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Daniel Cohn-Bendit et les accusations concernant son rapport aux enfants

Daniel Cohn-Bendit, figure emblématique de Mai 68 et ancien eurodéputé, a souvent été au centre de controverses, notamment en raison de passages de son livre autobiographique « Le Grand Bazar », paru en 1975, et de certaines déclarations publiques. Ces éléments ont conduit à des accusations récurrentes de complaisance envers la pédophilie, une accusation qu'il a toujours fermement niée. Cet article vise à explorer la nature de ces accusations, le contexte dans lequel elles ont émergé, et la manière dont Daniel Cohn-Bendit y a répondu au fil des années.

« Le Grand Bazar » et les polémiques

L'origine principale des controverses réside dans certains passages de son livre « Le Grand Bazar ». L’ancien eurodéputé assume son livre autobiographique « Le Grand Bazar » paru en 1975, malgré toutes les critiques qu’il reçoit depuis. Il confie toutefois regretter toutefois « les trois lignes » dans lesquelles il évoque des caresses sur de jeunes enfants. Plus précisément, un extrait a suscité de vives réactions et continue d'alimenter les critiques.

Dans ce passage, il décrit des situations où des enfants ouvraient sa braguette et commençaient à le chatouiller. « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème, écrivait l’ancien eurodéputé en 1975. Depuis la parution de ce livre il y a plusieurs décennies, Daniel Cohn-Bendit est vivement attaqué, notamment par ses adversaires politiques. On se souvient notamment du clash qui l’avait opposé au président du Modem (désormais Premier ministre) sur le plateau de l’émission À vous de juger en 2009 sur France 2. Un échange d’une extrême violence entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou, au cours duquel le leader centriste avait accusé son rival, autrefois un ami, de complaisances envers la pédophilie. Puis, en 2011, une vive altercation entre l’ex-élu écologiste et Jean-Marie Le Pen avait éclaté au Parlement européen. « J’ai été mis en cause par le pédophile Cohn-Bendit […]. Personne, à ce jour, ne s’est déclaré « victime » de Daniel Cohn-Bendit ou aurait fait état de comportements répréhensibles dans le cadre de ses activités auprès d’enfants en bas âge. » Ces descriptions, bien que présentées comme problématiques pour l'auteur lui-même, ont été interprétées par certains comme une forme de complaisance, voire d'apologie, de comportements inappropriés.

Réactions et justifications

Face à la controverse, Daniel Cohn-Bendit a évolué dans ses réponses au fil des années. Il a d'abord invoqué le contexte de l'époque, arguant qu'il s'agissait d'une provocation, d'un « besoin maladif et permanent de provocation ». « J’utilise des images pour provoquer. Ça a été scandalisé vingt ans après. Je ne dis pas que c’est faux que ce soit scandalisé vingt ans après. Je dis qu’il faut [recontextualiser] l’époque dans laquelle cette provocation a eu lieu, a-t-il déclaré sur le plateau de «Quelle époque !» sur France 2, samedi 5 avril. Un grand quotidien allemand a envoyé des journalistes avec de l’argent en France pour prouver que c’était vrai. Mais il n’y avait rien. C’est une histoire qui ne me quitte pas. C’est bien fait pour moi. «Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Moins de vingt ans plus tard, en février 2001, l’ancien écologiste avait déclaré sur France 3 que «ces lignes sont insoutenables et intolérables». «J’ai bonne conscience, parce qu’il n’y a pas eu d’abus sexuels. Mais j’ai mauvaise conscience parce que ce texte, lu aujourd’hui, peut paraître comme une justification d’une certaine pédophilie», ajoutait-il. Il a également exprimé des regrets quant à la formulation de ces passages, reconnaissant qu'ils pouvaient être interprétés comme une justification de la pédophilie, ce qu'il a toujours nié. « Sachant ce que je sais aujourd’hui des abus sexuels, j’ai des remords d’avoir écrit tout cela », reconnaissait également M. Cohn-Bendit dans L’Express en 2001.

L'émission "Apostrophes" et autres déclarations

Outre les extraits de son livre, d'autres déclarations de Daniel Cohn-Bendit ont été exhumées et critiquées. Parmi celles-ci, une intervention dans l'émission "Apostrophes" en 1982 a particulièrement marqué les esprits. Il s’agit cette fois d’un extrait de l’émission « Apostrophes » sur Antenne 2, en 1982, au cours duquel il déclare : « Quand une petite fille de cinq ans et demi commence à vous déshabiller, c’est fantastique. » Là encore, les propos sont bien de Daniel Cohn-Bendit. La vidéo de la scène, retrouvée par « Arrêt sur images » en 2009, est encore en ligne. C’est alors qu’intervient la citation sur la petite fille de cinq ans. « Vous me troublez », sourit alors Paul Guth. « Oh non, pas tant que ça, vous vous y attendiez », s’esclaffe alors Daniel Cohn-Bendit. Ces propos, considérés comme choquants par beaucoup, ont été interprétés comme une banalisation de la sexualisation des enfants.

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Daniel Cohn-Bendit s'est défendu en expliquant qu'il s'agissait d'une provocation et qu'il avait même consommé un « petit gâteau au hasch » avant l'émission. Il a toujours nié avoir commis le moindre acte de pédophilie et a souligné l'importance de lutter contre les abus sexuels. « Prétendre que j’étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L’abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n’y a eu de ma part aucun acte de pédophilie », assurait-il, en tout cas, à Libération en 2001.

Absence de victimes déclarées

Un élément important à souligner est qu'aucune personne ne s'est jamais déclarée victime d'abus sexuels de la part de Daniel Cohn-Bendit. Personne, à ce jour, ne s’est déclaré « victime » de Daniel Cohn-Bendit ou aurait fait état de comportements répréhensibles dans le cadre de ses activités auprès d’enfants en bas âge. Malgré les accusations et les polémiques, aucune plainte n'a été déposée et aucune preuve concrète n'a été apportée pour étayer les allégations d'abus. Cela ne signifie pas que les propos tenus par Daniel Cohn-Bendit ne sont pas problématiques, mais cela souligne l'absence de fondement factuel aux accusations de pédophilie.

Instrumentalisation politique

Les accusations contre Daniel Cohn-Bendit ont souvent été instrumentalisées à des fins politiques. Notamment à l'approche des élections européennes, comme déjà en 2009. Daniel Cohn-Bendit n’est pas candidat aux élections européennes, mais il n’en est pas moins une cible de choix dans la dernière ligne droite de la campagne. L’écologiste, qui soutient la liste de La République en marche (LRM), fait, depuis plusieurs jours, l’objet d’accusations de « pédophilie » sur les réseaux sociaux. Ses adversaires politiques ont utilisé ces controverses pour le discréditer et attaquer ses idées. On se souvient notamment du clash qui l’avait opposé au président du Modem (désormais Premier ministre) sur le plateau de l’émission À vous de juger en 2009 sur France 2. Un échange d’une extrême violence entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou, au cours duquel le leader centriste avait accusé son rival, autrefois un ami, de complaisances envers la pédophilie. Puis, en 2011, une vive altercation entre l’ex-élu écologiste et Jean-Marie Le Pen avait éclaté au Parlement européen. « J’ai été mis en cause par le pédophile Cohn-Bendit […]. Personne, à ce jour, ne s’est déclaré « victime » de Daniel Cohn-Bendit ou aurait fait état de comportements répréhensibles dans le cadre de ses activités auprès d’enfants en bas âge. » Il est donc important de considérer ces accusations avec un esprit critique et de ne pas céder à la désinformation.

Le contexte juridique et social de l'époque

Pour comprendre les réactions suscitées par les propos de Daniel Cohn-Bendit, il est essentiel de prendre en compte le contexte juridique et social de l'époque. À l’époque, deux articles du Code pénal répriment les comportements inappropriés envers les mineurs. Le premier, l’article 334-2 du Code pénal, en vigueur le 3 février 1981, réprime la corruption de mineurs. Ces deux infractions consistaient, pour l’une, à attenter aux mœurs en “excitant à la débauche ou en favorisant la corruption des mineurs” et, pour l’autre, à avoir un comportement physique inapproprié sur le corps d’un mineur. De surcroît, aucune infraction “d’incitation à la pédophilie” n’existait à cette époque. Dit autrement, certains actes commis sur les mineurs étaient réprimés, mais pas les discours les présentant sous un jour favorable. Les mœurs étaient différentes et la sensibilisation aux questions de pédophilie était moins développée qu'aujourd'hui. Cependant, cela ne justifie en rien les propos ambigus tenus par Daniel Cohn-Bendit.

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