L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est une décision personnelle encadrée par la loi. Le suivi post-IVG est essentiel pour s'assurer de son efficacité et de l'absence de complications. Parmi les examens réalisés, le dosage de l'hormone chorionique gonadotrope humaine (HCG) joue un rôle crucial. Cet article vise à éclaircir le rôle du taux d'HCG après une IVG médicamenteuse, en fournissant des informations claires et précises.
L'IVG médicamenteuse : une méthode courante
L'IVG médicamenteuse est une méthode d'avortement qui peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à provoquer une fausse couche grâce à la prise de deux médicaments : la mifépristone (MYFEGINE), qui interrompt le développement de la grossesse en bloquant l'action de la progestérone, et le misoprostol (GYMISO), qui provoque l'expulsion de la grossesse en augmentant les contractions utérines. L'IVG médicamenteuse est pratiquée par un médecin ou une sage-femme dans un cabinet de ville, un centre de santé ou un centre de planification familiale ayant signé une convention avec un établissement de santé.
La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires en raison d'un risque de douleurs abdomino-pelviennes plus fréquentes. Les saignements peuvent survenir entre 30 minutes et 3 jours après la prise de médicament, mais dans la majorité des cas, ils apparaissent dans les 2 à 4 heures suivant la prise du misoprostol. Il est important de noter que dans environ 5% des cas, des saignements peuvent survenir dès la prise de la mifépristone. La prise de misoprostol est toujours nécessaire pour évacuer d'éventuels résidus de grossesse.
Déroulement de l'IVG médicamenteuse
La méthode de l'IVG médicamenteuse se déroule en plusieurs étapes :
- Première consultation : Le professionnel de santé (médecin, sage-femme) informe la patiente sur les différentes méthodes d'IVG et répond à ses questions. Un examen clinique est réalisé (poids, tension artérielle, palpation du ventre) et une prise de sang est effectuée pour un bilan classique incluant le dosage des Bêta HCG. Une échographie est également réalisée pour dater la grossesse.
- Deuxième consultation : Le professionnel de santé décrit en détail le déroulement de l'IVG médicamenteuse, les motifs de consultation en urgence et ce qu'il va se passer à la suite de l'IVG, ainsi que les différents rendez-vous à prendre. Un nouvel examen médical est réalisé.
- Prise de la mifépristone : Le premier médicament, la mifépristone, est pris par voie orale en présence du professionnel de santé. Ce médicament interrompt la grossesse en bloquant l'action de la progestérone et favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col de l'utérus.
- Prise du misoprostol : Le second médicament, le misoprostol, est pris 36 à 48 heures après la mifépristone. La prise peut se faire en consultation ou à domicile. Ce médicament augmente les contractions et provoque l'interruption de grossesse. Dans 60 % des cas, l'avortement se produit dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol, et dans 40 % des cas, cela survient dans les 24 à 72 heures après la prise.
- Visite de contrôle : Une visite de contrôle est effectuée 14 à 21 jours après la première prise de médicament. Cette visite est absolument nécessaire pour vérifier que la grossesse est interrompue et s'assurer de l'absence de complication. L'interruption de la grossesse est généralement contrôlée par un examen médical et une prise de sang pour le dosage des Bêta HCG et/ou une échographie.
Saignements après IVG médicamenteuse
Les saignements qui suivent l'IVG médicamenteuse peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d'aménorrhées), c'est-à-dire 5 semaines de grossesse. Il est possible de voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l'œuf (sac ovulaire) dans les saignements. Si aucun saignement ne se déclenche après 24 heures suivant la prise de misoprostol, il est impératif de contacter le médecin ou la sage-femme.
Lire aussi: Guide Complet Accouchement Naturel
Le rôle de l'HCG dans le suivi post-IVG
L'hormone chorionique gonadotrope humaine (HCG) est une hormone sécrétée par les cellules du placenta dès l'implantation de l'embryon dans la cavité utérine. Son taux augmente drastiquement jusqu'à la 10e semaine d'aménorrhée. Le dosage de la bêta-HCG est utilisé comme un marqueur de la grossesse.
Après une IVG médicamenteuse, le contrôle de l'efficacité est indispensable car il existe un faible pourcentage d'échec ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie ou par une prise de sang pour doser l'HCG. Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l'IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l'IVG médicamenteuse se fait par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG.
Interprétation du taux d'HCG après IVG
Lorsque le taux de Bêta HCG est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l'IVG, cela indique généralement que l'avortement a fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial, cela signifie que la grossesse est évolutive et que l'IVG par médicament n'a pas fonctionné. Dans ce cas, une aspiration est envisagée.
Il est important de noter que même si l'IVG a réussi, le test de grossesse peut rester positif jusqu'à trois semaines après l'IVG. C'est pourquoi la visite de contrôle est essentielle pour confirmer que l'IVG a fonctionné.
Évolution du taux d'HCG après IVG
Après la prise du misoprostol, le taux de βHCG diminue très rapidement. Après 24 heures, il peut avoir diminué de 70%, et après 2 semaines, de 99%. Un dosage des βHCG plasmatiques ou urinaires peut être fait le jour de la prise de la mifépristone et 5 à 10 jours après la prise du misoprostol. La comparaison des dosages permet de connaître rapidement et facilement le résultat du traitement sans faire d’échographie.
Lire aussi: Couches lavables faites maison : le guide
Test urinaire de basse sensibilité
Un test urinaire dit de basse sensibilité (CheckTop), qui n’est positif qu’à partir de 1000 unités de βHCG ou plus, a été développé pour contrôler l’efficacité de l’IVG médicamenteuse. Ce test est confié à la patiente le jour de la prise de mifépristone pour être fait 15 jours plus tard. La patiente peut donc contrôler par elle-même, sans se déplacer, le résultat du traitement. Seule réserve : ce test ne peut pas être utilisé par les patientes dont le taux de βHCG est au dessous de 1000 unités le jour de la prise de la mifépristone.
Complications possibles et motifs de consultation
Bien que l'IVG médicamenteuse soit généralement sûre, des complications peuvent survenir. Il est important de consulter un médecin en urgence en cas de :
- Saignements vraiment trop importants (nécessitant de changer une protection « super plus de nuit » toutes les deux heures voire moins pendant une durée de 4 heures)
- Malaises avec des pertes de connaissance
- Symptômes d'infection (fièvre à 38°C qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol)
- Douleurs différentes de celles des règles
- Pertes inhabituelles en couleur et odeur
- Effets indésirables insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur)
Retour des règles et contraception après IVG
Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l'IVG, selon la méthode contraceptive mise en place. Il est conseillé d'attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l'utérus n'est pas refermé, il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l'utérus et soient à l'origine d'une infection.
Il est nécessaire d'utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG, car une nouvelle grossesse est possible même avant le retour des règles. Différentes méthodes contraceptives peuvent être mises en place dès la réalisation de l'IVG.
Aspects psychologiques et soutien
Chaque femme vit l'IVG de manière singulière. Il est important de noter que les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n'en avaient pas avant. Si une femme ressent le besoin de partager ses sentiments et d'en parler, elle peut demander à être reçue en entretien individuel. Des associations comme le Planning familial peuvent apporter un soutien important.
Lire aussi: Comment déclarer votre grossesse ?
tags: #taux #hcg #après #ivg #normal