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Conséquences de l'avortement en Angleterre : Statistiques et Perspectives

L'avortement, sujet sensible et complexe, suscite de vifs débats à travers le monde. Cet article examine les conséquences de l'avortement en Angleterre, en s'appuyant sur des statistiques récentes et en explorant les différentes perspectives qui entourent cette pratique.

Légalité et réglementation de l'avortement au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l'avortement est autorisé, mais il est réglementé par des lois spécifiques. La Abortion Act 1967 autorise l'avortement dans certaines circonstances en Angleterre, au pays de Galles et en Écosse. Une femme peut ainsi obtenir légalement une interruption de grossesse jusqu’à 23 semaines et 6 jours de gestation en Angleterre, au pays de Galles et en Écosse, mais seulement jusqu’à 11 semaines et 6 jours en Irlande du Nord. Dans les trois premières régions, malgré ce long délai légal, l’avortement continue de s’inscrire dans un cadre pénal (dont l’application est souple).

Si le texte de cette loi, toujours en application aujourd’hui, était, au final, plus rigide que l’image qu’il pouvait projeter à la même période dans le reste de l’Europe, l’esprit de la loi était quant à lui beaucoup plus souple et, dans la pratique, il n’était pas très difficile d’obtenir la signature de deux médecins.

Statistiques récentes sur l'avortement en Écosse et en Angleterre

Selon les statistiques de Public Health Scotland, 18 207 avortements ont été pratiqués en Écosse en 2023, le chiffre le plus élevé observé jusque là. Les chiffres ont augmenté pour toutes les classes d’âge et dans toutes les régions. En 2023, les « avortements à répétition » ont en outre représenté 39,92 % de tous les avortements, passant de 6 443 en 2022 à 7 268 en 2023. Les statistiques montrent aussi une augmentation de 4 % des avortements liés au handicap en Écosse. En effet, 285 fœtus porteurs de handicap ont été avortés en 2023, dont 49 en raison d’une trisomie 21. Cette importante augmentation des avortements arrive trois ans après l’autorisation des avortements à domicile en Écosse.

Les chiffres de l’Écosse arrivent peu de temps après ceux du ministère de la Santé et des Affaires sociales (DHSC) concernant les avortements pratiqués en Angleterre et au pays de Galles. En 2022, 252 122 avortements ont été recensés, soit une augmentation de 37 253 (17,34 %) par rapport à 2021 et le plus grand nombre d’avortements enregistré jusque là. Les statistiques révèlent également qu’il y a eu 3 124 avortements en raison du handicap de l’enfant à naitre en 2022. Actuellement, en Angleterre et au pays de Galles, l’avortement est autorisé jusqu’à 24 semaines. En cas de handicap du bébé, notamment de trisomie 21, il est toutefois possible d’avorter jusqu’à la naissance. Un amendement au projet de loi sur la justice pénale a cependant été déposé par un député, Sir Liam Fox, afin de mettre fin à cette exception et d’unifier les délais en autorisant l’avortement jusqu’à 24 semaines quelle que soit la situation.

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Obstacles à l'accès à l'avortement au Royaume-Uni

Bien que l'avortement soit légal et accessible au Royaume-Uni, plusieurs obstacles peuvent compliquer l'accès des femmes à la procédure. Ces obstacles comprennent des barrières géographiques, des coûts financiers, la stigmatisation sociale, des exigences légales ou encore des problèmes logistiques comme les longues listes d'attente. Les femmes peuvent également faire face à des défis psychologiques et émotionnels, notamment en raison de la montée des campagnes anti-avortement qui ciblent les cliniques.

Une enquête du Sénat en 2023 a révélé que l'accès à l'avortement est une "loterie postale", ce qui signifie que celles qui vivent dans des zones régionales ou rurales ou qui subissent d'autres désavantages socio-économiques, ont plus de mal à accéder aux avortements. Fin 2024, il a été révélé que certains praticiens médicaux faisaient obstruction aux avortements, laissant les femmes sans accès à la procédure dans certaines parties de la région rurale de la Nouvelle-Galles du Sud (NSW). Dans d'autres régions, il a été rapporté que des patientes se voyaient refuser l'accès à l'avortement en raison de positions idéologiques, de directives floues, de pénuries chroniques de personnel, de ressources surchargées et du manque de financement gouvernemental.

Montée de la rhétorique anti-avortement au Royaume-Uni

Il y a eu une montée notable de la rhétorique anti-avortement, qui est à la base d'une enquête à venir dans Marie Claire UK. Plusieurs groupes organisés militent activement contre l'avortement au Royaume-Uni et ils ont une certaine présence. Les principaux groupes anti-avortement au Royaume-Uni sont : Right to Life UK, SPUC (Society for the Protection of Unborn Children), Life, et 40 Days for Life. Il y a eu une montée des campagnes pro-vie ciblant les cliniques d'avortement, ce qui a conduit à l'introduction des Safe Zones. L'introduction des Safe Zones a été largement saluée au Royaume-Uni, mais l'investigatrice et correspondante internationale primée de The Independent, Bel Trew, dont le documentaire The A-Word a révélé les conséquences dévastatrices des interdictions d'avortement aux États-Unis, a fait des parallèles entre ces zones et la FACE Act des États-Unis dans les années 90.

Impact de la décision Dobbs v. Jackson Women's Health Organization

Les répercussions de la décision prise par la Cour suprême des États-Unis, quatre ans plus tard, le 6 juin 2022, de renverser Roe v. Wade, si elles furent grandes à travers l’Europe, se firent plus particulièrement sentir au Royaume-Uni, en raison de la proximité juridique (tous deux utilisent la Common Law) et linguistique entre les deux pays. Ces campagnes sont délibérément trompeuses, n’ont pas de fondement médical ou scientifique et reposent sur des visuels dont le but est de choquer (fœtus ensanglantés, bébés prématurés, etc.). Les revenus du groupe de pression ont quant à eux augmenté de 60 % et les réactions à leurs publicités sont passées de moins d’un million à 13,5 millions sur la même période.

Poursuites engagées contre des femmes ayant tenté de mettre fin à une grossesse

En outre, les craintes relatives à un retour en arrière ou une application plus stricte de l’Abortion Act semblent bel et bien fondées au vu de l’augmentation du nombre de poursuites engagées contre des femmes ayant tenté de mettre un terme à une grossesse en dehors du cadre prévu par la loi. La presse mentionne une hausse du nombre d’avortements qui figurent dans les statistiques de mesure de la criminalité en Angleterre et au pays de Galles. Ainsi, The Independent révèle qu’en 2012, seuls 8 avortements figuraient dans ces statistiques du ministère de l’Intérieur, là où 28 cas étaient recensés en 2020 et 40 en 2021 ; la surveillance policière de ces actes précéderait même le revirement de jurisprudence de la Cour suprême des États-Unis. Carla Foster est devenue le visage de ce durcissement juridico-légal en Angleterre au printemps-été 2023. En effet, cette mère de trois enfants, qui mit fin à une grossesse au-delà du délai légal pendant le confinement de 2020, en mentant aux services de santé quant à l’avancée de sa grossesse, fut condamnée en première instance à une peine de prison de 28 mois en juin 2023. De nombreuses manifestations de soutien furent organisées, et Carla Foster fit appel de la décision. La décision de la Cour d’appel, rendue en juillet 2023, réduisit cette peine de moitié et la suspendit, mettant fin à sa détention de façon immédiate. Dans l’arrêt, la juge indique qu’il s’agit d’« un cas très triste qui appelle à la compassion, et non à la punition. Le maintien en détention de Mme Foster n’a aucune utilité ».

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Recommandations visant à garantir la confidentialité des informations de santé

Allant même plus loin, le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (RCOG), à la tête d’une coalition de 60 organisations et professionnels de santé, a annoncé, en janvier 2024, l’introduction de nouvelles recommandations visant à garantir au maximum la confidentialité des informations de santé, pour protéger les femmes souhaitant mettre un terme à une grossesse. Rappelons que l’interruption de grossesse est l’une des procédures médicales les plus fréquentes chez les femmes (en moyenne, une femme sur trois en Europe y aura recours au cours de sa vie) et qu’elle est sans risque lorsqu’elle est pratiquée dans de bonnes conditions, comme celles recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Nous avons la conviction qu’il n’est jamais dans l’intérêt public de mener des enquêtes sur des femmes qui ont cherché à mettre fin à leur propre grossesse et de les poursuivre.

Conséquences de l'avortement : une question complexe

L’avortement pose des problèmes à plusieurs niveaux. Il y a d’abord l’atteinte à la vie de l’enfant, ce qui est bien sûr le problème le plus grave. La société ne devrait pas s’habituer à ce flot incessant d’enfants sacrifiés. Il y a ensuite les atteintes causées par l’avortement à la santé des femmes et des couples. Selon un sondage de l’IFOP de 2020, 92 % des femmes déclarent que l’avortement laisse des traces difficiles à vivre, elles sont 96 % chez les 25-34 ans.

L’avortement est un acte traumatisant pour de nombreuses femmes, cela est largement prouvé par les études statistiques. Outre les troubles physiques pour la femme et les futures grossesses, l’avortement provoque aussi des troubles psychologiques : des dépressions et des idées suicidaires, notamment chez les jeunes. Ainsi, 42 % des femmes qui ont avorté avant l’âge de 25 ans souffrent de dépression. Le taux de suicides est multiplié par 6,5 chez les femmes ayant avorté par rapport à celles ayant accouché. La moitié des femmes mineures qui ont subi un avortement souffre de pensées suicidaires. Les femmes qui ont avorté ont aussi trois fois plus de risques de subir des violences physiques, mentales ou sexuelles que les femmes qui ont mené leur grossesse à terme. L’avortement affecte aussi les hommes : ils sont 40 % à vivre une détresse psychologique forte à cette occasion. Et 22 % des couples se séparent suite à un avortement.

L’avortement médicamenteux pose des problèmes supplémentaires car il est particulièrement éprouvant et douloureux pour les femmes, qui, de plus en plus, avortent chez elles sans assistance. Imaginer ces milliers de jeunes filles qui se tordent de douleur et perdent leur sang en cachette dans les toilettes est abominable. Les saignements peuvent durer une quinzaine de jours. En France, l’avortement médicamenteux peut être entièrement réalisé en téléconsultation. Au-delà, l’avortement a des conséquences pour toute la société, notamment démographiques.

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