Les infections sexuellement transmissibles (IST), autrefois appelées maladies sexuellement transmissibles (MST), représentent un enjeu majeur de santé publique. Elles se transmettent principalement lors de contacts et de rapports sexuels, avec ou sans pénétration. Une bonne information sur les modes de transmission, les dépistages et les traitements est essentielle pour une vie sexuelle épanouie et à moindres risques.
IST/MST : Une Question de Terminologie
Les sigles IST (Infection Sexuellement Transmissible) et MST (Maladie Sexuellement Transmissible) sont souvent utilisés de manière interchangeable, tout comme l'expression "maladie vénérienne". Cependant, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) privilégie désormais le terme "infection" car il reflète mieux la réalité : on peut être porteur d'une IST sans pour autant ressentir de symptômes ou se sentir "malade". On peut donc être contagieux sans s'en rendre compte.
Les Causes des IST
Les IST sont provoquées par divers agents infectieux :
- Virus : responsables de l'hépatite B, de l'herpès génital, du VIH (virus de l'immunodéficience humaine) et des HPV (papillomavirus humains).
- Bactéries : responsables de la syphilis, de la gonorrhée et de la chlamydiose.
- Parasites : responsables de la trichomonase.
Modes de Transmission des IST
Les IST se transmettent principalement lors de rapports sexuels, avec ou sans pénétration (vaginale, anale ou orale). Certaines IST, comme les infections à chlamydia, à papillomavirus ou l’herpès, peuvent se transmettre lors de caresses sexuelles, par échange de fluides sexuels ou par contact direct avec des lésions ou des muqueuses infectées. Bien que rares, certaines IST sont contaminantes par le sang et peuvent se transmettre entre la mère et l’enfant pendant la grossesse ou à l’accouchement. Un seul contact sexuel suffit pour la transmission d’une IST, sans qu’il n’y ait besoin d’avoir pénétration vaginale ou éjaculation. L’infection peut se faire par la bouche en cas de rapport oral.
Il est important de noter que la transmission des IST par la bouche est bien réelle, mais encore largement méconnue. Beaucoup de patients pensent à tort que les rapports oraux sont sans risque, ce qui est faux. Le contact entre la bouche, la gorge et les organes génitaux peut permettre la transmission de nombreuses infections sexuellement transmissibles, même en l’absence de symptômes visibles.
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Symptômes des IST
Les signes d’IST ne sont pas toujours visibles ou ne se font pas toujours sentir. Cependant, certains symptômes peuvent alerter :
- Des pertes ou des écoulements du vagin ou du pénis d’une couleur ou d’une odeur inhabituelles.
- Des rougeurs, des brûlures ou des démangeaisons au niveau des parties génitales ou en urinant.
- Des douleurs pendant les rapports sexuels ou dans le bas-ventre.
- De la fièvre.
- Des douleurs dans le bas du ventre.
- Des pertes malodorantes.
- Une éruption cutanée.
- Des écoulements anormaux des organes génitaux.
- Des douleurs lors des rapports sexuels.
Certaines IST peuvent être présentes sans qu’il y ait de signes apparents. Si elle n’est pas détectée tôt et traitée rapidement, l’infection continue d’évoluer silencieusement et peut conduire à une maladie grave (sida, cancer du col de l’utérus) ou des complications de santé selon le type d’infection (maladie inflammatoire pelvienne, risque d’infertilité, problèmes neurologiques et cardiovasculaires).
Dépistage des IST
L’unique façon de savoir si vous êtes porteur d’une IST est le dépistage ou un diagnostic médical. Pour détecter certaines IST, un examen médical peut suffire (comme pour les condylomes causés par les papillomavirus). Pour d’autres, c’est une prise de sang ou un prélèvement qui permettra de confirmer de manière certaine si vous avez une IST. Pour le VIH, la syphilis et l’hépatite C, il existe des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) qui, à partir d’une piqûre au bout du doigt, permettent d’obtenir un résultat en quelques minutes.
Pourquoi se faire dépister ?
Le dépistage des IST est important, car on peut être porteur d’une IST sans ressentir de symptômes ou se sentir « malade ». Une IST non traitée peut entraîner, à terme, des complications plus ou moins graves pour la santé. La mise en place rapide d’un traitement adapté permet donc d’éviter les complications. Pour éviter de se réinfecter, le dépistage et, si besoin, le traitement de son ou ses partenaires sont recommandés.
Quand se faire dépister ?
- En cas de signes, de symptômes ou de doutes.
- Si votre partenaire ou un ancien partenaire a eu une IST, un dépistage doit être effectué dès que possible.
- Si vous avez des rapports sexuels avec plusieurs personnes dans l'année, faites-vous régulièrement dépister.
- Si vous souhaitez arrêter les préservatifs avec un partenaire exclusif, faites-vous dépister tous les deux pour toutes les IST.
- Si vous projetez une grossesse ou si vous êtes enceinte, il sera nécessaire de déceler d’éventuelles IST pour éviter des complications pendant la grossesse. Il est conseillé de faire les dépistages pour tous les partenaires.
- Après chaque rapport à risque.
Où se faire dépister ?
Aujourd’hui, toute personne majeure, ou mineure avec le consentement d’un représentant de l’autorité parentale, peut réaliser un dépistage des IST, sans ordonnance, dans un laboratoire d’analyses.
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Prise en charge du Dépistage
Depuis le 1er septembre 2024, le dépistage des quatre Infections Sexuellement Transmissibles (IST) suivantes sera disponible sans ordonnance dans tous les laboratoires d'analyses médicales :
- Chlamydiae (infection à Chlamydia trachomatis)
- Gonococcie (infection à Neisseria gonorrhoeae)
- Syphilis (infection à Treponema pallidum)
- Hépatite B (infection par le virus de l'hépatite B)
Pour les moins de 26 ans, ces dépistages sont entièrement pris en charge par l’Assurance Maladie. Pour les plus de 26 ans, le dépistage des IST est remboursé à 60% par l'Assurance Maladie et à 40% par votre mutuelle. Le test du VIH reste sans frais (100% pris en charge par l'Assurance Maladie).
Types de Prélèvements
- VIH, Hépatite B, Syphilis : Prise de sang (il n’est pas nécessaire d’être à jeun).
- Chlamydiae, Gonococcie :
- Chez l’homme : analyse d’urine (premier jet d’urine).
- Chez la femme : un auto-prélèvement vaginal de préférence ou prélèvement urinaire, si le prélèvement vaginal n’est pas possible.
- Et parfois, pour les 2 sexes, un auto-prélèvement local (ano-rectal, pharyngé et génito-urinaire, selon les pratiques sexuelles).
Interprétation des Résultats
- Si le résultat du test est POSITIF : Cela signifie que vous êtes contaminé par une IST.
- Si le résultat du test est NÉGATIF : Cela signifie que vous n’êtes pas contaminé par une IST.
Le biologiste vous conseillera et vous orientera vers votre médecin ou vers un Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) afin que vous ayez un traitement adapté.
Que Faire en Cas de Résultat Positif ?
- Chlamydia, Gonococcie, ou Syphilis : traitement antibiotique. Un nouveau dépistage est à effectuer dans les 3 à 6 mois après le traitement afin de s’assurer de son efficacité.
- VIH : traitement antirétroviral. Son but est de réduire la multiplication du virus dans l’organisme. Le traitement est à prendre à vie. Un suivi médical régulier par un médecin est également nécessaire.
- Hépatite B : médicament anti-viral.
Un test de dépistage des IST est toujours à refaire : en cas de doute, après chaque rapport à risque, ou en présence de signes anormaux. Cas particulier : Un résultat négatif d’infection par le VIH est à confirmer avec un second dépistage à faire 1 mois et demi plus tard si l’exposition au risque de contamination date de moins de 6 semaines.
Dans l’attente de vos résultats, dispensez-vous de toute activité sexuelle pour ne pas contaminer votre ou vos partenaires. Si une IST est dépistée, prévenez ce ou ces derniers afin qu’ils puissent également effectuer un dépistage et se faire traiter.
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Traitement des IST
Vite détectées, la majorité des IST se soignent en quelques jours ! Il n’est pas du tout recommandé de se soigner par soi-même : vous pourriez aggraver la situation ou bien vous risqueriez de ne pas réussir à venir à bout de votre infection et de la voir réapparaître, ou encore qu’elle provoque des séquelles. Suivez donc bien les conseils et le traitement de votre médecin, et pensez à informer vos partenaires, passés et présents, afin de ne pas vous recontaminer les uns les autres.
Pourquoi se faire soigner ?
- Éviter que les premiers symptômes s’aggravent et entraînent des séquelles ou des complications (infertilité, fausse couche, grossesses extra-utérines, cancers, etc.) qui seraient plus difficiles à soigner par la suite.
- Être porteur d’une IST peut augmenter le risque de contracter une autre IST (l’herpès ou la syphilis, par exemple, augmentent le risque de contracter le VIH).
- Éviter de contaminer d’autres personnes.
Prévention des IST
La prévention des IST repose sur plusieurs piliers :
- Utilisation du préservatif : L’utilisation systématique du préservatif externe ou interne est le meilleur moyen de se protéger des IST. Toutefois, le préservatif peut être insuffisant pour éviter la transmission de certaines IST.
- Dépistage régulier : Il est important de faire des dépistages et de se traiter, cela évite de les transmettre à d’autres.
- Vaccination : Certaines IST peuvent être évitées grâce à la vaccination. C’est le cas notamment des hépatites A et B et du papillomavirus. La vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour les nourrissons de plus de 2 mois nés après le 1er janvier 2018, pour les professionnels de santé et les étudiants en filière médicale et paramédicale. Pour s’en prémunir, les jeunes filles ont la possibilité de réaliser un vaccin contre le cancer du col de l’utérus.
- Prophylaxie pré-exposition (PrEP) : Le risque d’attraper le VIH peut être considérablement réduit grâce à une prophylaxie pré-exposition (PrEP).
- Hygiène : La propagation des IST peut aussi être ralentie par des mesures d’hygiène simples. Celles-ci incluent un lavage des mains régulier, l’utilisation de linge de toilette propre, le maintien d’une bonne hygiène bucco-dentaire, ou l’usage de gants en cas d’introduction de la main dans l’anus du partenaire, pratique susceptible de fragiliser les tissus et donc de favoriser une infection.
- Communication : Ouvrir la discussion autour des IST est essentiel. Il faut déconstruire, ensemble, les représentations dépassées de ces maladies encore perçues comme « honteuses » et « sales ».
Se Protéger Lors des Rapports Orals
Même si le risque de transmission est généralement plus faible par la bouche que par pénétration, il n’est pas nul. Voici quelques conseils :
- Utiliser des préservatifs ou digues dentaires (barrière de latex pour le cunnilingus ou l’anulingus).
- Éviter les rapports oraux si vous ou votre partenaire avez des lésions visibles, un bouton de fièvre ou des symptômes suspects.
- Se faire dépister régulièrement, surtout en cas de partenaires multiples ou nouveaux.
- Limiter les échanges buccaux en cas de gencives fragiles, saignements ou soins dentaires récents.
Les Principales IST et Leurs Modes de Transmission Spécifiques
- Chlamydia : La chlamydia est si contagieuse que vous pouvez la contracter lors de rapports sexuels sans pénétration ni éjaculation. Les caresses au niveau des muqueuses, les fellations, les cunnilingus, les annulingus, tout comme les sextoys, peuvent transmettre la bactérie. La chlamydia se soigne très bien lorsqu’elle est prise à temps. Elle est causée par Chlamydia trachomatis, une bactérie fréquemment retrouvée dans les IST, et qui peut se transmettre par rapport sexuel oral, surtout via la fellation. Elle est moins fréquente dans la gorge que la gonorrhée, mais possible.
- Gonorrhée : La gonococcie ou blennorragie peut s’installer dans la gorge (pharyngite gonococcique) après une fellation ou un anulingus.
- Hépatite B : Le virus se transmet par le sperme, les sécrétions vaginales et le sang (y compris celui des règles).
- Herpès Génital : Pour le HSV1, la contamination a lieu au cours d’un rapport bucco-génital (cunnilingus, fellation, annulingus). L’infection par le HSV2 se fait par contact avec les secrétions sexuelles lors de caresses ou de rapports avec ou sans pénétration.
- Papillomavirus (HPV) : Les papillomavirus se transmettent par contact sexuel avec ou sans pénétration.
- Syphilis : Transmise par contact sexuel (y compris oral) par la bactérie Treponema pallidum. Une lésion en bouche (sur la langue, les lèvres) peut transmettre la bactérie par contact oral.
- VIH : Le VIH se transmet essentiellement lors d’un rapport sexuel avec pénétration (vaginal ou anal) et très rarement lors d’une fellation, ou d’un cunnilingus.
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