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Arguments contre toute forme de PMA : Analyse et perspectives

L'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules est un sujet de débat passionné en France. Bien que le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) ait émis un avis favorable à cette extension, des voix s'élèvent pour contester cette évolution. Cet article explore les arguments avancés contre toute forme de PMA, en tenant compte des différentes perspectives et des enjeux éthiques, sociaux et médicaux.

Le "droit à l'enfant" : une remise en question

L'un des principaux arguments contre l'extension de la PMA est la dénonciation d'un prétendu "droit à l'enfant". Les opposants, tels que La Manif pour tous et la députée Valérie Boyer, estiment que la loi cèderait à une volonté égoïste d'avoir un enfant, au mépris du droit des enfants. Ils soulignent qu'il n'existe pas de droit à l'enfant, ni pour les couples hétérosexuels, ni pour les couples de femmes, ni pour les femmes seules.

Cette notion de "droit à l'enfant" est souvent opposée au "droit de l'enfant", qui met l'accent sur l'intérêt supérieur de l'enfant. Les opposants à la PMA craignent que l'extension de cette pratique ne conduise pas toujours à assurer le bien-être de l'enfant.

PMA : réponse à une souffrance ou à une demande sociétale ?

Un autre argument central est celui de la nature même de la PMA. Initialement autorisée pour les couples infertiles ou pour éviter la transmission de maladies graves, son extension aux couples de femmes et aux femmes seules serait perçue comme une réponse à des "demandes sociétales" plutôt qu'à une pathologie médicale.

Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes, appelle à une réflexion fondamentale sur la médecine et son budget avant qu'elle ne soit sollicitée pour répondre à des demandes exponentielles de la société, sans critères clairs pour discerner son juste exercice.

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Cependant, cette vision est contestée par des sociologues comme Dominique Mehl, qui rappelle que la médecine a toujours créé du lien social et répondu à des demandes de société. Jacques Gonzalès, médecin et historien de la médecine, souligne que la science a toujours bousculé les acquis, et que l'extension de la PMA aux femmes célibataires ou aux couples d'homosexuelles s'inscrit dans cette logique.

L'importance de la figure paternelle

La question de l'absence d'un père dans les familles issues de PMA est également un sujet de préoccupation. La Manif pour tous a notamment utilisé le slogan #PMASanspère pour souligner les risques liés à l'absence de père. Si certaines études suggèrent que l'absence d'un père biologique peut être préjudiciable pour l'enfant, il n'existe pas de consensus scientifique sur cette question.

Dominique Mehl souligne que toutes les familles sont un peu à risque, et que la famille traditionnelle (un père, une mère et leurs enfants biologiques) ne représente pas la totalité des scénarios familiaux. Selon une étude de l'Insee, un quart des enfants français vivent avec un seul parent.

Risque de dérive vers la GPA

Un argument souvent avancé contre la PMA est le risque d'une ouverture vers la gestation pour autrui (GPA). Laurent Wauquiez estime que l'extension de la PMA à toutes les femmes ouvrirait la porte à la GPA pour les couples d'hommes, au nom du principe d'égalité.

La GPA, qui consiste à avoir recours à une mère porteuse, est une pratique très différente de la PMA et n'est pas à l'ordre du jour de l'agenda politique en France. Le CCNE, favorable à la PMA, a également exclu le recours à la GPA, en raison des violences juridiques, économiques, sanitaires et psychiques qu'elle peut engendrer.

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La marchandisation du corps humain

Le CCNE exprime également son inquiétude face au risque de marchandisation du corps humain, notamment en ce qui concerne la GPA. Le conseil estime que la personne humaine, ici celle de l'enfant, ne peut pas être l'objet d'actes de disposition, que ce soit à titre onéreux ou à titre gratuit.

Cette position s'inscrit dans la tradition française sur les produits du corps humain, qui ne peuvent pas faire l'objet d'un contrat de vente. Le CCNE considère que la liberté de disposer de son corps ne peut pas conduire à un contrat dont l'objet est de transférer le corps et la personne d'un enfant.

Les inégalités potentielles

Plusieurs arguments mettent en avant les inégalités potentielles créées par l'extension de la PMA. Certains craignent que cela ne crée une inégalité entre les couples homme-femme et les couples de femmes, car les premiers recourent à la PMA en raison d'une pathologie de la fertilité, tandis que les seconds y auraient accès sans nécessité médicale.

D'autres soulignent que l'extension de la PMA pourrait allonger les délais d'attente pour tous les couples, ce qui serait préjudiciable pour les femmes qui souhaitent concevoir tardivement.

Instrumentalisation du vivant et eugénisme

Certains opposants à la PMA, issus de la gauche, dénoncent l'instrumentalisation du vivant que représente cette technique. Ils estiment que la PMA est une forme de médecine non curative, qui vise à pallier une impossibilité naturelle plutôt qu'à traiter une maladie.

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Ils craignent également que la PMA n'ouvre la voie à des pratiques eugénistes, en permettant une sélection des gamètes en fonction de critères arbitraires.

Les positions de l'Église catholique

L'Église catholique s'est fermement opposée à l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Elle considère que cette pratique viole la loi morale naturelle et la loi divine, et qu'elle est contraire à la dignité humaine.

Le magistère catholique s'appuie sur un argumentaire séculier pour défendre ses positions, en mettant en avant l'importance de la famille traditionnelle et les risques liés à l'absence de père.

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