Un muscle dur au toucher et tendu, avec une douleur persistante ? Vous souffrez peut-être d’une contracture musculaire ! Cet article explore en profondeur les contractures des adducteurs, leurs causes, symptômes, traitements et mesures préventives.
Qu'est-ce qu'une contracture musculaire ?
Une contracture musculaire est une contraction anormale, durable et involontaire d’un muscle. Elle s’exprime par une forte tension qui est douloureuse dans les fibres du muscle. Elle est persistante dans le temps : à la différence d’une crampe qui passe en une quelques minutes à quelques heures, la contracture peut durer jusqu’à plusieurs jours.
Les muscles adducteurs : anatomie et fonction
Comme leur nom l’indique, les muscles adducteurs sont des muscles qui ont pour fonction principale de permettre l'adduction. Il s’agit d’un mouvement qui consiste à rapprocher un membre du plan médian du corps. L'abduction, au contraire, est un mouvement consistant à éloigner un membre de l’axe du corps. Le terme "adducteur" fait généralement référence aux muscles adducteurs de la cuisse. Ces muscles sont cependant présents dans plusieurs parties du corps. On retrouve ainsi des muscles adducteurs au niveau du pied, de la main, du bras ou encore de la hanche.
Les différents plans des adducteurs
- Un plan superficiel : le long adducteur et le muscle pectiné.
- Le deuxième rideau : Le 2éme rideau est le plus puissant. Il est adducteur et rotateur externe de cuisse.
- Le troisième rideau : Le troisième rideau le plus haut et le plus profond est constitué des muscles pelvitrochantériens antérieurs. Ils ne sont pas à proprement parler des adducteurs, ils sont rotateurs et permettent la coaptation de la hanche. Leur lésion rend douloureuse l’adduction.
Ces muscles de la loge interne de la cuisse participent à la coaptation de la hanche et au verrouillage du bassin (avec l’aide des muscles larges de l’abdomen) lors de l’appui unipodal dans le démarrage et les contre-pieds.
Rôle et importance du muscle pectiné
Situé à l’aine, le muscle pectiné joue un rôle vital dans la stabilisation du bassin et l’adduction. Ce muscle s’étend précisément de la branche ischio-pubienne jusqu’au fémur. Il est situé tout en haut de la cuisse, juste à côté des autres adducteurs. C’est un muscle plat et quadrilatère. Il travaille en synergie avec le psoas. Il active l’adduction et la flexion. Il permet de croiser les jambes. Il participe légèrement à la rotation interne de la hanche. Sans lui, marcher ou courir devient instable.
Lire aussi: Traitements pour la contracture du muscle temporal
Causes des contractures des adducteurs
Les causes des contractures sont variables. Elles sont, le plus souvent, en lien avec une pratique sportive trop intense et des séances qui ne sont pas ajustées aux capacités de la personne qui s’entraîne.
Facteurs de risque spécifiques aux sportifs
Lors de la frappe ces muscles sont en contraction d’un côté (jambe d’appui) et en extension brutale de l’autre (jambe de frappe), ce qui explique que leur lésion est doublement invalidante. Au rugby ils sont sollicités comme au football dans les démarrages, les contre-pieds et les cadrages débordements. Au football une charge complémentaire leur incombe : la conduite de balle et les tirs de l’intérieur du pied. souvent les buteurs. Les changements de direction brusques au football ou au tennis sont souvent responsables. Une sollicitation excessive crée des micro-lésions.
Importance de l'hygiène de vie
Il est fréquemment évoqué que les muscles adducteurs des membres inférieurs, se comportent comme les collecteurs des déchets de l’organisme, et qu’ils sont la traduction de l’hygiéne de vie du sportif. De ce fait, la bonne gestion de sa condition physique de base sera l’élément primordial de prévention de troubles musculaires des muscles adducteurs.
Symptômes d'une contracture des adducteurs
Afin de reconnaître une contracture aux adducteurs, il est nécessaire de connaître les principaux symptômes observables. Parmi les symptômes les plus fréquemment évoqués chez les personnes atteintes de contractures aux adducteurs, nous pouvons citer :
- Une douleur plus ou moins importante localisée au niveau de l’intérieur de la cuisse et du bas du pubis.
- Une augmentation de la douleur au toucher ou lors de la sollicitation des adducteurs.
- Des difficultés à monter des marches d’escalier ou à prendre appui sur les jambes.
- L'apparition d’une bosse au niveau de la cuisse.
Notez que la douleur est très localisée et apparaît de manière progressive. Au début, celle-ci est généralement faible et uniquement ressentie après l’effort, pendant les phases de repos. Si l’activité physique est poursuivie, la tension musculaire augmente. La douleur est alors plus forte et ressentie pendant l’effort.
Lire aussi: Tout savoir sur le Contrat de Retraite Relâchée
Diagnostic des lésions des adducteurs
En dehors de la localisation de la pathologie sur le corps musculaire (insertion, tendon, interface, muscle) qui va permettre le traitement local de la lésion il importe de bien connaître le groupe musculaire incriminé afin de pratiquer des étirements bien ciblés. Dans un premier temps il faudra éliminer une douleur de hanche en imprimant, chez le sportif allongé en décubitus dorsal, une flexion-rotation interne forcée de cuisse sur le thorax qui peut reproduire la douleur. Les muscles le plus souvent touchés sont le gracile et le long adducteur au niveau de leurs insertions pubiennes.
Examens complémentaires
- Radiographie : La radiologie peut montrer un arrachement osseux d’une insertion, une calcification d’un hématome ancien.
- Échographie : L’échographie peut montrer un tendon épaissi, un œdème osseux ou tendineux, un épanchement péritendineux, un aspect flou et échogène de l’expansion aponévrotique du tendon.
- IRM : L’IRM précise au mieux les lésions de l’interface musculotendineuse difficiles à diagnostiquer et à traiter. Son intérêt est majeur dans les claquages importants pour poser l’indication de l’évacuation par ponction ou chirurgie.
Diagnostic différentiel
Une douleur à l’aine ne doit jamais être ignorée : elle signale souvent un déséquilibre ou une surcharge. Parfois, l’origine du mal est ailleurs, comme avec les douleurs projetées venant du dos. Des examens complémentaires possibles s’imposent souvent pour y voir clair. Une échographie ou une IRM confirmera l’étendue réelle des dégâts. Le diagnostic différentiel reste complexe.
Traitements des contractures des adducteurs
Premiers secours et traitements conservateurs
Le repos est nécessaire dans un premier temps quelque soit la lésion. Tous ces traitements doivent être entourés d’étirements bien ciblés sur un muscle chaud. Le plus souvent le traitement consiste dans un premier temps en l’application en alternance de froid et de contention pour obtenir une vasoconstriction et diminuer l’importance de l’hématome et de l’œdème. Le traitement par voie orale, en dehors des antalgiques, reste discuté (AINS, myorelaxant) en raison du risque hémorragique. Plus tard seront mis en route : une contention, une immobilisation, une physiothérapie douce sans mis en tension des fibres musculaires. Enfin rappelons l’importance des étirements répétés et bien ciblés des trois loges musculaires internes des cuisses qui sont expliqués sur les schémas.
Traitements naturels
- Application de chaleur : Comme dans bon nombre de douleurs d’origine musculaire, l’application de chaleur sur le muscle contracturé peut vous aider à le décontracter. En effet, cela permet le relâchement des fibres musculaires qui sont tendues et cela améliore également la circulation afin de drainer les toxines accumulées dans les tissus. Nous vous conseillons d’utiliser une bouillotte ou un coussin de noyaux de cerises qui sont destinés à ce type d’application. Apposer votre source de chaleur sur le muscle dur et contracté pendant une vingtaine de minutes. Il est aussi possible de se tourner vers les patchs chauffants en respectant toujours les posologies indiquées.
- Plantes : Reconnue pour ses propriétés antalgiques, l’arnica est une plante recommandée dans le traitement des douleurs musculaires. Elle a, en effet, une action décontractante et relaxante. Elle a également des bénéfices anti-inflammatoires. Vous pouvez choisir de l’utiliser directement en gel ou en huile pour masser la zone contracturée ou bien directement en gélule (phytothérapie ou homéopathie). La valériane est une plante utilisée majoritairement en phytothérapie pour ses vertus relaxantes et sédatives. Elle permet d’agir sur la contracture par ses propriétés décontractantes mais également de façon plus globale sur le stress (qui peut favoriser les tensions et donc leur apparition).
- Activité physique douce : Lorsque l’on souffre d’une contracture, notre premier réflexe est de se mettre au repos en attendant que cela passe. En réalité, ce n’est pas une si bonne idée que cela ! Nous vous conseillons une activité douce et d’intensité modérée (course à pied, vélo, yoga…) pour vous permettre de soulager vos contractures musculaires. Tout d’abord, le sport permet la libération d’endorphines, des hormones qui ont un effet antidouleur. En plus de cela, il favorise une activation de la circulation sanguine et donc le drainage des déchets musculaires, de la même façon que la chaleur.
- Huiles essentielles :
- la gaulthérie couchée : elle est indiquée pour toutes les douleurs d’origine musculaire. Pour l’utiliser, diluez 3 gouttes d’huile essentielle de gaulthérie couchée dans une cuillère à soupe d’huile végétale (amande douce, arnica).
- l’eucalyptus citronné : moins efficace que la gaulthérie, cette huile essentielle reste une des plus indiquée dans les douleurs articulaires et musculaires. Une fois votre mélange d’huiles effectué, vous pouvez l’appliquer directement sur la zone visée ou sur vos mains pour venir masser le muscle spasmé pendant 10 à 15 minutes. Quand cela est possible, demandez à quelqu’un de vous aider.
- L’ostéopathie : L’ostéopathie est une médecine douce et complémentaire tout à fait naturelle : l’ostéopathe ne travaille qu’avec ses mains et sans machine. Cette thérapie alternative vise à redonner de la mobilité aux zones rigides du corps et à rééquilibrer les blocages, qu’ils soient de nature articulaire ou musculaire. Par son action, l’ostéopathe va tout d’abord identifier les zones concernées par les contractions involontaires puis travailler directement pour redonner de la souplesse et de l’élasticité à ces muscles. Après cette action directe sur la zone, l’ostéopathe traite également toutes les conséquences : une contracture d’un muscle se répercute souvent sur ceux qui fonctionnent avec lui (agonistes et antagonistes) mais également sur les articulations qui sont en rapport qui peuvent présenter un manque de mouvement ou un déséquilibre entre un côté et l’autre.
- Électrostimulation : L’électrostimulation est une méthode naturelle et indolore permettant de solliciter les muscles du corps par le biais d’impulsions électriques transmises via des électrodes placées sur la peau. Cette technique permet de soulager les douleurs ressenties en cas de contractures aux adducteurs. En stimulant les nerfs, les impulsions électriques empêchent les récepteurs de la douleur de circuler jusqu’au cerveau. En outre, l’électrostimulation est efficace pour relaxer les muscles, comme lors d’une séance de massage chez un kinésithérapeute. Les tensions musculaires sont alors détendues pour un gain de confort et de bien-être.
Traitements spécifiques
- Infiltration de corticoïde : Pour les enthésites si ces traitements sont inefficaces et que le sportif est plutôt en seconde partie de carrière, on peut lui proposer une infiltration de corticoïde dans le périoste au niveau de l’insertion.
- Ténotomie : Si l’infiltration n’apporte pas le résultat escompté et ce d’autant que le sportif et en fin de carrière on peut lui proposer une ténotomie. Il s’agit d’une section du tendon le plus antérieur et interne (gracile ou long adducteur) à ½ centimètre de son insertion sous anesthésie générale. Il faut, dans le même temps sous A.G. imprimer un grand écart facial jambes tendues et jambes fléchies dans l’espoir de voir partir le muscle dans sa position basse définitive. En conséquence après rupture spontanée ou ténotomie, il faut absolument reprendre les contractions, les étirements, voire les éléctrostimulations dès que la douleur est devenue tolérable pour que le muscle descende rapidement à sa position définitive, entraînant la guérison sans diminution notable de la force musculaire.
- Chirurgie : Pour le Pr Schilders (Londres), les lésions de la hanche à l’origine des pubalgies ne peuvent être ignorées. Si, après quatre à six semaines de rééducation bien conduite, la douleur est toujours présente, la chirurgie peut être proposée. Quelle que soit la technique (Nesovic, Shouldice, Muschaweck, Lichtenstein), l’objectif de la réparation inguinale est de renforcer la paroi postérieure du canal inguinal. Quelle que soit la technique de réparation inguinale utilisée, la question de la ténotomie des adducteurs doit être systématiquement abordée et discutée. Le traitement chirurgical reste exceptionnel.
Rééducation et reprise d'activité
Après rupture spontanée ou ténotomie, il faut absolument reprendre les contractions, les étirements, voire les éléctrostimulations dès que la douleur est devenue tolérable pour que le muscle descende rapidement à sa position définitive, entraînant la guérison sans diminution notable de la force musculaire.
La rééducation est indispensable pour retrouver des capacités fonctionnelles normales, et reprendre le sport après une blessure aux adducteurs. En cas de tendinite, la rééducation peut démarrer dès que la phase aiguë est terminée, et que les douleurs ont diminué. Des étirements, ainsi que des exercices de renforcement des adducteurs, seront pratiqués de manière progressive. Le renforcement musculaire inclut aussi un travail des groupes musculaires voisins, à savoir les abdominaux, les transverses et les obliques. Si vous avez subi une déchirure musculaire, le kinésithérapeute aura certainement recours à des techniques telles que la cryothérapie (traitement par le froid), les massages, ou les ultrasons.
Lire aussi: "Je ne contracte pas": Origines et signification
Prévention des contractures des adducteurs
Enfin plutôt que de devoir traiter les conséquences douloureuses d’une contracture, nous vous conseillons également de vous pencher sur les causes pour éviter leur apparition.
- Adoptez une bonne hygiène de vie : faites attention à votre alimentation et surtout à rester bien hydraté, notamment lors d’efforts sportifs.
- Soyez à l’écoute de votre corps : dans les contractures liées au sport, on observe souvent que les séances sont trop intenses. Lors d’une reprise ou si vous souhaitez augmenter vos performances, adaptez-vous de façon progressive. Faites attention aux sensations de fatigue qui surviennent pour ne pas dépasser les limites de ce dont votre corps est capable.
- Pensez à vous échauffer : ainsi votre corps sera moins traumatisé et vos muscles moins endoloris.
- Travaillez sur votre stress : en effet, au long cours, le stress provoque une augmentation globale du tonus musculaire et diminue la capacité d’adaptabilité du corps.
- Bien s’échauffer avant l’effort.
- Réaliser des exercices d’étirement des adducteurs avant et après l’effort.
- Boire suffisamment d’eau avant, pendant et après l’effort.
- Adapter l’effort en fonction de son âge et de ses capacités physiques.
- Stopper l’activité physique ou réduire son intensité lors des premiers signaux douloureux.
- Accorder suffisamment de temps de repos aux muscles pour une récupération optimale.
- Un échauffement spécifique est indispensable pour réveiller vos tissus.
- Préparez sérieusement vos hanches avant chaque séance de sport intense.
- Visez un équilibre musculaire global pour protéger la zone.
- Travaillez vos fessiers afin de soulager durablement vos adducteurs.
- Ne négligez jamais l’hydratation et votre nutrition au quotidien.
- Buvez suffisamment pour garder vos tendons souples et réactifs.
tags: #contracture #relâche #adducteurs #causes #symptômes #traitement