Le choix entre couches lavables et couches jetables est une décision importante pour les parents soucieux de l'impact environnemental de leurs choix de consommation. En 2024, la prise de conscience écologique est plus forte que jamais, et de nombreux parents se tournent vers des solutions durables pour réduire leur empreinte carbone. Cet article explore en profondeur les impacts environnementaux des couches lavables et des couches jetables, ainsi que des lingettes, afin de vous aider à faire un choix éclairé.
Couches jetables : commodité et impact environnemental
Les couches jetables sont principalement fabriquées à partir de plastiques dérivés du pétrole, de cellulose et de divers produits chimiques. Leur fabrication, transport et élimination génèrent une empreinte carbone significative. Un enfant moyen utilisera environ 6 000 couches jetables avant d'être propre, ce qui équivaut à environ une tonne de déchets par enfant. En France, les couches jetées chaque année représentent 750 000 tonnes de déchets, soit 3% de l’ensemble des ordures ménagères collectées, selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).
Ces couches contiennent souvent des produits chimiques tels que des agents de blanchiment, des parfums et des absorbeurs chimiques comme le polyacrylate de sodium.
Cependant, des progrès ont été réalisés. Le poids moyen d’une couche bébé jetable est passé de 65g au début des années 1980 à moins de 40 g aujourd’hui (tous types et toutes tailles confondus), soit une diminution de plus de 30%. Certains fabricants explorent également le recyclage des couches, avec des projets pilotes en cours pour donner une seconde vie aux matériaux.
Couches lavables : une alternative durable ?
Les couches lavables, quant à elles, ont une empreinte carbone différente. Leur fabrication peut également être intensive en énergie, surtout si elles sont fabriquées à partir de matériaux synthétiques. Cependant, leur utilisation prolongée sur plusieurs années et plusieurs enfants peut diluer cet impact initial. Une couche lavable peut être utilisée des centaines de fois avant de montrer des signes d'usure.
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Les couches lavables produisent beaucoup moins de déchets solides. Même si elles nécessitent de l'eau et de l'énergie pour le lavage, elles ne contribuent pas aux déchets à long terme dans les décharges. Les couches lavables, surtout celles fabriquées à partir de matériaux naturels comme le coton biologique ou le bambou, contiennent moins de produits chimiques. L'utilisation de détergents doux et non toxiques pour le lavage peut minimiser l'exposition aux produits chimiques. Le coût écologique des couches lavables est amorti sur plusieurs années d'utilisation.
Il est conseillé d’utiliser des voiles de protection lavables ou biodégradables que l’on met au fond de la couche pour récupérer les selles. Les couches réutilisables peuvent être complétées avec d’autres accessoires comme les booster, permettant d’améliorer l’absorption de la couche. Côté matériaux : l’extérieur est bien souvent fabriqué en laine, polaire, nylon ou polyUréthane laminé (PUL), un tissu imperméable et respirant qui peut être certifié Oeko-Tex Standard 100. Ce label garanti l’absence de substances nocives. Quant aux inserts, ils sont généralement en bambou, coton, chanvre, microfibres ou polyester.
Toutefois, les couches lavables nécessitent de l'eau pour le lavage régulier. Toutefois, des pratiques de lavage optimisées, comme l'utilisation de machines à laver à haute efficacité et le lavage en charges complètes, peuvent réduire l'impact.
Couches jetables "écologiques" : un compromis ?
A côté des couches jetables classiques, il existe des couches jetables dites saines, naturelles ou écologiques. Leur composition peut à première vue ressembler aux couches jetables classiques. Outre la cellulose, elles contiennent en effet pour la plupart du polypropylène, du polyéthylène et du SAP. La différence réside dans la proportion de matière d’origine naturelle dans la composition des produits. Certains fabricants mettent en avant leur transparence sur la composition et proposent des outils de traçabilité pour suivre le parcours des couches, des matières premières jusqu’à l’expédition.
En 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait été saisie suite à la publication dans la revue 60 millions de consommateurs révélant que certaines couches jetables contenaient des substances chimiques pouvant être toxiques. Suite à cet avis, les fabricants ont revu leur copie et ont promis de bannir des substances allergisantes (notamment dans les parfums) sous 3 mois, de mieux informer les consommateurs sur la composition de leurs produits et de réaliser « sous 5 mois, un diagnostic des approvisionnements en matières premières et des procédés de fabrication afin d’identifier les sources possibles de contamination et d’éliminer les substances préoccupantes identifiées par l’Anses. »
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Lingettes : un désastre environnemental ?
Ménage, hygiène, désinfection… Les lingettes humides - dont la grande majorité contient du plastique (polyesther, polyéthylène et polypropylène) afin d'assurer leur résistance au frottage, même celles portant l'indication "biodégradable" - ont envahi notre quotidien. Or, outre la lenteur de leur dégradation qui favorise la formation d'amas putrides dans les tuyaux (93 % des blocages d'égouts en Angleterre sont dûs à des lingettes humides jetées dans les toilettes, d'après l'organisme Water UK), leur impact environnemental plus global a de quoi interroger nos habitudes de consommation.
Il se vend aujourd'hui 70 milliards de lingettes humides (unités) par an en Europe, soit un kilo par habitant selon les estimations d’Euromonitor international citées par Libération. Et avant même la pandémie de Covid-19 qui a vraisemblablement augmenté leur usage, elles représentaient déjà - avec les autres "textiles sanitaires" y compris les couches pour bébé - quelque 34 kg de déchets par an et par habitant, selon l'Ademe.
En 2021, 60 Millions de Consommateurs publiait une enquête intitulée "Les lingettes nettoyantes, un véritable désastre". Portant sur une douzaine de références (Carolin, St Marc, Cif, Sanytol, La Croix, Carrefour…), l'analyse a révélé la présence d'un "cocktail" de molécules nocives à la fois pour la santé humaine (quand la lotion imprégnant la lingette s'évapore dans l'air que l'on respire) et pour l'environnement : acrylcopolymer, iodopropynyl butylcarbamate, acide formique, chlorure de benzalkonium… Or, "les lingettes jetables comptent parmi les dix produits à usage unique en plastique que l’on retrouve le plus fréquemment dans l’environnement marin de l’Union européenne", indique le média en citant l’association Zero Waste.
Lorsque les lingettes humides sont jetées aux toilettes, elles peuvent provoquer des blocages de canalisations. Leur place est donc à la poubelle… mais attention, pas dans le bac de recyclage, car elles peuvent être contaminées. Seule option pour s'en débarrasser : le bac des ordures ménagères, destination l'incinérateur ou la décharge. Le plastique qu'elles renferment et les substances de la lotion seront donc relargués à plus ou moins long terme - et avec plus ou moins de transformations chimiques - dans l'environnement.
Une alternative est la chiffonnette en microfibre : "Les petits chiffons captent beaucoup plus efficacement qu’un chiffon traditionnel ou une éponge les salissures visibles ou microscopiques. Elles s’utilisent sèches ou légèrement humides, sans aucun apport de produit d’entretien.
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