Introduction
Le village d'Oradour-sur-Glane, situé en Haute-Vienne, est tristement célèbre pour le massacre du 10 juin 1944, où 643 de ses habitants furent tués par la division SS Das Reich. Cet événement tragique a marqué l'histoire et la mémoire collective, et continue de susciter émotion et indignation. Cet article se propose d'explorer l'histoire de ce massacre, son contexte, les tentatives de négationnisme qui l'entourent, et les efforts déployés pour préserver la mémoire des victimes.
Le Massacre d'Oradour-sur-Glane : un jour de barbarie
Le 10 juin 1944, une compagnie du 1er bataillon de la division SS Das Reich a encerclé le village d'Oradour-sur-Glane. Sous prétexte d'une vérification d'identité, les soldats SS ont rassemblé tous les habitants sur le champ de foire. Les hommes ont été séparés des femmes et des enfants. Les hommes ont été conduits dans des granges, tandis que les femmes et les enfants ont été enfermés dans l'église du village.
Ce qui suivit fut d'une violence inouïe. Les soldats SS ont tiré sur les hommes dans les granges, puis ont incendié les bâtiments, tuant presque tous les hommes. Dans l'église, les femmes et les enfants ont été mitraillés, puis l'église a été incendiée. Seule Marguerite Rouffanche a survécu à ce carnage, devenant un témoin clé de l'horreur.
Au total, 643 personnes ont été tuées, dont 207 enfants et 350 femmes. Le village a été presque entièrement détruit, et les ruines sont aujourd'hui conservées comme un mémorial.
Jeanne Leroy : une victime parmi tant d'autres
Parmi les victimes du massacre d'Oradour-sur-Glane se trouvait Jeanne Leroy, veuve Hourrière, née Thiéphine en 1884. Originaire d'Ernée, elle avait fui Saint-Malo à l'approche des Allemands et avait trouvé refuge à Oradour, pensant y être en sécurité. Malheureusement, elle fut prise dans la tragédie et périt avec les autres habitants.
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Marc Betton, qui a habité le boulevard Paul-Leroy dans sa jeunesse, va se rendre à Oradour cet été, deux ans après un premier séjour marquant, pour en savoir davantage sur le fait que l'Ernéene Jeanne Leroy s'y trouvait à ce moment-là. « Jeanne Leroy habitait encore à Saint-Malo au printemps 1944. À l'arrivée menaçante des Allemands, elle s'est sentie contrainte de quitter son appartement du Sillon et de retourner chez ses enfants à Ernée. Mais des officiers allemands avaient réquisitionné sa belle demeure ernéenne. Elle avait peur, elle ne les supportait pas. Elle voulait les fuir, loin ! Un ami lui aurait alors proposé : « Venez à Oradour, vous y serez tranquille !» Mme Hourrière passa deux mois de tranquillité dans ce petit village de la Haute-Vienne, jusqu'à ce samedi 10 juin 1944… »
Oradour, village "terroriste" ? La réfutation du négationnisme
Immédiatement après le massacre, les nazis ont tenté de justifier leur acte en présentant Oradour-sur-Glane comme un foyer de résistance. Ils ont répandu des mensonges selon lesquels le village abritait un maquis, que des soldats allemands y avaient été torturés ou tués, et qu'il existait des dépôts de munitions. Ces allégations ont été reprises plus tard par des négationnistes, qui cherchent à minimiser ou nier la responsabilité des nazis dans le massacre.
Cependant, la réalité historique est parfaitement établie : Oradour-sur-Glane était un village français ordinaire, sans activité de résistance significative. Comme l'indique l’historien Harry Roderick Kedward, le terme «maquis» désigne «à la fois un terrain et une organisation»: le terrain, à savoir «la campagne», et l’organisation, à savoir une structure, «groupe de combat» ou «camp». Les responsables locaux de la Résistance témoigneront de cette réalité, bien connue également, alors, du régime de Vichy, en l’espèce la sous-préfecture de Rochechouart.
Un journaliste, Jean- André Faucher, indiquera ainsi à ses amis du Parti populaire français, le mouvement fasciste de Jacques Doriot qu’Oradour-sur-Glane «était un village très tranquille, que je connaissais bien. De toutes les communes de la Haute-Vienne, c’était peut-être la seule qui ne fût pas marquée à gauche. Tout le monde y était plus ou moins sympathisant aux idées de la révolution nationale. Personne n’appartenait à un mouvement de résistance et même les réfugiés espagnols victimes du massacre du 10 juin se tenaient tranquilles.»
Les négationnistes manipulent le vocabulaire et les faits pour transformer Oradour-sur-Glane en "maquis". Ils ignorent ou déforment les témoignages des survivants et les documents historiques. Leur objectif est de réhabiliter le Troisième Reich et les SS, et de salir la mémoire des victimes.
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Le procès de Bordeaux : une tentative de justice controversée
En 1953, un procès a eu lieu à Bordeaux pour juger les responsables du massacre d'Oradour-sur-Glane. Vingt et un soldats SS ont comparu devant le tribunal, dont treize Alsaciens enrôlés de force dans l'armée allemande, les "Malgré-nous". Le procès a suscité de vives tensions entre les populations limousine et alsacienne, et a divisé l'opinion publique française.
Le tribunal a condamné à mort deux soldats allemands, Karl Lenz et Georges-René Boos, et a infligé des peines de travaux forcés ou d'emprisonnement à d'autres accusés. Les "Malgré-nous" ont également été condamnés à des peines de prison. Cependant, ces peines ont été jugées trop clémentes par une partie de l'opinion publique, qui souhaitait une condamnation plus sévère pour tous les responsables du massacre.
Les victimes ayant survécu au massacre, peu nombreuses, tout comme les familles des victimes, attendent beaucoup de ce procès et espèrent notamment la reconnaissance de leur statut de victime, de l’horreur qu’elles ont vécue lors du massacre et du traumatisme qu’elles ont subi. Cette attente se traduit dans la presse de l’époque.
Le verdict tombe le 13 février 1953. La condamnation à mort est prononcée à l’encontre de l’adjudant Lenz et de George-René Boos, quatre soldats Allemands sont condamnés à des peines allant de dix à douze années de travaux forcés, l’un à dix ans d’emprisonnement et l’un d’entre eux est acquitté, la preuve de sa présence à Oradour le jour du massacre n’ayant pas été rapportée. Les Malgré-nous se voient attribuer des peines allant de cinq à huit ans d’emprisonnement ou de travaux forcés. Les quarante-trois SS de la division Das Reich jugés par contumace sont tous condamnés à mort.
La mémoire d'Oradour-sur-Glane : un devoir de ne pas oublier
Aujourd'hui, Oradour-sur-Glane est un lieu de mémoire important. Le village martyr est conservé en l'état, avec ses ruines et ses vestiges de la barbarie nazie. Un Centre de la Mémoire a été créé en 1996 pour accueillir les visiteurs et leur expliquer l'histoire du massacre.
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Robert Hebras, un des deux survivants de cette barbarie nazie, est venu récemment témoigner à Francfort lors d'une conférence organisée par l'Institut français d'histoire en Allemagne, le Fritz Bauer Institut et la société franco-allemande. Il se souvient : tout s'est passé très vite et sans que personne ne comprenne vraiment ce qui se tramait. Les SS ont débarqué en criant "Platz !" Les femmes et les enfants ont été conduits à l'église du village puis abattus à la mitraillette alors que les hommes eux ont été réunis dans les granges que les soldats ont alors incendiées.
Le devoir de mémoire est essentiel pour ne pas oublier les victimes d'Oradour-sur-Glane et pour lutter contre le négationnisme et toutes les formes de haine et d'intolérance. Comme le dit Robert Hebras, il est important de transmettre la mémoire aux jeunes générations, afin qu'elles comprennent les horreurs du passé et qu'elles s'engagent à construire un avenir meilleur.
Les inscriptions négationnistes : une souillure de la mémoire
Malheureusement, la mémoire d'Oradour-sur-Glane est parfois souillée par des actes de négationnisme. Des inscriptions négationnistes ont été découvertes sur les murs du village, niant la réalité du massacre ou minimisant la responsabilité des nazis.
Ces actes sont une insulte à la mémoire des victimes et une atteinte aux valeurs de notre société. Ils doivent être condamnés avec la plus grande fermeté, et leurs auteurs doivent être traduits en justice.
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