Patrick Topaloff, né le 30 décembre 1944 à Paris et décédé le 7 mars 2010 à Sèvres, fut un animateur de radio, acteur et chanteur français. Sa carrière, marquée par des succès populaires et des moments difficiles, témoigne d'une personnalité attachante et d'un talent multiple. Issu d'un métissage culturel original, il a su marquer la culture populaire française des années 1970 grâce à son humour absurde, ses tubes parodiques et sa présence régulière à l'écran.
Une jeunesse et des débuts prometteurs
Patrick Topaloff naît d'un père géorgien et d'une mère corse, une origine qu'il revendique et dont il s'amuse en se définissant comme un «délicat entremets franco-russe». Après des études d'histoire couronnées par une licence, il exerce divers petits métiers avant d'effectuer son service militaire au 9e régiment du génie à Neuf-Brisach (mars 1965-juin 1966).
En 1966, il participe à un concours d'animateurs sur RMC et est sélectionné, en même temps que Jean-Pierre Foucault, qui deviendra son ami. Dès janvier 1967, il rejoint Europe 1, où son sens du calembour le distingue rapidement. Ses émissions, telles que «Service de nuit», «Tais-toi, tais-toi tu m'affoles!», «Topaloff en liberté» et «A la soupe, à la soupe!», rencontrent un grand succès, notamment auprès des enfants qui reprennent ses "calembourdingues" à l'école.
L'ascension vers la notoriété
En 1970, Claude François le remarque et lui propose d'enregistrer un premier disque, «Qu'i m'énerv' », qui connaît un succès honorable (environ 60 000 exemplaires). L'année suivante, c'est la consécration avec «J'ai bien mangé, j'ai bien bu», une chanson composée par Jean-Pierre Bourtayre et écrite par Claude François, qui devient disque d'or (plus de 300 000 exemplaires). Ce titre lance sa carrière de chanteur et lui ouvre les portes des premières parties des concerts de Claude François.
Parallèlement à sa carrière musicale, Patrick Topaloff fait ses premiers pas au cinéma, apparaissant dans des films tels que «La Brigade en folie» (1973), «Le Plumard en folie» et «Le Führer en folie» (1974).
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L'âge d'or de la parodie
À la fin des années 1970, Patrick Topaloff se spécialise dans la parodie et le pastiche. En 1977, il sort «Ali be good», une adaptation de «Johnny B. Goode» de Chuck Berry, qui se vend à 300 000 exemplaires. Mais c'est en 1978 qu'il connaît son plus grand succès avec «Où est ma ch'mise grise?», une reprise parodique de «You're the One That I Want» du film «Grease», interprétée en duo avec Sim. Le titre dépasse les 500 000 ventes et devient l'un de ses plus grands succès. Dans ce clip, Patrick Topaloff est déguisé en John Travolta tandis que Sim reprend le rôle d’Olivia Newton-John, un duo devenu emblématique de son humour visuel.
Durant cette période, il est omniprésent à la télévision, participant notamment aux «Jeux de 20 heures» et devenant un «académicien permanent» de «L'Académie des neuf» animée par Jean-Pierre Foucault.
Les années sombres et la reconstruction
Au milieu des années 1980, la carrière de Patrick Topaloff connaît un déclin. Ses disques se vendent moins bien et il divorce de sa femme, qui était également sa productrice et gérait sa carrière. Cette séparation entraîne des difficultés financières importantes, notamment en raison d'une pension alimentaire indexée sur ses revenus de l'époque de ses succès.
En 1987, il sort une chanson plus sérieuse, «Il est venu pour les vacances», inspirée par la séparation d'avec son fils. Il tente également un duo avec Charlotte Julian, «Va te faire cuire un œuf», mais sans succès.
Les années suivantes sont très difficiles. Ruiné, il se retrouve sans domicile fixe et est condamné en 1995 à un an de prison pour non-paiement de pension alimentaire. Il est finalement libéré après quatre mois grâce à son avocate, qui devient sa compagne et l'encourage à remonter sur scène.
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Le retour sur scène et la reconnaissance
Après sa sortie de prison, Patrick Topaloff connaît un succès théâtral avec la pièce «Chérie noire». Il profite de cette nouvelle notoriété pour écrire ses mémoires, «Les Pleurs du Rire», où il règle ses comptes avec son passé.
Dans les années 2000, il remonte régulièrement sur scène, participe à la tournée «Âge tendre et Têtes de bois» (2007) et joue à la télévision dans «L'Affaire Salengro» (2009). Il organise également des concerts liés au Téléthon à Savy-Berlette dès 2002.
Il devient également le président d'honneur de Bide et Musique, assumant son image kitsch et second degré. Contacté par TF1 pour participer à une émission de télé-réalité mettant en scène d'anciennes vedettes du show-biz, Topaloff décline l'invitation et préfère faire son grand retour grâce à la scène.
Vie privée et engagements
Patrick Topaloff a toujours revendiqué sa double ascendance corse et géorgienne. Sa proximité avec Jean-Pierre Foucault, rencontré lors du concours de RMC, est souvent présentée comme l'un de ses repères personnels dans le milieu des médias. Il a eu un fils, qu'il dit avoir peu vu après son divorce.
Sur le plan matériel, son parcours a connu des périodes difficiles. Il a été pris en charge en 1990 par l'association «La roue tourne», dédiée aux artistes sans ressources. Après sa condamnation en 1995, il s'est rapproché d'une avocate qui est devenue sa compagne et l'a encouragé à remonter sur scène. À partir de 2002, il s'est impliqué chaque année à Savy-Berlette lors du Téléthon, en organisant un concert de variété avec le groupe Hélium.
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Décès et héritage
Patrick Topaloff décède le 7 mars 2010 à Sèvres, des suites d'une crise cardiaque, alors qu'il participe à la tournée «Âge tendre et Têtes de bois». Une cérémonie religieuse est organisée à Paris, à l'église orthodoxe de la rue Daru, avant son inhumation au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).
Sa mort met fin à une carrière faite d'allers-retours entre radio, chanson, cinéma et scène, marquée par des périodes de fragilité puis de reprise. Patrick Topaloff reste dans les mémoires comme un artiste populaire et attachant, symbole d'une époque et d'un certain humour français. Il laisse derrière lui un répertoire de chansons parodiques et des apparitions cinématographiques qui ont marqué toute une génération. Son parcours atypique, fait de succès et d'épreuves, témoigne d'une personnalité complexe et d'une grande capacité de résilience.
Patrick Topaloff est décédé il y a 16 ans, le samedi 7 mars 2010.
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