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Claude Brasseur : Une Vie Entre Cinéma, Théâtre et Passion

Claude Brasseur, de son vrai nom Claude Pierre Espinasse, est un acteur français emblématique, né le 15 juin 1936 à Neuilly-sur-Seine et décédé le 22 décembre 2020 à Paris. Issu d'une dynastie d'acteurs, il a marqué plusieurs générations par sa présence au cinéma, au théâtre et à la télévision. Fils de Pierre Brasseur et d'Odette Joyeux, et père d'Alexandre Brasseur, il laisse derrière lui un héritage artistique considérable.

Une Famille d'Artistes

Claude Brasseur est issu d'une longue lignée de comédiens, remontant au XIXe siècle. Son père, Pierre Brasseur, était un acteur reconnu, et sa mère, Odette Joyeux, également une star. Son parrain n'était autre que l'écrivain américain Ernest Hemingway, un ami de son père. Cette immersion précoce dans un environnement artistique a naturellement influencé son parcours. Le sous-titre de ses mémoires, parues en 2014, "Brasseur Père et Fils, Maison fondée en 1820," témoigne de l'importance de cet héritage familial.

Le jeune Claude grandit entouré de personnalités telles que Malraux, Jouvet, Sartre et Casarès. Cependant, son enfance est marquée par un manque d'affection de ses parents, trop focalisés sur leurs carrières respectives. Il gardera de cette période un souvenir douloureux.

Débuts et Premiers Rôles

Claude Brasseur fait ses premiers pas au théâtre en 1955, en créant Judas de Marcel Pagnol. Dès 1954, il se produit sur les planches dans les pièces Judas de Marcel Pagnol et Bon appétit messieurs d'Elvire Popesco. Il débute au cinéma l'année suivante dans Rencontre à Paris de Georges Lampin. Il tourne avec les plus grands réalisateurs de l'époque, notamment Georges Franju, Marcel Carné et Jean Renoir.

Après une parenthèse de trois ans durant laquelle il officie comme parachutiste (1956 - 1959), il revient au septième art en donnant la réplique à Jean Gabin dans Rue des prairies (1959) de Denys de La Patellière et en étant confronté à son père dans le film fantastique Les Yeux sans visage (1960) de Georges Franju.

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C'est la télévision qui lui offre ses premiers grands rôles : Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune de Jean Kerchbron et Sganarelle dans Dom Juan ou le Festin de pierre de Marcel Bluwal en 1965, et surtout François Vidocq dans Les Nouvelles Aventures de Vidocq de 1971 à 1973. Il incarne notamment Sganarelle dans le Dom Juan ou le festin de pierre de Marcel Bluwal et Rouletabille dans une adaptation du Mystère de la chambre jaune de Jean Kerchbron.

La Consécration Cinématographique

Ce n'est qu'en 1974, avec Les Seins de glace de Georges Lautner, qu'il se fait véritablement remarquer au cinéma. En 1976, le succès d'Un éléphant ça trompe énormément d'Yves Robert lui vaut un César du meilleur acteur dans un second rôle en 1977. Le succès du film entraîne une suite en 1978, Nous irons tous au paradis.

Il obtient de nouveau un César en 1980 pour son rôle dans La Guerre des polices. Il a tourné dans plus de 90 films dont La Boum de Claude Pinoteau, où il interprète le père de Vic (Sophie Marceau), Les Loups entre eux de José Giovanni, et plus récemment dans Camping et Le Héros de la famille (2006).

Au faîte de sa carrière, Claude Brasseur fait preuve de polyvalence, alternant avec une grande aisance les genres cinématographiques. Incarnation à l'écran de Guy de Maupassant (1982), cet habitué du rallye Paris-Dakar aime à interpréter les antihéros gouailleurs et un brin baroudeurs : père de famille endeuillé et doutant des vertus de l'auto-défense dans Légitime violence (1982), commissaire déterminé dans La Crime (1983), écrivain ivrogne et amant de Sophie Marceau dans Descente aux enfers (1986), looser et flambeur dans Taxi boy (id.), chef d'un réseau d'espionnage communiste dans L'Orchestre rouge (1989) ou encore quinquagénaire à la dérive dans Sale comme un ange (1990).

Dans les années 1990 et 2000, l'acteur se fait plus discret sur les écrans, tournant avec parcimonie et se limitant quelquefois à de simples apparitions comme dans Le Bal des casse-pieds (1992), Un, deux, trois, soleil (1993), Les Acteurs (2000) ou encore Chouchou (2003). Il est toutefois cité au César du Meilleur acteur pour sa prestation de Fouché dans Le Souper (1992) d'Edouard Molinaro et continue d'incarner des personnages marquants tels l'industriel Pied-noir de L'Autre côté de la mer (1996), l'officier de police diplomate de Fait d'hiver (1998) et l'autoritaire gardien de prison de La Taule (1999).

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En 2004, l'acteur vétéran retrouve à l'écran Jacques Villeret, son partenaire dans la pièce de théâtre Le Dîner de cons, pour les besoins du drame Malabar Princess, et s'illustre l'année suivante dans des seconds rôles savoureux et sympathiques pour les comédies populaires L'Amour aux trousses, Fauteuils d'orchestre et Camping. Il fait aussi partie du casting impressionnant (Catherine Deneuve, Gérard Lanvin, Emmanuelle Béart…) que Thierry Klifa réunit pour son second long métrage (Le Héros de la famille). En 2007, il est à l'affiche d'un premier film, la comédie dramatique Les Petites Vacances, dans lequel il retrouve Bernadette Lafont à qui il avait donné la réplique dans Un Clair de lune à Maubeuge (1962) et Une Belle fille comme moi (1972). La même année, il change de registre en participant au naufrage critique et financier de Jean-Jacques Annaud : Sa Majesté Minor. Après quelques années plus calmes, il retourne au Camping de Fabien Onteniente en 2010 et s'illustre dans plusieurs téléfilms. Un an plus tard, il renoue avec le polar en étant un mentor pour Jean-Paul Rouve dans Légitime défense. Les deux hommes s'étant très bien entendus sur le tournage, le comédien offre un rôle à Claude Brasseur dans sa seconde réalisation, le touchant Quand je serai petit (2012).

Rôles Marquants et Récompenses

Claude Brasseur a tourné dans plus de 90 films et obtenu deux César. Il fut la vedette d'au moins deux générations avec La Boum (1980, comédie, romance, avec Sophie Marceau) et la saga des trois films Camping (2006, 2010, 2016, comédie, avec Franck Dubosc). Il est aussi connu pour ses rôles dans les films : Les Seins de glace (1974, policier, avec Alain Delon), Un éléphant ça trompe énormément (1976, comédie, avec Jean Rochefort), Une histoire simple (1978, comédie dramatique, avec Romy Schneider), La Guerre des polices (1979, policier) ou Le Souper (1992, historique, avec Claude Rich).

En 1977, il a reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Un éléphant ça trompe énormément, puis la consécration trois ans plus tard, avec le César du meilleur acteur pour La guerre des polices. Au total, en plus de 60 ans de carrière, il aura tourné dans plus de 110 films, et restera notamment associé au père de Sophie Marceau dans La Boum.

La Télévision et le Théâtre

Parallèlement à sa carrière cinématographique, Claude Brasseur a également marqué le petit écran. De 2003 à 2007, il joue le policier Franck Keller dans la série télévisée éponyme, diffusée sur TF1. De septembre à novembre 2013, il est tous les soirs de la semaine sur France 2 dans un programme court : Y'a pas d'âge.

Il commence à apparaître sur les scènes de théâtre et les plateaux de cinéma mais l’amour du grand public pour ce comédien se construit réellement avec la télé. D’abord sous les traits de Rouletabille dans Le mystère de la chambre jaune, puis dans Vidocq.

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Claude Brasseur a également foulé les planches à de nombreuses reprises. En 1993, il joue dans Le Dîner de cons au théâtre. Il a notamment joué Mon père avait raison, de Sacha Guitry et Le Tartuffe de Molière, en 2009 et 2012, avec son fils Alexandre.

Une Passion pour le Sport

Claude Brasseur était également un grand sportif. Alors qu'il est sélectionné pour les Jeux olympiques d'hiver de 1964 à Innsbruck dans l'équipe de France de bobsleigh, un grave accident aux entraînements empêche l'équipe de se présenter à l'épreuve. Il s'adonne, parallèlement, à la compétition automobile, remportant comme copilote de Jacky Ickx le rallye Paris-Dakar en 1983. Fidèle lecteur de L’Equipe, Claude Brasseur aurait pu embrasser une carrière de sportif. Tenté par le vélo au point de s’entraîner avec le futur vainqueur du Tour de France Stephen Roche, il a été deux fois champion de France de bobsleigh (victime en 1963 d’un grave accident un avant les Jeux olympiques d’Innsbruck).

Vie Privée

Le 27 mars 1961, Claude Brasseur épouse Peggy Roche, mannequin et journaliste de mode (qui deviendra après leur divorce la compagne de Françoise Sagan ; elle meurt en 1991), puis, en 1970, Michèle Cambon avec qui il a un fils, Alexandre Brasseur. De côté de la dynastie, Claude deviendra lui-même le père d’un acteur, Alexandre Brasseur, eu en 1971 avec Michèle Cambon.

Disparition

Claude Brasseur est décédé le 22 décembre 2020 à Paris, dans la paix et la sérénité, entouré des siens. Il n’a pas été victime du Covid. Il sera inhumé à Paris dans le respect des règles sanitaires et reposera aux côtés de son père, au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Avec plus de 110 films et 35 pièces de théâtre à son actif, Claude Brasseur fait partie de ces acteurs incontournables du cinéma français, ces comédiens dont le talent, le charisme, et la voix ne laissent personne indifférent. Prédestiné, malgré le manque d’affection de ses parents acteurs, Claude Brasseur est à la fois un bourreau de travail et un épicurien infatigable, qui couronnera ses plus de 60 ans de carrière par deux magnifiques César.

Hommages

Sa disparition a suscité de nombreuses réactions émues dans le monde du cinéma et du spectacle. Philippe Labro, journaliste et réalisateur, a déclaré : « C’est une grande émotion. Il fait partie d’une génération qui est en train de disparaître. » Gilles Jacob, ancien président du festival de Cannes, a souligné : « L’éléphant d’Yves Robert, c’était lui. »

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