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Comprendre les Agrégats Financiers : Définition et Importance des Contrats à Terme

Lorsqu'il s'agit de la gestion financière d'une entreprise, la compréhension des agrégats financiers est cruciale. Ces agrégats fournissent une vue d'ensemble de la santé financière d'une entreprise et sont essentiels pour la prise de décision stratégique. Cet article vise à définir et à expliquer l'importance de divers agrégats financiers, en particulier dans le contexte des contrats à terme et de la valorisation d'entreprise.

EBITDA : Indicateur Clé de la Rentabilité Opérationnelle

L'EBITDA, ou "Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization" (Résultat avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement), est un agrégat financier qui sert à évaluer la rentabilité opérationnelle d'une entreprise. Il peut être comparé à l’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) comptable français. En d'autres termes, il mesure la capacité d'une entreprise à générer de la richesse à partir de ses activités principales.

Pour être pertinent, l'EBITDA doit être retraité de tout élément non normatif ou non récurrent. Cela signifie que les éléments exceptionnels ou ponctuels qui pourraient fausser la véritable rentabilité de l'entreprise doivent être exclus du calcul.

Dette Financière Nette (DFN) : Un Indicateur de Solvabilité

La Dette Financière Nette (DFN) est un autre agrégat crucial pour évaluer la santé financière d'une entreprise. Bien qu'il n'existe pas de définition précise et universelle de la DFN, elle correspond généralement aux dettes financières au passif, moins la trésorerie à l'actif. La DFN peut être positive ou négative, selon que l'entreprise a plus de dettes que de trésorerie ou inversement.

La DFN est particulièrement importante pour le dirigeant car elle lui permet de connaître la valeur de ses titres, en retranchant la DFN à la Valeur d’Entreprise.

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Le Bridge EqV-EV : Faire le Lien Entre Valeur des Capitaux Propres et Valeur d'Entreprise

Le Bridge EqV-EV (Equity Value - Enterprise Value) est un concept essentiel en Corporate Finance. Il permet de calculer l’Enterprise Value (Valeur d’Entreprise) à partir de l’Equity Value (Valeur des Capitaux Propres). Bien que souvent négligé dans les cours académiques, il s'agit d'un élément fondamental des entretiens en M&A (Mergers and Acquisitions).

Définition de l'Equity Value et de l'Entreprise Value

  • Equity Value (Valeur des Capitaux Propres) : Il s'agit du montant auquel les investisseurs valorisent les capitaux propres de l'entreprise à un moment donné. Pour les entreprises cotées en bourse, l'Equity Value peut être approximée par la capitalisation boursière (cours de bourse multiplié par le nombre d'actions en circulation). Pour les entreprises non cotées, l'Equity Value est déterminée par une valorisation de la société utilisant les méthodes traditionnelles.
  • Entreprise Value (Valeur d'Entreprise) : Elle correspond à la valeur de marché de l’actif économique. Contrairement à l'Equity Value, qui revient uniquement aux actionnaires, l'Entreprise Value est attribuable à l'ensemble des financeurs de l'entreprise.

Composantes du Bridge EqV-EV

Le Bridge permet de passer de l’une à l’autre de ces valeurs. Voici les principales composantes du bridge :

  • Dette Nette : Elle correspond à la somme des dettes financières contractées par l’entreprise (ex : emprunts bancaires, émission d’une obligation) diminuée de sa trésorerie disponible (à laquelle on ajoute souvent la valeur de marché des actifs dits « liquides », c’est-à-dire facilement cessibles).
  • Intérêts Minoritaires : Quand l’entreprise détient plus de 50% mais moins de 100% d’une filiale, les intérêts minoritaires (aussi appelés « Minority interests » ou « Non-controlling Interests » en anglais) représentent la part des capitaux propres non détenue par l’entreprise mais par les actionnaires minoritaires de la filiale.
  • Sociétés Mises en Équivalence : Quand l’entreprise détient une participation significative mais inférieure à 50% dans une filiale, les sociétés mises en équivalence (aussi appelées « Investment in Associates » en anglais) représentent la part que l’entreprise détient dans cette filiale.
  • Provisions (pour risques et charges) : Elles représentent des engagements de l’entreprise auprès d’un tiers et doivent par conséquent aussi être ajoutées dans le Bridge.
  • Actions de Préférence : Les actions de préférence (appelées aussi « Preferred Shares » en anglais) sont des titres hybrides faisant l’objet d’un traitement particulier. Elles sont soit considérées comme des actions (dans l’Equity Value), soit comme des titres de dette (dans le Bridge) en raison du dividende prioritaire dont leurs détenteurs peuvent se prévaloir.

Utilité du Bridge EqV-EV

Le Bridge est un outil très important en Corporate Finance. Il s’utilise majoritairement dans le cadre de l’exercice de valorisation d’une entreprise. Il permet notamment de :

  • Déduire un multiple EV/EBITDA : Vous connaissez l’Equity Value d’une société cotée en bourse (par approximation avec sa capitalisation boursière). Mais vous voulez en déduire un multiple EV/EBITDA (le plus couramment utilisé en M&A). Les ajustements du Bridge vous permettent de passer de l’Equity Value à l’Enterprise Value (le dénominateur du multiple).
  • Calculer le prix par action dans le cadre d'une acquisition : Vous connaissez l’Enterprise Value après avoir fait une valorisation de la cible (en utilisant les différentes méthodes de valorisation) mais vous souhaitez calculer le prix par action que vous allez offrir aux actionnaires dans le cadre d’une acquisition potentielle. Les ajustements du Bridge permettent de passer de l’Enterprise Value à l’Equity Value. Il vous reste ensuite à diviser l’Equity Value par le nombre d’actions (sur une base diluée) pour obtenir le prix d’une action.

Erreurs à éviter lors de l'utilisation du Bridge

En entretien M&A, le bridge Equity Value - Enterprise Value est un sujet non seulement “classique”, mais c’est un invariant des entretiens M&A. Pourtant, de nombreux candidats solides sur le papier se pénalisent sur des erreurs conceptuelles évitables. Voici les plus fréquentes :

  • Citer les différentes éléments du Bridge sans pouvoir les définir clairement : Certains candidats parviennent à réciter l’ensemble des composantes du bridge, mais sont incapables de définir précisément ce que représente chaque ligne. En entretien, savoir citer “dette nette”, “intérêts minoritaires” ou “actions de préférence” n’a aucun intérêt si le candidat ne peut pas les définir, et expliquer chaque élément doit être intégré dans la valeur d’entreprise.
  • Se tromper sur le sens des ajustements lors du passage Enterprise Value - Equity Value : Ne pas être capable d’expliquer la logique derrière le sens des ajustements. Il ne suffit pas de savoir qu’un élément doit être ajouté ou retiré : encore faut-il comprendre pourquoi. Pourquoi faut-il retirer des sociétés mises en équivalences quand on passe de l’Equity Value à l’Enterprise Value ? Pourquoi faudrait-il prendre en compte les pensions ? Ou bien les leases ? En entretien, ce qui est évalué n’est pas la capacité à réciter un bridge appris par cœur, mais la faculté à raisonner sur les retraitements.

Où trouver les informations nécessaires pour le Bridge ?

  • Sociétés cotées : Pour les sociétés cotées, les différents éléments du Bridge sont facilement identifiables dans les publications financières de l’entreprise (rapports annuels, semestriels ou trimestriels). Attention, vous devez toujours sélectionner la valeur la plus récente possible. Par exemple, si la dette financière nette la plus récente date du premier trimestre, vous devez prendre cette valeur. Et cela même si d’autres éléments du Bridge n’ont pas été mis à jour depuis le précédent rapport annuel.
  • Sociétés non cotées : Pour les sociétés non cotées, ces éléments sont plus difficilement accessibles.

Evolution de la Comptabilisation du Chiffre d'Affaires : Le Projet de Règlement de l'ANC

En parallèle de ces agrégats, il est important de suivre les évolutions réglementaires en matière de comptabilisation du chiffre d'affaires. L'Autorité des normes comptables (ANC) a engagé des travaux visant à compléter le règlement ANC 2014-03 relatif au plan comptable général (PCG) afin d’y introduire des dispositions concernant le cycle « vente » précisant, en particulier, la comptabilisation du chiffre d’affaires (CA). Un projet de règlement a été soumis à consultation publique en 2019, puis un deuxième en 2024.

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Objectifs du Projet de Règlement

Ce projet de texte modifie le PCG afin d’y introduire des dispositions concernant le cycle « vente ». Il prévoit, notamment, une définition plus précise du chiffre d’affaires et la création de dispositions sur la comptabilisation des produits des ventes de biens et de services, hors cas des contrats à long terme.

La comptabilisation du produit de la vente d’un bien ou d’un service n’étant pas, de manière générale, détaillée par le PCG, l'ANC s'est saisie du sujet.

Nouvelle Définition du Chiffre d'Affaires

Le projet actuel de règlement donne une nouvelle définition du chiffre d'affaires incluant toutes les ventes de biens et de services, y compris les redevances, les locations et les cessions d’immobilisations relevant du modèle d’affaires de l'entité.

Afin de mieux articuler la définition du CA du PCG avec celles issues de la directive comptable et du code de commerce, le projet de règlement donne une définition du CA incluant toutes les ventes de biens et de services.

Ainsi, outre les ventes de biens et de services, sont mentionnées expressément comme composantes du CA (projet précité ; PCG art. 521-3 nouveau) :

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  • les redevances pour concessions, brevets, licences, marques, procédés, solutions informatiques, droits et valeurs similaires ;
  • les locations.

Les ventes d’immobilisations, corporelles et incorporelles, relèvent, dans certains cas, du modèle d’affaires des entités, c'est-à-dire que les produits en résultant constituent une part structurelle de leurs recettes. Le projet de règlement prévoit que le CA inclut ces produits.

Comptabilisation des Produits des Ventes de Biens et de Services

Le principe général est de comptabiliser les produits au fur et à mesure de la délivrance des biens et services vendus (projet précité ; PCG art. 522-2 nouveau) pour la valeur de la quote-part délivrée.

La délivrance d’un bien ou d’un service est définie sur le plan comptable par le projet comme « le transfert du bien ou du service en la jouissance et la possession par le client. Elle intervient dès lors que rien ne s’oppose plus, du fait de l’entité, à ce que le client dispose librement du bien ou du service » (projet précité ; PCG art. 522-3 nouveau).

La comptabilisation du produit d’une vente est fonction des modalités de la délivrance du bien ou du service vendu, ponctuelle ou non ponctuelle (c'est-à-dire sur une certaine durée) (projet précité ; PCG art. 522-8 nouveau) :

  • si la délivrance au client intervient à une date précise (délivrance ponctuelle), le produit est comptabilisé à cette date pour le prix convenu dans l’accord de vente (par exemple, vente d’un bien, prestation de livraison à une date spécifiée contractuellement) ;
  • si la délivrance n’intervient pas à une date unique (délivrance non ponctuelle), le produit, dont le montant est fonction du prix convenu dans l’accord de vente, est comptabilisé au fur et à mesure de la délivrance du bien ou du service. La quote-part du prix comptabilisée est celle qui représente la valeur du bien ou du service délivré.

Entités Concernées

Les entités concernées par ce futur règlement sont celles appliquant :

  • le PCG (entreprises industrielles et commerciales notamment) ;
  • un règlement de l’ANC adaptant le PCG et dont le modèle de compte de résultat comprend l’agrégat « chiffre d’affaires » (cas des coopératives agricoles).

En revanche, ce futur règlement ne s’appliquera pas aux entreprises du secteur des banques et des assurances, ni aux entités du secteur non lucratif (pour leur activité non lucrative).

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