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L'insémination intra-utérine (IIU) : Déroulement, Indications et Perspectives

L'insémination intra-utérine (IIU) est une technique d'aide médicale à la procréation (AMP) de première intention en France, visant à faciliter la rencontre entre l'ovocyte et le spermatozoïde. Elle consiste à déposer directement dans l'utérus des spermatozoïdes préalablement préparés en laboratoire. Cet article détaille le déroulement de l'IIU, ses indications, son efficacité et les aspects importants à considérer lors de ce parcours.

Qu'est-ce que l'insémination intra-utérine (IIU) ?

Une IIU ou insémination intra-utérine consiste à replacer les spermatozoïdes préalablement préparés au laboratoire directement dans l'utérus. Ce geste pratiqué par le gynécologue est indolore. L’insémination artificielle (IA) est une technique d’Aide Médicale à la Procréation (AMP). Elle est réservée aux couples dont la femme a des trompes perméables, lorsque les traitements d’induction simple de l’ovulation sont restés inefficaces.

Le principe de l’insémination intra-utérine (IIU)

Le principe de l’insémination intra-utérine (IIU) est simple. L’ovulation de la femme est optimisée grâce à un traitement de stimulation ovarienne (injections quotidiennes de gonadotrophines à partir du 2ième ou du 3ième jour du cycle menstruel). La surveillance de la croissance des follicules est assurée par un « monitorage » reposant sur des dosages hormonaux et des échographies ovariennes (il faut compter une moyenne de 2 à 3 contrôles par cycle). Le sperme est recueilli le plus fréquemment par masturbation. La préparation des spermatozoïdes se fait par une série de lavages et de centrifugations. Cette procédure prend en moyenne 1h30 à 2h.

Indications de l'IIU

L'IIU est proposée dans plusieurs situations d'infertilité, notamment :

  • Anomalies modérées du sperme : L’IAC est recommandée dans les cas d’anomalies modérées du sperme (avec au moins un million de spermatozoïdes mobiles).
  • Infertilité masculine : Une insémination artificielle avec le sperme d’un donneur aura lieu dans le cas d’une infertilité masculine (azoospermie : absence totale de spermatozoïdes dans le sperme du conjoint ou teratospermie sévère : nombreuses anomalies des spermatozoïdes).
  • Troubles de l'ovulation chez la femme : La femme souffre de troubles de l’ovulation.
  • Altération de la glaire cervicale : La femme souffre d’altération de la glaire cervicaleSécrétion produite par les glandes du col de l’utérus ayant un aspect de gel visqueux. En période d’ovulation, sous l’effet des hormones, elle devient plus abondante et perméable aux spermatozoïdes, qui peuvent ainsi pénétrer à l’intérieur de l’utérus.
  • Absence de partenaire masculin : Il n’y a pas de partenaire masculin : la femme est soit célibataire soit en couple avec une autre femme.
  • Maladie génétique héréditaire chez l'homme : L’homme est porteur d’une maladie génétique héréditaire ou souffre d’azoospermie, détectée par le spermogrammeAnalyse biologique du sperme évaluant le volume du recueil, le nombre, la mobilité, la viabilité et l’aspect morphologique des spermatozoïdes.

L’insémination artificielle peut être proposée aux couples hétérosexuels, aux femmes célibataires et aux couples de femmes. Il faut par ailleurs qu’elle dispose d’une réserve ovarienne suffisante de qualité et qu’une trompeCanaux féminins (au nombre de deux) s’ouvrant dans la cavité de l’utérus. Ces canaux recueillent l’ovocyte après l’ovulation, transportent les spermatozoïdes vers l’ovocyte, et acheminent l’embryon jusque dans l’utérus.

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Déroulement d'un cycle d'IIU

En pratique, l’insémination artificielle suit un processus en plusieurs étapes visant à optimiser l’ovulation chez la femme et à faciliter le cheminement des spermatozoïdes de l’homme jusqu’à l’ovocyte.

1. Stimulation ovarienne

Dans le cadre d’un protocole IIU en PMA, la stimulation ovarienne permet d’améliorer l’ovulation et d’en contrôler le timing. Le traitement hormonal induit la maturation de trois follicules ovariens, maximum. Ce traitement vous est prescrit afin de corriger un éventuel trouble de l’ovulation et pour synchroniser l’insémination dans une courte période où la fécondité est maximale. Dans un premier temps, de la FSH est administrée pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines pour stimuler le développement des follicules ovariens et donc la production d’ovocytes : c’est la stimulation ovarienne. À partir du 3ème ou du 5ème jour de son cycle, la femme reçoit quotidiennement pendant 10-12 jours un traitement médicamenteux par injection sous-cutanée afin de stimuler le développement d’1 à 3 follicules. Une femme ne produit généralement qu’un seul follicule au cours d’un cycle naturel, qui se développe pour devenir un ovocyte. La stimulation permet donc de multiplier les chances avec plusieurs follicules. La stimulation repose sur des médicaments injectables contenant de la FSH (Fostimon®, Gonal F®, Ménopur®, Purégon®) parfois précédés de citrate de clomiphène (Clomid®, Pergotime®). Elle doit être « paucifolliculaire », c’est à dire permettre l’obtention de 2 à 3 follicules matures et donc de 2 à 3 ovules. Avec un follicule, les chances de grossesse sont plus faibles; avec plus de 3 follicules, le risque de grossesse multiple augmente.

2. Monitorage

Des échographies associées en général à des dosages sanguins hormonaux (taux d’oestradiol, de LH et de progestérone) permettent de suivre le traitement : c’est le monitorage. La surveillance des follicules. À partir du 10ème jour du cycle, les effets de la stimulation de l’ovulation sont suivis toutes les 24-48 h avec prises de sang et échographie pour surveiller la maturation des follicules.

3. Déclenchement de l'ovulation

Lorsque le ou les follicules contenant l’ovocyte auront atteint la bonne taille et que le taux d’œstradiol sera suffisant, l’ovulation sera déclenchée par une injection d’hCG. L’ovulation sera déclenchée par une injection d’hormone hCG lorsqu’ils auront atteint la bonne taille. Les autres traitements sont stoppés.

4. Préparation du sperme

Le jour de l’insémination, le recueil de sperme est réalisé par masturbation après 2 à 5 jours d’abstinence sexuelle. Le sperme est préparé au laboratoire et les spermatozoïdes les plus mobiles sont sélectionnés pour l’insémination. Le sperme du conjoint est recueilli par masturbation au laboratoire, 2 h avant l’intervention et préparé pour l’insémination artificielle. S’il s’agit d’un don de sperme, les paillettes. La préparation du sperme en laboratoire consiste à recréer les modifications naturelles observées lorsque les spermatozoïdes traversent la glaire cervicale lors d’un rapport sexuel.

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5. Insémination

L’insémination se fait environ 36 heures après le déclenchement de l’ovulation. Elle a lieu au centre de la PMA, 36 heures après le déclenchement de l’ovulation. Elle se déroule en position gynécologique: les spermatozoïdes sélectionnés sont placés dans un tube souple (un cathéter). L’insémination elle-même ne fait pas mal, elle est réalisée sans hospitalisation et ne nécessite pas d’anesthésie. Elle est réalisée, après la mise en place d’un spéculum à l’aide d’un fin cathéter que l’on introduit dans la cavité utérine en passant par le col. Le médecin dépose les spermatozoïdes à l’intérieur de l’utérus par les voies naturelles grâce à un cathéter très fin. Les spermatozoïdes mobiles remontent naturellement vers les trompes à la rencontre de l’ovocyte. Après s’être reposée un quart d’heure, la patiente peut reprendre ses activités normalement. La femme peut alors rentrer chez elle et il ne reste plus qu’à attendre 14 jours avant de faire un test de grossesse.

Taux de réussite et facteurs influençant

Technique la plus utilisée en France, l’insémination intra-utérine est pourtant loin d’être la plus efficace ! Seuls 5 868 bébés sont nés suite aux 49 367 inséminations réalisées en 2017. Ce type de PMA présente donc un taux de réussite avoisinant les 12%. Les inséminations intra utérines menées de cette façon permettent par d’obtenir autour de 20% de grossesses par cycle. Ces taux de grossesse par cycle sont plus faibles que ceux obtenus par la FIV mais sont compensés par la possibilité d’enchainer les tentatives sur une courte période. De très nombreux paramètres jouent un rôle sur les chances de réussite, notamment l’âge, l’état de la réserve ovarienne, le profil médical et le nombre de tentatives.

Aspects importants pendant le parcours d'IIU

Le parcours de soins en AMP représente un moment important et parfois bouleversant. Votre activité professionnelle peut continuer : un arrêt de travail n’est pas systématiquement proposé. Toutefois, vous bénéficiez d’une autorisation d’absence pour les actes médicaux nécessaires à l’AMP. Si votre employeur le demande, vous devrez présenter un justificatif médical de votre absence qui ne laissera pas deviner le motif de la consultation. Ces absences sont considérées comme du temps de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés et pour l’ancienneté. Préserver votre qualité de vie : quelle que soit votre situation (couple hétérosexuel, couple de femmes ou femme célibataire), vous pouvez ressentir du stress ou de l’angoisse au cours du processus d’AMP. N’hésitez pas à faire des pauses, essayez de ne pas tout sacrifier pour le suivi de votre AMP dans votre vie de tous les jours. Vous pouvez avoir une vie sexuelle épanouie : si vous êtes un couple hétérosexuel, on peut vous demander une planification très cadrée de vos rapports sexuels avant certains examens et parfois une abstinence de quelques jours. Cela peut entraîner des difficultés dans votre sexualité.

Après l'IIU

Une échographie à trois mois le confirme. C’est à la fois le succès attendu et le début de l’aventure. Dans la majorité des cas, celle-ci s’achève par une naissance. Pour certains d’entre vous, aucun mot ne pourra vous consoler. Le meilleur remède est de continuer à faire des projets. Retournez voir votre médecin. Parfois, si les chances de succès sont trop faibles, il faut savoir renoncer. Faut-il devenir parent différemment ? Adopter ? Envisager une vie sans enfant ? Que dire aux gens qui sans cesse demandent pourquoi on n’a pas d’enfant ? Et si par bonheur le bébé arrive, faudra-t-il lui raconter un jour cette aventure ? Il faut laisser au moins un cycle de repos entre chaque tentative.

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