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Composition et matières des protections périodiques féminines : un examen approfondi

La composition des protections périodiques féminines, telles que les tampons, les serviettes hygiéniques et les protège-slips, suscite de plus en plus d'inquiétudes en raison de la présence potentielle de substances chimiques préoccupantes. Cet article examine en détail les matières utilisées dans ces produits, les risques potentiels pour la santé et les alternatives disponibles.

Composition des protections périodiques courantes

Les protections intimes à usage unique externes sont généralement composées de produits d'origine naturelle dérivés du bois (cellulose), de substances synthétiques (polyoléfines) et de superabsorbants (SAP). Les tampons, quant à eux, sont souvent constitués de produits d'origine naturelle dérivés du coton, ayant subi un traitement chimique, ainsi que de produits synthétiques de type polyoléfines.

Substances chimiques préoccupantes

Des études ont révélé la présence de diverses substances chimiques dans les protections intimes, dont certaines sont ajoutées intentionnellement (substances parfumantes), tandis que d'autres proviennent de la contamination des matières premières ou des procédés de fabrication. Parmi ces substances, on retrouve :

  • Glyphosate et autres pesticides : Du glyphosate, le composant principal du Roundup, a été détecté dans les tampons traditionnels. Ce désherbant est considéré comme « cancérigène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer, bien que l'Autorité européenne de sécurité des aliments ne partage pas cet avis. D'autres pesticides, tels que le lindane et le quintozène (interdits en Europe depuis 2000), ont également été retrouvés dans les serviettes hygiéniques et les protège-slips.
  • Chlore : Le chlore est utilisé pour blanchir le coton entrant dans la composition des tampons traditionnels. Bien que ses effets néfastes n'aient pas encore été pleinement mis en lumière, l'OMS encourage à limiter l'utilisation des dérivés du chlore, qui contribuent à la destruction de la couche d'ozone et peuvent être irritants.
  • Dioxines : Ces polluants organiques persistants, présents dans l'environnement et même dans notre alimentation, sont extrêmement toxiques. Ils agissent comme perturbateurs endocriniens, interférant avec le système reproducteur et hormonal, et sont également cancérigènes au-dessus d'un certain niveau d'exposition.
  • Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et phtalates : Ces composés, reconnus pour leurs effets cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), sont également considérés comme des perturbateurs endocriniens.
  • Autres substances : Des insecticides et d'autres produits phytosanitaires problématiques ont également été détectés dans la composition des tampons, même ceux d'origine synthétique.

Risques potentiels pour la santé

La présence de ces substances chimiques dans les protections intimes soulève des inquiétudes quant aux risques potentiels pour la santé, notamment :

  • Perturbation endocrinienne : De nombreuses substances détectées sont des perturbateurs endocriniens, capables d'interférer avec le système hormonal et les fonctions reproductrices.
  • Effets cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR) : Certains composés, tels que les HAP et les phtalates, sont reconnus pour leurs effets CMR.
  • Irritations et allergies : Le chlore et d'autres substances peuvent provoquer des irritations et des réactions allergiques chez certaines personnes.
  • Syndrome de choc toxique (SCT) : Bien que le SCT soit principalement lié à l'utilisation prolongée de tampons et de coupes menstruelles, et non directement à la présence de substances chimiques, il reste un risque rare mais potentiellement grave.

Greenwashing et manque de transparence

Malgré les préoccupations croissantes, les fabricants de protections menstruelles pratiquent souvent le greenwashing, en donnant l'impression d'avoir fait des efforts sur la composition de leurs produits, alors que la réglementation ne les oblige pas à mentionner tous les composants sur les emballages. L'ANSES a d'ailleurs réclamé l'exclusion des composés chimiques cancérigènes et des perturbateurs endocriniens des tampons et des serviettes, mais des analyses ultérieures ont continué de révéler la présence de ces substances dangereuses.

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Certaines marques proposent des protections dites « biologiques », fabriquées à partir de coton issu de l'agriculture biologique. Cependant, les études montrent que ces produits ne sont pas toujours exempts de substances indésirables. Il est donc crucial de vérifier minutieusement la composition de ces produits et de s'assurer que seul le coton est biologique, et non l'ensemble du processus de fabrication.

Alternatives sans résidus chimiques

Face aux risques potentiels liés aux protections périodiques conventionnelles, de plus en plus de femmes se tournent vers des alternatives plus sûres et respectueuses de l'environnement, telles que :

  • Tampons et serviettes en coton biologique : Ces produits sont fabriqués à partir de coton cultivé sans pesticides ni herbicides, ce qui réduit le risque de contamination par des substances chimiques nocives.
  • Coupes menstruelles : Ces dispositifs réutilisables, généralement fabriqués en silicone médical, ne contiennent pas de produits chimiques absorbants et peuvent être utilisés pendant plusieurs années.
  • Culottes menstruelles : Ces sous-vêtements absorbants, lavables et réutilisables, constituent une alternative écologique et confortable aux protections jetables.

Recommandations et réglementations

Face aux préoccupations liées à la composition des protections intimes, l'ANSES recommande aux fabricants d'améliorer la qualité des matières premières et de réviser leurs procédés de fabrication afin d'éliminer ou de réduire au maximum la présence de substances chimiques préoccupantes. L'agence préconise également l'élaboration d'un cadre réglementaire plus strict au niveau européen, afin de limiter la présence de ces substances dans les protections féminines.

En France, un décret sur l'étiquetage des protections féminines a été rédigé en 2022, suite à une évaluation des risques et aux recommandations de l'ANSES. Ce décret vise à renforcer la protection et l'information des consommatrices.

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