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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) en France : Guide Complet

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un droit fondamental garanti aux femmes en France depuis 1975. La loi assure à toute personne qui le souhaite la possibilité de recourir à une IVG dans des délais définis. Cet article vise à fournir une information complète et détaillée sur les procédures d'IVG en France, en abordant les aspects médicaux, légaux et pratiques.

Qu'est-ce que l'IVG ?

Une Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un acte médical qui désigne le fait d’interrompre une grossesse. En France, toutes les femmes, qu’elles soient mineures ou majeures, ont le droit de pratiquer une IVG. Il n’y a pas d’âge limite pour pratiquer une IVG, toutes les femmes y ont accès. De plus, une mineure n’est pas obligée d’en informer ses parents ou d’obtenir leur accord. Les professionnels de santé qui la prennent en charge ont besoin de connaître son nom, mais sont ensuite tenus au secret médical.

Les Différentes Méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes principales d'IVG en France, chacune reposant sur des techniques différentes et des délais de recours variables :

  • IVG médicamenteuse : Elle consiste à prendre des médicaments pour interrompre la grossesse.
  • IVG instrumentale : Aussi appelée IVG chirurgicale, elle consiste à une intervention médicale pour interrompre la grossesse.

Le choix de la méthode d’IVG à pratiquer revient à la patiente, selon ses éventuels problèmes médicaux et son terme de grossesse.

L'IVG Médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse représente 76 % des IVG réalisées en France. Elle est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d’absence de règles), et peut être réalisée en ville ou en établissement de santé. L'IVG médicamenteuse peut-être réalisée via une téléconsultation.

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Étapes de l'IVG médicamenteuse :

Deux médicaments sont nécessaires pour interrompre la grossesse.

  1. Prise du premier médicament (mifépristone) : Ce médicament bloque l’action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il favorise également les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. La mifépristone est prise soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les saignements commencent après la prise du 2e médicament. Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament.

    • Rôle et effets du premier comprimé :
      • bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse ;
      • favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin ;
      • provoque des saignements plus ou moins importants.
  2. Prise du second médicament (misoprostol) : Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard. L’expulsion de l’œuf se fait dans les 4 heures suivant la prise du deuxième comprimé dans 60 % des cas. Dans 40 % des cas, l'expulsion a lieu dans les 24 à 72 heures. Si votre groupe sanguin est rhésus négatif, vous recevrez une injection de gamma-globulines anti-D au plus tard dans les 72 h suivant le début du saignement pour éviter toute lors d’une prochaine grossesse.

    • Rôle et effets du second comprimé :
      • augmente les contractions ;
      • déclenche l’expulsion de l’œuf ;
      • provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique ;
      • peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées ;
      • entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite.

Efficacité de l'IVG médicamenteuse :

L'IVG médicamenteuse a un taux de réussite de 95 %.

L'IVG Instrumentale

S’agissant de l’IVG instrumentale, son délai de recours est de 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines d’absence de règles) depuis la parution de la loi n° 2022-295 du 2 mars 2022 visant à renforcer le droit à l'avortement. L’IVG chirurgicale, aussi appelée IVG instrumentale, consiste à dilater le col de l’utérus afin d’évacuer le contenu utérin par aspiration. À noter : l’IVG chirurgicale est réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et sa situation médicale.

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Les Étapes Préalables à l'IVG

Globalement, tout parcours IVG repose sur 4 grands temps forts à connaitre :

  1. La consultation d’information : Le premier temps préalable à la réalisation de l'IVG a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un (ancien centre de planification et d'éducation familial) et peut être réalisé à distance (téléconsultation). Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme :

    • vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide ;
    • vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures) ;
    • doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.
  2. Le recueil du consentement : Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme :

    • pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire ;
    • pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus (à partir de 25 ans).

Il n’existe pas de délai légal entre les deux temps préalables à l'IVG. Si vous le souhaitez, il est possible de réaliser ces deux temps au cours d’une seule et même consultation.

Si vous avez choisi la méthode médicamenteuse, vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du professionnel de santé ou à domicile. Si vous souhaitez réaliser l’IVG à domicile, le professionnel de santé vous remet les médicaments ainsi qu’un mémo pratique dans lequel vous retrouverez toutes les informations utiles concernant la procédure. Si vous avez fait le choix de la téléconsultation, vous devrez récupérer les médicaments en pharmacie. La prescription sera transmise par le médecin ou la sage-femme à la pharmacie de votre choix après vérification de la disponibilité des médicaments.

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IVG et Mineures :

Si vous êtes mineure :

  • Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG.
  • Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix.
  • Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG.

La Consultation de Suivi

14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications. Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme :

  • confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ;
  • vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ;
  • évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.

En cas d’échec de l’IVG (si la grossesse se poursuit), le médecin, ou la sage-femme, vous oriente vers l’IVG instrumentale.

Aspects Financiers

L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).

Préparation à une IVG Médicamenteuse

Afin que l’IVG médicamenteuse se déroule dans les meilleures conditions possibles, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans vos démarches par une personne de confiance. Si vous avez décidé de prendre les médicaments à votre domicile, essayez, dans la mesure du possible, de vous octroyer du repos. En cas de douleurs, un arrêt maladie peut vous être prescrit.

Où Avorter en Île-de-France ?

Un annuaire en ligne IVG les adresses permet de trouver rapidement l’adresse d’un professionnel de santé et/ou d’un établissement de santé réalisant l’IVG en Ile-de-France. Le site offre la possibilité de filtrer par type de méthode (IVG médicamenteuse ou chirurgicale) et de retrouver un établissement via la géolocalisation. Ce site est porté par le réseau de santé REVHO et soutenu par l’ARS Île-de-France.

Informations Complémentaires et Soutien

Pour plus d’information sur le recours à l’IVG, les modes de contraception ou toutes questions relatives à la sexualité, vous pouvez vous rendre sur :

  • Le site IVG.gouv
  • Le site Questions sexualités
  • Le site IVG les infos

Besoin d’aide, d’écoute ou de conseil ? N’hésitez pas à contacter le numéro vert : 0800 08 11 11. Il s’agit d’un numéro national anonyme et gratuit, disponible pour répondre à toutes vos questions sur les sexualités, la contraception et l’IVG. La ligne d’écoute est ouverte :

  • Le lundi de 9h à 22h.
  • Du mardi au samedi de 9h à 20h.

Difficultés Rencontrées Lors d'une IVG

Vous pouvez signaler auprès de l’ARS Île-de-France toutes difficultés rencontrées durant un parcours IVG.

L'IVG : Un Droit Fragile

L’avortement est un événement fréquent dans la vie des femmes, mais il demeure pour certaines un véritable parcours de la combattante ! Le droit à l'avortement est fragile : les droits des femmes et des personnes opprimées sont les premiers menacés et attaqués en situation de crise sanitaire, sociale, économique. Leur défense exige une vigilance et une lutte constante. Au Planning nous accueillons tous les jours des femmes souhaitant interrompre leur grossesse qui ont dépassé le délai français. Elles sont obligées d'aller à l'étranger pour avorter dans de bonnes conditions. Depuis 2009, la loi Hôpital Patient Santé Territoire et la généralisation de la T2A (Tarification à l’activité) entravent l’accès aux soins et en particulier à l’avortement. 130 centres IVG ont été fermés ces 15 dernières années et d’autres sont menacés.

Pour le Planning il est évident que les sages femmes, qui depuis 2016 peuvent pratiquer des IVG médicamenteuses, doivent avoir également la possibilité de réaliser les aspirations instrumentales jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée. Le Planning défend la suppression de la double clause de conscience pour l’IVG : aujourd’hui, en France, la clause de conscience des professionnel·le·s de santé leur reconnaît le droit de refuser tout acte médical autorisé par la loi hors cas d’urgence (article 47 du code de déontologie médicale). La double clause de conscience qui pèse sur l’IVG participe à une « moralisation » indue de l’avortement : celui-ci devrait être considéré comme n’importe quel acte médical faisant partie de la vie de milliers de femmes. Le Planning a toujours défendu l'autonomie et le droit de chaque personne à disposer de son corps.

Mythes et Réalités

L’IVG rend-elle stérile ?

Non, l’IVG ne rend pas stérile, les potentielles séquelles au niveau de la fertilité sont très rares. Depuis la légalisation de l’avortement en France, l’encadrement est réalisé par des professionnels formés, dans des établissements médicalisés, avec du matériel stérile.

tags: #comment #avorter #en #France

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