Hassan II, né le 9 juillet 1929 à Rabat et décédé le 23 juillet 1999 dans la même ville, fut le 21ème monarque de la dynastie alaouite, régnant sur le Maroc du 26 février 1961 jusqu'à sa mort. Succédant à son père, Mohammed V, il fut le deuxième roi (malik) de cette dynastie, après avoir été sultan. Son règne, long de près de quatre décennies, a profondément marqué l'histoire du Maroc, oscillant entre modernisation et maintien d'un pouvoir centralisé.
Jeunesse et Formation
Fils du sultan Mohammed V et de Lalla Abla, le prince Moulay Hassan a grandi dans un environnement imprégné de tradition et d'ouverture sur le monde. Il a cinq sœurs et un frère. Sa jeunesse fut marquée par une éducation à la fois orientale et européenne. Il commence des études de droit au Centre des Hautes Études marocaines et obtient une licence en 1951. Il poursuit sa formation à la faculté de Bordeaux, où il obtient un diplôme en 1952. La même année, alors qu'il prépare son doctorat, l'exil de sa famille le contraint à se réfugier en Corse, puis à Madagascar.
L'Accession au Trône et les Premières Années de Règne
Le prince héritier revient au Maroc le 23 novembre 1955. L'année suivante, il est proclamé chef d'État-major. À la mort de son père, Mohammed V, le 3 mars 1961, Moulay el-Hassan est proclamé roi du Maroc, prenant le nom de Hassan II. Les premières années de son règne sont marquées par la mise en place d'institutions nouvelles, avec l'adoption d'une Constitution en 1962. Cette Constitution, fortement inspirée de celle de la Ve République française, codifie l'autorité religieuse du roi et la suprématie institutionnelle de la monarchie, dans un cadre parlementaire et multipartiste.
Cependant, cette expérience tourne court en 1965. Face à une situation sociale dégradée et à des contestations lycéennes réprimées dans le sang, Hassan II dissout le Parlement et proclame l'état d'exception, concentrant tous les pouvoirs autour du palais. Il gouverne ses « sujets » en dictateur à la romaine. Cette période est marquée par une répression des opposants nationalistes, connue sous le nom des « années de plomb ».
Les Tentatives de Coup d'État et la Marche Verte
Le règne de Hassan II est également marqué par plusieurs tentatives de coup d'État et d'assassinats. Le 10 juillet 1971, le lieutenant-colonel M'hamed Ababou tente de le renverser lors d'une réception donnée à Skhirat pour son anniversaire. Le 16 août 1972, c'est au tour du ministre de l'Intérieur et de la Défense, Mohamed Oufkir, d'organiser une attaque contre l'avion royal. Le roi sort indemne de ces événements, mais ces tentatives témoignent des tensions et des contestations qui traversent le pays.
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En 1975, Hassan II organise la "Marche Verte" afin de s’approprier le Sahara espagnol. Profitant de l'agonie du général Franco, il mobilise des centaines de milliers de civils qui franchissent la frontière du Sahara occidental. Cette opération permet au roi de renforcer sa popularité et de détourner l'attention des problèmes internes. L’Espagne signera les accords de Madrid quelques jours plus tard, partageant le territoire entre le Maroc et la Mauritanie. Toutefois, l'annexion du Sahara occidental entraîne un conflit avec le Front Polisario, soutenu par l'Algérie et la Libye, qui revendique l'indépendance du territoire.
Politique Intérieure : Entre Autoritarisme et Démocratisation
Tout au long de son règne, Hassan II a exercé un pouvoir centralisé et autoritaire, s'appuyant sur un réseau d'élites administratives et militaires. L'absolutisme royal devient la trame d'un système qui s'accommode d'une corruption intensive, d'une répression sélective et d'un enrichissement outrancier. Cependant, à partir des années 1980, sous la pression intérieure et internationale, le roi engage un long processus de démocratisation.
Des réformes constitutionnelles sont adoptées en 1992 et 1996, visant à rééquilibrer les pouvoirs et à garantir les droits de l'homme et les libertés. En mars 1998, Abderrahmane Youssoufi, le chef de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), se réclamant de Ben Barka est nommé premier ministre. Malgré ces avancées, le pouvoir reste concentré entre les mains du roi, qui conserve un rôle prépondérant dans la vie politique marocaine.
Politique Étrangère : Un Allié de l'Occident et un Acteur Régional
Sur le plan de la politique étrangère, Hassan II a développé de bons rapports avec l'Occident, notamment avec les États-Unis et la France. Il se range sans complexe du côté américain, tout en entretenant des relations « apaisées » avec le camp soviétique. Il soutient le Koweït lors de la guerre du Golfe (1990). Simultanément, il saura profiter du contexte international de la guerre froide. Il est l’un des pères fondateurs de l’Union africaine et de l’Union du Maghreb.
Le roi Hassan II participe à la mise en place de l’UMA en compagnie de l’Algérie, de la Lybie, de la Mauritanie et de la Tunisie. Cette organisation vise à consolider les rapports entre les cinq États membres, tant au niveau culturel, économique que politique. Il joue également un rôle important dans les négociations de paix au Proche-Orient, en favorisant le dialogue entre les différentes parties.
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Vie Privée et Descendance
Côté vie privée, Hassan II du Maroc se marie avec Lalla Latifa Hammou le 9 novembre 1961. Le couple a cinq enfants : Lalla Meryem (1962), Sidi Mohammed (1963), Lalla Asmaa (1965), Lalla Hasnaa (1967) et Moulay Rachid (1970).
Décès et Succession
Le roi Hassan II décède le 23 juillet 1999, après avoir régné pendant 38 ans. Ses funérailles, grandioses, sont suivies par des millions de Marocains et par les principaux dirigeants du monde. Son fils, Sidi Mohammed, lui succède sous le nom de Mohammed VI, poursuivant l'œuvre de modernisation et de démocratisation du pays. Il repose dans le mausolée de son père à Rabat.
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