Haletante et foisonnante, la mythologie grecque n’a pas fini de nourrir nos rêves. À l’intérieur de ce labyrinthe mystérieux peuplé de créatures furieuses, merveilleuses, amoureuses, nous aimons nous perdre et nous retrouver. Cet article propose une exploration des contes de la naissance du monde à travers le prisme de la mythologie comparée, en s'inspirant notamment des travaux de Pierre Sauzeau, spécialiste de mythologie comparée, et d'autres chercheurs.
La Mythologie Grecque : Un Labyrinthe Fascinant
La mythologie grecque, riche et complexe, offre un terrain fertile pour l'étude des origines du monde. En un seul récit poétique et enlevé, ce livre richement orné raconte toute la mythologie depuis le chaos initial jusqu’à la fin du monde des héros. Dans cette fabuleuse odyssée, chaque fleur porte le nom d’une jeune beauté trop aimée des dieux ; chaque bête naît d’un drame humain ou divin ; à chaque montagne, à chaque étoile s’attache un destin sublime ou monstrueux, issu de passions tourmentées. Pierre Sauzeau, helléniste et linguiste, s’est lancé dans une tentative héracléenne : rassembler en un seul livre tous les mythes, même les moins connus. Ses récits, servis par une plume alerte et appuyés sur sa grande connaissance des textes, ont été conçus pour être «plaisants ». Avec beaucoup de clarté, Pierre Sauzeaun réussit à mettre de l'ordre dans ce désordre, dans ces contes qui remontent à Mnémosyne, la déesse de la mémoire. En grand conteur, Pierre Sauzeaunous emmène à sa suite dans des pages stimulantes, où le sérieux scientifique n’est jamais un frein au plaisir de lecture. Durant des décennies d’enseignement, Pierre Sauzeau a transmis sa passion et sa science de la mythologie pour le plus grand plaisir de ses auditeurs. Il est également l’auteur de nombreux livres érudits et de traductions, dont, aux Belles Lettres, les Fables grecques et latines de l’Antiquité dans la collection « Editio Minor ».
La Naissance des Dieux et du Monde dans la Mythologie Grecque
Le premier livre de l'ouvrage de Pierre Sauzeau est consacré au monde des dieux, explorant la naissance des dieux, l'Olympe, les menaces d'En-bas, et le règne de Zeus. Le deuxième livre explore la nature, avec des chapitres sur le Ciel, les nymphes, les satyres, les silènes, les centaures, les aventures du dieu Pan, la mer, et les métamorphoses. La création des mortels est abordée dans le troisième livre, avec une discussion sur les « âges » de métal, Prométhée, Deucalion, et Hadès.
Prologue
L'ouvrage de Pierre Sauzeau est divisé en plusieurs livres et chapitres, offrant une structure claire pour explorer la mythologie grecque.
Le Monde des Dieux
- Chapitre 1. La naissance des dieux
- Chapitre 2. L’Olympe
- Chapitre 3. Les menaces d’En-bas : les Géants, Typhon, les Aloades
- Chapitre 4. Le règne de Zeus : naissances divines et répartition des parts
- Chapitre 5.
La Nature Est Merveille
- Chapitre 1. Le Ciel
- Chapitre 2. Nymphes, satyres et silènes
- Chapitre 3. Les Centaures
- Chapitre 4. Les aventures du dieu Pan
- Chapitre 5. La mer
- Chapitre 6. Métamorphoses 1 : l’origine des plantes
- Chapitre 7. Métamorphoses 2 : les oiseaux et les autres animaux
La Création des Mortel(le)s
- Chapitre 1. Les « âges » de métal
- Chapitre 2. Prométhée, Deucalion, et la naissance des mortel(le)s
- Chapitre 3. Hadès : le monde de la mort
Amours Divines et Mortelles
Le quatrième livre se penche sur les amours divines et mortelles, explorant les amours d'Aphrodite, Érôs et Psyché, les amours d'Aurore et de Lune, les amours d'Apollon, les amours de Poséidon, les amours de Déméter, et d'autres histoires d'amour.
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- Chapitre 1. Les amours d’Aphrodite
- Chapitre 2. Érôs et Psyché
- Chapitre 3. Les amours d'Aurore et de Lune
- Chapitre 4. Les amours d’Apollon
- Chapitre 5. Les amours de Poséidon
- Chapitre 6. Les amours de Déméter
- Chapitre 7. Amour, amour, quand tu nous tiens
Masculin et Féminin : D’Un Genre A L’Autre
Le cinquième livre explore les thèmes du masculin et du féminin, avec des chapitres sur Atalante et les expériences transgenres.
- Chapitre 1. Atalante : une chasseresse parmi les chasseurs
- Chapitre 2. Expériences transgenres en tous genres
- Chapitre 3.
Le Monde Héroïque
Le sixième livre est consacré au monde héroïque, explorant les mythes de la Crète, de l'Argolide, de Lemnos, de Samothrace, de Rhodes, de Béotie, de Thèbes, de Sparte, d'Athènes, de Pylos, de Troie, et des pays imaginaires.
- Chapitre 1. Monde mycénien, âges obscurs et monde héroïque
- Chapitre 2. Mythologie de la Crète
- Chapitre 3. Mythes de l’Argolide 1 : Phorôneus, Inachos, Iô, Danaos et les Danaïdes
- Chapitre 4. Mythes de l’Argolide 2 : Bellérophon. Danaé et Persée
- Chapitre 5. Mythes de l’Argolide 3 : le sceptre de Pélops : de Tantale aux Atrides
- Chapitre 6. Mythes de Lemnos, de Samothrace et de Rhodes
- Chapitre 7. Mythes de Béotie et de Thèbes
- Chapitre 8. Mythes de Sparte
- Chapitre 9. Mythes d’Athènes 1 : les Fils de la Terre
- Chapitre 10. Mythes d’Athènes 2 : Thésée
- Chapitre 11. Mythes de Pylos
- Chapitre 12. Mythes de Troie
- Chapitre 13. Les pays imaginaires
Les Grandes Aventures
Le septième livre se concentre sur les grandes aventures, notamment les enfances d'Héraclès, les Travaux d'Héraclès, les mythes d'Héraclès, la fin d'Héraclès et son apothéose, les Héraclides, la Toison d'Or, Jason et les Argonautes, et la Colchide.
- Chapitre 1. Les enfances d’Héraclès : naissance, enfance, jeunesse et premiers exploits
- Chapitre 2. Les Travaux d’Héraclès
- Chapitre 3. Les mythes d’Héraclès : des exploits et un crime
- Chapitre 4. La fin d’Héraclès et son apothéose
- Chapitre 5. Les Héraclides
- Chapitre 6. La Toison d’Or
- Chapitre 7. Jason et les Argonautes
- Chapitre 8. La Colchide et le retour des Argonautes
- Chapitre 9.
Le Dessein de Zeus
Le huitième livre explore le dessein de Zeus, avec des chapitres sur la guerre de Troie, la « colère d’Achille », et les événements après la prise de Troie.
- Chapitre 1. La guerre de Troie aura lieu
- Chapitre 2. La guerre de Troie a lieu
- Chapitre 3. La « colère d’Achille »
- Chapitre 4. Après la colère d’Achille
- Chapitre 5. Après la mort d’Achille
- Chapitre 6. La prise de Troie
- Chapitre 7. Après la prise de Troie
Les Retours
Le neuvième livre est consacré aux retours, avec des chapitres sur les tempêtes et vengeances divines, les retours maudits, et le retour d'Ulysse.
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- Chapitre 1. Tempêtes et vengeances divines
- Chapitre 2. Retours maudits
- Chapitre 3. Le retour d’Ulysse
Devins, Poètes, Médecins et Magiciennes
Le dixième livre explore les figures de devins, poètes, médecins et magiciennes.
- Chapitre 1. Magiciennes, magiciens et médecins
- Chapitre 2.
La Mythologie Comparée : Une Approche Scientifique
La mythologie comparée, en tant que discipline, s'est affirmée comme une approche scientifique de l'étude des mythes de différentes cultures. Elle se rattache à l’anthropologie et à l’histoire des religions. Elle s’est affirmée comme une discipline à ambition scientifique grâce aux travaux de Max Müller. La mythologie comparée est née du développement des études philologiques. Quand la « Grammaire comparée » de Franz Bopp commença à démontrer une certaine unité des langues européennes et des idiomes de la Perse et de l’Inde ,certains chercheurs furent tentés de conclure que les Grecs et les Romains n’avaient pas plus inventé leurs mythologies que leurs langues et que leurs dieux comme leurs mots, étaient un héritage. Il semblait aussi qu’il en était de même pour les Iraniens, les Hindous, le Slaves, les Germains, Les Celtes. Les ethnologues de l’époque nommèrent ces peuples Aryas.
Les Différentes Approches de la Mythologie Comparée
Plusieurs systèmes d'interprétation des mythes ont été développés au fil du temps.
Le Système Allégorique
Le Système allégorique niait le sens littéral des mythes, ou plutôt il prétendait que sous le voile du mythe se dérobe une vérité très différente de celle qu’insinue l’apparence matérielle du fait. Cette vérité est de l’ordre physique ou métaphysique, suivant que l’allégorie cache un principe d’action, un phénomène de la nature sensible ou l’essence même des choses. Ce système d’interprétation, que Socrate et Platon avaient déjà plus ou moins abordé, fut surtout mis en œuvre par les néoplatoniciens. Ainsi pour Épicharme, les dieux ne sont autre chose que les vents, l’eau, la terre, le soleil, le feu et les astres. L’interprétation allégorique n’est pas demeurée le privilège exclusif de l’antiquité. Elle s’est perpétués longtemps encore et a trouvé des adeptes parmi les chercheurs du XVIII° et XIX° siècle. En 1810, le système allégorique ou symbolique fut repris dans une œuvre qui est demeurée célèbre. « La Symbolique » de Creuzer qui a dû sa grande vogue sous le titre de sa traduction « Les Religions de l’antiquité considérées principalement dans leurs formes symboliques ». Dans cet ouvrage Creuzer suppose que les mythes grecs sont l’œuvre des prêtres de l’Orient. Ceux-ci auraient voulu transmettre, sous une forme populaire accommoder à l’intelligence moins instruite du vulgaire, les hautes vérités morales et religieuses qui formaient les croyances de de la primitive humanité. D’après lui il aurait existé une philosophie primordiale, basée sur le dogme de l’unité de Dieu. Mais ces doctrines mystérieuses et profondes, patrimoine des anciens patriarches avant Abraham, dépassa bientôt les esprits grossiers de la foule. Elle fut réservée à un petit nombre d’initiés et, s’il faut en croire Creuzer , communiquée sous le sceau du secret aux mystères d’Éleusis.
Le Système Évhémériste
Pour les mythographes du XVII° siècle, la mythologie est une corruption de la Bible, le polythéisme est une déviation de la plus ancienne religion juive. Ainsi l’évêque d’Avranches, dans sa « Démonstration évangélique », retrouve le personnage de Moïse tout à la fois dans Zoroastre, Orphée, Apollon, Vulcain, Faunus, Toth, Adonis et Thammuz. Pour Samuel Bochard, Saturne est le pastiche de Noé dont les trois fils se retrouvent également dans ceux de Saturne : car Jupiter fait penser à Cham, Neptune représente Japhet et Sem revit dans Pluton. Évhémère vivait au III° siècle avant Jésus-Christ. Chargé par Cassandre, roi de Macédoine, d’un voyage d’exploration dans l’Inde, on rapporte qu’au cours de sa navigation à travers l’océan Indien, il aborda à l’île de Panchaïa. Là, il découvrit d’anciens temples ornés d’inscriptions. Ces inscriptions relataient le lieu de naissance et l’année de la mort des principaux dieux. Évhémère en conclut que les dieux des Grecs n’étaient que des princes ou des sages, divinisés après leur mort. Cette interprétation supprimait toute croyance à des divinités, dont l’existence et le caractère étaient niés à la fois. Aussi les défenseurs du paganismes, Cicéron, Plutarque, Sextus Empiricus convainquirent-ils Évhémère d’athéisme et s’efforcèrent-ils de battre en brèche l’authenticité de ses écrits. Au contraire, les stoïciens et les sceptiques de Rome mirent ses théories en honneur. Les apologistes chrétiens empruntèrent à l’Évhémèrisme ses arguments contre les fables païennes. Saint Augustin n’admet pas le reproche de bavardage poétique qu’on adressait à l’Évhémèrisme ; ce système lui paraît au contraire le fruit d’une critique historique sérieuse, historica diligentia.
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Théories d'Ottfried Müller et Forchhammer
En 1825 Ottfried Müller créa une nouvelle théorie dans ses « Prolégomènes à une mythologie scientifique ». La mythologie comparée part de l’hypothèse de l’unité linguistique et religieuse des peuples aryens. Or, pour Ottfried Müller, nos mythes européens ne seraient pas essentiellement aryens ; ils seraient le résultat d’un acte inconscient, une conséquence de l’impuissance d’abstraire, où se trouvait l’humanité à son berceau. Dans cette impuissance, l’esprit de l’homme envisage les faits religieux et moraux, comme les phénomènes de la nature physique, sous une forme purement concrète et vivante. Forchhammer, le continuateur d’Ottfried Müller modifia par la suite cette théorie. Pour lui les mythes s’expliquent par la topographie, ils doivent leur naissance à des phénomènes exclusivement locaux. Ainsi il faut se rendre à Delphes, sur les lieux mêmes, pour comprendre la lutte d’Apollon contre le serpent Python. Là, entre deux roches, Nauplia et Hyampéia, un torrent roule avec fracas dans la vallée du Pleitos. Le serpent Python n’est autre chose que ce torrent sinueux. Forchhammer chercher à Réagir contre la mythologie comparée dont il prévoyait les excès ; il est tombé dans un autre écueil.
Le Système Solaire de Max Müller
Max Müller a exposé lui-même l’ensemble de ses idées dans le passage suivant : « Le lever et le coucher du soleil, le retour quotidien du jour et de la nuit, le combat entre la lumière et l’obscurité, tout ce drame solaire qui se joue chaque jour, chaque mois, chaque année dans le ciel et sur terre, voilà ce que je regarde comme le principal sujet de la mythologie primitive. Je pense que l’idée même de puissances divines a pris naissance dans l’étonnement avec lequel les ancêtres de la famille aryenne contemplaient les puissances brillantes (dêva) dont personne ne pouvait dire d’où elle venaient, ni où elles allaient, qui jamais ne faisaient défaut, qui ne se flétrissaient ni ne mourraient jamais et qui étaient appelées immortelles, c’est-à-dire qui ne passent point, pour les distinguer de la faible et périssable race de l’homme. Pour Max Müller aux époques primitives, tout était poésie dans le langage des hommes. Les objets étaient tous définis par leurs attributs : l’aurore, par exemple, s’appelait la « brillante », le soleil « l’étincelant ». Par conséquent, les mots primitifs sont presque tous des adjectifs ayant leur terminaison propre à chaque genre de la nature à éveiller dans l’esprit une idée de sexe correspondante. Il était donc presque impossible, dit Max Müller, dans cet état du langage, de parler sans personnifier, sans créer des personnes, des dieux, des déesses, des génies.
Les Théories d'Albert Kuhn et M Sayce
Pour Albert Kuhn. Les légendes primitives trouvent toute leur explication dans l’orage, la nuée ténébreuse dont les flancs portent la tempête « Les nuages, la pluie, l’éclair et la foudre étaient des spectacles qui frappaient plus que tous les autres l’imaginaire des Aryas primitifs, et rien ne devait leur faire plus impression que les aspects changeants de ces phénomènes. Le lever et la course des corps célestes les laissaient indifférents à cause de de la régularité de leurs mouvements. Mais les premiers hommes ne pouvaient voir sans une secrète inquiétude les brusques changements météorologiques, si irréguliers, si mystérieux dans leur apparitions, si prompts et si saisissables dans leurs effets. M Sayce, le savant assyriologue anglais, a touché aux questions mythologiques dans son ouvrage sur les « Principes de la philologie comparée ». A l’exemple de Max Müller et de M. Adalbert Kuhn, il base son système d’interprétation mythique sur la philologie et l’étymologie. Pour lui aussi le langage démontre l’identité d’origine des mythes. D’après ce savant, une déification des objets matériels qui furent pour l’homme primitif les auxiliaires de sa subsistance.
Le Système Psychologique de M. Fiske
Pour Max Müller, la mythologie dérive du mot, pour M. Fiske de la pensée. L’homme antique ignorait les forces de la nature, leurs causes surtout et la nature des agents cosmique; il leur donna ses propres passions, ses propres conceptions. Le soleil luisait, le vent s’agitait, les tempêtes se déchaînaient pour des motifs analogues à ceux qui poussent les hommes à l’action.
Le Système Iconographique de M. Clermont-Ganneau
M. Clermont-Ganneau propose une autre interprétation. Il pense que plusieurs mythes sont dus à la transmission de monuments figurés mal compris.
Les Mythes et l'Histoire
Les rapports entre mythe et histoire sont complexes. Il faut prendre en compte la mythisation de l’histoire, et inversement l’historicisation de certains récits mythiques, mais aussi l’histoire propre des mythes - voire leur préhistoire -, et encore l’idée fausse, qu’on appelle historicisme, selon laquelle les mythes et les légendes ne seraient que de l’histoire déguisée.
Les Études Phylogénétiques des Mythes
Grâce à des technologies de pointe, les chercheurs Jean-Loïc Le Quellec et Yuri Berezkin ont élucidé l’énigme des similarités entre des mythologies distantes de milliers de kilomètres et d’années. En empruntant aux biologistes de l'évolution leurs méthodes statistiques de classification des espèces du vivant sous forme d'arbres phylogénétiques, cet ouvrage novateur entreprend d'étayer de manière rigoureuse une intuition fondatrice de la mythologie comparée.
La Diffusion des Mythes
La transmission des mythes suit une répartition en ondes successives et n’est pas due à des voyageurs qui passeraient de village en village pour animer les veillées. La transmission s’opère de porteur actif à porteur actif, ce qui la fragilise considérablement: quand l’une de ces personnes meurt avant d’avoir transmis son répertoire, celui-ci disparaît. La diffusion des mythes est en général bien moindre que celle des contes.
Les Mythes et l'Identité des Peuples
Puisque, pour l'essentiel, les mythes sont hérités des générations précédentes et que, par ailleurs, les mythes sont liés à l'identité des peuples, les arbres de parenté racontent aussi l'histoire des migrations de populations.
Exemples de Mythes et Leur Diffusion
L'article cite plusieurs exemples de mythes et leur diffusion à travers le monde, notamment les mythes de la Chasse cosmique, les mythes de type Pygmalion, et les mythes de type Polyphème.
Le Mythe de la Chasse Cosmique
Dans ce type de récit, un homme pourchasse un animal ou le tue, et les deux êtres se transforment en constellation(s). Chez les Iroquois du Nord-Est de l'Amérique, trois chasseurs poursuivent un ours. Le sang de la bête blessée teinte les feuilles de la forêt automnale. L'animal gravit alors une montagne et, d'un saut, atteint le ciel. Les chasseurs et l'animal deviennent alors la constellation de la Grande Ourse. Chez les Tchouktches, un peuple de Sibérie, la constellation d'Orion est un chasseur qui poursuit un renne : Cassiopée.
Le Mythe de Pygmalion
Présents en Europe et en Afrique, les mythes de type Pygmalion évoquent un homme qui crée une sculpture et en tombe amoureux. Dans la version grecque d'Ovide, un homme, déçu par les femmes réelles, réalise une sculpture de marbre et s'en éprend. Il l'habille, lui parle, la caresse. Émue, Vénus rend cet amour possible en donnant vie à l'objet. Chez les Vendas d'Afrique australe, un homme sculpte dans un bloc de bois une femme. Le chef de la tribu veut s'en emparer.
Le Mythe de Polyphème
En Europe, il s'agit souvent d'un troupeau de moutons. Ainsi, dans la version grecque, le monstre est le cyclope anthropophage Polyphème (d'où le nom de ce type de mythes), l'homme étant Ulysse qui s'est aventuré dans sa grotte-bergerie. On retrouve des récits similaires en Amérique du Nord. Par exemple, les Pieds-Noirs, peuple de la famille algonquine, racontent une histoire où Corbeau (à la fois homme et oiseau chez les Amérindiens) cache les bisons dans une grotte.
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