Mario Girotti, connu mondialement sous le nom de scène Terence Hill, est un acteur italien né le 29 mars 1939 à Venise. Sa carrière, riche et variée, s'étend sur plusieurs décennies et englobe divers genres cinématographiques, allant des westerns spaghettis aux comédies d'action.
Jeunesse et Débuts (1939-1967)
Né d'une mère allemande et d'un père italien ingénieur-chimiste, Mario Girotti passe une partie de son enfance en Allemagne, notamment au village de Lommatzsch. Il survit au bombardement de Dresde pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a deux frères, dont un jumeau.
De retour en Italie, il s'installe à Rome. Enfant, Terence Hill est passionné de sports. Champion de natation et d'aviron, il est repéré en 1951, à l'âge de 12 ans, par Dino Risi lors d'une compétition de natation, qui lui offre un petit rôle dans son premier film, Vacanze col gangster (Vacances avec le gangster). Le jeune garçon enchaîne alors les films. Il tourne 27 films en Italie.
En 1963, il décroche un second rôle dans Le Guépard de Luchino Visconti. Mario Girotti abandonne l'université de Rome où il étudiait la littérature et la philosophie et décide de se consacrer totalement au métier d'acteur. En 1964, il part en Allemagne pour tenter d'élargir sa carrière, tournant dans plusieurs séries d'aventure et des westerns, d'après des nouvelles de l'auteur allemand Karl May.
Le Western Spaghetti et la Naissance de Terence Hill (1967-1970)
C'est à la fin des années 60 qu'un tournant décisif s'opère dans sa carrière. Il revient en Italie en 1967 pour jouer dans Dieu pardonne… pas moi ! (Dio perdona… Io no!) (1968). C'est sur ce tournage qu'il fait la connaissance de Carlo Pedersoli, alias Bud Spencer, avec lequel il formera un duo emblématique.
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C'est à cette époque qu'il change de nom pour devenir Terence Hill, un pseudonyme américanisé destiné au marché international. En 1968, il adopte ce nom de scène par lequel il sera internationalement connu.
Il se voit confier le rôle d'un cow-boy appelé Cat Stevens dans trois westerns consécutifs : Dieu pardonne moi pas (1967), Quatre de l'Ave Maria (1968) et Griffe pour griffe (1969). Il incarne même Django lui-même dans Django, prépare ton cercueil (1968).
La Consécration avec Bud Spencer (1970-1980)
En 1970 et 1971, c'est à nouveau avec Bud Spencer qu'il tourne le diptyque qui fera sa gloire : On l'appelle Trinita et On continue à l'appeler Trinita. Le film Dieu pardonne, moi pas connaît un franc succès et le duo se retrouve pour quelques films jusqu'au succès international de On l'appelle Trinita réalisé par Enzo Barboni, marquant un tournant dans le western qui devient comique.
Les deux compères deviennent alors un duo comique et décalé très populaires qui perdure jusqu'en 1994. Terence Hill et Bud Spencer deviennent inséparables et tourneront une quinzaine de films de 1970 à 1985, toujours basés sur l'antagonisme de leurs personnages comme Deux super-flics et Pair et impair.
Lourdingues et mal rythmés, ces deux westerns spaghettis portent pourtant au pinacle le duo Hill/Spencer. La plupart des westerns qu’il a tournés avant seront renommés Trinita par des exploitants français. Les années 70 sont celles de la gloire.
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Au-delà du Duo : Reconnaissance et Rôles Marquants
Auparavant, Terence Hill tourne avec Henry Fonda Mon nom est Personne, l'un des ses films les plus célèbres, où il met à profit son regard azuréen et son tempérament comique. C'est grâce à Sergio Leone et Tonino Valerii que l'acteur trouve son rôle le plus remarquable et respecté dans Mon nom est Personne en 1973. Par ailleurs, Terence Hill considère ce film comme son préféré.
Une fois établi comme icône du western spaghetti, Terence Hill fait face à la légende Henry Fonda dans le culte Mon nom est Personne (1973) écrit et produit par Sergio Leone. The fool on the hillconsécration, et un rôle (Personne !) auquel l'acteur ne trouvera aucun équivalent dans sa carrière. Il tente la pseudo-suite deux ans plus tard, avec Un génie, deux associés, une cloche, mais le résultat s'avère tristement insatisfaisant.
Diversification et Passage Derrière la Caméra (1980-2000)
Il passe donc les dix années suivantes à reformer son duo avec Bud Spencer, pour des films aux titres aussi hautement intellectuels que Les deux super flics, Quand faut y aller faut y aller ou Salut l'ami, adieu le trésor.
Lassé de ce duo immuable, Terence Hill décide de passer pour la première fois derrière la caméra en solo en 1984 avec une nouvelle adaptation de Don Camillo. Cette formule de la baffe et de l'antagonisme comique, il la reporte sur une adaptation de Don Camillo (1983) qu'il réalise lui-même. Il tente à nouveau l’aventure avec un Lucky Luke (1991) qui n’est pas resté dans les mémoires.
En 1991, Terence Hill s'approprie le personnage de bande dessinée Lucky Luke, qu'il incarne dans un film et une courte série télé ; son interprétation est essentiellement une version clean de Trinita / Personne. Il incarnera aussi une autre figure mythique de l'Ouest, Lucky Luke, dans une adaptation de 1991.
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En 1990, son fils adoptif, Ross, décède dans un accident de moto à l'âge de 17 ans alors qu'il est sur le tournage de Lucky Luke. Le fils aîné de Terence et Lori Hill, Jess, apparaît dans quatre des films de son père.
Carrière Télévisuelle et Retrait Progressif (2000-Aujourd'hui)
Après une dernière tentative de réactiver son duo avec Bud Spencer dans Petit papa baston (1994), il abandonne progressivement le cinéma pour se consacrer à sa carrière d’acteur à la télévision. Il se consacre ensuite à la télévision avant de se retirer discrètement du système.
Après avoir retrouvé son compère Bud Spencer en 1994 dans Petit Papa Baston, il se tourne vers la télévision, où il joue le curé enquêteur Don Matteo de 2000 à 2008. En 2009, il remonte en selle pour un western destiné à la télévision qu'il coréalise : Doc West.
Style et Influence
Les films de Terence Hill, en particulier ceux réalisés en collaboration avec Bud Spencer, sont caractérisés par un humour slapstick, des scènes de bagarres exagérées et un ton léger et divertissant. Son regard bleu perçant et son sourire malicieux ont contribué à forger son image de héros sympathique et attachant.
Filmographie Sélective
- Le Guépard (1963)
- Dieu pardonne… pas moi ! (1967)
- On l'appelle Trinita (1970)
- On continue à l'appeler Trinita (1972)
- Mon nom est Personne (1973)
- Deux super flics (1977)
- Lucky Luke (1991)
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