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Diego Maradona : Naissance d'une Légende

Diego Armando Maradona, une figure emblématique du football mondial, est né le 30 octobre 1960. Sa vie, à la fois triomphale et tumultueuse, est intimement liée à son talent exceptionnel sur le terrain et à son parcours personnel marqué par des défis et des controverses.

Une enfance modeste à Buenos Aires

Né le 30 octobre 1960 à Lanús, près de Buenos Aires, en Argentine, Diego Armando Maradona a grandi dans un bidonville de Villa Fiorito. Il est le quatrième enfant et le premier garçon d'une famille pauvre d'origine italienne et amérindienne de la province de Corrientes. Il a également deux frères plus jeunes, Hugo et Eduardo, qui deviendront également footballeurs.

« J’ai grandi dans un quartier privé de Buenos Aires… privé d’eau, d’électricité et de téléphone », s’amusait Diego Armando Maradona en mars 2004, lors d’une visite en Bolivie, évoquant son enfance modeste à Villa Fiorito, un bidonville de la banlieue sud de Buenos Aires.

Dès son plus jeune âge, Maradona nourrit un rêve : devenir footballeur professionnel et remporter la Coupe du Monde.

Révélation du talent

À l'âge de 10 ans, il se fait remarquer par Francis Cornejo, un recruteur de l'équipe des Cebollitas (les petits oignons), l'équipe junior du club Argentinos Juniors. Il est intégré à l'équipe à l'âge de 11 ans. Très adroit avec un ballon, il amuse le public avec ses jongleries à la mi-temps des matchs de première division. Malgré son jeune âge, il attire déjà les médias par son talent et stupéfie les foules. Les journaux vont voir le phénomène, ainsi que la télévision.

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En 1971, âgé de 11 ans à peine, le petit gaucher à la peau mate est repéré par Francis Cornejo, un recruteur des Argentinos Juniors, formation phare de Buenos Aires. Le club aux origines populaires - l’équipe se dénommait initialement les « Martyrs de Chicago », en hommage aux anarchistes morts suite au massacre de Haymarket Square en 1886 - intègre alors Maradona au sein des Cebollitas, son équipe junior. Aussitôt, les foules viennent admirer les dribbles ravageurs du talentueux pibe, le « gamin » des rues.

Début de carrière professionnelle

Dix jours avant ses seize ans, il fait ses débuts professionnels avec l’équipe d’Argentinos Juniors. Rapidement, il devient le leader de l’équipe, faisant d’Argentinos Juniors, un club de bas de tableau, l’un des ténors du championnat. En 166 matchs avec l’équipe, il marque 116 buts.

Contractualisé comme joueur professionnel à 15 ans, il irradie les Argentinos Juniors en hissant le club dans le peloton de tête de la première division argentine. Le pibe de Fiorito est baptisé par la presse le Pibe de Oro - le « Gamin en Or » - avant d’être racheté une fortune aux Argentinos en 1981 par le Boca Juniors, mythique club de Buenos Aires.

Son talent est tel qu’il honore sa première sélection en équipe nationale le 27 février 1977, à 16 ans, pour un match contre la Hongrie. César Luis Menotti, le sélectionneur, ne le retiendra cependant pas pour disputer la Coupe du monde de football de 1978, l’estimant encore trop jeune. Mais le sélectionneur se rattrapera un an plus tard en le nommant capitaine de l’équipe d’Argentine junior chargé de remporter la Coupe du monde des espoirs. Le trophée est acquis en finale face à l’URSS, battue 3 à 1.

En 1981, l’équipe de Boca Juniors dépense une fortune pour enlever le prodige aux Argentinos. Maradona ne joue que deux saisons pour les bleus et or de Buenos Aires, mais celles-ci furent sûrement parmi les plus marquantes de sa carrière. Il gagne le championnat bien sûr mais surtout humilie le rival légendaire de Boca, River Plate en marquant deux des trois buts de la victoire, et en étant fortement impliqué dans le troisième.

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Objet de ferveur de la part des supporters du Boca Juniors, il parvient surtout à conquérir au tournant des années 1980 le cœur de tout le peuple argentin.

Transfert en Europe

En 1982, il rejoint le FC Barcelone. Lors de la Coupe du monde en Espagne, en 1982, l'Argentine l'attend comme le Messie, seul capable de lui permettre de conserver son titre. Mais le conte de fées se transforme rapidement en cauchemar. Soumis à un traitement des plus rudes par le rugueux défenseur italien Claudio Gentile, Diego souffre sans broncher. Mais ses nerfs lâchent lors du match suivant, face au Brésil. À trois minutes de la fin, alors que la rencontre est perdue et l'Argentine éliminée, il se rend coupable d'une inexcusable brutalité et se voit exclu du terrain par l'arbitre.

Les deux années qu'il passe en Espagne, au sein du FC Barcelone, sont noires. Il est soumis à un marquage barbare - un défenseur lui brise la jambe -, victime d'une hépatite virale.

Transféré depuis 1982 au FC Barcelone, le génie de Buenos Aires est constamment martyrisé par les défenseurs du championnat espagnol, à l’image de l’imposant Andoni Goikoetxea, de l’Athletic Bilbao, qui brise la cheville de l’Argentin en septembre 1983, l’empêchant de jouer pendant plus de trois mois. Un an plus tard, à l’occasion de la finale de la Copa del Rey et en présence du roi d’Espagne Juan Carlos, le Barça rencontre à nouveau l’Athletic Bilbao. Maradona voit rouge face à son bourreau Goikoetxea et déclenche sur la pelouse une violente bagarre généralisée.

Consécration à Naples

Le 5 juillet 1984, il rejoint le club du SSC Napoli. En juillet 1984, le prodige argentin accoste à Naples afin de rejoindre le SSC Napoli qui s’est ruiné pour s’offrir le Pibe de Oro. Maradona, accueilli tel un Messie par 80 000 tifosi au stade San Paolo pour sa séance de présentation aux supporters, fait rapidement corps avec une Naples stigmatisée pour sa misère et sa délinquance mafieuse.

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Après cette deuxième saison honorable à Naples, Maradona est titularisé capitaine de l’Albiceleste à la veille de la Coupe du monde 1986 au Mexique. Emportée par le jeu ardent d’un Pibe de Oro inspiré, la sélection argentine parvient sans grandes difficultés à se qualifier pour les quarts de finale, qui l’opposeront à l’Angleterre.

Dès la saison 1986 - 1987, le club remporte pour la première fois de son histoire le Scudetto, le championnat italien, ainsi que la Coupe d’Italie. Alors que le SSC Napoli était habitué aux menaces de relégation et aux classements de bas de tableau, Maradona, par ses exploits footballistiques, redonne sa fierté à l’ancienne capitale de l’Italie méridionale.

Coupe du Monde 1986 : Le sommet de sa carrière

La Coupe du Monde de 1986 au Mexique marque l'apogée de la carrière de Maradona. Son leadership et ses performances exceptionnelles permettent à l'Argentine de remporter le titre.

Mais, à la veille de la rencontre, les médias internationaux attisent les rivalités en comparant le match au conflit argentino-britannique des Malouines de 1982. « La guerre des Malouines version footballistique », titre le quotidien espagnol El País. « Ne manquez pas la deuxième version de la guerre des Malouines », propose le journal de référence mexicain Excelsior. En dépit des tentatives de conciliations de la part de la communauté internationale, Margaret Thatcher avait lancé une vaste opération militaire de reconquête qui s’était achevée, le 14 juin 1982, avec la mort de près de 650 soldats argentins et de 250 militaires britanniques.

Le 22 juin 1986, jour des quarts de finale contre l’Angleterre, la sélection argentine aligne une génération de joueurs dont la majorité a échappé de justesse à l’embrigadement pour le conflit armé de 1982 grâce à leur statut de footballeur international. Autant dire que c’est avec une très forte pression médiatique et une farouche volonté d’essuyer l’humiliation des Malouines que le onze argentin entre sur la pelouse du stade Azteca de Mexico devant plus de 110 000 spectateurs.

Le match contre l'Angleterre en quart de finale reste gravé dans les mémoires. Maradona marque deux buts emblématiques : le premier, controversé, de la main ("la main de Dieu"), et le second, un chef-d'œuvre de dribble et de technique, considéré comme l'un des plus beaux buts de l'histoire du football.

Sous le torride soleil mexicain, la première mi-temps s’achève sur un 0 - 0. Alors que le ballon rebondit gauchement sur le pied du coéquipier du pibe, le défenseur anglais Steve Hodge, dépassé par la vitesse de l’échange, renvoie en cloche la balle à son gardien. C’est alors que surgit le petit Maradona à hauteur des gants du géant Peter Shilton pour effleurer, en tendant son bras gauche, le ballon de la main et l’amener au fond des filets britanniques.

Exactement trois minutes plus tard, tel un « cerf-volant cosmique », aux dires du commentateur sportif uruguayen Victor Hugo Morales, Maradona démarre en trombe une folle chevauchée depuis le milieu de terrain et dribble avec fulgurance une demi-douzaine de joueurs anglais aussi débordés qu’affolés pour inscrire un magnifique deuxième but synonyme de qualification de l’Argentine en demi-finale. Un geste encore célébré aujourd’hui comme l’un des plus beaux buts jamais marqué dans l’histoire du football.

Durant la conférence de presse d’après-match, l’attaquant argentin attise la polémique en assumant fièrement avoir marqué « un peu avec la tête de Maradona, et aussi un peu avec la main de Dieu ». Tout en assignant une dimension divine à cette « Main de Dieu » désormais entrée dans la postérité, le capitaine de l’Albiceleste a avant tout, aux yeux des Argentins, vengé le pays de la blessure des Malouines grâce à une infraction au règlement officiel du football. Et si l’irrégularité de la Main de Dieu rend la défaite encore plus amère pour les Anglais, elle est d’autant plus appréciée par le peuple argentin qu’elle signe un geste purement criollo. Face à la domination physique anglaise, illustrée par la taille du gardien anglais (1,85 mètre), le petit Diego a en effet convoqué l’art de la duperie pour vaincre le Goliath britannique.

Déclin et controverses

L’année 1991 marque l’année du déclin : il est suspendu pour consommation de drogue, joue pour le FC Séville puis rentre en Argentine en 1993, au Newell’s Old Boy de Rosario puis au Boca Juniors. Il est encore sélectionné pour la Coupe du monde de 1994 mais rapidement exclu pour contrôle antidopage positif.

En 1990, il perd la finale de la coupe du monde de football. L’année suivante, il est contrôlé positif à la cocaïne, et il est suspendu durant quinze mois, et écope d’une condamnation de quatorze mois avec sursis. En 1994, durant la Coupe du monde organisée aux États-Unis, il est suspendu pour usage de stupéfiants. En effet, il est contrôlé positif à l’éphédrine.

Fin de carrière et après-football

Diminué, il décide de prendre sa retraite en 1997, le jour de ses 37 ans. En 1997, il annonce prendre sa retraite de joueur. Par la suite, il devient commentateur sportif, notamment durant la Coupe du Monde 2006. En 2008, le réalisateur Emir Kusturica réalise le film Maradona, présenté au Festival de Cannes. La même année, il devient sélectionneur national de l’équipe d’Argentine. Deux ans après, il est remercié de son poste par la fédération à cause de ses résultats mitigés, et d’insultes proférées envers les journalistes. En 2019, il est nommé entraîneur du club Gimnasia La Plata. En parallèle, il participe à plusieurs émissions de télé-réalité.

Problèmes de santé et décès

Le footballeur connaît plusieurs problèmes de santé. En 2004, suite à sa consommation de drogue, il est victime d'une crise cardiaque et manque de mourir, finalement il s'en sort. En mars 2007, les médecins lui diagnostiquent une hépatite et le sauve. Dans la nuit du 2 au 3 novembre 2020, il est hospitalisé en urgence et est opéré d'un hématome sous-dural. Il sort de l'hôpital le 11 novembre 2020.

Le 25 novembre 2020, il meurt à l'âge de 60 ans, des suites d'un arrêt cardiaque. L’année 2020 a aussi vu s’éteindre de nombreuses personnalités du football, à commencer par la star argentine Diego Maradona, victime d’une crise cardiaque à l’âge de soixante ans.

Vie privée

Côté vie privée, il est en couple avec Claudia Villafane de 1984 à 2003. Ensemble ils ont deux filles: Dalma, née en 1987, et Giannina, née en 1989. Pendant sa relation avec Claudia Villafane, il a une relation avec Cristina Sinagra, avec qui il a un fils, Diego en 1986. En 1995, il rencontre Valeria Sabalain, avec qui il a une fille Jana Maradona, née en 1997. En 2013, il a un nouvel enfant, Diego Fernando, dont la mère est Veronica Ojeda.

Diego Maradona est le père de huit enfants de six mères différentes, nés en Argentine, à Cuba et en Italie. De son mariage avec Claudia Villafane (1984-2003), il a deux filles; Dalma et Giannina. En 1986, son fils Diego junior naît à Naples de sa relation avec Cristina Sinagra (il est reconnu en 1993). En 1996, Jana est née d’une liaison avec Valeria Sabalain (elle est reconnue en 2014). Trois autres enfants de deux mères différentes sont nés dans les années 2000 et ont été reconnus en 2019.

Héritage

Au-delà de ses prouesses sportives, Maradona incarnait une figure populaire, un symbole de rébellion et de fierté pour de nombreux Argentins. Son style de jeu unique, sa personnalité charismatique et ses prises de position engagées ont marqué l'histoire du football et de la culture populaire.

Diego Armando Maradona, au-delà d’avoir été un des plus grands génies du football, incarne aux yeux du peuple argentin le pibe, l’enfant malicieux des rues qui, pour survivre, doit ruser voire voler.

Son corps trapu, ses cheveux aux grandes boucles noires, ses rites empreints de religion et de superstition - embrasser sa croix avant d’entrer sur le terrain, baiser le front de son masseur Carmano -, ainsi que son impétuosité sur les pelouses amènent rapidement les supporters napolitains à l’identifier au scugnizzo, garnement canaille des quartiers populaires de Naples qui résonne avec le personnage argentin du pibe.

À la fois inventif et imprévisible, le jeu typiquement criollo de Diego Maradona fait rapidement du jeune virtuose une pure incarnation footballistique de l’Argentine.

Comme si ses buts prolongeaient les miracles de San Gennaro, le saint protecteur de Naples, Maradona est élevé au rang d’icône quasi-religieuse et devient l’objet d’un véritable culte populaire. Son nom même possède une assonance avec « Marònna », la dénomination de la Vierge Marie en dialecte napolitain et on le prie pour gagner le Scudetto en implorant : « Notre Maradona / Toi qui descends sur le terrain / Nous avons sanctifié ton nom / Naples est ton royaume / Ne lui apporte pas d’illusions / mais conduis-nous à la victoire en championnat. » Des représentations du footballeur se référant à l’iconographie sacrée ou sur les genoux de San Gennaro ainsi que des autels dédiés au pibe ornent les rues de Naples, faisant de Maradona « une sorte de saint, le nouveau symbole d’un rituel pourtant archaïque auquel la culture populaire se réfère pour formuler ses demandes, pour exprimer ses privations, ses besoins, ses douleurs et, moins fréquemment, sa joie ».

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