Loading...

Composition des Couches Hygiéniques Féminines : Matières et Sécurité

L'hygiène féminine est un sujet de préoccupation majeur pour les femmes du monde entier. Les couches hygiéniques, également appelées serviettes hygiéniques, sont des produits de consommation courante utilisés par des millions de femmes pendant leurs menstruations. Ces produits sont conçus pour absorber le flux menstruel et offrir confort et protection. Cependant, ces dernières années, la composition des couches hygiéniques a suscité de nombreuses interrogations et préoccupations quant à la sécurité des substances utilisées.

Inquiétudes croissantes concernant la composition des protections intimes

La question de la composition des protections intimes a suscité de nombreux débats publics en France. De plus en plus de femmes s’interrogent sur les risques liés à l’utilisation de ces articles d’hygiène féminine. Suite à cette évaluation et aux recommandations de l’Anses, les pouvoirs publics se sont saisis du sujet en 2022, et ont rédigé un décret sur l’étiquetage des protections féminines.

Composition Générale des Couches Hygiéniques

Les protections intimes sont des produits de grande consommation, utilisés pendant la période des règles afin d’absorber le flux menstruel ou en dehors (par exemple en cas de fuites urinaires). Les protections intimes à usage unique externe sont composées de produits d’origine naturelle dérivés du bois (cellulose), de substances de nature synthétique (polyoléfines) et de superabsorbant (SAP). Les tampons sont composés de produits d’origine naturelle dérivés du coton qui subissent un traitement chimique, et de produits de nature synthétique de type polyoléfines.

Principaux Composants Utilisés

  • Pâte à papier renouvelable: Pâte à papier en fibre de bois provenant de forêts gérées de manière durable.
  • Fibres de viscose (utilisées dans les tampons): Fibres de bois avec une structure comparable à celle du coton.
  • Matériau en fibres (non-tissé): Un matériau fin qui ressemble à du textile.
  • Polymères: Chaînes moléculaires, pouvant exister de façon naturelle ou synthétique.
  • Polypropylène/polyéthylène/polyester: Des types de plastique parmi les plus communs au monde.
  • Polymère superabsorbant (PSA): Utilisé pour leurs grandes capacités de rétention des liquides.

Substances Chimiques "Préoccupantes" Identifiées

En 2017, des études ont mis en évidence la présence de substances chimiques dans des protections intimes. Certaines, comme les substances parfumantes, sont ajoutées intentionnellement. D’autres peuvent provenir de la contamination des matières premières, ou sont dues aux procédés de fabrication ; il peut s’agir par exemple de substances cancérogènes (hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dioxines, furanes), des substances reprotoxiques (phtalates), des substances parfumantes allergisantes et des pesticides.

Exemples de Substances Dangereuses

  • Pesticides: Lindane et quintozène (interdits en Europe depuis 2000), glyphosate.
  • Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP): Présents dans les protections externes.
  • Dioxines et furanes: Présents dans les tampons.
  • Phtalates (DnOP): Présents dans les tampons.

Origine de la Contamination

Les experts de l’Anses notent que les matériaux de fabrication sont « mal documentés » et que les auditions des fabricants n’ont « pas permis de les caractériser de façon précise ». Sur la base des informations transmises par les marques, ils estiment néanmoins qu’à l’exception d’une substance parfumante (BMHCA, perturbateur endocrinien potentiel), les produits incriminés n’ont pas été ajoutés intentionnellement. Ils sont issus d’une contamination des matières premières (pesticides dans les produits d’origine naturelle dérivés du coton) et des procédés de fabrication.

Lire aussi: Couches bébé : guide d'achat

Des agents chlorés utilisés dans le processus de blanchiment peuvent ainsi être à l’origine de la formation de dioxines et furanes. Pour les HAP, que l’on retrouve habituellement dans la fumée de cigarette et des moteurs diesel, les experts penchent pour le mode d’assemblage ou de conditionnement à haute température.

Évaluation des Risques Sanitaires par l'Anses

Saisie en avril 2016 par le ministère de la santé et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l’Anses se veut toutefois rassurante. Elle conclut à « l’absence de risque sanitaire » par voie cutanée en raison des « très faibles concentrations » mesurées et toutes « sans dépassements de seuils sanitaires ». Néanmoins, l’Agence précise que les calculs de risque ne prennent pas en compte les effets perturbateurs endocriniens ni les effets sensibilisants cutanés de ces composés chimiques.

Aussi l’Anses recommande-t-elle aux marques d’améliorer la qualité des matières premières et de réviser certains procédés de fabrication, afin d’« éliminer ou, à défaut, de réduire autant que possible la présence de ces substances, en particulier celles présentant des effets CMR, perturbateurs endocriniens ou sensibilisants cutanés ».

Absence de Réglementation Spécifique en France et Actions Recommandées

À la différence des Etats-Unis, où la commercialisation des protections intimes - classées en dispositifs médicaux - est encadrée depuis la fin des années 1970, il n’existe pas de réglementation spécifique en France. Dans le cadre du règlement européen Reach, l’Anses soutient un projet de restriction des substances CMR dans les produits d’hygiène féminine. Il est à l’étude à l’initiative de la Commission.

Alternatives et Protections "Bio"

Plusieurs marques proposent des protections « bio ». « Bien sûr, il y a moins de risques de retrouver des pesticides dans des produits conçus à partir de matière première bio, mais ils peuvent tout aussi bien être contaminés par des HAP, des dioxines et furanes ou des phtalates dans le processus de fabrication, via les colles ou les additifs », avertit le professeur Lasfargues. « Aujourd’hui, on ne peut garantir l’absence de produit chimique dans aucun produit. »

Lire aussi: Causes et symptômes de la fausse couche

Des protections hygiéniques 100% en coton biologique et rien d’autre ! Et cela, sans aucun compromis sur la qualité ni l’efficacité. Elles sont fabriquées en Europe selon une technique de tissage unique du coton qui rend leur absorption juste incomparable, afin de réconcilier les consommatrices avec l’efficacité des produits bio. Leur composition est irréprochable, ils sont 100% en coton biologique et sans produit nocif pour la santé, même la colle utilisée et les emballages individuels sont à 100% en matière végétale. 100% éco-responsables, nos produits sont 100% biodégradables et même compostables. Ce qui est important pour nous, est que chaque femme puisse trouver un produit sain, adapté à elle. A toi de choisir maintenant. Que tu sois #teamtampon, #teamserviette ou #teamcup les produits sains pour ton corps & la planète sont là ! Tu es une force de la nature ! Tout autant que nos produits. BEFAVA !

Syndrome de Choc Toxique (SCT) Menstruel

Ce que peuvent en revanche assurer les experts, c’est que le syndrome de choc toxique (SCT) menstruel, principal risque microbiologique - « rare mais potentiellement grave » -, lié au port de protections intimes n’est pas dû à la présence de ces substances chimiques. Le risque de développer cette maladie causée par une toxine bactérienne augmente avec une utilisation prolongée d’une protection interne ou l’usage d’une protection d’une capacité d’absorption plus forte que nécessaire. Aucune serviette ou protège-slip n’a été impliqué dans des cas de SCT, indique l’Anses.

Recommandations de l'Anses concernant le SCT

L’Anses préconise aujourd’hui que tous les fabricants affichent des indications claires relatives à ce risque sur les emballages et les notices d’utilisation des tampons et des coupes menstruelles.

Transparence et Réglementation : Un Décret en Attente

L’an dernier, le ministre de la Santé s'était engagé à obliger les fabricants à afficher indiquer clairement la composition de leurs produits. Prévue le 1er juillet, la publication du décret est repoussée de six mois. Et des associations dénoncent un texte vidé de sa substance.

Le nom du décret était très prometteur pour ces associations féministes : un décret "transparence" sur la composition des protections hygiéniques. Son entrée en vigueur est repoussée d'au moins six mois en attendant une notification à la Commission européenne et un avis du Conseil d’État explique la direction générale de la santé. Les associations déchantent et dénoncent un texte vidé de sa substance.

Lire aussi: Couche-Tard : Stratégies et développement

Demandes des Associations et Défis Actuels

C'est un combat que Règles élémentaires, le collectif Georgette Sand et la Fondation des femmes mènent depuis plusieurs années : dépasser le tabou des règles, permettre aux femmes de choisir en toute transparence les protections qu'elles achètent en fonction de leur composition et à terme contraindre tous les fabricants à modifier le processus pour ne plus utiliser de produits potentiellement dangereux.

Un décret "vidé de sa substance"Et c'est bien ce dernier mot "produit fini" qui fait tiquer les associations qui dénoncent un décret "vidé de sa substance". "Seuls les produits ajoutés intentionnellement par les fabricants sont concernés", explique Marie-Paule Noël du collectif Georgette Sand. "Ce sont par exemple, les parfums qui sont ajoutés dans certaines protections mais ça ne permet pas de savoir quels sont les résidus potentiellement toxiques qu'on a retrouvés à ce jour dans les protections menstruelles, qui seraient issues de la contamination des matières premières ou des produits chimiques qui seraient formés lors des procédés de fabrication quand il y a le blanchiment du coton ou le collage de la serviette."

Enquête de l’Anses et Habitudes des Utilisatrices

À la demande de l’Anses, une enquête a été effectuée en 2017 auprès d’un échantillon de femmes représentatif de la population féminine française. Concernant le type de protections portées, serviettes et protège-slips (les culottes menstruelles étaient encore peu présentes sur le marché français) étaient utilisés en association avec une autre protection par 91 % des femmes, en particulier les 13-24 ans. Les femmes de plus de 25 ans déclaraient utiliser de manière prédominante des tampons.

Cette enquête a également mis en évidence une insuffisance des mesures d’hygiène, en particulier le lavage des mains, que ce soit avant ou après le changement de protection, et la durée de port. Les recommandations figurant dans les notices d’utilisation des protections internes préconisent une durée de port maximale entre 4 à 8 h. Elles semblent peu ou mal suivies par la majorité des utilisatrices de tampons, puisque 79 % d’entre elles déclaraient le garder toute la nuit. Les résultats de cette enquête ont été confirmés dans une étude française de 2022.

Perception des Risques et SCT Menstruel

Concernant la perception des risques liés à l’utilisation des protections intimes, 81 % des répondantes estimaient qu’au moins un type de protection comporte un risque (principalement les tampons), mais peu les connaissaient précisément. Les risques d’infection et de « problèmes vaginaux » (irritation, ulcération, sécheresse, prurit, etc.) étaient identifiés pour toutes les protections alors que le syndrome de choc toxique menstruel (SCT) était cité uniquement pour les tampons et, dans une moindre mesure, les coupes menstruelles.

Le SCT menstruel représente le principal risque lié au port de tampons et aux coupes menstruelles. Il s’agit d’une maladie rare causée par une toxine produite par une bactérie, le staphylocoque doré (la toxine du choc toxique staphylococcique, TSST-1). Une vingtaine de cas sont recensés par an en France (11 cas en 2020). En l’absence de déclaration obligatoire de cette pathologie, il n’est pas possible de connaître le nombre de cas réel en France.

Symptômes et Prévention du SCT

Les premiers symptômes, non spécifiques de cette pathologie (de type grippal), apparaissent dans un délai de 3 à 5 jours après exposition. La toxine se diffuse dans le corps via la circulation sanguine et des atteintes de différents organes (foie, rein, systèmes nerveux et sanguin) commencent à être observées. Ce syndrome est lié aux conditions d’utilisation des protections intimes internes : une utilisation prolongée augmente le risque.

Respecter les recommandations d’utilisation propres à chaque protection, non seulement en ce qui concerne le temps de port des tampons et des coupes, mais également au pouvoir absorbant du tampon, qui doit être adapté au flux menstruel, afin qu’il soit changé régulièrement. Cette recommandation a amené les pouvoirs publics français à publier un décret qui vise à renforcer la protection et l’information des consommatrices.

Rôle de la DGCCRF

S’appuyant sur les avis scientifiques de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) de 2018 et 2022, les dispositions du décret n° 2023-1427 du 30 décembre 2023 relatif à l'information sur certains produits de protection intime permettent de délivrer une meilleure information sur les précautions d’utilisation de ces produits. La DGCCRF est particulièrement vigilante quant au respect par les professionnels de l’obligation générale de sécurité qui leur incombe en ce qui concerne les protections d’hygiène intime. Des vérifications sont effectuées concernant la teneur en substances indésirables et l’étiquetage des produits présents sur le marché national. À ce titre, des prélèvements d’échantillons sont effectués et adressés à un laboratoire compétent pour réaliser les tests adéquats.

tags: #couche #hygiénique #femme #composition #matières

Articles populaires:

Share: