles que l'inquiétude liée à la douleur, la déception de ne pas vivre un accouchement spontané ou l'incertitude concernant le processus. Il est essentiel de discuter de ces craintes avec l'équipe médicale et de bénéficier du soutien de son entourage. L'information, la communication et le soutien sont essentiels pour aider les mères à se sentir rassurées et en sécurité.
Le point de vue d'un expert
Le Dr Frédéric Chiche, chirurgien, gynécologue et obstétricien, souligne l'importance de ne pas imposer le déclenchement du travail, mais de l'expliquer, de le consentir et de l'accompagner. Il met en avant les études qui montrent que ne pas laisser la grossesse se dérouler sur les deux dernières semaines a un véritable intérêt médical, car cela réduit le risque de césarienne et de complications. Il explique également que, bien que cela semble contre-intuitif, la nature ne fait pas toujours bien les choses et que le rôle des médecins est d'intervenir pour limiter les risques.
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