Monstre sacré de l’art moderne, Pablo Picasso a constamment défriché de nouvelles voies esthétiques, des Demoiselles d’Avignon (1907, Museum of Modern Art, New York) jusqu’à ses dernières toiles - La Famille (1970, musée Picasso, Paris). Depuis son décès à Mougins (Alpes-Maritimes) le 8 avril 1973, il demeure l'un des peintres et sculpteurs les plus célèbres au monde. En 2023, pour le cinquantenaire de sa disparition, cinquante expositions lui ont été consacrées dans les plus grands musées du monde, en raison de son « héritage artistique et de la permanence de son œuvre », selon la formule officielle du ministère français de la Culture. La richesse exceptionnelle de ces manifestations atteste de la diffusion mondiale d’une gloire qui dépasse tous les autres artistes occidentaux, à part Léonard de Vinci. Pablo Picasso appartient pleinement au XXe siècle qu’il traverse depuis sa naissance, et rayonne encore au XXIe siècle d’une aura contemporaine, soulignée par l’exposition Picasso.mania, qui fit date en 2015, avec la participation de très nombreux artistes, tels Maurizio Cattelan (Untitled [Picasso], 1998, masque en papier mâché, coll. part.) ou Adel Abdessemed (Who’s Afraid of the Big Bad Wolf?, 2011-2012, installation, coll. part.).
Sa célébrité, due à l’ampleur de sa production et au renouvellement incessant de son inventivité multiforme de peintre, de dessinateur, de sculpteur, voire d’écrivain, tient aussi à sa personnalité et à son parcours de vie. Picasso est par excellence un héros de la modernité européenne.
Naissance et Formation Initiale
Pablo Ruiz Picasso voit le jour le 25 octobre 1881 à Malaga, en Espagne. Fils de Maria Picasso y Lopez et d’un peintre et conservateur de musée, José Ruiz y Blasco, Pablo Ruiz Picasso naît à Málaga (Andalousie). Il prendra plus tard le nom de famille de sa mère comme nom d'artiste. Son père est nommé professeur à l’Instituto da Guarda, à La Corogne (Galice), suite à la fermeture du musée de Malaga, où il emmène sa famille. C'est en 1891 que Pepe est muté en Corogne, sur la côte nord-ouest espagnole. Puis, en 1895, son père est nommé à Barcelone, à l’École des beaux-arts, où il commence lui-même sa formation.
Élève à l’École des beaux-arts de Barcelone, puis de Madrid, il séjourne à Paris (1900-1901), avant de s’y fixer en 1904, vers la fin de sa période dite « bleue » (Maternité, Célestine).
À 13 ans, le jeune Picasso est confronté à un drame traumatisant. Sa sœur, Conchita, tombe malade et meurt de la diphtérie à 7 ans. Il raconte cet épisode, soixante ans après, à Françoise Gilot (sa compagne de l’époque), qui le retranscrit dans son livre « Vivre avec Picasso ». Picasso y explique qu’il souhaitait arrêter le dessin si sa sœur s’en sortait. Se perfectionnant de plus en plus en dessin, il exploite de nouveaux médiums comme le pastel et le crayon.
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La capitale de la Catalogne, ouverte à une modernité artistique marquée où se mêlent des influences venues du nord de l’Europe et de la France, joue un rôle clé dans son apprentissage d’artiste, interrompu par un séjour bref et décevant à Madrid, à l’Académie royale des beaux-arts de San Fernando. Admission à l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando à Madrid. Picasso se tourne alors résolument vers Paris, où il fait un premier séjour en 1900, pour visiter l’Exposition universelle et vendre quelques œuvres. Sa toile Les Derniers Moments représente l’Espagne à l’Exposition universelle de Paris. Il y retourne ensuite en 1901, après le suicide de son ami le peintre Casagemas (La Mort de Casagemas, musée Picasso, Paris), pour une exposition à la galerie Ambroise-Vollard, très remarquée dans la presse (Autoportrait, 1901, musée Picasso, Paris). Un peintre andalou de 19 ans, Pablo Picasso, expose chez le marchand de tableaux Ambroise Vollard à Paris, 64 peintures d'inspiration impressionniste. Ces toiles frappent par la netteté du dessin et la violence des couleurs.
Première grande toile : « Science et Charité » (Museu Picasso, Barcelone). Retour à Barcelone : cercle avant-gardiste de Els Quatre Gats. Premier séjour à Paris avec Carlos Casagemas à l'occasion de l'Exposition universelle.
L'Émergence d'un Artiste à Paris
Après un troisième séjour en 1903, Picasso s’installe définitivement à Paris en 1904. Il expose pour la première fois durant l'été 1901 dans la galerie parisienne d'Ambroise Vollard. Il vit et travaille à Montmartre, au Bateau-Lavoir, avec sa compagne Fernande Olivier à laquelle il restera lié jusqu’en 1912, et fréquente les écrivains Max Jacob, Guillaume Apollinaire et André Salmon. 1904 : Installation à Paris au Bateau-Lavoir à Montmartre. Début de la « période rose ». Installé au Bateau-Lavoir avec plusieurs artistes de sa génération, l'artiste produit une peinture plus sentimentale.
Rencontre avec André Salmon, Guillaume Apollinaire et Fernande Olivier, son modèle puis sa compagne pendant sept ans. Visite de la rétrospective Van Gogh et Seurat au Salon des Indépendants et de la rétrospective Ingres au Salon d'Automne. Rencontre avec Leo et Gertrude Stein.
À ses premières toiles centrées sur le monde interlope du spectacle, des prostituées - de Danseuse naine [La Nana] (1901, museu Picasso, Barcelone) à Arlequin accoudé (1901, The Metropolitan Museum of Art, New York) - succède la période bleue - « bleue comme le fond humide de l’abîme et pitoyable » (Apollinaire, 1905) - qui culmine avec La Célestine [La Femme à la taie] (1904, musée Picasso, Paris). Marqué par le suicide d'un de ses amis, Picasso travaille essentiellement le bleu. Période empreinte d'angoisse et de nostalgie.
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En 1904, il rencontre la modèle Fernande Olivier, qui sera son premier amour et installe son atelier à Montmartre, au Bateau-Lavoir. Puis s'ensuit une période moins triste, appelée période Rose (1905-1906). En effet, Pablo Picasso tombe amoureux de Fernande Olivier, ce qui égaie quelque peu ses toiles. Il s'intéresse au monde du cirque, peint des arlequins, des jongleurs et acrobates dans une teinte rose qui évoque une certaine mélancolie. La période « rose » (1904-1906) met en scène des acrobates délicatement stylisés (Famille d’arlequins).
La Révolution Cubiste et les Années Suivantes
Influencé par l’art nègre et par le peintre Paul Cézanne, Picasso entame durant l'hiver 1906 les études préparatoires de ce qui deviendra l’année suivante Les Demoiselles d’Avignon, tableau considéré comme le manifeste du cubisme. Les "Demoiselles d'Avignon" marquent l'entrée de Picasso dans l'art moderne. A noter que derrière le nom très "fleur bleue" de son célèbre tableau "Les Demoiselles d'Avignon", se cache une toute autre réalité. 1907 : Rencontre Georges Braque et Daniel-Henri Kahnweiler.
Avec George Braque, il donne naissance au cubisme. Les Demoiselles d'Avignon est la première œuvre significative de ce mouvement. Alors qu'il entre dans sa vingt-cinquième année, Picasso change son style de peinture. Il décompose et reproduit les objets en formes géométriques simples. Cézanne, l'art primitif africain et la sculpture ibérique seraient les sources d'inspiration du peintre au moment de ce tournant vers le cubisme. Pour répondre au problème de représenter ce qui existe en trois dimensions sur une surface à deux dimensions, Braque et Picasso apportent une nouvelle réponse. Ils remplacent les codes habituels de couleurs, de volume et de perspective par un système des signes géométriques.
A la suite de sa rencontre et de son amitié avec Braque, il produit en 1912 son premier « collage » : Nature morte à la chaise canné. Réalisée à Paris en mai 1912, la Nature morte à la chaise cannée de Picasso marque, dans l'histoire de la peinture, la découverte du collage. Avec Braque notamment, il développe le cubisme synthétique à partir de 1912 et introduit divers matériaux dans ses toiles (sable, papier, tôle, bois…).
Déménagement à Montparnasse et début des assemblages et constructions : « Nature morte à la chaise cannée » (Paris, Musée national Picasso-Paris). Exposition à New York à l'Armory Show. En septembre le couple s'installe dans un nouvel atelier 5 bis rue Victor-Schoelcher, dans le quartier de Montparnasse.
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Jusqu'en 1968, il était possible de tenir l'œuvre érotique de Picasso comme « une affirmation sans drame de l'Éros » (Pierre Dufour).
Pendant la Première guerre mondiale, Picasso, de nationalité espagnole, n’est pas appelé, mais à Paris, il réoriente son travail et réintroduit peu à peu une représentation classique du sujet avant de se lancer, en 1917, dans l’aventure des ballets russes avec le directeur de la compagnie, Serge de Diaghilev. Il renonce au cubisme en 1915. Picasso abandonne le cubisme en 1915 et fait un retour au classicisme de sa jeunesse (1916 - 1924), avec des décors et costumes pour les Ballets russes de Diaghilev, à la demande de Cocteau. Il rencontre la ballerine Olga Koklova, qu'il épouse et lui donne un fils. L'artiste retourne un temps à l'art figuratif et réaliste quelques portraits de famille.
Voyage en Italie. Réalise les décors et costumes du ballet Parade. Au printemps 1917, Picasso suit la troupe des Ballets russes en Italie pour les répétitions de « Parade », où il rencontre la ballerine russe Olga Kokhlova. Le 12 juillet 1918, le couple se marie à l’église russe de la rue Daru, à Paris. En avril 1919, Diaghilev fait appel à Picasso pour son prochain spectacle, qui est un ballet espagnol composé par Manuel de Falla : « Le tricorne ». Picasso s’occupe des costumes et décors. Jusqu’en 1924, Picasso participe activement à la création des spectacles de Diaghilev : « Pulcinella » (1920), « Cuadro Flamenco » (1921), « L’après-midi d’un faune » (1922) ou encore « Mercure » et « Le Train Bleu » (1924).
A partir des années 1920, les tableaux du peintre tendent vers le surréalisme. Il peint de grandes baigneuses aux corps disloqués. En 1927, apparaît une nouvelle femme dans les toiles de Picasso. C'est sa maîtresse Thérèse Walter.
Influencé par Apollinaire, puis André Breton, Picasso tend peu à peu vers un art associé au surréalisme à partir de 1924. En 1925 il présente plusieurs de ses oeuvres dans l'exposition « La Peinture Surréaliste » à la galerie Pierre, au 13 rue Bonaparte, à Paris. En 1926, il réalise plusieurs « Guitare », assemblages de toile, corde, papiers collés, papiers peints, clous et crochets. Durant l’année 1928, Picasso réalise dans l’atelier de Julio González, confrère surréaliste, des sculptures en fer, qui sont des projets pour le monument à Apollinaire, mort en 1918. C'est à ce moment-là qu'apparaît la thématique de la mythologie antique (Le Minotaure) dans l’œuvre de Pablo Picasso. Le thème du Minotaure ne quitte plus Picasso, qui l’utilise dans ses séries de gravures appelée « La Minotauromachie », en 1935. La figure du monstre antique est suivie de près par la réapparition du thème de la corrida, sujet cher et récurrent dans l’œuvre de Picasso.
Picasso rencontre Marie-Thérèse Walter, qu'il installe 44 au rue La Boétie, à Paris, tandis qu'il achète le château de Boisgeloup près de Gisors, où il aménage son atelier de sculpture en 1930. En 1935, Picasso se sépare d’Olga, mais le couple renonce à divorcer. En 1935, Picasso rencontre Dora Maar, artiste photographe. Dora Maar devient l’un des modèles de Picasso. Il la retrouve l'été suivant sur la Côte d’Azur et demeure en sa compagnie à Mougins. Il peint la série des Arlésiennes, et réalise quelques pièces de céramiques suite à la découverte du village de potiers de Vallauris. Il emménage dans un nouvel atelier parisien, situé rue des Grands-Augustins, dans le 6ème arrondissement. C’est dans cet atelier qu’il peint en 1937, l’une de ses plus fameuses toiles : Guernica, inspiré par le bombardement de la ville de Guernica (26 avril 1937). Les drames meurtriers liés à la guerre d’Espagne ébranlent Picasso. Il les fait notamment ressurgir dans son travail par le biais de la figure de la « pleureuse » (La femme qui pleure, 1937).
En 1937, alors que la guerre civile déchire l'Espagne, Picasso est très touché par le bombardement de la ville de Guernica. Il choisit donc, pour honorer la commande du gouvernement espagnol pour l'Exposition Universelle de Paris, de représenter la tragédie de cette ville. A travers ce tableau monumental, qui est l'un des plus connus du peintre, Picasso exprime toute sa colère et sa révolte. C'est le premier engagement politique de Picasso. Guernica symbolise de façon universelle l'horreur de la guerre.
Au début de la Seconde guerre mondiale, Picasso se retire à Royan, où il reste jusqu’en 1940. Sa demande de nationalité française lui est refusée à cause de ses fréquentations anarchistes remontant aux années 1900. Il passe le reste de la guerre retiré dans son atelier rue des Grands-Augustins. Malgré le climat austère de l'Occupation, la créativité de Picasso ne faiblit pas. Il écrit une pièce de théâtre "Le Désir attrapé par la queue" en 1941. Il peint des œuvres sombres sur le thème de la déraison humaine comme Le Charnier.
L'Après-Guerre et l'Engagement à Vallauris
En septembre 1946, Picasso est invité par le conservateur du Château Grimaldi - Musée d’Antibes, à séjourner et à installer son atelier dans l’une des salles du château. Il y peint une vingtaine d’œuvres, évoquant des thèmes méditerranéens, qui forment une partie de la collection du musée, aujourd’hui dédié à Picasso. Il s'installe à Vallauris dans une villa baptisée « La Galloise », avec sa nouvelle compagne Françoise Gilot, qu'il a rencontrée en 1943. Ils ont deux enfants, Claude qui naît en 1947 et Paloma en 1949. Ses tableaux s'illuminent en 1946 lorsque le peintre s'éprend de Françoise Gilot. Cet amour naissant ainsi que l'euphorie de la Libération redonne de la gaieté au peintre qui exécute le tableau, la Joie de vivre.
Les liens tissés entre Pablo Picasso et Vallauris après la Seconde Guerre mondiale sont des liens à la fois artistiques et humains. En 1946, Picasso, en vacances à Golfe-Juan, rencontre Suzanne et Georges Ramié, fondateurs de l’atelier Madoura où il façonne quelques pièces en terre et avec lesquels il débute une collaboration l’année suivante. Même s’il avait déjà eu une expérience de la céramique, c’est véritablement à Vallauris que Picasso découvre les différentes techniques et où il apprend vite à maîtriser le subtil travail de la terre et des couleurs. Son intense activité autour de la céramique, le plaisir de se retrouver sous le soleil méditerranéen amène Picasso à emménager à Vallauris, dans la villa La Galloise, située sur les collines de la cité potière. Picasso s’y installe en 1948 avec sa compagne Françoise Gilot et leur jeune fils, Claude, né l’année précédente. En 1949, la naissance d’une petite fille, Paloma, vient agrandir ce foyer. Si Picasso consacre beaucoup de temps à la céramique, il n’en délaisse pas moins les autres formes d’expressions artistiques et acquiert en 1949, une ancienne usine à parfum qui devient l’atelier du Fournas, atelier de peinture et de sculpture dans lequel il peint notamment Massacre en Corée en 1951 ou l’Enfant au camion en 1953.
L'Homme au mouton. 1946 : Séjour de Picasso à Golfe-Juan. Visite l’exposition Poteries, fleurs, parfums au Nérolium et se rend à l’atelier Madoura où il modèle trois pièces. Installe son atelier au musée d'Antibes. 1948 : S'installe à Vallauris à la villa La Galloise. 1949 : Don par Picasso de L'homme au mouton à la ville de Vallauris. Picasso acquiert une ancienne usine de parfums qui devient son atelier de peinture et sculpture : l’atelier du Fournas. Participation au Congrès mondial des partisans pour la paix, salle Pleyel à Paris.
Après-guerre, nombreux sont les artistes qui viennent séjourner, pour un temps plus ou moins long, sur la Côte d’Azur. Dès 1948, Picasso, s’intégrant à la vie culturelle locale, se joint aux potiers de Vallauris et expose à leurs côtés. Outre les céramiques, les linogravures et les photographies, la création de La Guerre et la Paix tout comme la sculpture L’Homme au mouton restent des témoignages visibles de l’attachement de Picasso à Vallauris et de son engagement tout au long de ces années.
En 1948, Picasso se penche sur une autre technique, la céramique. La relation avec Françoise Gilot s’achève en 1953. Cette même année, Picasso achète une ancienne distillerie, qui devient un de ses ateliers, le Fournas. Il y produit des séries importantes de céramiques. En parallèle de son travail de céramiste, Picasso explore d’autres médiums en trois dimensions. En 1950, il réalise une série de grandes sculptures en plâtre dans lesquelles il inclut, pour leur valeur poétique et plastique, des objets hétéroclites qu’il détourne de leur usage ordinaire.
C’est en 1952, dans son atelier du Fournas à Vallauris, que Picasso réalise cette œuvre monumentale. Traitant d’un sujet directement lié à cette époque d’après-guerre et aux nombreux appels internationaux pour la Paix dans le monde, cette œuvre conserve une dimension indéniablement allégorique. Après avoir été présentée à Rome et à Milan, aux côtés de Guernica, Le Charnier et Massacre en Corée, La Guerre et la Paix est installée en 1954, donnée à l'Etat en 1956 (mais elle reste in situ) et inaugurée officiellement en 1959.
1950 : Picasso est fait citoyen d'Honneur de Vallauris. 1955 : Clouzot tourne le mystère Picasso. 1956 : Don à l’État français de La Guerre et la Paix. Picasso fête ses 75 ans à Vallauris, à Madoura, en présence de Jean Cocteau et des potiers de Vallauris. 1958 : Picasso réalise La Chute d’Icare pour le nouveau bâtiment de l’UNESCO qui doit être inauguré à Paris. C’est à Vallauris qu’il offre la primeur de cette œuvre présentée dans la cour de l’école Anfosso (actuelle école Frédéric Mistral) en avril 1958.
La sculpture a été tirée en trois exemplaires en bronze à la fin de guerre. Un de ses trois tirages est donné à la Ville de Vallauris et devient la première sculpture de Picasso à être installé dans l’espace public selon le souhait de l’artiste. En effet, la délibération du conseil municipal de Vallauris du 21 octobre 1949 souligne que Picasso désire offrir une statue en bronze qui « serait placée sur une place publique ». Son souhait, toujours d’après cette délibération, est « qu’une de ses œuvres vive parmi la population de Vallauris. ». Installée sur la place qui accueille le marché, son inauguration a lieu le 6 août 1950 en présence de près de 3 000 personnes dont des personnalités politiques comme Laurent Casanova ou des amis comme Eluard et Cocteau. L'Homme au mouton est un des rares cas de sculptures de Picasso à investir l'espace public.
En 1954, ils décident de réaliser l’affiche du premier festival taurin de Vallauris selon le procédé de la linogravure. L’intérêt de Picasso pour la linogravure l’amène à l’envisager comme un moyen de création à part entière, pour des œuvres artistiques. Dès lors, il s’attache à en repousser les limites. Il abandonne alors la technique traditionnelle, où un bloc différent est taillé pour chaque couleur et utilise un bloc unique : le même bloc est re-gravé après chaque tirage de couleur. Il inverse aussi l’ordre habituel du passage des couleurs et utilise les outils habituels du graveur comme d’autres moins conventionnels. Ses expérimentations obligent systématiquement Hidalgo Arnéra à chercher de nouvelles solutions techniques. À partir des linoléums gravés, Picasso crée aussi des linocéramiques, technique alors complètement nouvelle (un plateau de linoléum est surmoulé en plâtre puis estamper sur une plaque de terre.
Alors que l’industrie potière de Vallauris traverse une crise dans les années 1930 et que de nombreux ateliers traditionnels sont à l’abandon, Suzanne Ramié, dessinatrice de formation, reprend une ancienne fabrique de poteries traditionnelles, et y établit son atelier. En 1946, l’atelier reçoit la visite de Picasso et un an plus tard, ce dernier, s’y installe pour se consacrer à la céramique. Dans le sillage de Picasso, de nombreux artistes, écrivains, poètes, peintres, sculpteurs, céramistes, pour la plupart connaissances ou proches de Picasso, vont se succéder parmi lesquels Matisse, Chagall, Brauner… Le caractère exceptionnel de la conservation de ce bâtiment seul à avoir conservé toutes les zones de la chaîne de production de la céramique vallaurienne permet de construire un projet ayant pour fil conducteur l’atelier dans lequel sera retracé l’histoire particulière de la céramique à Vallauris : de la production industrielle aux créations artistiques avec en point d’orgue les œuvres céramique de Picasso. Le parti architectural s’appuie sur la création d’un parcours de visite qui donne à voir le parcours de la matière, du matériau brut au produit manufacturé.
Jusqu’en 1989, la mairie de Vallauris Golfe-Juan est située place de la Libération. Picasso y est accueilli lors de cérémonies officielles comme lorsqu’il est fait citoyen d’honneur en 1950 ou lors de ses anniversaires. « Chaque matin à onze heures et demie, une grosse Hispano-Suiza noire descend de Vallauris. Elle s'arrête devant une plage de Golfe-Juan, chez Nounou, bar-restaurant. Toute la famille Picasso en descend et va prendre son bain. Pour ses enfants, Picasso dessine sur le sable de drôles de petites figures sans queue ni tête. Picasso vient régulièrement en vacances sur la Côte d’Azur depuis les années 1920. À l’été 1946, il y retourne, avec sa nouvelle compagne, Françoise Gilot et séjourne à Golfe-Juan chez l’imprimeur Louis Fort. Lors de ce séjour estival, il se rend à Vallauris pour visiter l’exposition Poteries, fleurs, parfums dans la coopérative agricole du Nérolium. Tous les ans, en juillet, la ville vibre au rythme de la fête Picasso.
Les Dernières Années et l'Héritage
Le peintre rencontre en 1952 sa dernière modèle et compagne, Jacqueline Roque, qui partage les vingt dernières années de la vie de Picasso, dont elle devient l’épouse en 1961. En 1954, il rencontre Jacqueline Roque qu'il épouse en 1955 après le décès d'Olga. Les années 1950 marquent une grande période de références classiques dans la production de Picasso. Entre 1954 et 1967, il débute plusieurs séries de variations d’après trois peintres iconiques : Eugène Delacroix, Diego Velasquez et Edouard Manet. En 1955, Pablo Picasso quitte Vallauris pour s’installer à la villa La Californie, située à quelques kilomètres sur les hauteurs de Cannes avec sa compagne Jacqueline Roque. La maison et l’atelier s’entremêlent, laissant s’exprimer la créativité débordante du peintre. En 1958, Picasso achète le château de Vauvenargues, une construction du XIVe siècle située près d’Aix-en-Provence, au pied de la montagne Sainte-Victoire, lieu emblématique de l’art de Paul Cézanne. Picasso part s'installer en 1961 à Mougins en compagnie de Jacqueline.
La relation avec Françoise Gilot s’achève en 1953. En 1961, Picasso épouse finalement Jacqueline Roque, qui était devenue sa compagne constante depuis les années 1950.
Picasso meurt à Mougins en 1973, il est inhumé dans le parc du château de Vauvenargues. Il s'éteint le 8 avril 1973 à l'âge de 91 ans à la suite d'une embolie pulmonaire. Grande exposition posthume « Pablo Picasso 1970-1972 » au Palais des Papes à Avignon.
Les Relations Amoureuses et la Vie Privée
Pablo Picasso a connu de nombreuses relations amoureuses. Il s'est marié deux fois et est officiellement le père de quatre enfants : deux garçons et deux filles. Le premier amour connu du peintre est Fernande Olivier. Elle-même artiste, elle devient son modèle, sa première muse entre 1904 et 1912. Grâce à cette idylle, Picasso sort de sa période bleue mélancolique pour passer dans sa période rose plus gaie. La chorégraphe Eva Gouel entre ensuite dans la vie du peintre. Il restera avec elle jusqu'à sa mort en 1915. En 1918, il épouse Olga Khokhlova, une danseuse ukrainienne qu'il a rencontrée lorsqu'elle était membre de la compagnie de ballets russes de Sergei Diaghilev. Ensemble, ils ont eu un fils, Paulo Picasso, en 1921. Cependant, leur mariage se détériore rapidement en raison des infidélités de Picasso et de son amour pour sa maîtresse, Marie-Thérèse Walter. La relation de Picasso avec Marie-Thérèse Walter débute en 1926 et dure jusqu'à sa mort en 1973. De ce concubinage naît une fille, Maya Picasso, en 1935. En parallèle, il côtoie la photographe Dora Maar. Leur idylle s'étale de 1935 à 1943. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Picasso tombe sous le charme d'une artiste française, Françoise Gilot. Ils ont deux enfants ensemble : Claude et Paloma Picasso, mais leur relation vient également à se détériorer en raison de l'infidélité de Picasso. En 1961, Picasso épouse finalement Jacqueline Roque, qui était devenue sa compagne constante depuis les années 1950. La vie privée de Picasso fut tumultueuse, marquée par des relations passionnées et des conflits.
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