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Serge Reggiani : Une Vie d'Artiste, Entre Cinéma, Théâtre et Chanson

Serge Reggiani, acteur et chanteur de renom, a marqué le paysage artistique français par son talent multiforme et sa sensibilité à fleur de peau. Sa vie, riche en épreuves et en succès, témoigne d'une passion inextinguible pour l'art et d'un engagement profond envers les valeurs humaines.

Naissance et Jeunesse : L'Italie et l'Exil en France

Sergio Reggiani, de son vrai nom, voit le jour le 2 mai 1922 à Reggio nell'Emilia, une ville du nord de l'Italie. Fils d'un coiffeur, Ferruccio, et d'une ouvrière, son enfance est marquée par la modestie. En 1930, face à la montée du fascisme, sa famille est contrainte à l'émigration. Ils s'installent à Paris en 1931, où les parents tiennent un salon de coiffure.

L'enfant s'adapte rapidement à sa nouvelle vie. Bon élève, il se montre également attiré par le monde du spectacle. Il écrit et monte des saynètes avec un ami, se produisant dans les bistrots du quartier du faubourg Saint-Antoine. Il chante et gagne quelques sous comme figurant aux théâtres Mogador et du Châtelet.

Les Premiers Pas d'un Comédien : Théâtre et Cinéma

Après avoir envisagé de suivre les traces de son père, Serge s'oriente finalement vers le cinéma. Il rejoint le Conservatoire des arts cinématographiques en 1937, puis le Conservatoire national d'art dramatique en 1939. En 1938, Serge Reggiani apparaît pour la première fois sur grand écran, mais non crédité au générique, dans Les Disparus de Saint-Agil de Christian-Jaque. En 1941, il obtient deux seconds prix (tragédie et comédie) qui récompensent le jeune acteur.

Ses premiers pas sur scène se font dans "Le Loup-garou" (1940), avant de jouer dans "Britannicus" (1941). Jean Cocteau le remarque et lui offre un rôle dans sa pièce "Les Enfants terribles". Au début de la guerre, il s'était hasardé sur les planches, pour distiller l'humour décapant de Roger Vitrac (Le Loup-garou), ou célébrer Baudelaire dans le cabaret d'Agnès Capri. Lorsqu'il reprend "Les Parents terribles", en 1942, il est victime de la cabale qui vise Jean Cocteau.

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En 1943, il tourne dans "Le Carrefour des enfants perdus". Robert Brasillach s'enthousiasme, dans les "Chroniques de Paris", « pour l'autorité et la force de l'acteur… mais aussi cet air fermé et têtu, l'éclat des yeux sombres, le feu intérieur ». Après la guerre, le cinéma tel qu'il se fait sous l'égide de Jacques Prévert le comble : il joue dans "Les Portes de la nuit" (Marcel Carné, 1946), "Les Amants de Vérone" (André Cayatte, 1948) et, tient le premier rôle de "La Fleur de l'âge" (Marcel Carné, 1947), qui demeure malheureusement inachevé. Il prête également sa voix au tendre ramoneur du dessin animé de Paul Grimault, "La Bergère et le Ramoneur" (1952). Cynique et persifleur, il campe le frère de Manon (Henri-Georges Clouzot, 1947). Dans "Retour à la vie" (Jean Dréville 1948), il remâche l'amertume d'un prisonnier français, marié à une Allemande, et en proie à la haine à son retour en France. Il lui revient également, en fantassin effronté, d'ouvrir et de fermer "La Ronde" de Max Ophüls (1950).

Au théâtre, Serge Reggiani interprète et met en scène "Hamlet" (1947), vit les affrontements de "La Terrasse de Midi" (Maurice Clavel, 1947) et les crises des "Justes" (Albert Camus, 1949). Il se prodigue dans "La Dévotion à la Croix" (Calderón, 1953) après avoir ferraillé dans une adaptation des "Trois Mousquetaires" (1951).

Jacques Becker lui offre alors de jouer dans "Casque d'or" (1952) Manda, l'amant taciturne de Simone Signoret. Ce rôle admirable, où l'amour fou s'entrelace à la pure amitié, marqua si bien l'acteur que plus tard il chantait encore « un menuisier dansait » pour évoquer la valse éternelle de Casque d'or et de Manda sous les arceaux de la guinguette. L'échec incompréhensible de ce chef-d'œuvre blessa Reggiani.

L'Éclosion d'un Chanteur : Une Nouvelle Carrière

En 1959, il triomphe au théâtre de la Renaissance avec "Les Séquestrés d'Altona", pièce de Jean-Paul Sartre. Bien conseillé, encouragé par Barbara, Serge Reggiani entame à quarante-deux ans un parcours de chanteur jalonné par des récitals à l'Olympia et à Bobino. Son sens dramatique, sa précision, l'âpre résonance de ses accents bouleversent ses auditeurs.

Son premier album, "Serge Reggiani chante Boris Vian" (1964), connaît un franc succès. Face à cette réussite, l'interprète sort un nouvel album en 1967, nommé "Album N°2 Bobino". Durant sa carrière, il collabore avec de nombreux noms du répertoire français comme Jacques Datin, Maxime Le Forestier et Serge Gainsbourg.

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Parmi ses chansons, certaines d'entre elles deviennent de vrais tubes. C'est le cas de "Il suffirait de presque rien" (1968), "L'Italien" (1971) ou "Venise n'est pas en Italie" (1977).

Cinéma et Chanson : Un Artiste aux Multiples Facettes

Malgré une carrière d'acteur florissante, Serge Reggiani décide à quarante-deux ans, de s'essayer à la chanson. Son premier album Serge Reggiani chante Boris Vian (1964), composé par Boris Vian, connaît un franc succès. Face à cette réussite, l'interprète sort un nouvel album en 1967, nommé Album N°2 Bobino. Durant sa carrière, il collabore avec de nombreux noms du répertoire français comme Jacques Datin, Maxime Le Forestier et Serge Gainsbourg.

Il entreprit par la suite de jouer dans une douzaine de films italiens, dont "La Grande Pagaille" (Luigi Comencini, 1960), "Le Guépard" (Luchino Visconti, 1962), plus tard "Touche pas à la femme blanche" (Marco Ferreri, 1973) et "La Terrasse" (Ettore Scola, 1980). En France, Duvivier, Melville, Lelouch et Sautet l'ont également sollicité, mais aussi Angelopoulos et Kaurismäki.

Serge n’oublie cependant pas sa première passion : le cinéma. On le retrouve au casting des films "Comptes à rebours" (1970), "Vincent, François, Paul… et les autres" (1975), "Le chat et la souris" (1975) ou "L'Apiculteur" (1984).

Épreuves Personnelles et Retour sur Scène

En 1980, son fils Stéphan met fin à ses jours et l’acteur préfère se retirer du devant de la scène. Toutefois le public lui témoigne, à chacune de ses apparitions, sa sympathie et, mû par un tempérament d'artiste hors pAIR, il refait surface triomphalement dans les années 90 où une nouvelle génération le découvre. "Reggiani 89", "Reggiani 91" ou "Reggiani 95" sont des albums très personnels où le chanteur explore des thèmes qui le Passionnent et qui témoignent de sa résurrection. En 99, sort son album "Les adieux différés", emprunt de nostalgie. Contraint d'annuler une série de concerts parisiens la même année après une hospitalisation, Serge Reggiani offre en 2000 un ultime album "Enfants, soyez meilleur que nous". En 2003, une victoire d'honneur vient récompenser l'ensemble de sa carrière lors des 18éme Victoires de la Musique. Suit une tournée qui débute dans la salle parisienne du Palais des Congrès. Deux ans plus tard, une compilation réunit quelques uns de ses plus grands titres interprétés sur scène.

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Vie Privée : Amours et Famille

Côté vie privée, Serge Reggiani se marie en 1945, à Janine Darcey. Le couple a deux enfants, Stéphan né en 1945 et qui se suicide en 1980, ainsi que Carine, née en 1951 et décédée en 2017. Le couple se sépare en 1955. Il épouse Annie Noël en 1957, avec qui il a eu trois enfants, Célia, née en 1958, Simon né en 1961 et Maria, née en 1963. Dans les années 70, il rencontre la danseuse Noëlle Adam pour laquelle il a un coup de foudre.

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