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Spider-Man : La naissance d'une légende, 60 ans d'histoire

Le justicier masqué, vêtu d’un costume rouge et bleu orné d'une grande araignée sur le torse, Spider-Man est un symbole de la culture populaire depuis des décennies. Août 1962 marque le début de ses aventures, en couverture du premier comics à son honneur. Créé par Stan Lee, directeur de Marvel, et Steve Ditko, dessinateur, le personnage de Peter Parker, adolescent mordu par une araignée radioactive, a su évoluer avec son temps.

La genèse d'un héros : Amazing Fantasy #15

Spider-Man est apparu pour la première fois en août 1962 dans le numéro 15 de la revue comics Amazing Fantasy. Ce numéro, qui coûtait 0,12 dollar à sa sortie, a été vendu aux enchères en ligne pour 1,1 million de dollars en 2011, témoignant de la valeur historique du personnage. Les dessinateurs y racontent l'histoire de Peter Parker, qui développe des superpouvoirs après avoir été mordu par une araignée radioactive. Incapable de gérer ses nouvelles capacités, le jeune homme s'en sert d'abord pour gagner de l'argent, avant de devenir le super-héros que l'on connaît.

L'idée originale de Spider-Man a peut-être germé plus tôt. Une enquête du New York Post suggère qu'un costume d'Halloween pour enfants, étrangement similaire à celui de l'homme-araignée, était commercialisé dès 1954 par la compagnie Ben Cooper Inc. Cette découverte relance la polémique sur les origines exactes du super-héros, souvent attribuées à Stan Lee et Steve Ditko. Jack Kirby aurait aussi travaillé sur le dessin de Spider-Man avant d'être remplacé.

L'ascension d'un phénomène : The Amazing Spider-Man

Grâce au succès d'Amazing Fantasy #15, Spider-Man devient le héros de sa propre série, The Amazing Spider-Man, en 1963. De nombreuses séries et adaptations (cinéma, jeux vidéo, séries télévisées…) ont suivi, faisant du personnage l'un des plus populaires des comics. Près d’un demi-siècle après leur parution originale, les Spider-Man de Steve Ditko et Stan Lee restent exemplaires.

Les dix premiers numéros de la série présentent des histoires complètes, dont la continuité repose sur la construction de relations telles que celles de Peter Parker avec ses camarades de lycée. Flash Thompson, brute épaisse, est le plus grand admirateur de Spider-Man. Liz Allan, que Peter finit par s’aliéner du fait de ses devoirs de redresseur de torts, finit par l’apprécier. Peter noue une relation sérieuse avec Betty Brant, la secrétaire de J. Jonah Jameson, patron du Daily Bugle. Le ballet féminin s’anime lorsque sa tante May insiste pour lui présenter Mary Jane Watson.

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Le second nœud de relations est celui des rapports de Peter au Daily Bugle, en particulier avec le patron de presse, J. Jonah Jameson, qui mène campagne pour discréditer Spider-Man aux yeux du public. L’originalité du personnage de Jameson est qu’il va au-delà de son rôle de patron de presse pour se dresser en parangon d’intégrité et en défenseur de la morale publique.

Les ennemis de Spider-Man : Un bestiaire mémorable

L’un des atouts majeurs de Steve Ditko réside dans sa capacité à créer des super-ennemis dont la réussite ne se dément pas au fil du temps. Au fil des trente-huit premiers numéros de The Amazing Spider-Man, Ditko en créa dix-neuf, dont seize firent par la suite de nombreuses réapparitions, tels l’Homme de Sable, Dr. Octopus, le Lézard, le Vautour, Electro, le Bouffon Vert, Kraven ou Mysterio. Six d’entre eux, les plus dangereux, se groupèrent même sous le nom des Sinister Six dans un Annual mémorable. Par comparaison, le successeur de Ditko sur la série, John Romita, ne créa, sur une durée égale, que trois super-vilains (The Shocker, The Rhino, et The Kingpin), dont seul le Caïd conserva plus tard quelque importance.

La pérennité des super-vilains de Ditko pourrait s’expliquer par le fait que nombre d’entre eux sont réductibles à de la matière brute, à un matériau, ou à une partie du corps qui les résume et leur imprime une dynamique propre. Pour certains de ces personnages, nul besoin de costume, puisque leurs pouvoirs leur font une seconde peau.

Si certains de ces super-vilains acquièrent leurs pouvoirs selon des procédés assez courants chez Marvel, tels qu’une exposition à une source d’énergie ou une manipulation chimique, d’autres font appel à des procédés qui entraînent des transformations moins profondes mais qui restent tout aussi dangereux, ceux de l’illusion, de la manipulation de la réalité et de la dissimulation sous de fausses apparences.

Spider-Man dans la culture populaire : Un héros transgénérationnel

Spider-Man est devenu l’un des super héros les plus emblématiques au monde. Il est apparu dans des bandes dessinées, des films, des émissions de télévision, des jeux vidéo et des produits dérivés. Grâce à ces multiples interventions, il est reconnu dans le monde entier.

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Spider-Man a participé à de nombreux films à succès. Le premier, sorti en 2002, a fait un carton au box-office. Ces œuvres cinématographiques ont contribué à la popularité de Spider-Man. En 2019, Spider-Man : No way home a totalisé cinq millions d’entrées en France, faisant de lui le film le plus vu en 2021 en France (atteignant les six millions d’entrées en février 2022). Il est re-sorti le 7 septembre, avec de nouvelles séquences inédites.

Depuis ses débuts en 1962, Spider-Man a eu un impact majeur sur l’industrie de la bande dessinée. Sa principale contribution : faire de Marvel Comics l’un des éditeurs les plus populaires et les plus prospères au monde. Aujourd’hui, l’homme-araignée poursuit son combat dans des films d’animation.

Il existe aujourd’hui une grande variété d’articles qui s’inspirent du personnage : des figurines, des t-shirts, des jouets, des jeux vidéo. Ces produits sont appréciés par les fans du monde entier. Les enfants s’emparent avec plaisir de son costume pour des heures de jeu de rôle. Les housses de couette Spider Man envahissent les chambres des jeunes justiciers. Et depuis plusieurs décennies, le cartable Spiderman s’impose dans les cours de récréation. Les produits dérivés de l’homme-araignée sont très recherchés par les collectionneurs.

Peter Parker alias Spider-Man fête ses 60 ans en août 2022. Le célèbre personnage de l’univers Marvel fascine toujours autant. Spider-Man : No Way Home, sorti au cinéma en décembre 2021, a fait un carton mondial.

Julien Peigneau, directeur général France des produits sous licence Disney, explique que Stan Lee a créé un super-héros qui est issu d’un milieu populaire, un jeune replié sur lui-même, pas musclé, rat de bibliothèque. C’est un adolescent en crise qui se découvre des superpouvoirs après avoir été mordu par une araignée. Morgan Bizet, journaliste spécialisé en pop culture, ajoute que Peter Parker est aussi important que Spider-Man, a contrario de Clark Kent qui est Superman, et de Bruce Wayne alias Batman. Stéphane Huard, président de Sony Pictures France, souligne que Spider-Man est anonyme, c’est un héros de proximité. Il reste humble car il est élevé par son oncle et sa tante qui lui rappellent qu’avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités.

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Le personnage créé par Stan Lee est donc sexagénaire. Cela signifie que plusieurs générations ont pu suivre les aventures de l’homme-araignée, d’abord via les bandes dessinées (appelées comics), puis sur écran avec des dessins animés, des émissions et au cinéma. D’ailleurs, Spider-Man a été le premier héros Marvel à être adapté au grand écran, en 2002, avec la trilogie réalisée par Sam Raimi et portée par l’acteur Tobey Maguire.

Le dernier film porté par Tom Holland a conclu la trilogie de Spider-Man. L’une des particularités du personnage est qu’il est sans cesse renouvelé sur de nouveaux supports, pour de nouvelles aventures. De 1967 à 1970, un dessin animé, Spider-Man a été créé. Il a été diffusé en France à partir de 1977 sur TF1, sous le titre de L’Araignée. Plus récemment, un autre homme-araignée est apparu sur les écrans avec Spider-Man : New Generation, un film d’animation sorti en 2018. La différence est que l’identité de l’homme-araignée n’est plus Peter Parker, mais Miles Morales.

Lorsqu’il a été demandé si un jour, Spider-Man sera surpassé par un autre super-héros, les personnes interviewées ont répondu par la négative. Stéphane Huard assure qu'aucun [super-héros] n’est arrivé au même stade que Spider-Man. Julien Peigneau atteste que le costume de Spider-Man fait partie des meilleures ventes à Disney. C’est un héros positif qui transmet des valeurs. Morgan Bizet considère que Spider-Man incarne vraiment le côté du superhéros et le côté humain, il représente quelque chose d’immuable que n’ont pas les autres personnages.

Spider-Man : Un symbole d'espoir et de justice

Après avoir découvert ses nouveaux pouvoirs, Peter Parker les emploie pour aider les personnes dans le besoin. Il se met toujours en danger pour protéger les innocents et combattre le mal. Ces actes font de lui un symbole d’espoir et de justice pour les habitants de New York.

Le défenseur attire très vite l’attention des médias. Il fait l’objet de reportages dans les journaux et les magazines. Les gens commencent à l’idolâtrer : il devient une source d’inspiration pour beaucoup. Il gagne même le respect d’autres superhéros comme Iron Man, Captain America et l’incroyable Hulk.

Le costume de Spiderman est emblématique. Rouge et bleu, il représente les fils d’une toile d’araignée et rappelle les incroyables pouvoirs de Peter Parker. Il comporte un logo d’aranéide blanche sur la poitrine, symbole de son héroïsme et de sa capacité à lutter contre le mal. La tenue offre une capuche qui couvre le visage de Peter Parker. Celle-ci permet à Peter Parker de garder son identité secrète.

Personnage bien-aimé de l’univers Marvel, Spider-Man n’est pas seul dans sa quête de justice. Trois proches influencent ses décisions : sa tante May, la belle Mary Jane Watson et son ami Harry Osborn. Chacun à leur manière aide l’étudiant héroïque à protéger les innocents de la méchanceté des esprits machiavéliques.

Depuis des décennies, Spiderman inspire. Son courage et sa détermination fascinent les petits et les grands. Symbole de justice et d’espoir, Spiderman rappelle qu’avec un peu d’effort et beaucoup d’envie, tout le monde peut devenir un héros. Toutes les générations sont sensibles à de tels propos !

Un héritage en constante évolution

La longévité de Spider-Man tient aussi à sa capacité de réinvention, sous la plume de dizaines d’auteurs et dessinateurs. Des versions évoluant dans des différentes dimensions (ce que Marvel appelle le « multiverse ») qui coexistent avec Peter Parker, se posent en alternative, sans effacer son histoire d’origine. Le personnage a connu en soixante ans beaucoup d’itérations, de métiers, d’âges différents… Son rapport à l’argent, à la police, à la famille a pu changer plusieurs fois.

Des interprétations plus récentes montrent aussi la volonté des auteurs de Spider-Man de s’adapter à l’air du temps et de faire montre de plus de diversité. Web-Weaver, le premier Spider-Man gay a été annoncé pour septembre 2022. On pense avant cela à Miles Morales, un Spider-Man noir et latino créé en 2011 par Brian Michael Bendis et Sara Pichelli, qui a particulièrement convaincu dans le film d’animation de 2018 Spider-Man : new generation, mais aussi dans le jeu vidéo Marvel’s Spider-Man : Miles Morales.

Spider-Man s’était déjà frotté à des sujets politiques. L’apparition, dans le numéro 583 d’Amazing Spider-Man, en 2009, de Barack Obama, tout juste devenu le premier président noir des Etats-Unis, a permis de battre les records de ventes. Et on retrouve, dès 1971, la dénonciation de la drogue dans Green Goblin Reborn !. Et plus tôt encore, le sujet de la guerre avait été abordé avec le personnage de Flash Thompson, camarade de lycée de Peter Parker et conscrit parti combattre au Vietnam.

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