Introduction
Jacques Cartier, né à Saint-Malo, en Bretagne, est une figure emblématique de l'exploration française en Amérique du Nord. Son héritage est marqué par ses voyages d'exploration, qui ont ouvert la voie à la colonisation de la Nouvelle-France, mais aussi par les conséquences de cette colonisation sur les peuples autochtones. Cet article explore sa vie, ses voyages et son impact historique.
Naissance et Jeunesse
Né à Saint-Malo vers la fin de l'année 1491, une année avant l'arrivée de Christophe Colomb aux Antilles, Jacques Cartier grandit dans l'ambiance maritime de ce port breton. Bercé par les noroits, Jacques grandit entre les astrolabes et les sextants. La mer est son horizon, les découvreurs ses héros. Son père, commerçant, ravitaille les navires en partance. Les archives malouines restent silencieuses sur son enfance et sa formation, mais il est probable qu'il ait commencé très jeune à naviguer, apprenant le métier de marin au contact des pêcheurs et des marchands. Certains suggèrent qu’il aurait pu participer à l’un des voyages d’exploration de la côte brésilienne par la flotte normande sous pavillon dieppois.
Mariage et Ascension Sociale
En 1520, il épouse Catherine des Granches, fille du connétable de la ville. Ce riche mariage l'élève parmi les notables de la ville. Ce beau mariage lui ouvre les portes de la haute société malouine. Cette union lui permet d'accéder à un certain statut social et de se familiariser avec le droit et les réseaux influents de la région.
Préparation des Expéditions
En 1532, Jean Le Veneur, abbé du Mont-Saint-Michel, le présente au roi François Ier. Cartier est déjà un marin expérimenté lorsque François Ier fait appel à lui, mais on ignore tout de ses débuts. On sait qu'il est recommandé au roi de France par Jean Le Veneur, brillant prélat qui vient d'obtenir du pape une interprétation laxiste de la bulle de 1493, partageant le monde entre l'Espagne et le Portugal. Le roi, cherchant à rivaliser avec les autres puissances européennes dans la course aux nouvelles terres et aux richesses, charge Cartier de découvrir un passage vers l'Asie et d'explorer les terres au-delà du détroit de Belle-Isle. François Ier le charge de découvrir de l'or et un passage vers le Cathay, c'est-à-dire la Chine. Le but essentiel est la découverte de grandes quantités d'or « et autres riches choses ». Cartier est chargé d'aller vers les terres inconnues situées au-delà du détroit de Belle-Isle, entre le Labrador et Terre-Neuve.
Premier Voyage (1534)
Le 20 avril 1534, Cartier quitte Saint-Malo avec 61 hommes sur deux navires . Cartier appareille le 20 avril. " Avec bon vent navigant " , il parvient à Terre-Neuve le 10 mai. Après seulement vingt jours de traversée, (20 avril - 10 mai), Cartier atteint Terre-Neuve, avec ses deux navires et un équipage de 61 hommes. Il explore les côtes de Terre-Neuve et du Labrador, puis pénètre dans le golfe du Saint-Laurent. Il rencontre alors les Micmacs , qui "commencèrent à traffiquer en grande joie " avec les Français, habitués qu'ils étaient à un tel négoce depuis un demi-siècle. Continuant son trajet vers le nord, Cartier parvient à Gaspé , où , le 24 juillet 1534, il fait élever " une croix de trente pieds de haut , et un écriteau (…) où il y avait VIVE LA ROI DE FRANCE. Il prend possession du littoral continental en érigeant une haute croix sur les falaises de la future baie de Gaspé (24 juillet), ce qui marque la prise de possession du pays au nom du roi de France. Après une rencontre avec les Amérindiens, finalement amicale, il met la voile pour l'Europe par le détroit de Belle-Isle, emmenant bon gré mal gré deux fils de caciques, qui serviront plus tard d'interprètes. Il revient à Saint-Malo le 5 septembre. Le 24 juillet, il met pied à terre à Gaspé, y plante une croix de trente pieds, revendiquant la région pour le roi de France. La troupe des Français y rencontre des Iroquoiens du Saint-Laurent, venus pour la pêche, qui les accueillent sans grand plaisir. Le chef amérindien, Donnacona, après protestations, finit par permettre à Cartier d'amener deux de ses fils en France.Il accoste à Gaspé, ne voit pas l'embouchure du fleuve Saint-Laurent mais à son retour, le 5 septembre 1534, il ramène avec lui deux Indiens iroquois qui apprennent assez de français pour évoquer bientôt un « royaume du Saguenay » dont les richesses supposées avivent l'intérêt du roi.
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Deuxième Voyage (1535-1536)
Encouragé, François Ier confie trois navires à Cartier pour une nouvelle expédition, plus minutieuse : la Grande-Hermine, la Petite-Hermine et l'Émerillon. On met à la voile le 19 mai 1535. Le 19 mai 1535, Cartier met le cap sur le Canada à bord de La Grande Hermine. Aussi, le 19 mai, Cartier s'embarque-t-il avec 100 hommes sur La Grande Hermine , la Petite Hermine et l'Émérillon , à la recherche de la mer rêvée. " qui va si loin , que jamais l'homme n'avait été jusqu'au bout " . La traversée est, cette fois, difficile : les navires ne se regroupent dans la baie des Châteaux que le 26 juillet. Puis ils suivent le littoral qui prolonge celui du Labrador. Cartier donne le nom de Saint-Laurent à une petite baie limitée par l'île Sainte-Geneviève (en face d'Anticosti) : le nom sera ensuite étendu à l'estuaire et au grand fleuve du Canada. L'ouverture vers l'ouest est enfin trouvée. Ramenés de France par Cartier, les deux fils du chef Donnacona, Taignoagny et Domagaya, parlent maintenant français. Recourant à leurs connaissances, Cartier remonte alors le cours du Saint-Laurent, découvrant qu'il navigue sur un fleuve lorsque l'eau devient douce. Ce chef essaie de dissuader les Français de remonter le fleuve : il veut s'assurer du monopole du commerce. Cartier refuse et donne congé aux deux fils. Il ira donc en amont sans interprète. Une partie des hommes restent et construisent un fortin, préparant le premier hivernage connu de Français au Canada. Le 2 octobre 1535, Jacques Cartier et ses compagnons arrivent dans la région de l'établissement nommé Hochelaga. Le 2 octobre 1535, Cartier et son équipage arrivent dans la région du village iroquoien Hochelaga. La nuit venue, ils se retirent tous à bord des barques. Tôt le lendemain matin, avec ses gentilshommes et vingt mariniers armés, Cartier entreprend à pied le chemin vers ce village, sur une voie bien aménagée. Marchant ainsi deux lieues (environ 8 km), ils peuvent enfin apercevoir cette bourgade palissadée de tronc d'arbres, sur une colline et entourée de terres cultivées pleines de maïs (dit blé d'Inde), ainsi qu'il décrira le paysage entourant Hochelaga. La bourgade n'a dans son rempart circulaire qu'une seule porte d'entrée (sortie). On y compte une cinquantaine de « maisons longues », communautaires. Le chef du village affirme que l'on peut continuer à remonter le fleuve vers l'ouest durant trois lunes et, de la rivière des Outaouais, se diriger vers le nord et pénétrer dans un pays où l'on trouve de l'or.
La vallée du Saint -Laurent est à cette époque contrôlée par les Iroquois , qui sont répartis en trois royaumes: le mystérieux Saguenay que Cartier croira atteindre par l'Outaouais, le Canada, et enfin le plus puissant Hochelaga. ----qui s'étend sur moins de dix milles ----et dont la capitale est Stadaconé ou Québec. (….) le 19 septembre, laissant une parie de ses hommes à Stadaconé pour surveiller navires et vivres, Cartier part avec le reste de son équipage pour Hochelaga, où il arrive le 2 octobre. Hochelaga se trouve au milieu de cette campagne, auprès dune montagne, qui est aussi labourée et fertile. Nous nommâmes cette montagne le Mont Royal [Montréal]. La ville est toute ronde et entourée de trois rangs de bois, à la façon d'une pyramide croisée par le haut. Elle n'a qu'une porte d'entrée, qui se ferme avec des barres. Sur cette clôture, en plusieurs endroits, il y a des sortes de galeries, avec des échelles pour y monter, qui sont garnies de roches et de cailloux. Après avoir dépassé l'embouchure du Saguenay, l'expédition atteint l'île aux Coudres le 6 septembre. Le 14 septembre, les Français s'établissent sur les bords de la rivière Sainte-Croix (aujourd'hui Saint-Charles), en face du promontoire du village indien de Stadaconé, où allait s'établir Québec. L'installation des Français inquiète les Amérindiens, qui veulent sans doute se garder le monopole des trafics situés plus en amont : ils vont chercher par des cérémonies magiques à dissuader les nouveaux venus de poursuivre plus avant. Mais le 19 septembre, Cartier repart sur l'Émerillon vers l'amont. Après plusieurs étapes, il parvient, avec deux chaloupes, le 2 octobre, à Hochelaga, gros village amérindien entouré d'une palissade, au pied des hauteurs baptisées Mont-Royal (c'est le site de Montréal).
Les rapports avec les Iroquoiens du Saint-Laurent sont bons, malgré quelques disputes sans gravité, qui ne dégénèrent jamais en violence. Cartier découvre cependant les premiers scalps dans la maison de Donnacona. Il y goûte aussi le tabac, qu'il n'apprécie guère. L'hiver de l'Amérique du Nord arrive et surprend les Français, le fleuve gèle et emprisonne les navires. Cartier et ses hommes hivernent près de la rivière Sainte-Croix (maintenant dite rivière Saint-Charles, à Québec). Les hommes souffrent du scorbut, les Iroquoiens en sont aussi frappés, des Français meurent tandis que les Amérindiens s'en tirent beaucoup mieux. Cartier, épargné, découvre que les Iroquoiens du Saint-Laurent se soignent avec une préparation de feuilles de cèdre (thuya). Il applique le traitement à ses hommes et bientôt les guérisons se multiplient. En avril, Cartier s'empare de Donnacona, de ses deux fils et de sept autres Iroquoiens puis, profitant du dégel, il met le cap sur la France, abandonnant la Petite Hermine, « faute dun équipage assez nombreux » (25 des 110 équipiers étaient décédés du scorbut). Après un passage par Saint-Pierre-et-Miquelon, il retourne à Saint-Malo en juillet 1536, croyant avoir exploré une partie de la côte orientale de l'Asie.
Il remonte le Saint-Laurent mais est contraint d'hiverner à Stadaconé (Quebec) où le scorbut décime son équipage. Il regagne Saint-Malo au printemps 1536. Il baptise le fleuve d'après le saint du… lendemain, Saint-Laurent.
Troisième Voyage (1541-1542)
La préparation de l'expédition piétine et Jacques Cartier part finalement sans attendre son supérieur à l'été 1541. L'organisation de l'expédition est confiée à Jean-François de La Rocque de Roberval, un homme de cour, ce que Cartier n'est pas. Il ne sera cette fois que le second de Roberval. La colonisation et la propagation de la foi catholique deviennent les deux objectifs. Donnacona meurt vers 1539, comme d'autres Iroquoiens du Saint-Laurent, les autres se sont mariés, aucun ne reviendra. On prépare l'expédition, arme cinq navires, embarque du bétail, libère des prisonniers pour en faire des colons. Roberval prend du retard dans l'organisation et Cartier s'impatiente puis décide de s'engager sur l'océan sans l'attendre. Autorisé à précéder son chef, Cartier part avec 5 navires et environ 1 500 hommes, le 23 mai 1541. Après une traversée calamiteuse, il arrive enfin sur le site de Stadaconé en août 1541 après trois ans d'absence. Il fait édifier le fort de Charlesbourg-Royal au confluent du Saint-Laurent et la rivière du Cap Rouge pour préparer la colonisation. Bientôt, l'hiver arrive et Roberval est toujours invisible avec le reste de l'expédition. En attendant, il accumule l'or et les diamants qu'il négocie avec les Iroquoiens du Saint-Laurent qui disent les avoir ramassés près du camp. En septembre, sur deux barques, Cartier repart pour Hochelaga et les pays où il espère trouver enfin l'or et les diamants. Mais les rapides du Saint-Laurent et de l'Ottawa ne permettent pas d'aller très loin vers l'amont. Muni d'échantillons de pierres qu'il croit précieuses et de pépites qu'il pense être aurifères, Cartier revient vers le cap Rouge aux approches de la mauvaise saison. L'hivernage est rude et marqué par divers excès à l'encontre des Amérindiens, qui commencent à se montrer hostiles. En 1542, il lève le camp, rencontre Roberval à Terre-Neuve. Aussitôt arrivé, il fait expertiser le minerai et apprend qu'il ne rapporte que de la pyrite et du quartz sans valeur.
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Mais la préparation de l'expédition piétine et Jacques Cartier part finalement sans attendre son supérieur à l'été 1541. Après un voyage difficile, il arrive en août sur le site de Stadaconé. Il fait édifier le fort de Charlesbourg-Royal au confluent du Saint-Laurent et la rivière du Cap-Rouge, pour préparer la colonisation. En 1542, il lève le camp et repart en direction de la France. Il croise Roberval en chemin qui lui ordonne de faire demi-tour et de remonter le Saint-Laurent. Cartier refuse et poursuit sa route du retour. Malheureusement pour lui, à son retour c'est la désillusion. L'expertise de son « trésor » révèle qu'il ne s'agit que de pyrite et de quartz, sans aucune valeur. L'expression « faux comme des diamants du Canada» fait fortune. Pas Cartier.
Retraite et Décès
Déçu, il se retire dans son manoir de Limoëlou, près de Saint-Malo. Sa mésaventure sera à l'origine de l'expression « faux comme des diamants du Canada ». Sans succès. Jacques Cartier se retire quant à lui dans son manoir de Limoëlon, près de Saint-Malo. Considéré comme un sage, on le consulte parfois et on met à profit ses connaissances du portugais. Il succombe en 1557 de la peste qui frappe la ville. Jacques Cartier meurt le 1er septembre 1557, probablement âgé de 66 ans. Jacques Cartier, attiré très jeune par la mer et par les aventures qu’elle peut lui offrir, est un navigateur et explorateur français. Auteur de cartes, il figure parmi les grands noms du xvie siècle.
Héritage
Cartier est reconnu comme le découvreur du fleuve Saint-Laurent et de Montréal, et comme l'un des premiers Européens à établir des relations commerciales avec les peuples autochtones de la région. Ses voyages ont ouvert la voie à l'établissement de la Nouvelle-France, qui a façonné l'histoire et la culture du Québec moderne. Cartier figure parmi les grands noms du xvie siècle. Il prit possession du Canada, à Gaspé, au nom de François Ier (24 juillet 1534), et remonta le Saint-Laurent au cours d'un deuxième voyage (1535). Cependant, l'héritage de Jacques Cartier est également teinté par l'impact négatif de la colonisation française sur les peuples autochtones de la région. Les Malécites, les Micmacs et les Iroquois ont tous subi des pertes considérables en raison des conflits avec les colons français et de la transmission de maladies européennes.
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