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Comprendre le conflit israélo-palestinien : Origines, enjeux et perspectives

Depuis le 7 octobre 2023, la situation en Israël et dans les territoires palestiniens occupés a captivé l'attention des médias du monde entier. Cependant, ces événements dramatiques récents s'inscrivent dans une longue histoire du conflit que beaucoup ignorent ou connaissent mal. Cet article vise à expliquer simplement les origines, les enjeux et les perspectives de ce conflit complexe.

Racines historiques du conflit

Le conflit israélo-palestinien est l’un des plus anciens conflits au monde. Ses racines remontent à la fin du XIXe siècle, à la montée de l’antisémitisme en Europe et à la création du mouvement sioniste, le mouvement national de retour des juifs en terre sainte. À la fin du XIXe siècle, la montée de l’antisémitisme (affaire Dreyfus en France, pogroms en Russie…) contribue à faire émerger l’idée d’un État national pour les juifs. En 1882, la population juive en Palestine mandataire se trouve essentiellement au sein de ce que l’on appelle le Yichouv, un petit noyau d’environ 24 000 personnes, soit 4% des 600 000 habitantes.

Pendant la Première Guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne se partagent secrètement les territoires de l’Empire ottoman qui, outre son état de déliquescence, a fait le choix du camp allemand (Accords Sykes-Picot, 1916). En 1917, les Anglais entérinent l’idée d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine (Déclaration Balfour, du nom du Secrétaire d’État aux affaires étrangères de décembre 1916 à octobre 1919). Face à la montée des tensions, et redoutant de perdre le soutien des pays arabes dans le conflit qui s’annonce avec l’Allemagne nazie, ils cherchent à limiter l’immigration juive dès 1922, et plus encore après la Grande révolte arabe de 1936 à 1939.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le traumatisme de la Shoah renforce l’émigration juive vers la Palestine dont, en 1945, les Juifs atteignent le tiers de la population. En 1947, l’ONU propose un Plan de partage qui attribue 55% du territoire à un État juif, alors que les Juifs ne représentent qu’un tiers de la population locale. La partie arabe refuse. Le 14 mai 1948, l’État d’Israël est proclamé.

La Nakba et les guerres israélo-arabes

Les Arabes sont vaincus. 800 000 Palestiniennes quittent la Palestine, de leur plein gré selon la partie juive, sous la menace et à la suite d’exactions selon la partie arabe, qui évoque notamment le massacre perpétré dans le petit village de Deir Yassin (9 avril 1948). C’est la Nakba - « la Grande Catastrophe ».

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En 1956 le président égyptien Gamal Abdel Nasser, chantre du nationalisme arabe, nationalise le canal de Suez, suscitant une riposte immédiate de la France, de la Grande-Bretagne et d’Israël. L’intervention des deux Grands - États-Unis et URSS - les force à interrompre les opérations ; les Casques bleus, force nouvellement créée par les Nations Unies en 1948, sont déployés dans la péninsule du Sinaï.

Du 5 au 10 juin 1967, les Israéliens déclenchent la « Guerre des Six Jours » et remportent une victoire fulgurante. Ils occupent le Sinaï et Gaza, le Golan, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, provoquant le départ d’une nouvelle vague de réfugiées palestiniennes (environ 300 000). En octobre 1973, le Président égyptien Anouar el-Sadate lance, conjointement avec les forces syriennes, une attaque en territoire israélien pendant les fêtes juives de Kippour. Passé l’effet de surprise, les Israéliennes mènent une contre-offensive victorieuse.

Outre des conflits entre nations, la crise générée par la création d’Israël provoque de graves perturbations dans les États voisins, confrontés à l’afflux massif de populations exogènes. En septembre 1970, le roi Hussein de Jordanie déclenche une opération militaire contre les combattants palestiniens, accusés d’être un État dans l’État menaçant le trône. La question est d’autant plus sensible que 50% de la population jordanienne est d’origine palestinienne, alors que le pouvoir hachémite est de souche transjordanienne. L’événement est connu sous le nom de « Septembre noir ». Dans la Guerre du Liban (1975-1989), le facteur palestinien a joué un rôle important et favorisé les ingérences israéliennes. La diaspora palestinienne n’a cessé de s’accroître au fil des conflits et des différentes vagues de réfugiées.

Enjeux territoriaux et religieux

Au cœur de ce conflit se trouve la revendication de deux peuples pour un même territoire : Israéliens et Palestiniens. Le conflit israélo-palestinien est avant tout un conflit territorial entre deux peuples. Toutes les grandes étapes du conflit sont profondément liées à des enjeux territoriaux. Le conflit israélo-palestinien est donc né de la création d’un nouvel État revendiquant sa souveraineté sur une terre et de l’expulsion du peuple qui habitait cette terre. La guerre de 1967, qui a été un moment charnière, n’était autre qu’une affaire de conquête de territoires. Israël a, par la force, pris le contrôle de tout le territoire et a même occupé une partie de l’Égypte, de la Syrie et du Liban. De la même manière, toutes les négociations portent avant tout sur des considérations territoriales.

Outre la question du territoire disputé depuis plus d’un siècle, la Palestine (la Judée d’alors) et Jérusalem sont considérés comme une terre et une ville saintes. Elles sont le berceau de trois religions monothéistes, reliées par le « Livre » (L’Ancien Testament) : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les croisades du Moyen Âge étaient « des pèlerinages en armes » chargés de reconquérir Jérusalem aux musulmans.

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La question de Jérusalem

La Résolution 181 (1947) fait de Jérusalem un corpus separatum, mais en 1980, Israël a proclamé Jérusalem capitale et a annexé son territoire. L’attachement à cette terre est renforcé par la présence des lieux saints. Par exemple, la Mosquée Al-Aqsa (troisième lieu Saint de l’Islam) et le mur des lamentations (endroit le plus saint pour les juifs) au cœur de la vielle ville de Jérusalem, expliquent en partie le refus catégorique des Israéliens et des Palestiniens de céder sur le statut de Jérusalem.

Tentatives de résolution et obstacles

La Résolution 194 des Nations Unies (11 décembre 1948) stipule le droit au retour des réfugiées palestiniennes. Il est impossible d’établir quel pourcentage des Palestiniennes de la diaspora (sur un total évalué à environ 7 millions de personnes) souhaiterait exercer ce droit, mais l’impact sur les rapports démographiques en Israël-Palestine serait de toute façon considérable.

En 1993, le Palestinien Yasser Arafat et l’Israélien Yitzhak Rabin signent des accords, les Accords d’Oslo, de reconnaissance mutuelle sous égide américaine. La Cisjordanie est morcelée en plusieurs zones.

La construction du « mûr de sécurité » est aussi un outil territorial. Officiellement, le mur devait être construit sur la « ligne verte » (frontière établie par le plan de partage de l’ONU de 1947) et devait avoir pour fonction de faire un barrage sécuritaire. Cependant, le mur est ostensiblement construit plus à l’Est que la frontière prévue par l’ONU, ce qui permet aux Israéliens de gagner, de facto, du terrain. En 2002, les Israéliens ont entrepris la construction d’un Mur de séparation avec la Cisjordanie. D’une longueur de plus de 700 kilomètres, cet édifice ampute ce territoire palestinien de 10% de sa superficie. En 2014, la Cour internationale de justice (CIJ, ONU) a déclaré le Mur de séparation illégal.

Depuis 2007, on trouve deux gouvernements : le Hamas à Gaza, et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Les Israéliennes ont écarté tout interlocuteur crédible et sciemment favorisé la montée en puissance du Hamas.

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En septembre 2020, un cap décisif semble être franchi avec la signature des Accords d’Abraham parrainés par le président américain Donald Trump. Les Émirats arabes unis (qui sont aussi à la manœuvre) et le Bahreïn normalisent officiellement leurs relations avec Israël, bientôt rejoints par le Maroc et le Soudan. Au moment où survient l’attaque, la position des Palestiniennes n’a jamais été aussi critique. La question palestinienne est devenue un « non-sujet ». L’Arabie saoudite s’apprête à rejoindre les Accords d’Abraham.

La complexité de la résolution

Par ailleurs, c’est précisément l’aspect territorial du conflit qui rend sa résolution complexe. Comment deux ennemis peuvent-ils être chez eux au même endroit ? C’est un jeu à somme nulle : les gains de l’un, égaleront les pertes de l’autre. Les générations se multiplient mais personne, ni d’un côté ni de l’autre, ne renonce à ce qu’ils estiment être leur terre.

À ce conflit territorial, la seule solution véritablement envisagée et envisageable reste la « solution à deux États ». Néanmoins, les colonies sont incontestablement une difficulté pour la mise en place d’une solution à deux États. L’extension des colonies en Cisjordanie a démembré le territoire palestinien qui ressemble à archipel. Afin d’obtenir une continuité territoriale nécessaire à un État palestinien viable, il faudrait vider les colonies israéliennes.

Enfin, un des aspects qui caractérise et qui complexifie la résolution de ce conflit est l’imbrication sur le terrain. La surface est extrêmement limitée et tout est imbriqué. Les Israéliens et les Palestiniens sont irrémédiablement voisins. Malgré la haine, les murs, les barrières culturelles et linguistiques - ils vivent côte à côte et les séparations sont artificielles.

Le 7 octobre 2023 et ses conséquences

Le 7 octobre 2023, des membres du Hamas et du Jihad islamique pénètrent en territoire israélien. Des massacres sont attestés. 1 200 personnes sont tuées, dont 850 civils. Israël conduit des représailles indiscriminées à Gaza, tuant majoritairement des civils dont beaucoup d’enfants (bilan de la guerre deux ans plus tard : 70 000 mortes, 200 000 blessées selon les autorités palestiniennes).

Depuis la bande de Gaza, le Hamas conduit une série d’attaques et d’atrocités contre des militaires et civils israéliens. 1 200 Israéliens sont tués et 240 otages sont amenés dans la bande de Gaza. En représailles, une opération militaire israélienne, visant à éliminer le Hamas, est lancée contre Gaza.

Répercussions internationales

Le conflit israélo-palestinien a des répercussions mondiales, suscitant des débats et des tensions au sein de la communauté internationale et au sein de certains Etats. Depuis le jeudi 12 octobre au soir, les capitales européennes sont en alerte attentat. L’UE craint qu’une capitale soit touchée par une attaque terroriste dans les prochains jours.

Le rôle de la France et de la communauté internationale

Les Résolutions 242 (1967) et 338 (1973) des Nations unies qui font toujours référence, exigent l’évacuation des territoires occupés depuis 1967. Non seulement ces territoires n’ont pas été restitués, mais la colonisation ne cesse de s’étendre. L’article 1.2 de la Charte des Nations unies reconnaît le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais Israël refuse de reconnaître l’existence d’un « peuple palestinien ». Les conventions de Genève de 1949 font obligation à Israël de protéger la population civile des territoires occupés. Israël, qui a signé ces conventions, loin de protéger les civils, conduit une politique de démolition et d’accaparement des territoires palestiniens.

L’État de Palestine a été proclamé en 1988 par le Conseil National Palestinien. Depuis 2012, il dispose du statut d’État observateur non-membre de l’ONU. En septembre 2025, 11 nouveaux États, dont la France et la Grande-Bretagne, ont reconnu l’État de Palestine, portant à 142 le nombre des pays ayant entreprit cette démarche.

Israël a été protégé depuis sa création par les pays occidentaux, surtout les États-Unis. Le pays a des échanges économiques et politiques avec des voisins comme la Turquie, l’Égypte, la Jordanie et les pays arabes signataires des Accords d’Abraham en 2020, le Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Maroc. L’Arabie saoudite était sur cette voie de la normalisation jusqu’à l’attaque du Hamas. l’opposé, l’Iran mène le combat contre Israël en compagnie de ses alliés à dominante chiite (un courant minoritaire de l’islam) : l’Irak, le Koweït, la Syrie, le Liban.

138 pays reconnaissent Israël et 28 refusent de le faire depuis 75 ans. En grande majorité, les ennemis déclarés, des pays musulmans et/ou africains (Algérie, Libye, Mali, Niger, Mauritanie, Tunisie…) et asiatiques (Afghanistan, Bangladesh, Indonésie, Pakistan…). Les trois les plus anti-américains et anti-occidentaux s’ajoutent : Corée du Nord, Cuba et le Venezuela. La Palestine, reconnue par 136 États, a le statut d’État observateur non-membre de l’ONU.

Le soutien de la France à Israël

Tout d’abord, et le plus grave, la France apporte un soutien militaire à Israël, ce qui signifie que nous participons directement aux massacres de civils en Palestine et au Liban. La France cultive ses intérêts économiques avec Israël. La politique de sanctions contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud avait contribué à la chute de ce même régime. C’est pourquoi beaucoup de gens souhaiteraient qu’une pression économique soit aussi exercée contre Israël. Et la France a beaucoup d’intérêts économiques en Israël.

Des entreprises françaises collaborent étroitement avec des start-ups israéliennes, en particulier dans les domaines des technologies de pointe telles que la cybersécurité, les technologies médicales, et les fintech. Par exemple, la société française Thales, spécialisée dans la défense et la sécurité, a racheté des entreprises israéliennes dans le domaine de la cybersécurité. Des entreprises françaises d’armement, telles que Safran et Airbus, ont des liens forts avec Israël. Autre exemple, Elbit Systems, une entreprise israélienne spécialisée dans l’électronique de défense, collabore avec des groupes français pour fournir notamment des drones et des systèmes de communication avancés. Veolia de son côté a investi dans des projets de désalinisation et de traitement des eaux usées en Israël tandis que des entreprises françaises, telles que EDF Renouvelables, sont impliquées dans le développement de projets d’énergie solaire en Israël. BNP Paribas et Crédit Agricole, investissent dans des entreprises israéliennes en phase de croissance, en particulier dans le secteur technologique.

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