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Hypothyroïdie et son lien avec la fibromyalgie, la fatigue chronique et d'autres troubles

L'hypothyroïdie, un état pathologique dû à un déficit en hormones thyroïdiennes, est un problème de santé courant souvent sous-diagnostiqué. Les Drs Résimont et Kurland soulignent l'importance de comprendre le fonctionnement de la thyroïde et des glandes surrénales, car les dérèglements thyroïdiens sont accélérés par le mode de vie moderne et sont liés à de nombreuses pathologies chroniques. Cet article explore en profondeur l'hypothyroïdie, ses causes, ses symptômes, son diagnostic, ses liens avec d'autres affections telles que la fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique, et les approches thérapeutiques possibles.

La thyroïde : une glande essentielle

La thyroïde est une glande endocrine qui secrète deux hormones principales : la T4 (thyroxine) et la T3 (triiodothyronine). Seule la T3 est active et influence directement le métabolisme cellulaire. La production de ces hormones est régulée par la TSH (thyroid-stimulating hormone), sécrétée par l'hypophyse, une glande située à la base du cerveau.

L'hypothyroïdie peut être primaire, due à un problème au niveau de la thyroïde elle-même, ou secondaire (centrale), due à un trouble de l'hypophyse (dans 5 à 10 % des cas).

Le problème des valeurs de référence de la TSH

Un des principaux défis dans le diagnostic de l'hypothyroïdie réside dans l'interprétation des valeurs de référence de la TSH. Il est essentiel de savoir qu'une TSH dans les valeurs de référence "normales" n'exclut pas nécessairement une hypothyroïdie. La TSH ne reflète pas toujours un état d'hypo-métabolisme thyroïdien cliniquement manifeste.

Hypothyroïdie, fibromyalgie et syndrome de fatigue chronique : des liens étroits

L'étude de l'hypothyroïdie est particulièrement pertinente dans le contexte de la fibromyalgie pour plusieurs raisons :

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  • Similitude des symptômes: L'hypothyroïdie et la fibromyalgie partagent de nombreux symptômes communs, tels que la fatigue, les douleurs musculo-squelettiques, les troubles du sommeil, la dépression et les troubles de la concentration.
  • Hypothyroïdie comme cause potentielle de la fibromyalgie: L'hypothyroïdie peut être une des causes principales de la fibromyalgie.
  • Erreur de diagnostic: Nombre de patientes étiquetées comme souffrant de fibromyalgie ne souffrent en réalité que d'une hypothyroïdie non diagnostiquée.
  • Coexistence des affections: La fibromyalgie et l'hypothyroïdie d'Hashimoto (une maladie auto-immune) peuvent coexister, étant toutes deux de nature auto-immune.
  • Hypothyroïdie préexistante: Un état hypo-métabolique d'hypothyroïdie peut être présent avant un traumatisme physique ou psychique qui déclenche les symptômes de la fibromyalgie.
  • Hypothyroïdie secondaire/centrale: L'hypothyroïdie responsable de la fibromyalgie est, dans plus de 50 % des cas, une hypothyroïdie secondaire ou centrale, souvent méconnue en raison d'une TSH basse ou normale.
  • Amélioration thérapeutique: Une large majorité des patients souffrant de fibromyalgie et de syndrome de fatigue chronique et présentant des symptômes d'hypothyroïdie avec des tests sanguins normaux s'améliorent significativement grâce à des traitements hormonaux visant à restaurer le métabolisme thyroïdien.

Le Dr. Lowe estime que la fibromyalgie est, pour nombre de patients, un symptôme d'un problème thyroïdien sous-jacent et pas nécessairement une maladie en elle-même. Il prétend que le patient typique fibromyalgique témoigne en fait d’une trop faible régulation en hormone thyroïdienne de certains tissus. Selon le Dr. Lowe, cette régulation tissulaire inadaptée serait le fait, pour certains, d’une résistance cellulaire aux hormones thyroïdiennes, pour d’autres, d’un déficit en hormones.

La similitude de symptômes entre ces trois maladies n’est probablement pas une coïncidence : fatigue, épuisement, trouble du sommeil, dépression, anxiété, trouble de la concentration, faible tolérance aux activités physiques, douleurs diffuses, troubles gastro-intestinaux.

Le métabolisme des hormones thyroïdiennes

La T3 est la véritable hormone active qui agit sur le métabolisme. La T4 est la forme de stockage de l'hormone thyroïdienne (décrite parfois comme une pro-hormone). L'hormone T4 est convertie par une enzyme, la 5'-déiodinase, en l'hormone active T3 dans le foie et à l'intérieur des cellules des organes concernés (T4 est convertie en T3 en perdant un atome d'iode).

Une autre enzyme, la 5-déiodinase, convertit en permanence de la T4 en reverse-T3 (rT3). La reverse-T3, qui est un stéréo-isomère de la T3, ne stimule pas le métabolisme, elle n'est pas biologiquement active. Sa production sert à éliminer la T4 de l'organisme.

Plusieurs facteurs peuvent influencer la conversion de la T4 en T3 ou en rT3 :

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  • Une privation alimentaire (telle que le jeûne ou la famine)
  • Une maladie quelle qu'elle soit
  • Un stress physique ou émotionnel (qui accroissent le taux sanguin de cortisol, l'hormone du stress)

Dans ces conditions, le pourcentage de conversion change : moins de T4 est convertie en T3 et davantage en reverse-T3. La réduction du taux de T3, qui se produit sous de telles conditions, ralentit le métabolisme de nombre de tissus.

Les tests diagnostiques

Pour certains médecins, la T3 libre serait le test le plus utile. Une T3 libre basse dans les valeurs de référence, avec une soi-disant TSH "normale", serait un argument de poids pour statuer d'une hypothyroïdie. Une T4 libre dans la norme n'indique pas si l'organisme la convertit en T3 libre comme il faudrait.

Symptômes de l'hypothyroïdie

L'hypothyroïdie ralentit le métabolisme de l'organisme de façon habituellement progressive. L'hypoactivité thyroïdienne peut entraîner une diversité étonnante de symptômes étant donné que chacune des fonctions de l'organisme peut être affectée. Les symptômes varient de modérés à sévères :

  • Faiblesse, fatigue, somnolence
  • Prise de poids, difficulté à perdre du poids
  • Dépression (35 % des dépressions auraient comme seule cause l'hypothyroïdie non diagnostiquée car "la TSH est normale")
  • Anxiété, crises de panique
  • Sommeil non récupérateur : fatigue surtout au réveil, état dépressif le matin
  • Ronflements, apnée du sommeil : rétention d'eau au niveau du palais et de la langue
  • Intolérance au froid (frilosité constante), moindres sueurs
  • Constipation, ralentissement vidange gastrique
  • Température matinale basse
  • Extrémités froides, voir syndrome de Raynaud : doigts bleus en hiver
  • Douleurs / courbatures corporelles surtout le matin
  • Rigidité articulaire surtout le matin, crampes aux mollets
  • Gonflement du visage et/ou des extrémités : rétention d'eau (œdème)
  • Peau sèche, rugueuse, eczéma
  • Chute des cheveux, ou cheveux secs, ongles fragiles, cassants
  • Voix rauque, diminution de l'audition
  • Essoufflement
  • Palpitations (tout comme l'hyperthyroïdie)
  • Trouble de la mémoire : ralentissement intellectuel
  • Trouble de la concentration, motivation réduite
  • Règles irrégulières ou abondantes, Syndrome prémenstruel
  • Chute de la libido
  • Infertilité, fausses couches à répétition : 1ere cause après anomalies génétiques
  • La glande thyroïde est typiquement élargie, ferme et rugueuse.

Maladies auto-immunes et hypothyroïdie

Les maladies auto-immunes sont des affections causées par la production d'une réponse immunitaire inappropriée dirigée par l'organisme contre ses propres tissus. Le système immunitaire cesse de reconnaître comme lui étant propre, un ou davantage des composants normaux de l'organisme, créant des auto-anticorps qui vont attaquer ses propres cellules, tissus et/ou organes.

Des études montrent que 90 % des personnes souffrant d'hypothyroïdie produisent des anticorps contre la glande thyroïde. La thyroïdite auto-immune de Hashimoto est caractérisée par la présence dans le sang d'un nombre accru d'anticorps antithyroïdiens : les anticorps anti-thyroïde peroxydase (anti-TPO, également appelés anticorps anti-microsomes) et les anticorps anti-thyroglobuline. Ces anticorps réagissent contre les protéines de la glande thyroïde et initient une réaction inflammatoire qui va provoquer une attaque et une destruction progressive des cellules thyroïdiennes, ce qui conduit à une défaillance de la glande thyroïde.

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La mise en évidence des anticorps anti-TPO et/ou anti-thyroglobuline au cours de dépistages peut conduire au diagnostic d'une pathologie thyroïdienne infra-clinique. Cependant, les anticorps pouvant se développer avec le temps, des dosages répétés doivent être effectués.

Deux autres types d'anticorps peuvent être retrouvés dans les thyroïdites auto-immunes : les immunoglobulines qui stimulent le récepteur de la TSH dans les cellules de la thyroïde (anticorps TSI), qui sont la cause de l'hyperthyroïdie de la maladie de Basedow (maladie de Graves pour les Anglo-saxons) et les anticorps anti-récepteurs de la TSH.

Facteurs associés à la maladie d'Hashimoto :

  • L'iode en faible teneur (ainsi qu'une faible teneur en certains minéraux tels que le sélénium, le zinc et le fer) peut entraîner une inflammation de la thyroïde.
  • La perméabilité intestinale joue un rôle dans la maladie d'Hashimoto. 60 - 80 % du système immunitaire est situé dans l'intestin.
  • La maladie d'Hashimoto peut être de cause génétique et est associée à d'autres maladies auto-immunes telles qu'au diabète de type 1 et à la maladie cœliaque. Cela signifie que les patients qui ont été diagnostiqués avec un trouble auto-immun ont également un plus grand risque d'en développer une autre, y compris la maladie d'Hashimoto.
  • Un changement conséquent dans les concentrations d'hormones sexuelles lors de la grossesse et de la ménopause peut également être un facteur prédisposant au développement d'une maladie d'Hashimoto, en raison de l'activité alors accrue du système immunitaire.

Autres troubles biologiques associés à l'hypothyroïdie :

  • Une anémie est rencontrée dans 30 à 40 % des hypothyroïdies, habituellement due une diminution de l'érythropoïèse (processus de formation des globules rouges), parfois à un déficit en fer, vitamine B12 ou d'acide folique.
  • Augmentation du taux du cholestérol total, du LDL (le "mauvais" cholestérol), et des triglycérides.

Thyrotoxicose et Hashitoxicose

Les hormones thyroïdiennes contenues dans ces follicules vont se répandre dans le sang. Cette fuite peut être si abondante que les tissus du patient seront exposés à trop d'hormones thyroïdiennes, causant une thyrotoxicose, caractéristique d'une hyperstimulation, avec des symptômes d'hyperthyroïdie. Heureusement, dans la plupart des cas, cette fuite est limitée dans le temps, et c'est pourquoi cette thyrotoxicose sera transitoire. Plus rarement : les patientes peuvent évoluer en oscillant entre des phases d'hypothyroïdie et d'hyperthyroïdie, c'est ce qui est appelé hashitoxicose.

L'échographie Doppler en couleur peut clairement faire la part entre une maladie de Basedow/Graves avec une thyroïde dont la vascularisation est fortement augmentée, et la thyroïdite d'Hashimoto où la vascularisation de la thyroïde est normale ou légèrement augmentée.

Hypothyroïdie infra-clinique et grossesse

Il y a un consensus sur la nécessité de traiter l'hypothyroïdie infra-clinique, quel que soit son degré, chez toutes femmes enceintes et celles qui envisagent une grossesse, pour diminuer le risque de complications de la grossesse et d'un développement défectueux in utero. Et les risques sont encore plus grands en présence d'anticorps antithyroïdiens élevés.

Infections bactériennes, gluten et thyroïde

Certaines bactéries, telles que Borrelia (maladie de Lyme), Mycoplasmes, Chlamydia et Uréaplasme, peuvent attaquer la thyroïde et causer des maladies thyroïdiennes, y compris la maladie d'Hashimoto. Ces bactéries ont la particularité de ne pas avoir de parois cellulaires et doivent donc vivre à l'intérieur des cellules infectées en utilisant l'énergie de ces cellules pour se reproduire. Elles peuvent envahir presque tous les tissus du corps humain, compromettre le système immunitaire et permettre des infections opportunistes par d'autres agents pathogènes, et même endommager ou détruire des cellules nerveuses.

Les produits contenant du gluten fragilisent les parois de l'intestin et peuvent faciliter la perméabilité intestinale. Le gluten (blé moderne) est considéré par certains comme un corps étranger pourvoyeur de nouvelles maladies : syndrome de fatigue chronique, fibromyalgie, explosion de maladies auto-immunes.

La structure moléculaire de la gliadine (une protéine du gluten) ressemble étroitement à celle de la glande thyroïde. Lorsque la gliadine fait effraction à travers la barrière protectrice de l'intestin et pénètre dans la circulation sanguine, le système immunitaire intervient pour la détruire, exacerbant ainsi les réactions auto-immunes de l'organisme. Les anticorps anti-gliadine vont venir également attaquer directement les tissus de la thyroïde. Des études montrent que le gluten joue un rôle dans le développement de maladies auto-immunes comme la maladie d'Hashimoto, tout comme il est capable d'entretenir ou d'aggraver une maladie d'Hashimoto préexistante.

Hypothyroïdie et ménopause

De nombreuses femmes confondent les symptômes d'hypothyroïdie avec ceux de la ménopause.

  • Entre 35 et 50 ans, la production de progestérone est réduite de 75 %, alors que pendant cette même période, les œstrogènes ne déclinent que de 35 %. Cela signifie qu'à la ménopause les ovaires cesseront de fabriquer de la progestérone bien avant de cesser leur production d'œstrogènes.

La dominance en œstrogènes est causée par un excès d'œstrogènes par rapport à la quantité de progestérone qui est disponible pour équilibrer ou inactiver les effets des œstrogènes.

Signes et symptômes de la dominance en œstrogènes :

  • Seins gonflés et sensibles
  • Seins fibrokystiques
  • Fibromes utérins
  • Endométriose
  • Menstruations irrégulières ou manquantes
  • Augmentation de caillots menstruels
  • PMS (syndrome prémenstruel)
  • Baisse de la libido
  • Rétention d'eau (pieds et doigts gonflés)
  • Ballonnements
  • Gain en masse adipeuse (spécialement à l'abdomen, aux cuisses et aux hanches)

Cytozyme et avortement : une clarification nécessaire

Il est crucial de noter qu'il n'existe aucune preuve scientifique reliant l'utilisation de Cytozyme à l'avortement. Cytozyme est une marque de suppléments nutritionnels fabriqués à partir de concentrés de tissus glandulaires animaux. Ils sont utilisés pour soutenir la fonction de certains organes et glandes. L'avortement, quant à lui, est une interruption de grossesse. Il n'y a pas de mécanisme biologique connu par lequel les suppléments Cytozyme pourraient provoquer un avortement. Toute suggestion contraire est sans fondement et potentiellement dangereuse.

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