L'utilisation de cortisone pendant l'allaitement est une question fréquente pour les mères, car le principe de précaution prévaut souvent pour protéger le nourrisson. Cet article vise à fournir des informations complètes et structurées sur la compatibilité de la cortisone, en particulier la prednisolone, avec l'allaitement, en s'appuyant sur des données médicales et des recommandations de professionnels de la santé.
Introduction à la Cortisone et ses Utilisations
La cortisone est un médicament anti-inflammatoire puissant qui peut être administré par voie locale, orale ou injectable. Elle est utilisée pour traiter une variété de conditions, notamment les maladies inflammatoires chroniques, les manifestations allergiques et certaines affections nécessitant une corticothérapie générale. Pendant la grossesse, la cortisone peut être prescrite dans des cas spécifiques, comme la prévention des risques liés à un accouchement prématuré, pour favoriser la maturation pulmonaire du fœtus.
Prednisolone et Allaitement : Compatibilité et Précautions
La prednisolone (m-sulfobenzoate sel de Na) est un glucocorticoïde couramment prescrit. La question de son utilisation pendant l'allaitement est cruciale.
Compatibilité de la Prednisolone avec l'Allaitement
L'utilisation de la prednisolone est généralement considérée comme compatible avec l'allaitement. Cela signifie que, dans la plupart des cas, une mère qui allaite peut prendre de la prednisolone sans nécessairement interrompre l'allaitement.
Précautions à Prendre
Bien que la prednisolone soit compatible avec l'allaitement, certaines précautions doivent être prises :
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- Avis Médical : Il est impératif de consulter un médecin avant de prendre de la prednisolone pendant l'allaitement. Le médecin évaluera la nécessité du traitement, la posologie appropriée et les risques potentiels pour le nourrisson.
- Surveillance du Nourrisson : Surveiller attentivement le nourrisson pour détecter tout effet indésirable potentiel, tels que des troubles digestifs (constipation ou diarrhée), une somnolence excessive ou des difficultés à téter.
- Moment de la Prise : Il est souvent conseillé de prendre la prednisolone juste après une tétée ou pendant une longue période de sommeil du bébé pour minimiser l'exposition du nourrisson au médicament. Certaines sources recommandent d'attendre 4 heures après la dernière prise de cortisone pour allaiter.
- Traitement Local : Si la cortisone est utilisée par voie locale (crème), éviter le contact prolongé de l’enfant avec la zone de peau traitée chez la mère.
Indications de la Prednisolone
La prednisolone est indiquée dans de nombreux cas, notamment :
- Affections nécessitant une corticothérapie générale
- Anémie aplastique congénitale
- Anémie hémolytique auto-immune
- Angiome sévère du nourrisson
- Arthrite aiguë
- Asthme aigu sévère et asthme persistant
- BPCO (évaluation de la réversibilité du syndrome obstructif)
- Bursite
- Bérylliose
- Dermatite atopique sévère et dermatite exfoliative
- Dermatoses bulleuses auto-immunes sévères et dermatoses neutrophiliques sévères
- Dermite séborrhéique sévère
- Eczéma aigu
- Epicondylite
- Erythroblastopénie chronique
- Exacerbation d'asthme
- Exophtalmie oedémateuse
- Fibrose pulmonaire interstitielle diffuse
- Glomérulonéphrite extracapillaire primitive
- Goutte (traitement de la crise)
- Hémopathie maligne lymphoïde
- Hépatite alcoolique aiguë sévère et hépatite chronique active auto-immune
- Hypercalcémie et hyperplasie congénitale des surrénales
- Insuffisance corticosurrénale (traitement de 2e intention)
- Laryngite striduleuse
- Lennox-Gastaut (syndrome de)
- Lichen plan
- Maladie de Crohn (traitement des poussées) et maladie de Horton
- Maladie inflammatoire sévère de l'œil ou de ses annexes
- Maladie sérique
- Maladie systémique (traitement des poussées évolutives)
- Manifestations allergiques aiguës
- Myasthénie et mycosis fongoïde
- Nausées et vomissements induits par la chimiothérapie
- Néphropathie lupique au stade III et IV
- Neuropathie optique (traitement de relais de la voie injectable)
- Névralgie cervicobrachiale sévère et rebelle
- Œdème cérébral de cause tumorale
- Périartérite noueuse
- Péricardite tuberculeuse
- Phénomènes inflammatoires tubo-tympaniques
- Pneumopathie à Pneumocystis carinii avec hypoxie sévère et pneumopathie d'inhalation
- Polyarthrite et polyarthrite rhumatoïde (traitement de fond)
- Polypose nasosinusienne
- Polyradiculonévrite chronique idiopathique inflammatoire
- Poussée œdémateuse et inflammatoire associée aux traitements anticancéreux
- Pseudopolyarthrite rhizomélique et psoriasis sévère
- Purpura thrombopénique immunologique sévère
- Réaction du greffon contre l'hôte (traitement curatif et préventif)
- Rectocolite hémorragique (traitement des poussées)
- Rejet de greffe d'organe ou de moelle osseuse allogénique
- Rhinite allergique (traitement de courte durée) et rhumatisme articulaire aigu
- Sarcoïdose évolutive et sarcoïdose granulomateuse intrarénale
- Sclérose en plaques (traitement des poussées)
- Sinusite aiguë (traitement anti-inflammatoire) et sinusite chronique
- Spondylarthrite ankylosante (traitement symptomatique)
- Syndrome de Loeffler (traitement de 2e intention) et syndrome de West
- Syndrome néphrotique à lésions glomérulaires minimes et syndrome néphrotique de la hyalinose segmentaire et focale
- Synovite aiguë
- Ténosynovite
- Thrombopénie aiguë
- Thyroïdite subaiguë de De Quervain sévère
- Trichinose (traitement associé) et tuberculose sévère (traitement associé)
- Urticaire aiguë
- Uvéite sévère
- Vascularite avec atteinte rénale
Posologie et Administration
La posologie de la prednisolone varie en fonction de l'affection traitée et de la réponse du patient. Les recommandations générales incluent :
- Adultes et enfants de plus de 10 kg : 0,35 à 1,2 mg/kg en une prise par 24 heures, ou 5 à 15 mg en une prise par 24 heures.
- Enfants : 0,5 à 2 mg/kg en une prise par 24 heures, ou 0,25 à 0,5 mg/kg en une prise par 24 heures, ou 0,5 à 1 mg/kg en une prise par 48 heures (en cas de risque de retard de croissance).
- Administration : Par voie orale, de préférence le matin, pendant le repas, en dissolvant le comprimé dans un peu d'eau ou en le laissant fondre sur la langue. Ne pas croquer.
- Arrêt du traitement : Le traitement doit être arrêté progressivement pour éviter une insuffisance surrénalienne.
Contre-indications et Précautions d'Emploi
La prednisolone présente des contre-indications et nécessite des précautions d'emploi.
Contre-indications Absolues
- Hépatite virale
- Herpès
- Hypersensibilité à l'un des composants
- Infection contre-indiquant l'usage des corticoïdes
- Psychose non contrôlée
- Suspicion d'infection contre-indiquant l'usage des corticoides
- Varicelle
- Zona
Précautions
- Allaitement
- Antécédent de maladie psychiatrique sévère
- Antécédent récent d'anastomose intestinale ou d'infarctus du myocarde
- Cirrhose
- Colite ulcéreuse
- Diabète
- Diverculite
- Épilepsie
- État de stress
- Glaucome
- Hémopathie maligne
- Hypertension artérielle
- Hypothyroïdie
- Infection
- Insuffisance cardiaque, hépatique ou rénale
- Maladie psychiatrique sévère
- Myasthénie sévère
- Nourrisson de 1 à 30 mois ou de moins de 10 kg
- Nouveau-né de moins de 1 mois ou exposé in utero au médicament
- Ostéoporose
- Patient dialysé ou traité à posologie élevée
- Phéochromocytome
- Prématuré
- Présence d'anticorps anti-HBc
- Présence d'un cas de varicelle ou rougeole dans l'entourage du patient
- Psychose
- Rectocolite hémorragique
- Sclérodermie systémique
- Sérologie hépatite B négative
- Sportif
- Sujet âgé ou à risque d'accident thromboembolique ou de syndrome de lyse tumorale
- Sujet venant d'une zone d'endémie de l'anguillulose
- Traitement par fluoroquinolone ou traitement prolongé au-delà de 10 jours
- Transplantation rénale
- Tuberculose (active ou latente)
- Ulcère gastroduodénal (antécédent ou évolutif)
Interactions Médicamenteuses
La prednisolone peut interagir avec d'autres médicaments, ce qui nécessite une attention particulière.
Contre-indications
- Vaccins vivants atténués : Risque de maladie vaccinale généralisée éventuellement mortelle (sauf pour les voies inhalées et locales, et pour des posologies inférieures à 10 mg/j d'équivalent-prednisone).
Associations Déconseillées
- Mifamurtide : Risque de moindre efficacité du mifamurtide.
- Inhibiteurs puissants du CYP3A4 (sauf ritonavir) et Ritonavir : Augmentation des concentrations plasmatiques du corticoïde, avec risque de syndrome cushingoïde ou d'insuffisance surrénalienne. Préférer un corticoïde non métabolisé.
- Acide acétylsalicylique (doses anti-inflammatoires) : Majoration du risque hémorragique.
Effets Secondaires Potentiels
Les effets secondaires des corticoïdes sont relativement fréquents, surtout avec des traitements prolongés et à des posologies élevées. Ils incluent :
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- Effets métaboliques : Prise de poids, hyperglycémie, déséquilibre du diabète.
- Effets cutanés : Acné, fragilité cutanée, retard de cicatrisation.
- Effets musculo-squelettiques : Ostéoporose, faiblesse musculaire.
- Effets ophtalmologiques : Cataracte, glaucome.
- Effets cardiovasculaires : Hypertension artérielle, rétention hydrosodée.
- Effets neuropsychiatriques : Troubles de l'humeur, insomnie.
- Risque infectieux : Augmentation de la sensibilité aux infections.
- Insuffisance surrénalienne : En cas d'arrêt brutal du traitement.
Alternatives et Considérations Supplémentaires
Si une mère a des inquiétudes concernant la prise de cortisone pendant l'allaitement, il est important de discuter des alternatives possibles avec son médecin. Dans certains cas, des traitements locaux ou d'autres médicaments peuvent être envisagés.
Il est également essentiel de considérer les bénéfices de l'allaitement pour le nourrisson. L'allaitement maternel offre de nombreux avantages, notamment le transfert d'anticorps et de facteurs de défense immunitaire, ce qui peut aider à protéger le bébé contre les infections. Interrompre l'allaitement peut priver le nourrisson de ces avantages.
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