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Boris Cyrulnik : Biographie d'un neuropsychiatre résilient

Boris Cyrulnik, né le 26 juillet 1937 à Bordeaux, est une figure marquante de la neuropsychiatrie française, reconnu pour ses travaux sur la résilience. Son parcours personnel, marqué par les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale, a profondément influencé son approche de la psychiatrie et sa compréhension de la capacité humaine à surmonter les épreuves.

Une enfance marquée par la guerre et la perte

Issu d'une famille d'immigrés juifs d'Europe orientale (son père était russo-ukrainien et sa mère polonaise) arrivés en France dans les années 1930, Boris Cyrulnik a vécu une enfance bouleversée par la Seconde Guerre mondiale et l'occupation nazie. Afin de le protéger de la déportation, ses parents le confient à une pension alors qu’il n’a que 5 ans. La pension le placera rapidement à l’Assistance publique, où il est recueilli par une institutrice, Marguerite Farges, qui cachera l’enfant de l’envahisseur. Il vivra finalement des jours plus faciles, caché par un réseau de résistants puis placé comme garçon de ferme sous le nom de Jean Laborde jusqu’à la Libération. Tragiquement, ses parents meurent en déportation. Après la guerre, il est recueilli à Paris par une tante maternelle, qui l'élève.

Parcours académique et professionnel

Après avoir passé son baccalauréat au lycée Jacques-Decour, à Paris, il commencera ses études de médecine à la faculté de médecine de Paris. Il occupera pendant un an la fonction d’interne au service de neurochirurgie parisien, de 1967 à 1968, puis la même fonction au service de psychiatrie de l’hôpital de Digne de 1968 à 1969. En 1971, Boris Cyrulnik voit sa carrière décoller en devenant médecin-chef d’un établissement privé de postcure psychiatrique du sud de la France, La Salvate. Après 3 ans à occuper ce poste, il commence à donner en parallèle des cours d’éthologie humaine et clinique à la faculté de médecine de Marseille. Durant 5 années, de 1974 à 1979, il sera à la fois professeur et médecin-chef, jusqu’à ce qu’il quitte La Salvate pour s’installer en psychanalyste à mi-temps et à son compte, et commencer des consultations au centre hospitalier intercommunal de Toulon-La-Seyne-sur-Mer. En 1987, il cesse d’enseigner à la faculté de médecine, et en 1991, il quitte le centre hospitalier de Toulon-La-Seyne-Sur-Mer, ainsi que son groupe de recherche pour se concentrer uniquement sur ses consultations de neuropsychiatre. En 1995, il est nommé directeur d’enseignement d’un diplôme universitaire à la faculté des lettres et sciences humaines de Toulon.

L'émergence d'un concept : la résilience

Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir développé le concept de «résilience» (renaître de sa souffrance). Il a défini la résilience comme la capacité à surmonter les traumatismes et à se reconstruire après des épreuves difficiles. Ses propres expériences de guerre et d'orphelinat ont nourri sa réflexion sur ce sujet, et il a consacré une grande partie de sa carrière à étudier les mécanismes psychologiques et sociaux qui permettent aux individus de faire face à l'adversité.

Ses travaux ont permis de redécouvrir la psychanalyse en France.

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Vulgarisation du savoir et engagement public

Depuis les années 1980, Boris Cyrulnik s’évertue à transmettre son savoir au grand public au travers d’ouvrages vulgarisés. À partir des années 1980, il voue son existence à la vulgarisation de son savoir grâce à ses livres : "Mémoire de singe et paroles d'homme" (Hachete Pluriel Référence, 1998), "Les vilains petits canards" (Odile Jacob, 2004) et "Quand un enfant se donne la mort - Attachement et sociétés" (Odile Jacob, 2011). En 1999, il explique ses théories sur la résilience, soit la capacité à se reconstruire après un traumatisme, dans Un merveilleux malheur. Suivront Les vilains petits canards en 2001, Le murmure des fantômes en 2003, Mourir de dire. La Honte en 2010 et Quand un enfant se donne «la mort» en 2011, tous publiés chez Odile Jacob et connaissant un grand succès. En 2012, il sort une autobiographie sous le titre Sauve-toi, la vie t’appelle. Il a sorti La nuit, j’écrirai des soleils aux éditions Odile Jacob en avril dernier, dans lequel. Il y parle du pouvoir de guérison de l’écriture, et du besoin pour les écrivains de mettre leurs émotions sur papier sous diverses formes, afin d’apaiser leurs souffrances. Pour eux, le simple fait d’écrire changea le goût du monde. Le manque invite à la créativité. La perte invite à l’art, l’orphelinage invite au roman.

En 2005, il devient président du Prix Annie-et-Charles-Corrin consacré à la mémoire de la Shoah, en sa qualité de survivant. Il fait aussi partie de l’équipe qui a constitué la commission Attalli s’intéressant aux freins de la croissance, dirigée par Jacques Attali et instaurée par Nicolas Sarkozy lorsqu’il est devenu Président de la République française en 2007. Cette année-là, il est aussi devenu chroniqueur sur France Info, disposant de sa propre chronique en collaboration avec Marie-Odile Monchicourt et Yves Coppens : « Histoires d’Homme ».

En 1998, il est nommé président du Centre national de création et de diffusion culturelles de Châteauvallon, puis en 2005 président du Prix Annie-et-Charles-Corrin sur la mémoire de la Shoah.

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