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Crèche La Providence Genève : Inscription et Enjeux de la Petite Enfance

La question d’un véritable service public de la petite enfance constitue un axe central de la lutte pour la défense et l’extension des services publics, face aux politiques néolibérales qui les remettent en cause. S’il existe actuellement en France des structures collectives publiques d’accueil de la petite enfance pour l’âge préscolaire, elles sont très inégalement réparties sur le territoire et surtout globalement très insuffisantes par rapport aux besoins. Cette question est indissociablement liée à l’objectif d’un véritable droit à l’emploi à temps plein pour toutes les femmes, droit lui-même en butte aux politiques de précarisation de l’emploi comme aux attaques des théories patriarcales réactionnaires. Cet article explore les enjeux cruciaux de la petite enfance, en mettant en lumière l'importance d'un accès équitable aux services de garde, notamment à travers l'exemple d'institutions telles que la Crèche La Providence à Genève.

L'accueil de la petite enfance en France : un aperçu

En France, les modes de garde des enfants de moins de 3 ans se répartissent en deux catégories principales : les modes formels et informels.

  1. Ils sont dits formels lorsqu’ils sont assurés par les assistantes maternelles (AM) et les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE : ce sont les différents types de crèches, privées ou publiques, les haltes-garderies, les microcrèches, ou les crèches familiales avec des assistantes maternelles rattachées à une structure d’accueil collectif. En 2021, la garde assurée à titre principal2 par les parents est toujours majoritaire, mais elle est en net recul depuis 2002 : cette évolution est en relation avec la hausse du taux d’emploi des mères3. Ce sont 56 % des enfants de moins de 3 ans qui sont gardés en semaine principalement par leurs parents4, très souvent la mère (voir plus loin). On relève aussi une part de 3 % d’enfants confiés à leurs grands-parents ou à un autre membre de la famille, traduisant des solutions de « débrouille ». Pour 41 % d’entre eux, les enfants de moins de 3 ans sont confiés à des modes de gardes formels : principalement à une assistance maternelle (20 %), à un établissement d’accueil du jeune enfant EAJE, (18 %), mais aussi à l’école (2 %) ou via une garde à domicile (1 %). La part des enfants confiés aux deux modes de gardes formels principaux (assistantes maternelles et EAJE) a presque doublé entre 2002 et 20215. Le recours à un mode d’accueil augmente avec l’âge de l’enfant: ainsi seulement 17 % des enfants de moins de 6 mois fréquentent un mode d’accueil, alors qu’ils sont 67 % parmi les enfants de 24 à 30 mois. Les enfants de moins de 18 mois sont confiés à un accueil individuel pour 26 % d’entre eux, contre 20 % à un mode d’accueil collectif. Le recours aux différents modes d’accueil est très lié à la situation d’emploi et de temps de travail des parents. Ainsi, les enfants de moins de trois ans des couples dont les deux parents travaillent sont à 88 % confiés à un mode d’accueil, et à l’inverse, lorsqu’au moins l’un des parents ne travaille pas, 85 % des enfants sont gardés par leurs parents. Au sein de ces ménages (familles monoparentales comprises), c’est à 90 % la mère qui n’a pas d’emploi et s’occupe de l’enfant. Les modes d’accueil des enfants de moins de 3 ans varient également fortement selon la catégorie socioprofessionnelle, actuelle ou antérieure, de leurs parents. En 2021, seuls 25 % des enfants dont la mère est cadre ou exerce une profes­sion intellectuelle supérieure sont gardés principalement par leurs parents, contre 59 % des enfants dont la mère est employée, 64 % des enfants de mères ouvrières et jusqu’à 88 % de ceux dont la mère n’a jamais eu d’emploi6. Le reste à charge pour les parents, une fois toutes les aides déduites, peut être plus élevé quand ils recourent à une assistante maternelle en comparaison avec un EAJE9. La différence de coûts entre les deux modes d’accueil résulte notamment de l’application de barèmes distincts10. Le tarif appliqué aux familles recourant à une crèche - y compris crèche familiale - est déterminé par un barème défini en fonction du temps d’accueil des enfants, des ressources des familles et de la taille de la fratrie. Le taux d’effort des familles est alors assez stable, compris entre 4,9 % et 7,2 % des revenus par exemple pour une famille ayant un seul enfant et où les deux parents travaillent. Dans le cadre du recours à une assistante maternelle, c’est le complément de libre choix du mode de garde (CMG) qui finance une partie du coût. Cette prestation forfaitaire et plafonnée, modulée par tranche de revenus des familles et selon le nombre d’enfants à charge, produit des effets de seuil et ne prend en compte que partiellement la durée de l’accueil et les ressources des familles. Le taux d’effort a alors tendance à décroître lorsque les revenus augmentent. Ainsi, un couple percevant un Smic consacre 12,6 % de ses revenus pour supporter le coût d’une garde à temps plein, contre 5,2 % pour un couple percevant six Smic.

En 2022, environ 1,3 million de places ont été proposées aux enfants de moins de 3 ans qui étaient alors au nombre de 2 millions. Ce sont les assistantes maternelles qui assurent la grande part de l’offre en modes d’accueil formels mais cette part est en diminution depuis 2014 (-1,7 % du nombre de places), du fait de la baisse du nombre de professionnelles. Les EAJE pour leur part représentent 39 % de l’offre. La scolarisation des enfants à 2 ans représente pour sa part 5 % des places disponibles, elle a diminué de 1600 places en 2022.Le taux de couverture par une offre d’accueil formel s’établit ainsi à 60,3 places pour 100 enfants de moins de 3 ans en 2022. Mais cela ne signifie pas que 60,3 % de ces enfants trouvent un mode d’accueil : car un même enfant peut mobiliser deux places pour être gardé toute la journée (par exemple école le matin, assistante maternelle l’après-midi). La capacité d’accueil réelle est donc inférieure. L’offre des assistantes maternelles représente 31,5 places pour 100 enfants et celle des EAJE 23,3 places. L’école préélémentaire offre 3,3 places pour 100 enfants et la garde à domicile 2,2 places. Le taux de couverture progresse lentement… mais cet accroissement s’explique surtout par la baisse du nombre d’enfants de moins de 3 ans depuis 2011. Enfin, il faut souligner que la capacité d’accueil est très inégale selon les départements. Elle varie de 12 places pour 100 enfants de moins de 3 ans en Guyane, à 85 places en Vendée. Composition familiale, emploi des parents, niveau de vie des enfantsAu 1er janvier 2024, on recense en France 2,1 millions d’enfants âgés de moins de 3 ans. Depuis 2011, en France hors Mayotte, le nombre d’enfants de moins de 3 ans a baissé de 415 000, soit -17 %.En 2023, la très grande majorité (85 %) des enfants de moins de 3 ans vivent avec leurs deux parents. Les 15 % restants vivent avec un seul de leurs parents, dont à 14 % dans une famille monoparentale et 1 % dans une famille recomposée.Les taux d’emploi des mères varient en fonction du nombre d’enfants de moins de trois ans et de leur situation familiale. Ainsi, lorsqu’elles sont en couple, 53 % des mères de famille nombreuse ont un emploi, contre 74 % des mères ayant un enfant et 75 % des mères ayant deux enfants. Par contre, pour les pères en couple, les taux d’emploi varient bien moins avec le nombre d’enfants (entre 85 % et 92 %). Pour les mères en couple, le taux d’emploi global est de 70 %, mais il chute à 43 % pour les mères monoparentales. Ce qui explique aussi la situation très précaire et le plus fort taux de pauvreté de ces dernières.Peu de pères travaillent à temps partiel, et ce, quelle que soit la composition familiale (4 à 10 %). En revanche, la part de mères à temps partiel est plus importante et elle croît avec le nombre d’enfants de moins de trois ans : respectivement 26 %, 36 % et 38 % pour un, deux ou trois enfants.En 2021, deux enfants de moins de 3 ans sur dix vivent dans un ménage pauvre (c’est-à-dire dont le niveau de vie est inférieur à 1158 euros par mois). C’est un constat très proche de celui fait pour l’ensemble des enfants de moins de 18 ans. Les enfants de moins de 3 ans vivant en famille monoparentale ont un taux de pauvreté de 43 %, contre 16 % pour ceux vivant avec deux parents. Le niveau de vie moyen des enfants vivant en famille recomposée est également inférieur à celui des enfants vivants en famille « traditionnelle », l’écart s’élevant à 21 %. De plus, 32 % des enfants sont touchés par la pauvreté lorsqu’ils vivent en famille recomposée, contre seulement 15 % en famille « traditionnelle ».

Défis et perspectives pour l'accueil de la petite enfance

La reconnaissance officielle des besoins en termes d’accueil de la petite enfance n’est pas nouvelle. Depuis vingt ans, les objectifs de création de places se succèdent mais, même minimalistes, ils ne sont pas réalisés. Ainsi la Convention d’objectif et gestion (COG) de la CNAF pour 2013-2017 prévoyait la création de 100 000 places de crèches… et seulement 32 500 ont été réalisées ! L’objectif suivant pour la période 2018-2022 prévoyait la création de 30 000 places et seulement la moitié ont été créées. L’objectif affiché en juin 2023 par la Première ministre Élisabeth Borne est de 100 000 nouvelles places d’ici 2027, pour « garantir l’accueil de chaque jeune enfant » et « apporter des solutions concrètes aux parents ». La politique de développement de l’accueil de la petite enfance s’est faite en livrant ces activités au secteur privé. Elle s’est accompagnée d’une dégradation des conditions de travail, avec l’aggravation des possibilités d’accueil en surnombre qui aboutit régulièrement au non-respect des taux d’encadrement, et avec la diminution des qualifications requises. En 2023 et 2024, quatre livres consacrés aux crèches du secteur privé lucratif ont été publiés : Les Ogres, de Victor Castanet (Flammarion, 2024) ; J’ai mal à ma crèche, de Julie Marty Pichon (Eyrolles, 2024), Le Prix du berceau, de Daphné Gastaldi et Mathieu Périsse (Seuil, 2023) ; Babyzness, de Bérangère Lepetit et Elsa Marnette (Robert Laffont, 2023). Ces livres ont présenté un constat assez effrayant de la situation. En avril 2023, c’est un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) intitulé « Qualité de l’accueil et prévention de la maltraitance dans les crèches » qui établit lui aussi un bilan inquiétant. Dans ce secteur comme dans d’autres, on constate une pénurie de professionnel·les qui résulte d’une perte d’attractivité de ces métiers, peu reconnus et avec des salaires souvent très bas. Le rapport dégage 39 recommandations pour améliorer sensiblement la qualité de ce secteur qui devrait répondre pleinement aux besoins des enfants. Face à la multiplication des scandales au sein des structures d’accueil, la commission des affaires sociales du Sénat a enquêté et a publié en mars 2025 un rapport d’information13. Celui-ci énonce à son tour des constats accablants concernant les contrôles insuffisants, le sous-effectif chronique des services de protection maternelle et infantile, « les dérives liées à la maximisation des profits et à la recherche de réduction des charges de fonctionnement par les groupes privés de crèches ». La situation exige des mesures immédiates et concrètes.

La bataille pour le droit à l’emploi des femmes

  1. La bataille pour le droit à l’emploi des femmes est un combat sans cesse recommencé. En effet, il faut réaffirmer, contre les théories fallacieuses de la « fin du travail », le caractère contradictoire de l’emploi salarié : il constitue certes, par l’exploitation et la subordination qui lui est inhérente, une situation d’aliénation ; mais dans le même temps, c’est le lieu où se construisent les possibilités d’une organisation et d’une lutte collective contre celle-ci. C’est la raison pour laquelle la jurisprudence de plusieurs tribunaux, qui ont affirmé la présomption de salariat pour les personnels des plates-formes d’ubérisation, constitue une avancée importante, à l’encontre des tendances au détricotage du salariat par les différentes formules d’auto entrepreneuriat. Ce caractère contradictoire est valable pour toutes et tous. Rappelons que cette conquête est relativement récente : en France, en 2020, sur le marché du travail, 67,6 % des femmes âgées de 15 à 64 ans sont actives au sens du BIT (en emploi ou au chômage), contre 74,5 % des hommes de la même classe d’âge. Sur longue période, l’écart de taux d’activité entre les femmes et les hommes s’est considérablement réduit, passant de 31 points en 1975 à 7 points en 2020. La hausse de 15 points depuis 1975 de l’activité féminine, de génération en génération, a plus que compensé un allongement de la durée des études, plus marqué encore que pour les hommes, retardant davantage leur entrée sur le marché du travail14. Et on sait que ce n’est que depuis 1965 que les femmes mariées peuvent exercer un emploi et avoir un compte en banque sans l’autorisation de leur mari. Outre l’accès à une vie sociale extérieure au foyer que procure un emploi, même pénible, l’indépendance financière est une condition pour l’émancipation des femmes, et aussi pour qu’elles puissent envisager de quitter un mari violent : l’absence de revenu individuel est en effet un des facteurs qui contribuent à les en dissuader15. Le droit à l’emploi des femmes se trouve en effet attaqué par la convergence de plusieurs tendances, à l’œuvre depuis des années mais qui ont pris récemment une intensité inquiétante. Des courants réactionnaires, voire masculinistes, interviennent, souvent violemment, pour un retour à l’ordre patriarcal et au rôle traditionnel des femmes17. Ils sont renforcés dans leur entreprise par une montée des courants intégristes dans les différentes religions (même si par ailleurs la place des religions en général régresse dans toute la société et partout dans le monde), et par les réseaux sociaux qui démultiplient l’audience d’influenceuses comme les « tradwiwes », venues des États-Unis, qui vantent la vie de femmes au foyer soumises à leurs maris18. Plus subtilement, des tendances se développement dans des secteurs plus progressistes de la société, prônant la fin du travail et un revenu d’existence19 au nom du refus de l’aliénation du travail, et pour les mères, des consignes incitant à l’accouchement à domicile, au « maternage de proximité », à l’allaitement - voire à un allaitement long -, au portage du bébé, etc. En France, à la différence des pays d’Europe du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Suisse ou pays scandinaves) ou de la Grande-Bretagne, pays où le temps partiel était considéré comme un sas de sortie de l’inactivité pour les mères de famille, voire comme une situation permettant de concilier emploi et tâches familiales, les femmes sont entrées sur le marché du travail très majoritairement à temps plein, à partir des années 1960. Ce sont les politiques de l’emploi menées à partir du début des années 1980 qui ont ouvert la voie au développement du temps partiel, à la fois volontaire dans la fonction publique, et souvent imposé et décidé par l’employeur dans le secteur privé. L’emploi à temps partiel va s’étendre notamment sous l’impulsion des exonérations de cotisations sociales employeurs qui lui sont associées, pour aboutir à une proportion d’environ 30 % des femmes salariées occupant un emploi à temps partiel à partir du milieu des années 1990. Ce temps partiel, souvent contraint comme on l’a dit, répond à la définition que formul…

Initiatives innovantes pour des espaces éducatifs adaptés

En parallèle des défis liés à la quantité de places en crèche, des initiatives novatrices émergent pour repenser les espaces dédiés à l'enfance. Ces projets mettent l'accent sur le bien-être, le développement et l'éveil des enfants, en s'inspirant notamment de modèles pédagogiques alternatifs.

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Transformer les cours d'école en oasis de fraîcheur et de nature

L’idée initiale de ce projet était de verdir les cours et de permettre plus de jeux libres pour les enfants. Toutefois, de nombreux co-bénéfices ont depuis été identifiés. Ainsi, les cours entièrement naturelles installées dans près de 40 écoles anversoises permettent aux enfants d’avoir un véritable contact avec les matériaux naturels (terre, plantes, sable, copeaux de bois) - ce qui les sensibilise à l’environnement tout en contribuant à leur éveil et au développement de leur motricité.Les différents espaces permettent également le développement de nouveaux jeux pour les enfants, la diversification des activités, et à chacun (filles/garçons, petits/grands…) de trouver sa place dans la cour. Les enfants renforcent également leurs compétences à travers l’apprentissage par le risque. Enfin, ces nouvelles cours ont également contribué à apaiser le climat scolaire. Inspirée de la pédagogie des écoles en extérieur scandinaves (voir ci-dessous), la ville de Strasbourg a mis en place depuis 2011, dans l’école maternelle Jacqueline, le projet de l’école du dehors. Dans le cadre d’un plan de réhabilitation du quartier, cette école a pu débituminer une partie de la surface de sa cour. De nouveaux aménagements y ont été installés, tels qu’une marre sèche, une rivière pédagogique, des jeux en bois ou en matériaux naturels (parcours de rondins, passerelles). Ces espaces sont dits « ensauvagés » car la nature n’y est pas contrainte : le sol est déminéralisé, les végétaux poussent librement, les feuilles mortes sont laissées à terre afin de favoriser l’essor d’un environnement et d’une végétation naturels… Dans ces espaces, l’enseignant a un rôle d’accompagnateur. Il « observe, encourage, répond aux interrogations, rassure, verbalise et incite à aller plus loin ». La ville de New York transforme depuis 2007 ses cours d'écoles en espaces végétalisés, ouverts au public (page web en anglais) en dehors du temps scolaire. S’inscrivant dans une démarche analogue à celle des cours oasis, la ville de Lille a décidé de verdir ses cours d’écoles pour favoriser l’aspect pédagogique au profit des enfants tout en luttant contre l’effet d’îlot de chaleur urbain. De nombreuses écoles présentaient déjà quelques arbres ou espaces verts, mais la mairie a décidé d’augmenter la surface plantée, de végétaliser les murs et façades des écoles (dispositif « Verdissons nos murs »), et de concilier les différents usages d’une cour. « Ose le vert, recréée ta cour » est une initiative visant à débituminer et amener des espaces verts dans les cours d’écoles wallonnes, en Belgique. Ce programme a fait l’objet d’un appel à projet annuel. Dans le cadre du plan ForestaMi(page web en italien), la ville de Milan désire planter près de trois millions d’arbres à l’horizon 2030. Cette initiative (page web en italien) vise à lutter contre les îlots de chaleur urbains et à améliorer la qualité de l’air. De plus, plusieurs écoles possèdent déjà des jardins pédagogiques et des potagers. Ceux-ci sont installés par la municipalité ou développés sur initiative de l’équipe pédagogique de chaque école -avec l’appui des parents et grands-parents. Ces jardins participent d’une sensibilisation auprès des enfants sur le sujet de l’alimentation durable et saine. Pour les écoles qui ne posséderaient pas assez de place, la municipalité propose via le projet « Recyclage et culture - Le jardin vertical à l'école » d’utiliser la hauteur pour cultiver des plantes aromatiques et horticoles ; dont les contenants sont faits grâce à du plastique recyclé (récupéré pour la plupart dans l’école elle-même). Au Danemark, 10% des écoles maternelles sont des « maternelles en forêt » où les élèves - accompagnés d’enseignants- occupent leurs journées et apprennent directement en extérieur, au contact de la nature. Certains enfants vivant dans les villes prennent ainsi le bus tous les matins pour se rendre en forêt aux abords de la ville. Ce concept d’éducation repose principalement sur la responsabilisation des enfants. Ces classes d’extérieures sont aussi présentes en Allemagne et en Autriche (pages web en anglais). En outre, les aires de jeux pour enfants se transforment également au Danemark. L’approche demeure la même qu’en milieu scolaire - augmenter le contact des enfants avec la nature (particulièrement en milieu urbain). Certaines maternelles en France organisent des sorties à l’extérieur une matinée par semaine, et ce pendant toute l’année, dans un terrain municipal ou un parc où les enfants sont en contact direct avec la nature. Parents et grands-parents peuvent être sollicités comme accompagnateur pour cette sortie hebdomadaire. Par ailleurs, une réflexion est menée par des acteurs éducatifs, municipaux et associatifs sur le partage de l’espace entre genres et de la résolution des conflits dans la cour - comme en témoigne l’école Dovella, lauréate du Prix de l’innovation pédagogique 2018 (prix décerné par la ville). Ce projet développé à Montréal vise à largement débituminer une cour d’école entièrement asphaltée pour la transformer en un espace plus frais et vert. De plus, la cour d’école s’est maintenant ouverte aux habitants et associations du quartier. Enfin, une réflexion plus large est portée au Canada sur l’importance de la nature dans le développement cognitif, social et psychomoteur des enfants. À Madrid, la végétalisation des 241 cours d’écoles publiques vise à contribuer à améliorer l’air de la ville et à lutter contre la chaleur (page web en espagnol) Le programme a également pour objectif d’améliorer le développement physique et cognitif des enfants, tout en créant des espaces d’inclusion sociale (entre enfants, et avec le quartier). La ville de Genève a développé des aires de jeux avec des revêtements naturels, visant à promouvoir la rencontre entre familles et générations. Les structures proposées offrent une grande variété de jeux (symboliques, de mouvement, multifonctionnels) contribuant au développement de l’imaginaire et de la motricité des enfants. De plus, certaines écoles sont installées dans des parcs. Initié en 2008, ce projet a pour vocation d’offrir un espace de jeu pour les enfants et leurs familles accessible à pied depuis leur domicile (page web en anglais). Ainsi, les cours sont ouvertes le week-end, ajoutant quelques 19 hectares répartis sur le territoire. Outre l’ouverture, le programme vise à créer du lien entre les habitants du quartier et permet d’offrir des activités aux jeunes. Depuis 2006, le projet Patis Oberts (page web en catalan) vise à transformer les écoles de Barcelone en un lieu de renforcement du lien social du quartier. L’enjeu est également de proposer de nouveaux espaces accessibles de jeux pour les enfants, en milieu urbain dense. Les écoles sont ainsi ouvertes au public en fin de semaine. Certaines ouvertures permettent la mise en œuvre d’animations (activités sportives, ludiques,…). Dans ces deux villes grecques, l’objectif est de transformer les écoles en lieu culturel de quartier (vidéo en grec sous-titrée anglais), ouverts aux habitant·e·s. La ville de Cali transforme ses écoles dans une logique de résilience (article en anglais). Il s’agit d’adapter les écoles aux aléas naturels (changement climatique, risque sismique) tout en augmentant le nombre d’élèves scolarisés, renforçant les formations des enseignants, ouvrant les écoles vers les quartiers. Dans la même optique, le projet « Ma rue est une école » (article en espagnol) invite les élèves, habitants et acteurs sociaux à se retrouver autour des écoles autour d’activités culturelles et artistiques, afin de renforcer le lien social.

L'architecture au service du bien-être et de l'épanouissement

Cette école maternelle à l’architecture atypique priorise le bien-être des enfants par le jeu et la découverte tout en favorisant leur développement de capacités physiques et sociales. principale était d’abolir les frontières (vidéo en anglais) et l’école a donc été développée en forme ovale. Les murs intérieurs n’existent pas, les différentes classes ne sont séparées symboliquement que par quelques structures de rangement. Comme l’indique l’architecte du lieu, les enfants ont parfois besoin de bouger pour pouvoir se concentrer. De plus, la frontière intérieur/extérieur est abolie. Les salles sont ouvertes sur la cour pendant la majeure partie de l’année. L’architecture est portée par le jeu. Le toit est accessible et les enfants peuvent courir librement dessus. Un élève parcourt ainsi en moyenne 4km lors des pauses quotidiennes. Enfin, les arbres font partie intégrante du bâtiment, et les élèves peuvent accéder aux branches depuis le toit. Des filets sont tendus afin d’éviter qu’ils ne se blessent. Toutefois, l’apprentissage par le risque est souhaité. En témoigne notamment une autre structure, destinée au jeu. Haute de 5m, elle présente 7 étages et n’offre aucun jeu pré-désigné. Le risque fait partie intégrante des moments de récréations à l’école Swanson (vidéo en anglais). Les enfants peuvent grimper aux arbres, marcher pieds nus, foncer à toute vitesse sur leurs trottinettes, jouer avec des planches en bois et des tubes en métal. Le jeu est libre. En effet, le directeur a fait le choix d’enlever graduellement les interdits, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une règle : « ne pas tuer un·e camarade ! » … et ça fonctionne !

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