Introduction
Par mémoire collective, nous entendons un ensemble de discours portant sur le passé et qui sont vécus par une communauté. La mémoire collective doit être analysée en termes de structure (l’aire sociale et géographique qu’elle couvre) et de fonction (les différents moyens d’appropriation collective). Cet article se propose de retracer la mémoire de Marion du Faouët, de sa mort en 1755 à nos jours. D’abord peinte dans la tradition orale comme sorcière et croquemitaine, une deuxième mémoire est née vers 1884, lorsque l’histoire a découvert et inventé le personnage. Le mythe est apparu dans les années 1960, permettant la diffusion d’une troisième mémoire, tandis que l’image de la Bretagne se renouvelait simultanément.
Récemment, à Rennes, des affiches proclamaient : « Trop peu de rues portent un nom de femmes », proposant neuf noms, dont celui de Marion du Faouët. Qui est donc cette figure élevée au rang d’icône féministe et de porte-parole d’une Bretagne moderne et paritaire ? Un hors-série de Ouest France la présentait comme l’un des soixante « illustres Bretons » ayant marqué l’histoire de Bretagne. La mémoire de Marion du Faouët, à travers ses représentations successives, ne coïncide que partiellement avec sa réalité historique. Un univers de mots et d’images s’est progressivement constitué autour du personnage, séparant la figure historique de son double mémoriel.
Cet article explore la fabrique des héros pour observer la construction d’une mémoire, tout en soulignant la dimension culturelle de Marion du Faouët, emblématique des transformations de l’image de la Bretagne et du renouvellement de ses figures héroïques.
Marion du Faouët : Une Vie de Brigande
Marion du Faouët, de son vrai nom Marie Tromel, est née en 1717 à Porz-en-Haie, près du Faouët, de parents ménagers. À 20 ans, elle a eu un enfant illégitime d’une liaison avec Henri Pezron. En 1743, une enquête a été ouverte à leur encontre suite à une attaque sur la route de Priziac. Marie Tromel est rapidement devenue chef d’une troupe de brigands, dévalisant les passants sur les routes du Faouët à Gourin, Carhaix, Hennebont, Pontivy et Guéméné, ainsi que dans les pardons et assemblées. Elle s’est alors fait surnommer Marion du Faouët ou Marie Finefont.
En 1746, Marion du Faouët, Henri Pezron et leurs associés ont été arrêtés par les archers d’Hennebont. Henri Pezron a été pendu à Rennes, Marion du Faouët fustigée, marquée de la lettre V et bannie hors du ressort du parlement de Rennes. Elle est revenue au Faouët et a reformé une troupe. Condamnée une seconde fois par le présidial de Vannes en 1748, elle a été bannie à perpétuité hors de la province.
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Les années 1748-1752 ont constitué l’âge d’or de la troupe, spécialisée dans l’attaque de marchands au retour des foires, ciblant de préférence les marchands étrangers à la région. Les témoignages et les procédures abondent sur les méfaits de la troupe et sur l’habileté de sa chef à courir les pardons en toute impunité. En 1752, Marion du Faouët a été arrêtée à Poullaouen et emmenée aux prisons de Quimper, d’où elle a réussi à s’enfuir. Pendue par effigie l’année suivante, elle a été arrêtée à Nantes en octobre 1754 et menée aux prisons du Bouffay. Reconnue, elle a été transférée à Quimper et condamnée à être pendue.
La Tradition Orale : Sorcière et Croquemitaine
La fin de Marion du Faouët a-t-elle été un soulagement pour les habitants de son pays ? Difficile à dire. Une tradition orale a perpétué son souvenir, transmis par des contes et des légendes. En 1839, l’écrivain Fortuné du Boisgobey évoquait une bande de brigands redoutables régnant dans le centre du Finistère, avec à leur tête une femme, Marion du Faouët. Il ajoutait qu’on avait brodé mille histoires exagérées sur les horreurs commises par la bande, sur la puissance surnaturelle de Marion et sur sa générosité.
Le souvenir de la brigande était resté intact, un tissu de légendes orales s’étant emparé du personnage. Dans ces légendes, Marion du Faouët était caractérisée par son esprit et sa beauté, lui donnant un pouvoir considérable sur les hommes, qu’elle attirait dans sa troupe et manipulait à sa guise. Un conte affirmait qu’elle terrorisait la Bretagne à la tête d’une armée de quatre mille hommes. La séduction de Marion du Faouët transgressait toutes les barrières sociales.
Marion du Faouët exerçait une fascination surnaturelle, suscitant des questions sur son impunité. La légende apportait une réponse simple : elle était sorcière, possédant une tarière enchantée qui endormait les archers. Son évasion des prisons de Quimper a frappé les imaginations. En 1884, on racontait qu’elle avait des cheveux merveilleux qui sciaient les barreaux de fer. Une autre histoire racontait que ses cheveux avaient été coupés lors d’un baptême, rompant le charme. La légende s’inscrit dans la réalité d’un fait passé, l’interprète et lui donne un sens.
Les légendes lui prêtent une grande richesse, conséquence de ses nombreux vols. Anatole Le Braz rapporte un récit de Marion du Faouët devenue fantôme, hantant un champ et roulant une barrique remplie d’écus d’or. Personne n’a réussi à s’emparer de ce trésor. Julien Trévédy évoque les sorciers venus au Véhut chercher des trésors dès le début du XIXe siècle.
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La tradition insiste sur les horreurs commises par la brigande, ses assassinats et sa cruauté. Une notice de 1864 la décrit comme un « Robert Macaire féminin ». La seule gwerz retrouvée évoque les « ravages » de la troupe et le pillage d’un château. Marion du Faouët est devenue sorcière, revenant hanter les lieux de ses exploits passés. L’imaginaire l’a transformée en ogresse, croquemitaine, terrorisant les enfants.
Marion du Faouët : Mémoire en Actes
La mémoire de Marion du Faouët change de fonction, devenant une mémoire en actes. Elle est inscrite dans le paysage quotidien, éclairant et désignant, et assignée à des fins pratiques, de nature symbolique. Son nom, ou plutôt son diminutif Marionnic, était une insulte au XIXe siècle. Julien Trévédy raconte que les gens des campagnes qualifiaient les gens des villes de « race de Marionnic », en référence à la brigande. Un proverbe la célébrait même : « Marionnic Finefont gant an diaoul ; e faut d’oc’h mont ? », « Marionnic Finefont est allée au diable, voulez-vous aller avec elle ? ».
La Crèche Marion du Faouët à Rennes
Un établissement nommé CRECHE MARION DU FAOUET à RENNES, immatriculé sous le siret 213 502 388 02288, est en activité depuis le 14 septembre 1998. C’est un établissement secondaire de l’administration COMMUNE DE RENNES. Son domaine d’activité est l’accueil de jeunes enfants. Il est domicilié au 17 RUE JULES RIEFFEL 35000 RENNES.
La crèche accueille des enfants âgés de 10 semaines à 3 ans révolus, ou jusqu’aux 4 ans de l’enfant sur dérogation pour des situations particulières. La crèche comporte 4 unités en âges mélangés en rez-de-jardin. Les enfants sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire. Le projet éducatif repose sur des valeurs de respect et de confiance ainsi que sur le plaisir de jouer, de découvrir et de partager. Le projet pédagogique s’inspire des principes de la pédagogie interactive encourageant chaque enfant à interagir avec les autres enfants, à choisir ses activités et à développer la confiance en soi. Des intervenants extérieurs assurent des animations au sein de l’établissement (musicien, plasticien, bibliothécaire…). Des sorties extérieures sont également proposées ponctuellement pour les plus grands. Les demandes de places en crèche sont instruites par l'Etoile, Centre Info Petite Enfance. La crèche accueille des enfants en situation de handicap.
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