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Les Étapes de Croissance : Du Nourrisson à l'Adulte

La croissance humaine est un processus complexe et fascinant, jalonné d'étapes distinctes, chacune avec ses propres caractéristiques et défis. De la naissance à l'âge adulte, le corps subit des transformations considérables, influencées par des facteurs biologiques, environnementaux et psychologiques. Comprendre ces étapes est essentiel pour accompagner au mieux le développement de l'enfant et de l'adolescent.

La Croissance du Nourrisson : Une Période de Développement Rapide

La première phase de croissance, s'étendant de la naissance à environ 1 ou 2 ans, est marquée par une croissance très rapide. Durant cette période, les nourrissons connaissent des pics de croissance, souvent accompagnés d'une augmentation de l'appétit. Chez le nourrisson, cette augmentation de l’appétit se traduit par des pleurs, une agitation et un besoin accru de téter. Il est capital de réaliser un bon suivi de la croissance d’un enfant et pour cela le médecin mesure trois paramètres à chacune des consultations: le périmètre crânien, la taille et le poids. Ces quatre valeurs sont notées sur des graphiques figurant dans la partie « Courbes de croissance » du carnet de santé.

La moyenne du périmètre crânien à la naissance d’un enfant né à terme est de 35 cm. Il augmente en moyenne de un centimètre par mois durant la première année de vie, avec une augmentation plus rapide au cours des six premiers mois (deux centimètres au cours du premier mois). Il est essentiel de suivre la croissance du périmètre crânien, afin de dépister toute augmentation brutale ou stagnation. Sa croissance est indépendante de la taille corporelle.

L’alimentation de l’enfant joue un rôle capital dans sa croissance. Il est déterminant d’assurer les besoins quotidiens en nutriments pour que la croissance se déroule de manière optimale. Certaines carences nutritionnelles peuvent impacter plus ou moins fortement la croissance. Par exemple le rachitisme est une maladie de la croissance et de l’ossification liée à une carence en vitamine D.

L'Enfance : Consolidation et Préparation

Après la phase rapide de croissance du nourrisson, la croissance se poursuit à un rythme plus modéré pendant l'enfance. Deux paramètres principaux définissent la croissance de l’enfant : sa taille en cm et son poids en kg. Ces deux paramètres sont systématiquement mesurés à chaque consultation médicale pour s’assurer que l’enfant grandit normalement. En effet, la bonne croissance d’un enfant témoigne de sa bonne santé et à l’inverse, tout problème de santé peut impacter sa croissance et donc son développement.

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Pour s’assurer de la bonne croissance de l’enfant, des experts et des sociétés savantes ont établi des courbes de croissance pour les filles et pour les garçons. En reportant la taille et le poids de l’enfant à chaque âge, il est ainsi possible de s’assurer qu’il grandit normalement.

Les douleurs de croissance sont un sujet qui fait encore parfois débat au sein de la communauté médicale. Elles correspondent à des douleurs de courte durée et spontanées chez les enfants âgés de 3 à 12 ans. Le plus souvent, les douleurs de croissance ne durent que quelques heures et disparaissent aussi rapidement qu’elles sont apparues. Néanmoins, si elles persistent, reviennent très souvent ou surviennent après un choc ou un traumatisme, il est recommandé de consulter pour s’assurer de l’absence de lésion ou de maladie. Pour soulager les douleurs de croissance, aucun traitement médical n’est nécessaire.

L'Adolescence : La Puberté et les Transformations

L'adolescence est une période de changements majeurs, tant physiques que psychologiques. La puberté marque le début de cette phase, avec le développement des caractères sexuels secondaires et une poussée de croissance importante.

Les Transformations Physiques

La croissance pubertaire est une phase de croissance rapide, inhomogène : ce sont en premier les extrémités (mains et pieds), puis les membres, et enfin le rachis qui grandissent. Cette phase est très dépendante des stéroïdes sexuels, et de l’hormone de croissance, et est très différente selon le sexe.

Chez les filles, la croissance s’accélère souvent un peu avant le début du développement mammaire. Les règles surviennent en moyenne deux ans après le début de la puberté (en moyenne à 12,8ans), et la croissance s’achève 18 mois à deux ans après les premières menstruations (après les premières règles, la fille grandit en moyenne de 7 cm). La taille adulte est ainsi atteinte quatre ans après le début de la puberté. La vitesse de croissance atteint huit centimètres par an en moyenne.

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Chez les garçons, la vitesse de croissance et le gain statural sont plus importants. Les garçons présentent souvent un ralentissement prépubertaire, puis une accélération staturale secondaire au démarrage pubertaire (correspondant à l’augmentation du volume testiculaire), qui contrairement aux filles est différée par rapport au premiers signes de puberté, parfois jusqu’à un an. La vitesse de croissance atteint neuf centimètres par an en moyenne. Le gain statural pubertaire moyen des garc ̧ons est de 25 à 30centimètres (environ 14% de la taille adulte).

Les Défis Psychologiques

Les jeunes adolescents vivent la fin du monde protégé de l'enfance; c'est l'âge où l'on s'aperçoit que le monde ne s'arrête pas à la famille, au quartier, à l'école, mais qu'il est bien plus vaste et compliqué que cela. II y a des inégalités sociales et une lutte de classes, il y a des pays exploiteurs et des pays exploités, et il y a l'autre sexe que l'on voit différemment d'avant dans la mesure où cette vision est transformée par la maturation en cours des organes sexuels… ce qui pose concrètement la question des relations sexuelles. Ce monde élargi est vu à la fois avec crainte et curiosité.

C'est aussi le moment où le corps évoque les corps d'adultes, alors que le développement psychologique en est bien loin. Rappelons la fille de 13 ans au corps de femme, qui joue à l'élastique; le garçon de 14 ans qui mesure 1,75 m et qui joue aux soldats (qui joue « encore » aux soldats); l'adolescente de 14 ans qui se fait faire la cour par un garçon de 19 ans trompé par son aspect physique.

C'est une période où l'on est mal dans sa peau car l'image que l'on a de soi n'est pas valorisante : adolescents au visage plein de boutons, trop vite grandis et devenus maladroits, disgracieux. Citons aussi les soudaines pertes d'appétit et les régimes alimentaires plus ou moins loufoques; toutes les stratégies sont bonnes pour cacher, voire refuser ce corps que l'on n'aime pas.

Il y a un besoin de repères sociaux qui pousse à rechercher la compagnie de ceux qui vivent les mêmes problèmes, même si les rapports avec eux sont parfois agressifs. Les modes musicales, vestimentaires, le langage, les comportements fusionnels peuvent être compris comme des rejets et des provocations, mais doivent être aussi compris comme des processus de réassurance nécessaire. Les adolescents cherchent aussi parfois des points de repères que certains théoriciens estiment alors remplacer une structuration défaillante, mal réalisée dans le milieu familial : l'armée, un certain type d'engagement dans des groupes confessionnels ou politiques.

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Notons enfin des comportements à valeur d'alarme où l'inexistence de repères structurants amène à fuir la réalité : l'échec scolaire soudain et inexplicable, la fugue, la passion pour des thèmes morbides, l'anorexie des grandes adolescentes; autant de signes qui ne doivent pas être négligés car ils peuvent être les derniers appels avant l'entrée dans une toxicomanie suicidaire, avant les gestes autodestructeurs (1000 suicides d'adolescents par an en France), avant la décompensation psychique et « l'entrée » dans la folie.

Les Relations avec les Adultes

Les parents deviennent porteurs de tous les maux, le premier étant de les avoir fait naître. Il se fait jour une volonté réciproque de prise de distances (« t'es plus un gamin », « j'ai pas besoin de vous ») qui pousse les adolescents à chercher ailleurs des adultes repères qui seront élus adultes de référence. À la différence de l'enfant qui a souvent un seul adulte de référence, au plus deux, et quasiment toujours choisis dans le couple parental, les adolescents cherchent à en avoir plusieurs à la fois. Ils peuvent ainsi ne livrer que des parcelles d'eux-mêmes à chacun et donc rester les maîtres de situation.

Les bases d'élection de ces adultes peuvent sembler étonnantes; il peut s'agir d'un voisin, d'un enseignant, d'une relation parentale, d'un animateur, d'un éducateur, et même du père ou de la mère d'un copain.

Dans tous les cas il apparaît que le statut social n'est pas déterminant mais que le choix se fait sur des capacités à entendre sans juger, à comprendre ce qui n'est que suggéré à demi mots, à admettre de ne pas être l'unique adulte engagé dans cette relation en ne vivant pas ce partage comme une concurrence, à dire non, aussi, si ce non lui est nécessaire.

Etre élu acteur de cette étrange relation où aucune demande n'est explicitement formulée, où aucun engagement n'est conclu, où tout peut changer très vite, n'est pas de tout repos. Savoir que cette relation a pour but de devenir inutile et est vouée à l'extinction le jour où l'adolescent n'en aura plus besoin (et c'est peut être bien là la fin de l'adolescence) exige des adultes équilibrés, accessibles, dépassables même; des adultes existants aussi, avec des passions et des faiblesses. C'est savoir qu'elle exige des adultes qui soient… adultes.

L'enfant épanoui est devenu un adolescent boudeur, pénible, provocateur, imprévisible; les parents l'acceptent plus ou moins facilement, et certains font tout leur possible pour nier cette évolution qui les amène inéluctablement à devenir de moins en moins indispensable à leur enfant. Citons les fuites vestimentaires (« non, tu ne mettras pas de collant », « qu'est-ce que c'est que ce pantalon ? »), les refus de changement corporels (« pourquoi veux-tu changer ta coupe de cheveux, tu as toujours été comme ça ! », « comment, tu te maquilles ! »), les crises d'autorité (« si, tu iras chez ta grand mère ! »), les contraintes matérielles inadaptées (« je veux savoir à quoi tu emploies ton argent de poche »). Certaines de ces réactions parentales peuvent être justifiées; leur accumulation est inquiétante.

Un adolescent de 16 ans est intransigeant sur la rigueur, la fidélité aux idéaux , la pureté, l'absolu… toutes valeurs et exigences qui ont été celles de ses parents lors de leur adolescence avant qu'ils ne les aient abandonnées ou adaptées pour cause de réalisme; l'émergence de ces exigences chez leurs enfants leur fait prendre conscience des arrangements nécessaires qu'ils ont conclus avec leurs idéaux, et ouvre chez eux une blessure narcissique qui n'arrange pas les relations familiales.

Enfin, le bébé né quand on avait 25 ans, que l'on était jeune, est un adolescent de 15 ans quand on atteint la quarantaine. Sa seule présence fait toucher du doigt le vieillissement, et il est inconsciemment tenu peur responsable de cette douloureuse constatation.

Les adolescents tendent à les assimiler à leurs parents et à reproduire avec eux les mêmes relations conflictuelles, les mêmes alternances de bouderies, de refus, de tendresse.

Ce fonctionnement à la provocation et à la séduction qu'ils mènent avec tous les adultes leur permet de cacher - et donc d'exprimer - une demande massive d'écoute, d'attention, et aussi de règles et de limites.

Enfin, ils nous renvoient à toutes nos faiblesses et nos fragilités, à nos blocages et nos a priori : notre rapport à l'autorité, à la règle, à notre sexualité; notre itinéraire social et professionnel. Tout ceci parce qu'ils sont à un âge où se joue l'entrée dans la vie sociale et professionnelle, où se joue l'ouverture à une sexualité d'adulte.

L'Âge Adulte : Stabilité et Maintien

Une fois l'adolescence terminée, la croissance physique ralentit considérablement, voire s'arrête. L'âge adulte est une période de stabilité relative, où l'organisme se concentre sur le maintien de ses fonctions et la réparation des dommages.

Surveillance et Courbes de Croissance

La surveillance de la croissance est un temps essentiel de la consultation pédiatrique. Elle porte sur la mesure de la taille, du poids, du périmètre crânien, et l’évaluation de la corpulence. Tous ces éléments doivent être reportés dans le carnet de santé et sur les courbes de croissance pour évaluer la cinétique. La croissance d’un enfant est dite normale si les paramètres ( taille, poids, périmètre crânien) évoluent de manière parallèle aux courbes de références dans un même couloir entre + 2 et - 2 déviations standard ou entre le 3° et le 97 ° percentile. La croissance en taille normale permet à l’enfant d’atteindre une taille adulte considérée comme normale. Entre ces deux mesures, ces deux courbes se situe 95 % de la population.

Dans le carnet de santé, les courbes de croissance se trouvent aux pages 78 à 87 (il existe deux courbes pour chaque sexe : une allant de 1 mois à 3 ans, une autre de 1 à 18 ans). Ces courbes présentent deux bandes prédessinées de couleur plus claire : la bande la plus large est limitée par deux lignes continues et contient la bande la plus étroite, limitée par deux lignes pointillées. Par définition sont considérés comme normaux, au sens statistique, les tailles et poids des enfants entre -2 déviations standard (DS) (troisième percentile) et +2 DS (97e percentile) pour l’âge et le sexe. Entre ces deux mesures se situent 95 % de la population. Plus encore que la position d’une valeur à un âge donné sur la courbe, c’est l’évolution qui est importante. La vitesse de croissance (exprimée en cm/an) est à apprécier selon l’âge, et peut être aussi reportée sur une courbe. Une vitesse de croissance inférieure à -2DS est considérée comme pathologique. Poser un diagnostic de retard de croissance peut parfois être difficile et demander un certain délai pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’une phase qui sera rattrapée par la suite. Guidée principalement par des critères cliniques, la décision d’une référence rapide de l’enfant à un spécialiste (endocrinologue, généticien, gastroentérologue, etc.) est cruciale.

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