Loading...

Simone Veil : Une vie au service de la France et de l'Europe

Simone Veil, figure emblématique du XXe siècle, a marqué l'histoire de la France et de l'Europe par son engagement politique, son courage et sa détermination. Sa vie, marquée par les horreurs de la déportation, a été un combat constant pour la justice, les droits des femmes et la construction européenne.

Une jeunesse niçoise brisée par la guerre

Simone Jacob est née le 13 juillet 1927 à Nice, au sein d'une famille juive laïque et patriote. Son père, André Jacob, était architecte. Elle grandit avec ses sœurs Madeleine (Milou) et Denise, et son frère Jean, dans une atmosphère aimante et cultivée. Ces années d'enfance heureuses furent brutalement interrompues par la Seconde Guerre mondiale.

En novembre 1943, Simone est contrainte de cesser d'aller au lycée et d'utiliser une fausse identité pour échapper aux persécutions antisémites. Malgré le climat de peur et d'incertitude, elle parvient à passer son baccalauréat en mars 1944. Le lendemain même, elle est arrêtée par la Gestapo.

Le 7 avril 1944, Simone, sa mère Yvonne et sa sœur Milou sont déportées depuis le camp de Drancy vers Auschwitz-Birkenau. À leur arrivée, Simone reçoit le numéro de matricule 78651, tatoué sur son bras gauche, une marque indélébile de l'horreur qu'elle a vécue. Elle échappe de peu à l'extermination grâce à l'intervention d'une Kapo qui la fait muter dans une annexe du camp, à Bobrek, avec sa mère et sa sœur.

Face à l’influence grandissante de la Gestapo dans la France de Vichy, elle est déportée la même année, avec sa mère et sa sœur, au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

Lire aussi: Valérie Darmon : Journaliste et Bien-être

En janvier 1945, face à l'avancée des troupes soviétiques, les Nazis évacuent Auschwitz. Simone, sa mère et sa sœur sont contraintes de participer à la "marche de la mort" jusqu'au camp de Bergen-Belsen. Épuisée par les privations et les mauvais traitements, Yvonne Jacob succombe au typhus le 15 mars 1945, un mois avant la libération du camp par les troupes britanniques. Son père et son frère Jean sont morts en déportation.

"Lorsque je repense à ces années heureuses de l’avant-guerre, j’éprouve une profonde nostalgie. Ce bonheur est difficile à restituer en mots, parce qu’il était fait d’ambiances calmes, de petits riens, de confidences entre nous, d’éclats de rire partagés, de moments à tout jamais perdus." Simone Veil, Une vie, 2007.

Reconstruction et engagement dans la magistrature

De retour en France le 23 mai 1945, Simone apprend qu'elle a été reçue au baccalauréat. Elle décide de s'inscrire à la faculté de droit et à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po). C'est là qu'elle rencontre Antoine Veil, futur entrepreneur et homme politique, qu'elle épouse en 1946. De cette union naîtront trois enfants : Jean, Claude-Nicolas et Pierre-François.

Après ses études, Simone Veil intègre la magistrature en 1956. Elle occupe différents postes au ministère de la Justice, notamment à la direction de l'administration pénitentiaire. En 1970, elle est nommée secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), devenant la première femme à occuper ce poste.

Ministre de la Santé et figure emblématique de la lutte pour le droit des femmes

En 1974, sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'elle est nommée ministre de la Santé par le président Valéry Giscard d'Estaing. Elle est alors chargée de résoudre l'épineux problème de la légalisation de l'avortement.

Lire aussi: Catherine Fruchon-Toussaint : Une carrière discrète

Le 26 novembre 1974, Simone Veil prononce devant l'Assemblée nationale un discours historique et poignant pour défendre son projet de loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle affronte avec courage les attaques et les insultes d'une partie de la classe politique et de la société française, profondément divisées sur cette question.

Après trois jours de débats passionnés, la loi Veil est adoptée le 29 novembre 1974. Elle est promulguée le 17 janvier 1975, autorisant l'IVG pour une durée de cinq ans. En 1979, elle est définitivement adoptée, marquant une avancée considérable pour les droits des femmes en France. Simone Veil devient ainsi le symbole de la lutte pour le droit des femmes en France.

"En 1974, je suis entrée au gouvernement uniquement parce que j’étais une femme. Valéry Giscard d’Estaing s’était engagé, en tant que candidat à la présidence de la République, à faire participer des femmes au gouvernement.

Elle fait le choix d’étudier le droit à Sciences-Po et intègre la magistrature.

Alors ministre de la Santé sous le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing, sa carrière prend un tournant, en 1975, lorsqu’elle fait adopter la loi dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse. Simone Veil devient ainsi le symbole de la lutte pour le droit des femmes en France.

Lire aussi: L'engagement de Cassandre Mallay : un portrait

Un engagement européen sans faille

Après cinq années passées au ministère de la Santé, Simone Veil se tourne vers l'Europe. Convaincue que la construction européenne est le seul moyen d'éviter les horreurs du passé, elle accepte de conduire la liste de l'Union pour la Démocratie Française (UDF) aux premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct en 1979.

Le 17 juin 1979, elle est élue présidente du Parlement européen, devenant la première femme à occuper ce poste. Elle y défend avec ferveur ses convictions européennes, promouvant la réconciliation franco-allemande et l'approfondissement de l'intégration européenne. Elle occupe ce poste jusqu'en janvier 1982.

En 1984 et 1989, elle est réélue députée européenne. Elle continue de jouer un rôle actif au sein du Parlement européen, œuvrant pour la construction d'une Europe plus forte et plus unie.

A cette date, à l'occasion des premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct, Simone Veil est tête de liste de l'Union pour la Démocratie française (UDF). Le 17 juin, elle est élue présidente au second tour par 192 voix. En 1984 elle dirige la campagne pour les élections européennes de la liste libérale Union pour la France en Europe (UFE).

Elle est la première présidente du Parlement européen en étant élue au suffrage universel en 1975 et sera fervente promotrice de la réconciliation franco-allemande.

Dimanche 1er juillet 2018, Simone Veil, figure européenne incontournable, est inhumée au Panthéon aux côtés de son mari. Elle a été la première femme présidente du Parlement européen en 1979 et elle y a défendu des positions fédéralistes et supranationales. "Pour ses fondateurs, l'Europe était avant tout un projet politique. Il faut revenir au concept qui l'avait inspirée en rénovant les institutions européennes dans le sens de la démocratie et de l'efficacité. "Se fixant de grandes ambitions, l'Europe pourra faire entendre sa voix et défendre des valeurs fortes : la paix, la défense des droits de l'homme, davantage de solidarité entre les riches et les pauvres.

Ministre d'État et membre du Conseil constitutionnel

En 1993, Simone Veil est nommée ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, dans le gouvernement d'Édouard Balladur. Elle s'attaque notamment aux problèmes du déficit de la Sécurité sociale et des quartiers difficiles.

De 1998 à 2007, elle siège au Conseil constitutionnel, où elle est nommée par le président du Sénat, René Monory. Elle participe aux débats sur la primauté du droit communautaire sur la législation française.

Gardienne de la mémoire de la Shoah

Tout au long de sa vie, Simone Veil a œuvré pour que le souvenir de la déportation des Juifs ne s'éteigne jamais. Elle a témoigné à de nombreuses reprises sur son expérience à Auschwitz-Birkenau et à Bergen-Belsen, notamment auprès des jeunes générations.

Elle s'engage au sein du Mémorial de la Shoah, dont elle devient vice-présidente puis présidente d'honneur. Elle préside également la Fondation pour la Mémoire de la Shoah de 2000 à 2007.

Une part du budget est consacrée au musée du Mémorial, qui abrite à la fois le mur des Déportés et le mur des Justes.

Élection à l'Académie française et hommage national

En 2008, Simone Veil est élue à l'Académie française, au fauteuil n° 13, précédemment occupé par Paul Claudel, Pierre Loti et Jean Racine. Elle est reçue sous la Coupole le 18 mars 2010. Sur son épée d'académicienne est gravé son numéro de déportée, un symbole fort de son engagement pour la mémoire.

Simone Veil décède le 30 juin 2017, à l'âge de 89 ans. Sa disparition suscite une immense émotion en France et à travers le monde. Le 1er juillet 2018, elle est inhumée au Panthéon aux côtés de son mari, Antoine Veil. Cet hommage national consacre Simone Veil comme l'une des plus grandes figures de l'histoire de France.

Le 1er juillet 2018, la cérémonie d’entrée au Panthéon de Simone Veil et de son mari, Antoine, rassemble des milliers de personnes. Après le passage de leurs cercueils devant des photographies représentant le parcours de Simone Veil, Emmanuel Macron, président de la République, prononce un discours d’hommage.

tags: #date #de #naissance #et #biographie #de

Articles populaires:

Share: