René Villard, connu sous le nom d'Hervé Vilard, est un auteur-compositeur-interprète français né le 24 juillet 1946 à Paris. Sa vie, marquée par des épreuves dès son plus jeune âge, s'est transformée en une carrière musicale riche et diversifiée, jalonnée de succès et d'épreuves personnelles.
Une Enfance Difficile
La vie d'Hervé Vilard commence par une série d'épreuves. Orphelin de père, il est retiré à sa mère à l'âge de six ans et placé à l'orphelinat Saint-Vincent-de-Paul à Paris. Séparé de sa famille, il tente de s'échapper à plusieurs reprises. Il est ensuite placé dans plusieurs familles d'accueil. Ces expériences laissent des cicatrices profondes, mais elles forgent également sa détermination à s'en sortir. Il évoque d'ailleurs, plus tard, les attouchements dont il aurait été victime dans son enfance.
En 1957, à La Celette, dans le Cher, il rencontre un homme d'église qui l'éveille à la musique et à la littérature. À treize ans, il obtient son certificat d'études et envisage, un an plus tard, de s'investir dans une carrière musicale. À seize ans, il fugue à Paris et fréquente des milieux interlopes avant d'être placé en foyer de redressement. Il enchaîne les auditions et les séances de radio-crochet.
Une rencontre déterminante a lieu dans le quartier du Montparnasse : le peintre Dado l'invite à un vernissage où il fait la connaissance de Daniel Cordier, ancien résistant et secrétaire de Jean Moulin. Cordier le prend sous son aile et devient son tuteur légal en 1962. Encouragé par Cordier, il suit des cours de chant et trouve un emploi chez un disquaire des Champs-Élysées.
L'Ascension Fulgurante
Repéré lors d'une audition par le directeur des disques Philips, Villard signe un contrat d'enregistrement avec le label Mercury Records. En décembre 1964, son premier 45 tours sort, mais il ne rencontre qu'un succès modeste. René Villard prend alors le nom de scène d'« Hervé Vilard ».
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Travaillant sur son deuxième 45 tours, il s'inspire d'une chanson de Charles Aznavour, C'est fini, d'une œuvre musicale de Jacques Brel et d'une affiche publicitaire pour Capri pour écrire Capri, c'est fini. La maison de disques est peu enthousiaste, mais accepte finalement de produire la chanson.
Bien que refusée par le jury du concours la Rose d'or d'Antibes, la chanson est diffusée sur Europe 1 et reprise par d'autres stations. Elle sort en juin 1965 sur un EP comprenant également une reprise d'Il mondo de Jimmy Fontana et l'adaptation d'une ritournelle napolitaine.
Avec plus de trois millions d'exemplaires vendus dans le monde, dont plus de 400 000 en France, Capri, c'est fini propulse la carrière du chanteur. Il figure sur la photo du siècle regroupant les vedettes françaises du yéyé en avril 1966.
Succès et Reconnaissance Internationale
Après Capri, c'est fini, Hervé Vilard sort d'autres titres, tels que Fais-la rire, Mourir ou vivre et Pedro, qui ne connaissent pas le même succès, mais qui rencontrent un certain succès. En novembre 1965, il assure la première partie de la tournée de Claude François avant d'entamer une tournée mondiale.
Classé parmi les « chanteurs à minettes » avec ses chansons d'amour, Hervé Vilard fait son coming out dans l'émission Radioscopie de Jacques Chancel en 1967. Il revient en France en 1969 après une tournée de deux ans en Amérique latine.
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Hervé Vilard part pour de longues tournées internationales, ce qui le fait quelque peu oublier en France. De 1970 à 1974, il fait partie de l'écurie Claude Carrère, puis intègre le label Tréma. Sa discographie s'enrichit d'une dizaine d'albums, principalement des compilations.
Installé à Buenos Aires, il produit sept albums au Mexique avant de renouer avec le succès en France avec le titre Nous, disque d'or en 1979 pour plus d'un million de ventes. L'été 1980, le single Reviens se vend à plus de 800 000 exemplaires.
Durant cette décennie, il continue à sortir des albums et à se produire en tournée, proposant également des spectacles de charité et des apparitions dans des orphelinats. Il se produit à l'Olympia en janvier 1981 puis en septembre 1982.
Les Années 1980 et 1990
En 1983, Hervé Vilard sort l'album Ensemble, puis Les Chansons que j'aime en 1984 et P'tit brun deux ans plus tard. L'album L'Amour défendu sort en 1990.
Les années 1990 sont plus difficiles pour Hervé Vilard, qui a du mal à se renouveler. Bien qu'il fasse appel à des compositeurs comme Didier Barbelivien, il est perçu comme un artiste un peu désuet.
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En 1996, sa participation au concert-hommage à l'ancien Olympia lui vaut une reconnaissance d'un public qui ne l'a pas oublié. Il se remet à composer et sort l'album Simplement en 1998, qui marque une renaissance artistique.
Diversification Artistique et Littéraire
En 2004, Hervé Vilard inaugure une salle portant son nom dans la région du Berry où il a passé son enfance. Le mois suivant, il élargit son univers musical avec la parution de Cri du cœur, un album où il met en musique des textes d'auteurs contemporains tels que Marguerite Duras, Bertolt Brecht, Aragon, Pablo Neruda, Bernard Dimey, Eugène Ionesco et Jean Genet.
Le 11 janvier 2006, il publie chez Fayard le premier tome de son autobiographie, L’Âme seule, écrite avec l'aide de Jean-François Kervéan. Après avoir critiqué la tournée nostalgique des yéyé Âge tendre et têtes de bois, Hervé Vilard participe à la saison 5 en 2010.
Vie Privée et Engagement
En 1967, Hervé Vilard révèle publiquement son homosexualité. Il est installé depuis 1989 à La Celette près de Saint-Amand-Montrond, où il a restauré le presbytère de l'abbé Angrand pour en faire sa maison principale.
À l'initiative d'une équipe du journal France Dimanche, Hervé Vilard retrouve sa mère après une tournée à Verdun. Il a également publié Le Bal des papillons en 2007.
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