Fils d'un libraire de Figeac, Jean-François Champollion a marqué l'histoire comme le père de l'égyptologie. Sa précocité intellectuelle et sa passion pour les langues anciennes l'ont mené à percer le mystère des hiéroglyphes, ouvrant ainsi les portes de la connaissance de l'Égypte antique.
Une Naissance Légendaire et une Éducation Précoce
Jean-François Champollion est né le 23 décembre 1790 à Figeac, dans le Lot. Sa naissance est entourée d'une aura particulière, sa mère, Jeanne-Françoise Gualieu, âgée de 48 ans et souffrant de douleurs rhumatismales, n'avait pas eu d'enfants depuis dix ans.
Dès son plus jeune âge, Champollion montre des signes d'une intelligence exceptionnelle. Il apprend à lire seul à cinq ans, dévorant les livres de la librairie paternelle. À onze ans, il rejoint son frère Jacques-Joseph à Grenoble, où il se consacre à l'étude des langues anciennes : latin, grec, hébreu, puis copte. Son intérêt pour l'étymologie se manifeste très tôt.
De 1804 à 1807, il fréquente le lycée de Grenoble, où il parfait ses connaissances et complète son éducation linguistique. En 1807, il présente son premier mémoire devant l'Académie delphinale, intitulé "Essai de description géographique de l’Égypte avant la conquête de Cambyse," devenant par la suite membre correspondant.
Paris et la Découverte du Copte
En 1808, à l'âge de 18 ans, Champollion part pour Paris afin d'étudier les langues orientales à l'École spéciale des langues orientales et au Collège de France. Il se forme en hébreu, persan, parsi, chaldaïque, sanskrit et chinois. Il étudie le copte, dont il devine, grâce aux travaux de ses prédécesseurs, le lien avec les hiéroglyphes. Il veut "savoir le copte comme son français". Ce séjour parisien est cependant difficile, car il se sent peu à l'aise dans les salons mondains et manque d'argent.
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En octobre 1809, il retourne à Grenoble, où il obtient un poste de professeur d'histoire ancienne à la faculté.
Les Premières Théories sur l'Écriture Égyptienne
Le 7 août 1809, Champollion présente une théorie sur l'écriture égyptienne, découvrant qu'entre les hiéroglyphes et le démotique, il existe une troisième écriture, l'« hiératique », déformation cursive signe pour signe des hiéroglyphes.
En mai 1821, Champollion est capable de traduire un texte démotique en hiératique et de le transposer ensuite en hiéroglyphes. Il établit une chronologie des écritures : hiéroglyphes, hiératique et démotique, ces deux dernières étant cursives et dérivant des hiéroglyphes.
La Pierre de Rosette : la Clé du Mystère
La découverte de la pierre de Rosette en 1799 est un événement majeur pour l'égyptologie. Cette stèle, portant le même texte en trois écritures différentes (hiéroglyphique, démotique et grec), offre une opportunité unique de déchiffrer les hiéroglyphes.
En 1807, Champollion se procure une copie de la pierre de Rosette et commence à étudier les inscriptions. Il est convaincu que le copte est la clé de l'égyptien hiéroglyphique.
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Le Déchiffrement des Hiéroglyphes
Sachant que le nom d'un souverain inscrit dans le cartouche de la pierre de Rosette est Ptolémée, il déduit que ce nom est écrit phonétiquement dans le texte : p-t-o-l-m-j-s. L'année suivante, il a sous les yeux la copie lithographiée de l'inscription hiéroglyphique de l'obélisque de Philæ découverte par un collectionneur anglais, William John Bankes : l'inscription correspond à un texte grec gravé sur le socle. Il vérifie que le nom de Cléopâtre est écrit exactement tel qu'il l'a reconstitué à partir du démotique.
Les deux cartouches « Ptolémée » et « Cléopâtre » lui fournissent ainsi douze lettres hiéroglyphiques différentes, base solide pour tout déchiffrement et qui lui permettra de reconnaître Alexandre, Tibère, Germanicus, Trajan. Il découvre que cette combinaison d'écriture phonétique et idéographique s'applique à tous les mots égyptiens.
Le 27 septembre 1822, Champollion présente à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sa fameuse "Lettre à M. Dacier relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques." Il y expose ses découvertes et affirme que l'élément phonétique constitue, à côté des signes idéographiques, la base de tout le système de l'écriture égyptienne. Cette date marque la naissance scientifique de l'égyptologie.
La Reconnaissance et les Voyages en Égypte
En 1824, Champollion publie son "Précis du système hiéroglyphique," qui précise les données de la Lettre à M. Dacier, donne la lecture de nombreux autres noms et traduit des fragments entiers. De 1824 à 1826, il visite les collections égyptologiques d'Italie, dont celle de Turin.
En 1826, il est nommé conservateur du département égyptien du Louvre. De 1828 à 1830, il réalise son rêve en parcourant la vallée du Nil et en relevant les inscriptions des monuments lors d'une mission franco-toscane. Ce voyage lui permet de conforter in situ ses hypothèses.
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