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Courbe de Poids et Cycle Menstruel : Comprendre et Gérer les Variations

Les fluctuations de poids pendant le cycle menstruel sont un phénomène courant chez de nombreuses femmes. Bien que souvent perçues comme un effet secondaire indésirable, ces variations sont généralement liées aux changements hormonaux et aux processus physiologiques naturels qui se produisent tout au long du cycle. Cet article explore en profondeur les causes de ces variations de poids, les différentes phases du cycle menstruel et les stratégies pour gérer ces fluctuations de manière saine et équilibrée.

Pourquoi le poids varie-t-il pendant le cycle menstruel ?

Il est essentiel de comprendre que l'on ne parle pas d'une prise de poids au sens strict, mais plutôt d'une variation du poids corporel. Plusieurs facteurs contribuent à ces fluctuations, notamment les hormones et l'appétit.

Le rôle des hormones

"Juste avant l’arrivée des règles, le corps subit une chute hormonale", explique Nasrine Callet, gynécologue. Cette modification hormonale entraîne une rétention d’eau plus importante, surtout chez les femmes ayant des troubles circulatoires et un mauvais drainage lymphatique. La lymphe, un liquide blanchâtre circulant dans tout le corps, peut mal circuler, augmentant ainsi la rétention d’eau et faisant apparaître quelques kilos supplémentaires sur la balance.

La chute d’hormones n’affecte pas seulement la rétention d’eau. "Elle peut aussi modifier le comportement alimentaire et agit sur le stress." Les envies de caféine peuvent également être une conséquence de cette chute hormonale.

L'impact de l'appétit

Les changements hormonaux de la seconde partie du cycle menstruel, ou phase lutéale, peuvent causer des envies de dévorer des sucreries. Cette attirance pour des aliments sucrés survient souvent lors de pics émotionnels. De même, pendant les règles, l'envie d'aliments réconfortants et de grignotage est très forte. Il est important de ne pas culpabiliser face à ces envies, car elles sont généralement temporaires.

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Les phases du cycle menstruel et leurs effets sur le poids

Le cycle menstruel peut être divisé en plusieurs phases, chacune ayant ses propres caractéristiques et effets sur le corps.

Phase folliculaire

La phase folliculaire commence le premier jour des règles et dure jusqu'à l'ovulation. Durant cette phase, le corps se prépare à la fécondation des ovules matures. Les follicules ovariens, contenant chacun un seul ovule non développé, se développent dans l’ovaire sous l’action de l’hormone FSH (hormone folliculo-stimulante). L’hormone œstrogène est formée dans les parois de ces follicules.

Dans les premiers jours de la phase folliculaire, le taux d’œstrogènes est encore faible. Les follicules grossissent de plus en plus sous l’influence de la FSH, ce qui entraîne une augmentation constante du niveau d’œstrogènes dans les jours précédant l’ovulation. Simultanément, la qualité de la glaire cervicale s’améliore, facilitant le passage des spermatozoïdes.

Pendant cette phase, vous vous sentirez relativement plus légère. La phase folliculaire est caractérisée par une grande production d’œstrogènes.

Phase d'ovulation

Pendant la phase d’ovulation, les follicules continuent de grossir et le niveau d’œstrogènes augmente. L’augmentation du niveau de LH (hormone lutéinisante) provoque l’éclatement du follicule le plus développé et la libération de son ovule mature dans l’ovaire. Divers symptômes d’ovulation peuvent aider à déterminer le jour de l’ovulation.

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En général, un seul ovule est libéré. Cependant, les faux jumeaux sont la preuve que les ovulations multiples sont possibles lors des cycles menstruels. Lorsque plusieurs ovulations se produisent dans un cycle féminin, elles arrivent à quelques heures d’intervalle.

Lorsque le follicule éclate, la température basale de votre corps augmente de quelques dixièmes de degré pendant la phase lutéale et reste élevée jusqu’à vos prochaines règles.

Phase lutéale

Après l’ovulation, dans la phase lutéale, le follicule se transforme en une glande appelée corps jaune en raison de sa couleur. Le corps jaune produit alors l’hormone progestérone. L’augmentation du niveau de l’hormone prépare la paroi de l’utérus à l’implantation de l’ovule fécondé.

Si l’ovule n’est pas fécondé, la grossesse n’aura pas lieu. Le corps jaune meurt environ 12 à 16 jours après l’ovulation et les niveaux d’œstrogène et de progestérone chutent. La muqueuse de l’utérus se détache, ce qui peut provoquer des douleurs menstruelles chez de nombreuses femmes. La température basale baisse et le saignement commence.

Si l’ovule fécondé a pu s’implanter, le corps jaune est conservé et commence à produire de grandes quantités de progestérone. La température basale du corps reste à un niveau élevé et l’hormone hCG (hormone chorionique gonadotrophine humaine) est produite.

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La période qui suit l'ovulation ou phase lutéale est marquée par une production plus conséquente de progestérone. C’est l’hormone qui prépare à l’installation du bébé dans l’utérus en cas de fécondation. Si aucune fécondation ne se produit, il y aura une diminution progressive de la quantité de progestérone, responsable du syndrome prémenstruel.

Phase menstruelle

Le début du cycle menstruel correspond au début des règles. Pendant les 5 à 7 prochains jours, vous aurez l’impression d’être gonflée de partout, surtout au niveau du bas-ventre. Lorsque votre cycle commence, vous gagnerez jusqu’à 1,5kg. À mesure que le cycle avance, cette sensation désagréable va se dissiper.

Comment gérer les variations de poids pendant le cycle menstruel ?

Il existe plusieurs moyens pour limiter ce stockage excessif d’eau et gérer les variations de poids pendant le cycle menstruel.

Boire beaucoup d'eau

La priorité est de boire beaucoup d’eau. Bien que cela puisse paraître paradoxal, boire plus d'eau envoie le signal au corps qu’il peut éliminer ce qu’il stocke excessivement. Si vous avez des difficultés à boire un litre et demi par jour, n’oubliez pas que l’eau contenue dans les aliments compte dans votre ration journalière.

Adopter une bonne hygiène de vie

En parallèle de cette hydratation, il faut bien entendu conserver un semblant d’hygiène de vie pour limiter cette prise de poids pendant les règles. "Il faut essayer de faire du sport et éviter les aliments trop riches en sucre et en sel", recommande la gynécologue. Pratiquer une activité sportive permet de faire circuler votre sang et oxygène vos muscles, ce qui est idéal pour éliminer l’eau en trop.

Être bienveillant envers son corps

Votre image de vous-même peut être déformée à cause de la chute d’hormones. Cette déprime passagère peut provoquer un manque de bienveillance à l’égard de votre propre corps. Le mieux est d’attendre une bonne dizaine de jours pour vous peser après vos règles, le temps que tout redevienne à la normale.

Il faut bien garder à l’esprit que dans le cas d’une rétention d’eau, c’est vraiment une prise de poids passagère qui sera éliminée à la fin du dérèglement hormonal et donc des règles. Si jamais votre prise de poids est causée par votre appétit, ne culpabilisez pas, car encore une fois, c’est de la faute des hormones ! Si jamais ces kilos en plus vous dérangent vraiment, évitez de tomber dans l'angoisse et essayez plutôt le sport.

Choisir le bon moment pour se peser

Il est judicieux de bien choisir son moment pour se peser pendant son cycle. Si vous cherchez à suivre votre poids, quelle que soit la raison, gardez en tête qu’il n’est pas stable tout au long du cycle menstruel. Il ne sera pas forcément le même avant les règles ou en période pré-ovulatoire, par exemple.

Dans ce cas, choisissez un moment dans votre cycle et gardez-le. Si vous n’avez pas l’habitude de suivre votre cycle, vous pouvez choisir de le faire au premier ou au dernier jour de vos menstruations, par exemple. Ainsi, vous êtes certaine de ne pas vous tromper.

En fait, il n’y a pas vraiment UN moment idéal ou meilleur qu’un autre pour se peser pendant le cycle. Le plus important est la ponctualité.

Éviter de se peser en période prémenstruelle

Si votre poids varie pendant votre cycle et que voir un chiffre "trop haut" sur la balance est difficile pour vous, évitez peut-être de vous peser juste avant et pendant les règles.

Facteurs influençant le cycle menstruel

Plusieurs facteurs peuvent influencer le cycle menstruel et, par conséquent, les variations de poids.

Changements dans la routine

Des changements dans la routine habituelle peuvent théoriquement affecter la fertilité ou le cycle menstruel. Ces changements peuvent avoir des effets très différents, sur un seul jour ou sur un cycle entier. De nombreux processus physiologiques fonctionnent selon un rythme fixe, un cycle de 24 heures que l’on nomme le « rythme circadien », notre « horloge interne » qui est synchronisée avec la rotation de la Terre.

De nombreuses hormones sont influencées par ce rythme : par exemple, une plus grande quantité de prolactine est produite dans les heures qui suivent le coucher, tandis que la testostérone atteint son pic le matin. L’horloge interne a une influence sur le sommeil, le système digestif, la température corporelle, le cœur et la tension artérielle. D’autre part, ce rythme est influencé par des facteurs environnementaux : l’alimentation, l’activité physique et le stress.

Sommeil

Des études cliniques montrent que la température basale peut varier en fonction de la durée ou de la quantité de sommeil. Par exemple, si vous dormez moins de quatre heures, vous risquez d’avoir une température légèrement plus basse que si vous dormez plus de sept heures. Cette différence de température est due au biorythme. Au bout d’un certain temps, certains processus physiologiques de l’organisme doivent se déclencher (même pendant le sommeil), car ils ne doivent pas rester inactifs trop longtemps.

Voyages

Même quand on adore voyager, cela peut être source de fatigue et de stress. Les voyages peuvent avoir comme conséquence directe une ovulation retardée, voire dans certains cas extrêmes, l’absence d’ovulation. Les voyages avec changement de fuseaux horaires sont souvent perçus comme particulièrement désagréables, car notre horloge interne ne fonctionne plus de manière synchrone. C’est ce qu’on appelle le décalage horaire.

Travail posté

Le travail posté est souvent associé à un stress physique. Habituellement, ce stress se traduit par un sommeil perturbé ou réduit. Selon une étude de 2002, 50 % des sages-femmes qui travaillent en équipe ont des cycles irréguliers. Les changements cycliques affectent principalement la phase folliculaire, c’est-à-dire la phase qui précède l’ovulation. Dans la plupart des cas, cela entraîne une prolongation de la phase folliculaire.

Stress

Comme le montrent de nombreuses études, le stress, sous ses différentes formes, peut avoir une influence directe sur le cycle. La physiologie du stress est très complexe et, à bien des égards, encore mal comprise. Ce qui est certain, c’est que le cortex surrénalien, en particulier, joue un rôle majeur.

Le stress (physique et psychologique) se traduit souvent par un raccourcissement de la phase lutéale, la deuxième phase du cycle. Normalement, la phase lutéale dure environ 14 à 16 jours. Si elle est inférieure à dix jours, on parle d’insuffisance lutéale. La progestérone, qui est conjointement responsable de l’augmentation de la température basale et de l’augmentation du flux sanguin vers l’utérus, partage un élément de base avec l’adrénaline, qui est secrétée dans le cortex surrénalien. En cas de stress, une grande quantité d’adrénaline est produite, et celle-ci s’empare de l’élément de base. Par conséquent, la production de progestérone est minimisée et la phase lutéale est raccourcie.

Poids

Votre poids a non seulement une influence sur votre état de santé général, mais il a aussi un impact direct sur votre cycle. L’indice de masse corporelle (IMC) permet d’estimer la part de graisse corporelle. L’IMC est calculé en divisant le poids du corps (en kilogrammes) par la taille (en mètres) au carré. D’un point de vue médical, un IMC normal se situe entre 20 et 25 kg/m2. Les femmes ayant un IMC normal ont généralement les cycles les plus constants et les moins anovulatoires.

Ce n’est pas le poids, mais le pourcentage de graisse corporelle qui a une influence directe sur la fertilité et le cycle. Les femmes en surpoids (IMC compris entre 25 et 30) ou obèses (IMC > 30) avec un pourcentage élevé de graisse corporelle ont des cycles sans ovulation relativement fréquents. L’inverse est vrai pour les femmes qui présentent une insuffisance pondérale (IMC < 20). En raison de la faible masse de graisse corporelle, les œstrogènes ne peuvent pas être stockés, donc moins d’œstrogènes sont disponibles. Environ 50 % des femmes en insuffisance pondérale ont des cycles menstruels irréguliers, dont la plupart affectent les règles.

Cycle menstruel et performance sportive

Les études sur les déterminants de la performance sportive ont beaucoup augmenté, mais elles portent encore principalement sur des participants masculins. Une approche unique est impossible, car les athlètes réagissent souvent différemment à un stimulus d’entraînement donné, et la charge d’entraînement nécessaire à l’adaptation peut différer considérablement entre les sexes.

La non-inclusion fréquente des athlètes féminines dans les études de recherche a été justifiée par plusieurs facteurs de confusion potentiels, notamment les variations hormonales du cycle menstruel (CM). Il existe une importante variabilité interindividuelle conduisant à des perturbations menstruelles (aménorrhée, oligoménorrhée, menstruations irrégulières, anovulation…), et il semble qu’elles soient plus fréquentes chez les athlètes de haut niveau.

Les effets du CM dépendent fortement de la physiologie des athlètes, de leur niveau d’entraînement et du type de contraception hormonale utilisée. Si certaines athlètes féminines ressentent une diminution de leurs capacités physiques au cours de leur cycle menstruel, des performances médaillées olympiques ont néanmoins eu lieu durant toutes les phases du cycle menstruel.

Des travaux menés sur des skieuses de fond ont montré que leurs meilleurs temps étaient enregistrés dans les phases postovulatoire et postmenstruelle, ce qui suggère que les charges d’entraînement devraient être sélectionnées en fonction de la phase du cycle pour optimiser les performances.

Le CM peut être considéré comme un déterminant potentiel de la performance, mais il reste négligé car les fluctuations hormonales ne sont pas prises en compte de manière appropriée dans l’individualisation de l’entraînement des femmes. Néanmoins, de nouvelles études ont récemment vu le jour, incluant des athlètes féminines et étudiant les adaptations de l’entraînement en fonction de leur CM.

Il y a généralement un manque de connaissances concernant la relation entre les phases du CM et la performance chez les sportives de haut niveau. Les résultats en matière de performance semblent rester stables tout au long du CM et il n’est pas clair s’il existe une phase optimale pour la performance. Certaines capacités physiques ou cognitives étaient meilleures pendant la PL que pendant la PF (par exemple, les performances d’endurance) ou pendant l’ovulation (par exemple, l’impulsivité, la motivation).

Il existe une variété de réponses des athlètes aux tests physiques. Toutes les publications examinées ont mis en évidence les réponses individuelles aux problèmes menstruels. En plus d’être limitées en nombre, les études examinant le lien entre le cycle menstruel (CM) et les performances au haut niveau sont généralement transversales, menées en laboratoire ou évaluées de manière subjective via des questionnaires. Les quelques études disponibles ne sont pas facilement transposables au haut niveau.

En résumé, il existe un manque évident de recommandations fondées sur des preuves concernant l’individualisation de l’entraînement en fonction du cycle menstruel.

Vieillissement et cycle menstruel

Avec les années, le corps de la femme, comme celui de l’homme d’ailleurs, change de façon inévitable en raison de plusieurs facteurs. Connaître ces derniers permet de mieux s’y préparer, de mieux les accepter, et de pouvoir aussi, prévenir certains risques pour la santé.

La nature prépare la femme à être éventuellement mère, son cycle menstruel se régularise. Une grossesse et l’allaitement éventuels peuvent venir modifier le corps de la femme notamment au niveau des seins, du ventre et des cuisses qui auront tendance à être plus « mous ». Les premiers symptômes de la pré ou péri ménopause peuvent apparaître tels que les crampes, les dérèglements hormonaux ou la transpiration plus excessive.

Les effets du vieillissement sur les taux d’hormone sexuelle sont présents chez les femmes et chez les hommes. Chez les femmes, la plupart de ces effets sont surtout liés à la ménopause, lorsque les taux d’hormones féminines (œstrogènes, progestérone, SDHEA, testostérone) diminuent sensiblement. Les seins deviennent par exemple moins fermes et plus fibreux et ont tendance à s’affaisser.

Chez les femmes, la perte de densité osseuse s’accélère après la ménopause en raison également de la baisse de production d’œstrogènes. Les œstrogènes contribuant à empêcher la décomposition d’une quantité trop importante d’os au cours du processus normal de formation, fracture, et reconstitution osseuses.

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