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La Crèche de Noël en Alsace : Traditions et Symboles

L'Alsace, région riche en traditions, notamment pendant la période de Noël, présente des coutumes spécifiques et largement répandues. La crèche de Noël, représentant la nativité du Christ, demeure un élément important et symbolique de cette période festive.

L'Avent : Préparation à Noël

La période de l'Avent symbolise la préparation à Noël et débute le dimanche le plus proche de la Saint-André. Les Adventskalender (calendriers de l'Avent) que nous connaissons actuellement datent du début du siècle dernier. Toutefois déjà au XIXe siècle, dans les familles protestantes allemandes en décembre, on accrochait au mur ou sur la porte, jour après jour, 24 images ou symboles représentant le déroulement du temps jusqu'à Noël, le 24 décembre. En 1902, la librairie évangélique à Hambourg publiait le premier Calendier de l'Avent imprimé. Ce n'est que vers 1920 que les calendiers avec fenêtres à ouvrir chaque jour firent leur apparition. La deuxième guerre mondiale marqua une interruption à cause du manque de papier et de l'interdiction de fabriquer des calendriers imagés dans le IIIe Reich. Der Adventskalender, auch Weihnachtskalender, findet sich in den Dezembertagen bei vielen Familien, Kindergärten oder Schulen im deutschen Sprachraum und zeigt die verbleibenden Tage bis zu Weihnachten. Der Adventskalender ist heute meist ein "Dezemberkalender", das heißt er beginnt nicht am ersten Adventssonntag, sondern am 1.

Saint-Nicolas et Hans Trapp

Saint Nicolas, fêté en Alsace et en Lorraine, reste un mythe pour les enfants. Dans les milieux catholiques, selon la tradition germanique, la Saint-Nicolas se fête dans la nuit du 5 au 6 décembre : un jeune homme se déguisait en évêque et, accompagné du Hans Trapp (Père Fouettard) passait dans tout le village iu quartier pour distribuer des sucreries aux enfants. Il faut voir dans ce Hans Trapp une survivance des mythologies germaniques où il est affirmé que Wotan passe une fois par an sur terre pour récompenser les familles méritantes et pour punir les autres familles. Mais n’oublions pas notre “Männele” en brioche qui est également l’un des symboles de cette fête. Ces trois personnages font également partie du mythe de Noël. des nombreuses légendes alsaciennes.

L'Arbre de Noël : Symbole de la Nativité

Autre symbole de Noël, l'arbre que nous ornons des plus beaux atours permet à tout un chacun de vivre cette magie au sein de son foyer. La Réforme avait contribué à répandre la coutume de l'arbre de Noël, les Protestants préférant le sapin aux représentations des personnages bibliques de la Nativité. L'un des plus anciens vestiges de la coutume de l'arbre de Noël se trouve encore dans l'Essence du Catéchisme que publia en 1642-46 le pasteur Dannhauer, de Strasbourg. Au XVIIe siècle, un sapin est placé, le 24 décembre, dans le chœur des églises d’Alsace où il représente l’arbre du Paradis. Le sapin est garni de pommes (rappelant le fruit de la tentation), de petits gateaux (figurant les fruits de la rédemption), et de fleurs de papiers multicolores. C'est en 1738 que Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, aurait installé un sapin de Noël dans le château de Versailles. Néanmoins, il ne fut introduit en France qu’en 1837 par la princesse Hélène de Mecklembourg, duchesse d'Orléans, qui l'apporta à Paris, après son mariage avec le duc d'Orléans et son extension favorisée plus tard par l'impératrice Eugénie. Cette tradition se généralisa après la guerre de 1870 dans tout le pays. Les immigrants venus d'Alsace-Lorraine font largement connaître la tradition du sapin aux français : "Là où il y a une famille alsacienne, il y a un sapin de Noël". Le sapin de Noel apparut en Suisse alémanique à la fin du XVIIe siècle: il apparaît garni de bougies vers 1800 à Zürich et en 1831 à Lausanne se vendirent les premiers sapins. En 1841, le prince Albert (originaire d'Allemagne), époux de la reine Victoria, fit dresser un arbre de Noël au château de Windsor, en Angleterre. De la cour, la mode du sapin de Noël se répandit rapidement chez la bourgeoisie et se propagea ensuite chez les gens du peuple.

La Crèche : Représentation de la Nativité

Représentant la nativité du Christ, la crèche reste l’élément important de Noël. Elle met en scène l’histoire de la Nativité de Jésus. Telle un miroir de la société, elle est exposée dans les églises entre le premier dimanche de l’Avent et le 2 février, jour de la présentation de Jésus au Temple de Jérusalem. Depuis le 19e siècle, on la retrouve également dans les maisons. Après un petit détour en Allemagne, le mot « krippe » a donné « crèche » en français au 12e siècle et « crib » en anglais. Le mot français est utilisé en tant que structure administrative qui accueille les petits-enfants pendant que leurs parents travaillent.

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L'histoire de la Nativité

La crèche raconte l’histoire de la Nativité, ainsi décrite dans l’Évangile de Luc, au chapitre 2 :

Le recensement romain. En ce temps-là, l’empereur Auguste publia un édit qui ordonnait le recensement de tous les habitants de l’Empire. Ce recensement, le premier du genre, eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de la province de Syrie. Tout le monde allait se faire recenser, chacun dans la localité dont il était originaire.

Le départ de Joseph et Marie pour Bethléhem. C’est ainsi que Joseph, lui aussi, partit de Nazareth et monta de la Galilée en Judée, à Bethléhem, la ville de David : il appartenait, en effet, à la famille de David. Il s’y rendit pour se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui attendait un enfant. Or, durant leur séjour à Bethléhem, arriva le moment où Marie devait accoucher. Elle mit au monde un fils : son premier-né. Elle lui mit des langes et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la pièce réservée aux hôtes.

Les anges annoncent la naissance aux bergers. Dans les champs environnants, des bergers passaient la nuit pour garder leurs troupeaux. Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Une grande frayeur les saisit. Mais l’ange les rassura : N’ayez pas peur : je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une très grande joie. Un Sauveur vous est né aujourd’hui dans la ville de David ; c’est lui le Messie, le Seigneur. Et voici à quoi vous le reconnaîtrez : vous trouverez un nouveau-né dans ses langes et couché dans une mangeoire. Et tout à coup apparut, aux côtés de l’ange, une multitude d’anges de l’armée céleste qui chantaient les louanges de Dieu : Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.

Les bergers se rendent à l’étable. Quand les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent l’un à l’autre : Allons donc jusqu’à Bethléhem pour voir ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils se dépêchèrent donc d’y aller et trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une mangeoire. Quand ils le virent, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Tous ceux qui entendirent le récit des bergers en furent très étonnés. Marie, elle, conservait le souvenir de toutes ces paroles et y repensait souvent. Les bergers s’en retournèrent, louant et glorifiant Dieu au sujet de tout ce qu’ils avaient vu et entendu : c’était bien ce que l’ange leur avait annoncé.(Bible du Semeur)

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Ainsi, à la naissance du bébé, Marie plaça Jésus dans une mangeoire. Mais il faut attendre le 12e siècle pour que naisse la nouvelle tradition de la crèche.

Les premières crèches vivantes

Selon la légende, Saint-François d’Assise organisa en 1223 la première crèche de Noël avant la messe de minuit. Les scènes étaient jouées par des acteurs (des villageois de Grecchio) et de vrais animaux faisaient partie de l’événement. Les premières crèches étaient donc des crèches vivantes.

Les crèches permanentes (et non-vivantes)

Puis, tout ce beau monde a été remplacé par des sculptures en bois, en argile, en carton pâte, en porcelaine ou en cire. Il semble que la plus ancienne crèche non-vivante (c’est-à-dire constituée de personnages sculptés) date de 1252. Assemblée au monastère franciscain de Füssen en Bavière, elle contenait des personnages en bois.

La plus ancienne crèche visible est conservée au musée de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Sculptée en pierre à la demande du pape Nicolas IV, elle daterait de 1288.

La tradition des crèches est alors exclusivement exposée dans les églises italiennes, de la Toscane à l’Ombrie, et surtout en Campanie (la région de Naples).

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L’âge d’or des crèches en format réduit

Jusqu’au 16e siècle, ces crèches ne ressemblaient pas à celles qui nous connaissons : il s’agissait de représentations peintes sur des tableaux, des fresques, des bas-reliefs, voire des mosaïques.

À l’avènement de la Réforme, ces représentations ne furent pas du goût des Protestants. Ils lui préférèrent une autre tradition : le sapin de Noël. Celui-ci se répandit dans toutes les contrées converties au protestantisme, généralement l’Europe du Nord. La tradition de la crèche fut donc abandonnée au profit de l’arbre de Noël.

Lors de la Contre-Réforme, les Jésuites utilisèrent la tradition de la crèche comme un outil didactique. Ils diffusèrent un modèle réduit de crèche avec des personnages « indépendants » vêtus de tissus précieux. On la retrouva dans les églises et les couvents (la première documentée date de 1562 à Prague). Puis la crèche fut adoptée dans les maisons des riches familles aristocratiques et nobles d’Italie. La duchesse d’Amalfi semble avoir installé la première crèche à domicile en 1567. Les familles aisées perpétuèrent la tradition à leur domicile. C’est à cette époque que se développa la crèche dite provençale avec ses santons (« petits saints » en provençal). En France, la démocratisation de la crèche de Noël apparut dès la seconde moitié du 19e siècle lorsque les marchands d’objets religieux vendirent des figurines en plâtre peint fabriquées en série.

Aujourd’hui, on trouve la crèche de Noël dans les églises, dans les lieux publics (marchés de Noël notamment) et bien sûr, dans les maisons. Une polémique est également en cours pour savoir si la place d’une crèche de Noël est justifiée dans les bâtiments publics (mairies, conseils régional ou général, écoles).

Dans les maisons en France, il est courant de la voir installée au pied du sapin de Noël. À l’avènement de la Réforme, elle fut bannie du monde protestant qui lui préféra la tradition du sapin de Noël. Les figurines sont de grande taille et richement colorées. La cathédrale de Strasbourg expose la sienne pendant le temps de Noël.

Les différents types de crèches

  • la crèche génoise : cette composition baroque contient des personnages en bois.
  • la crèche provençale : plus rustique que ses consœurs italiennes, elle s’inspire de la vie locale. Elle comprend des santons (« petits saints » en provençal). La crèche 2016 de Notre-Dame de Paris était une crèche provençale.
  • la crèche comtoise : née à la fin du 18e siècle, cette crèche vivante inclut les personnages de la Sainte Famille ainsi que ceux issus de la société franc-comtoise.
  • la crèche animée ou à automates.
  • la crèche contemporaine : à l’image de celle exposée dans l’église de La Madeleine à Paris.
  • la crèche de Cracovie (Szopki Krakowskie) : très colorée, sa structure reprend les formes architecturales de monuments de Cracovie en Pologne (les tours de l’église Mariacki, la tour de la cathédrale du Wawel, les voûtes de la Halle aux Draps).

Les personnages de la crèche

Dans l’étable, signe de dénuement, il est courant de déposer de la paille qui rappelle l’éphémère de la vie. Généralement, on retrouve au casting les personnages suivants :

La Sainte Famille

La Sainte Famille est un terme de la liturgie catholique (il n’apparait pas dans la Bible). Il inclut l’enfant Jésus, sa mère Marie et son père adoptif Joseph.

L’enfant Jésus

Dans la crèche, l’enfant Jésus apparait couché dans une mangeoire remplie de paille. Celle-ci est vide jusqu’à minuit le soir de Noël où l’on y place la figurine du bébé.

Marie

Marie est souvent représentée à genoux devant la mangeoire. Traditionnellement, elle porte une robe bleue et un foulard blanc.

Joseph

Joseph se tient debout, un peu en retrait, de l’autre côté de la mangeoire. Le père adoptif de Jésus tient un bâton et porte la barbe.

Le bœuf et l’âne gris

Posés à l’intérieur de l’étable, les deux animaux encadrent la Sainte Famille. D’après la tradition catholique, l’âne est celui qui aurait transporté Marie de Nazareth à Bethléhem. Quant au bœuf, il aurait réchauffé le nourrisson de son souffle. Ces animaux ne sont pas mentionnés dans l’Évangile de Luc. Toutefois, ils le sont dans le livre d’Ésaïe : « Un boeuf connaît son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître : Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas » (Ésaïe, 1:3). Les deux animaux sont les sujets du plus vieux chant de Noël français datant du début 16e siècle : Entre le bœuf et l’âne gris.

Les bergers

En qualité des premiers témoins de la Nativité, les bergers viennent à l’étable adorer Jésus. Ce sont les pauvres qui sont avertis par les anges de la naissance de Jésus et non les riches et les puissants.

Moutons et agneaux accompagnent les bergers. Parfois les figurines représentent un berger portant un agneau autour de son cou.

Les anges

Vêtus de blanc, les anges proclament la naissance de Jésus aux bergers. Certains sont représentés avec leurs ailes repliées ou dépliées, d’autres sonnant de la trompette…

Les rois mages

Les trois rois mages sont traditionnellement placés dans la crèche le 6 janvier, jour de l’Épiphanie. Gaspard, Melchior et Balthazar apportent l’or, l’encens et la myrrhe à l’Enfant Jésus. Ces tout-premiers cadeaux de Noël symbolisent dans l’ordre la royauté, la divinité et l’humanité. Les rois mages sont guidés par l’étoile du berger.

L’Étoile du Berger

Même s’il ne s’agit pas d’une figurine au sens propre, le placement de l’étoile du berger a une grande symbolique. C’est elle qui guide les rois mages vers l’étable. Elle peut également symboliser la présence de l’Esprit-Saint dans la crèche.

Les Marchés de Noël et le "Chemin des Crèches"

Les fameux marchés de Noël alsaciens s'appellent en fait des Kristkindlmarkt en allemand, et Christkindelmärik en alsacien (= marché de l'enfant Christ). A Strasbourg, en 2005, le Christkindelsmärik (parfois aussi nommé le Marché des Bredele) est à sa… 434e édition. La capitale alsacienne accueillait au moyen-âge le marché de la Saint-Nicolas début décembre où pendant quelques jours les quincailliers vendaient des petits objets que les parents pouvaient offrir à leurs enfants. Malgré ce passé religieux, la capitale de Noël ne présente aucune représentation de la Nativité sur les places publiques.

Sillonnez les ruelles de ce petit village alsacien et laissez-vous envoûter par la magie de Noël en découvrant plus de 80 crèches artisanales ! Le chemin des crèches de Bergheim propose un parcours original à la découverte de plus de 80 crèches artisanales créées par les habitants et les associations du village et mises en scène dans la cité, illuminée et décorée aux couleurs de Noël. C’est dans cette ancienne cité médiévale que les crèches sont les plus nombreuses en Alsace, représentations naïves ou véritables œuvres d’art, réalisées à base de différents matériaux.

D'autres événements et expositions mettent en valeur les crèches en Alsace :

  • Du 22 novembre au 18 janvier : MUNSTER : 27 crèches artisanales, traditionnelles ou très contemporaines, réparties dans le chœur et la nef de l'église catholique vous raviront, petits comme grands. Une exposition empreinte de nostalgie à ne pas manquer !
  • Du 28 novembre au 31 décembre : OBERNAI : Chaque année l’église Saints-Pierre-et-Paul accueille une belle exposition de crèches mettant en valeur une région ou un pays.
  • Du 29 novembre au 2 février : WISSEMBOURG : Plongez dans une exposition unique présentant plus de 200 crèches issues de la collection personnelle du curé Jean-Marc Bottais. Pour les plus jeunes, un quizz les invite à découvrir l’histoire de la naissance de Jésus de manière ludique et pédagogique.
  • Du 22 novembre au 12 janvier : ITTENHEIM : Dans la cour d'une maison alsacienne entièrement décorée et à l'ambiance feutrée des lumières blanches, vous trouverez les différentes crèches : la nouveauté 2025 est la crèche de la cathédrale de Strasbourg de 1936 et la mini crèche du Vatican ! Une pièce vous présente également une exposition de crèches des années 50.
  • 7 décembre : SURBOURG : Venez vous imprégner de l'ambiance traditionnelle de Noël avec la crèche vivante au jardin du presbytère de Surbourg ! Découvrez une représentation théâtrale de la nativité, dans la grande tradition des coutumes du Moyen-Âge. Animation faite par les enfants.
  • 21 décembre : SURBOURG : Venez vous imprégner de l'ambiance traditionnelle de Noël avec la crèche vivante au jardin du presbytère de Surbourg ! Découvrez une représentation théâtrale de la nativité, dans la grande tradition des coutumes du Moyen-Âge. Animation faite par les enfants.

Traditions Culinaires de Noël en Alsace

La période de Noël en Alsace est riche en tradition culinaire. Dans la tradition da ma famille protestante, les saints ne se fêtant pas, le dîner de ce soir-là marquait l'arrivée des fruits d'hiver sur la table - noix, noisettes, amandes, figues, dattes, oranges et mandarines - aussi, et surtout les Lebckechhle, les pains d'épices alsaciens de plusieurs sortes, dont la traditionnelle forme en St-Nicolas avec son image, ou encore les brioches de la St-Nicolas en forme de petit bonhomme appelé Männala - et les languettes. Le rite des Bredala de Noël fait partie de l'identité alsacienne dont le culinaire constitue une grande partie. C'est Christian qui prépare les Bredala, souvent avec l'aide d'abord des enfants, puis les petits enfants ont pris la rélève. Leurs recettes immuables depuis plus de 40 ans restent encore secrètes et font le régal bien au-delà de la famille.

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