L'hyperactivité chez les enfants représente un défi significatif pour les parents et les éducateurs. Gérer un enfant hyperactif exige patience, compréhension et l'application de stratégies adaptées. Si vous vous trouvez confronté à cette situation, sachez que vous n'êtes pas seul. Cet article vise à fournir des informations complètes et des conseils pratiques pour aider à mieux comprendre et gérer l'hyperactivité chez les enfants.
Détection de l'hyperactivité chez l'enfant
Le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) se manifeste dès l'enfance, affectant environ 6 à 7 % des enfants. Un enfant hyperactif éprouve souvent des difficultés à rester assis, à suivre des instructions ou à s'adapter à des tâches calmes. Ces difficultés peuvent impacter sa réussite scolaire et ses relations sociales. Il est crucial de distinguer un enfant énergique d'un enfant hyperactif, car chez ce dernier, les symptômes interfèrent avec les activités quotidiennes.
Pour vous aider à détecter une hyperactivité chez votre enfant, certains signes sont à prendre en compte. Si votre enfant présente les symptômes de l’hyperactivité, il peut être utile de faire appel à un professionnel, afin de poser un diagnostic. C’est notamment ce qui va permettre de savoir si l’hyperactivité s’accompagne ou non d’un TDAH. Quel que soit le professionnel choisi, pour identifier une éventuelle hyperactivité chez l’enfant, celui-ci va réaliser une analyse complète du comportement de l’enfant.
Signes à repérer chez un enfant "hyperactif"
Il est important de noter que les professionnels de la petite enfance peuvent parfois considérer un enfant comme "hyperactif". Il est essentiel de différencier ce qui relève d'un comportement normal pour son âge, lié à des besoins moteurs importants, d'une perturbation momentanée due à un stress familial ou sur le lieu d'accueil, et d'une véritable hyperactivité. Le diagnostic d'hyperactivité est complexe avant 3 ou 4 ans, car les besoins de mobilité sont très importants à cet âge. De plus, ce diagnostic doit être posé par un professionnel de santé. Les professionnels de la petite enfance jouent un rôle important dans le repérage précoce de certains signaux.
Voici quelques signes à repérer pendant l'accueil :
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- Comportements moteurs excessifs : L'enfant a beaucoup recours à des comportements moteurs dans de nombreuses situations, particulièrement celles où les autres enfants sont plus attentifs et calmes. Il est important d'observer ce comportement excessif à long terme, car il peut aussi être lié au passage d'une grande étape du développement moteur.
- Impulsivité et mise en danger : L'enfant a tendance à se mettre en danger plus facilement que les autres, et est sujet à une forte impulsivité.
- Troubles de l'attention : En plus des comportements moteurs excessifs, l'enfant présente des troubles de l'attention. Il est important de noter que les enfants de moins de trois ans ont des capacités de concentration limitées, et c'est normal. Il convient de repérer les enfants qui ont des difficultés à se concentrer sur une activité adaptée à leur âge et qui leur plaît. Par exemple, un enfant qui a une appétence pour les activités de motricité fine, mais a sans cesse besoin de bouger pour aller au bout de ladite activité.
Il est crucial d'être prudent dans l'interprétation de ces signes. Il est important d'accumuler les observations, d'analyser la situation au regard de l'expérience auprès d'autres enfants, d'en parler en analyse de pratiques et surtout de ne pas s'alarmer.
Comprendre les causes de l'hyperactivité
Il existe différentes théories sur les causes du TDAH. La plupart des recherches actuelles suggèrent que le trouble est probablement causé par des facteurs génétiques et environnementaux. Parmi les facteurs environnementaux importants, on cite le tabagisme et la consommation d'alcool pendant la grossesse. Les causes de l’hyperactivité ne sont pas encore clairement établies, mais il semblerait qu’un dysfonctionnement au niveau cérébral soit associé à des facteurs génétiques et environnementaux.
Stratégies pour canaliser un enfant hyperactif
Éduquer un enfant hyperactif peut être épuisant pour les parents. Il existe cependant des conseils facilement applicables au quotidien qui permettent de limiter les manifestations de ce trouble, et d’apaiser votre enfant. Voici une dizaine de méthodes pratiques pour calmer un enfant hyperactif :
1. Créer un environnement calme et structuré
L’enfant hyperactif est agité, c’est pourquoi vous devez essayer de créer un environnement calme pour lui. Un environnement calme et structuré est essentiel pour aider un enfant hyperactif à se concentrer et à se sentir en sécurité.
- Réduire les distractions : L’enfant subit toutes les distractions qui l’entourent. Pour y faire face et l’aider à se concentrer sur les tâches du quotidien, ou sur ses devoirs, il faut limiter les sources de distraction. Il est ainsi important de ranger les jeux, de ne pas laisser la télévision allumée et d’éteindre la musique. À la maison, on évite les sollicitations multiples pour ne pas le surexciter. À l’école, on veille à ce que l’enfant soit placé loin des fenêtres et des copains qui bavardent.
- Organiser le temps : Les enfants hyperactifs ont du mal à organiser leur temps, car ils procrastinent beaucoup. Ils commencent souvent une chose sans la finir. Pour les aider, il est judicieux d’établir une routine en mettant l’accent sur les tâches les plus importantes. Vous pouvez par exemple créer un tableau avec des images pour montrer clairement le planning de la journée. Tout ce qui cadre aide l’enfant, à condition de tenir compte de ses spécificités. On fixe des horaires de lever, de coucher et de repas.
- Établir des routines : Instaurer des routines hebdomadaires et avertir à l’avance tout changement dans les routines ou l’organisation. S'assurer que l’élève note tous les devoirs à faire à la maison dans son agenda et à la bonne date.
- Découper les tâches : Découper le temps. Découper les tâches, une seule demande à la fois. Leur apprendre à réfléchir avant d’agir « STOP ». Apprendre à exécuter les demandes sans délais, 1. 2. 3. Avoir des demandes claires. Les répéter.
2. Favoriser un sommeil de qualité
Le sommeil des enfants et des bébés hyperactifs est plus court et moins profond que celui des autres. C’est normal, puisque le cerveau et le corps de ces tout-petits bouillonnent et qu’il est difficile pour eux de rester calme, même la nuit. Pour l’aider, veillez à créer une atmosphère douce dans sa chambre, prenez le temps d’aller le mettre au lit et mettez en place des rituels au moment du coucher. Assurez un sommeil de qualité en établissant une routine régulière. Créez un environnement propice au repos avec une chambre calme et sombre. Pour garder un peu de temps pour soi, la spécialiste conseille de laisser l’enfant dans sa chambre une heure avant son heure d’endormissement naturel, par exemple à 20 h 30, avec la consigne de lire ou de jouer doucement. On le met au lit à 21 h, et on éteint la lumière à 21 h 30. Cette règle peut être adaptée à l’adolescence.
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3. Encourager l'activité physique
Pour aider votre enfant à canaliser son énergie et à se socialiser, proposez-lui des activités qui demandent de la concentration. Vous pouvez l’inscrire à des arts martiaux comme le judo. Vous pouvez aussi essayer les cours de peinture ou de musique. Encouragez l'exercice régulier, au moins 30 minutes par jour. Chez les tout petits et particulièrement chez les enfants chez qui l’on soupçonne une hyperactivité, tout se fait en bougeant ! A vous professionnels d’accepter que l’enfant doive, pour continuer son activité, courir avant d’y revenir !
4. Utiliser des outils pour gérer l'agitation
Plusieurs spécialistes recommandent aux parents d’utiliser une balle antistress pour accompagner un enfant hyperactif et l’aider à se calmer. L’enfant peut prendre la balle, la malaxer, la presser dans ses mains, il peut se concentrer sur elle. Cette technique ne convient pas à tous les enfants : dans certains cas, l’enfant s’en sert pour jouer, et il finit par s’agiter encore plus. À vous de voir si elle peut correspondre à votre enfant. Il peut être intéressant de mettre en place un espace de détente ou votre enfant peut se détendre et décompresser dès qu’il en ressent le besoin. Un petit coin avec un tapis et un coussin peut suffire. Le tout est de créer un espace rassurant pour lui, un endroit où il peut retrouver son calme.
5. Adopter une communication claire et positive
Un enfant hyperactif est un enfant atteint d’un trouble du comportement qui se caractérise par un besoin constant d’être en mouvement. Pour que votre enfant hyperactif puisse réaliser une tâche, il est important que la consigne soit clairement énoncée. Trop de détails, trop de choses à faire en même temps, voilà le meilleur moyen de le perdre et de le voir se tortiller sur sa chaise. Il peut être nécessaire de se concentrer sur l’essentiel : quelle est la tâche la plus importante à réaliser ? En procédant ainsi, il est plus facile d’avancer même si toute la to do list n’est pas cochée. On veille à lui expliquer une seule consigne à la fois, en préférant les formulations positives plutôt que "Ne fais pas ceci". Le sermonner est inutile ! Votre priorité avec ces enfants (plus encore qu’avec les autres) : veillez à verbaliser les consignes clairement, avec des phrases courtes et positives.
6. Valoriser et récompenser les comportements positifs
Le jeune hyperactif se faisant généralement gronder à longueur de journée, il a plus besoin qu'un autre d'être valorisé. Par exemple, cela peut se faire dans un sport ou dans un domaine où il est performant. L’estime de soi est fragile chez un enfant hyperactif, car il est souvent réprimandé par les adultes à cause de son comportement et de son agitation permanente. Pour l’aider à progresser, valorisez-le, et n’hésitez pas à le féliciter au moindre progrès. Récompensez les bons comportements grâce à un tableau de points par exemple, ou en lui proposant de lire une histoire ensemble. Chaque enfant grandit et évolue à son rythme. Mettre l’accent sur les bons comportements. N’intervenir que sur des mauvais comportements intolérables, faire la part des choses. Positiver chaque comportement opposé au mauvais comportement correspondant. Apprendre à s’occuper de l’enfant quand il est gentil, calme et agréable. Mettre en place le tableau à point « système d ‘économie de jetons ». Faire des compliments. Dire son amour. Mettre de l’humour dans son discours, leur apprendre l’autodérision (savoir se moquer de ses excès). Deux systèmes sont en général conseillés : des petites récompenses immédiates, comme lire une histoire ou choisir son dessert, et un tableau de points cumulatifs. Ce dernier offre la possibilité de gagner des avantages sur un temps plus long, comme le week-end. Il n’est pas suffisant à lui seul, car l’enfant a du mal à se projeter, mais il l’aide justement à améliorer aussi cette capacité. Toutes les règles du quotidien peuvent donner lieu à un gain de point.
7. Adapter l'environnement scolaire
Placer l’enfant en classe de façon à limiter les distracteurs : près d’un élève calme, loin d’une fenêtre, d’une porte, de la poubelle. Segmenter les tâches en éléments successifs. Donner des consignes une à une et fragmenter lorsqu’elles sont longues. Faire reformuler la consigne. Ecrire les consignes au tableau. Se tenir assez fréquemment derrière l’enfant lorsqu’il travaille. Convenir d’un code qui aide à le contrôler : ex. action ou signe AVANT de se lever, de commencer l’exercice ou de répondre à une question orale. Arrêter, d’un geste, de la voix ou du regard toute impulsivité ou ignorer ses commentaires hors contexte. Faire sortir l’enfant ou lui permettre d’interrompre une activité lorsqu’il ne se contrôle plus. Inscrire le nom de l’enfant sur chaque objet préférer le cahier au classeur utiliser un code de couleur par matière écrire au tableau les étapes successives d’un travail utiliser la pendule de la classe à l’école pour planifier les tâches, annoncer l’emploi du temps de la demi-journée l’écrire au tableau au collège, au début de chaque cours, annoncer le chapitre de la leçon ou son étape, l’écrire au tableau ainsi que le plan du cours établir des listes de routines pour certaines tâches.
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8. Gérer les crises de colère
- Isoler l’enfant dans un lieu présentant un environnement calme.
- Le bloquer dans ses bras, (si il le supporte).
- Apprendre à démonter le mécanisme qui entraîne la crise. Prendre petit à petit du recul sur les évènements qui précèdent la crise et situer ce qui va être déclencheur. De façon à contourner ou prévenir à l’avenir.
- Faire prendre conscience à l’enfant de ce qui le met dans cet état.
9. Considérer l'alimentation
L'alimentation joue un rôle crucial dans la gestion des symptômes du TDAH. Plusieurs études montrent que certains aliments peuvent aggraver l'hyperactivité.
- Éviter le gluten, les œufs et le lait : Ces produits peuvent provoquer des réactions allergiques chez certains enfants, libérant des anticorps IgG qui perturbent les neuromédiateurs chimiques comme la dopamine, essentielle à la concentration et au contrôle des mouvements. Une alimentation sans gluten ni produits laitiers peut réduire significativement les symptômes chez certains enfants.
- Limiter les colorants et conservateurs : Des additifs comme les colorants (E102, E104, E110, E122, E124, E129) et le benzoate de sodium (E211), présents dans de nombreux produits industriels, peuvent aggraver les symptômes de l'hyperactivité.
- Préférer les sucres lents aux sucres rapides : Les sucres rapides, présents dans les bonbons, gâteaux et sodas, peuvent causer des fluctuations de la glycémie qui exacerbent l'agitation.
- Détecter une éventuelle carence en fer : Une carence en fer peut perturber la synthèse de la dopamine, augmentant l'agitation. Un bilan nutritionnel et un dosage sanguin de la ferritine peuvent aider à détecter cette carence.
10. Renforcer l'estime de soi
Pour aider votre enfant hyperactif à calmer son agitation, il est essentiel de renforcer son estime de soi.
- Valoriser les efforts : Encouragez votre enfant en soulignant ses efforts plutôt que les résultats. Dites-lui : "Bravo !
- Encourager les talents : Identifiez les forces uniques de votre enfant. Le TDAH peut apporter une créativité exceptionnelle.
- Fixer des objectifs réalistes : Établissez des objectifs SMART avec votre enfant. Choisissez ensemble des récompenses motivantes.
- Célébrer les réussites : Chaque soir, discutez de trois choses positives qu'il a accomplies. Organisez de petites cérémonies pour marquer ses progrès.
Rôle des professionnels de la petite enfance
Que l’hyperactivité soit en cours d’évaluation ou que les comportements observés soient transitoires, il faut garder une chose à l’esprit : c’est au mode d’accueil et aux activités de s’adapter à l’enfant et non l’inverse. À vous, professionnels, de mettre en place au quotidien les conditions pour accompagner l’enfant dans ses besoins moteurs et lui permettre de se sentir suffisamment en sécurité. C’est ce même sentiment de sécurité qui pourra souvent participer à la diminution des troubles.
Les bons réflexes (qui bénéficieront d’ailleurs aux autres enfants du groupe) :
- Faire un travail de dentelle au quotidien, à savoir proposer des expériences motrices très ajustées à l’enfant. Pour prendre un peu de recul, observez-le et demandez-vous par exemple : est-ce vraiment le bon moment de sortir au parc ?
- Repérer les moments où l’enfant à besoin de se décharger et mettre en place des rituels adaptés pour l’accompagner pendant ces moments. N’oubliez pas que chez ces enfants, l’angoisse se traduit de manière motrice.
- Séquencer ce qui va se passer dans la journée avec des explications claires, des vignettes visuelles qui permettent d’identifier les moments dans là journée. Vers 2 ou 3 ans, ces repères seront particulièrement sécurisants pour ces enfants plus actifs.
- Faire participer l’enfant aux tâches du quotidien pour combler ses besoins, mais aussi l’aider à être plus autonome. Mettre ou débarrasser la table ou plus largement participer au repas permettra à l’enfant d’être acteur de ce moment de la journée, d’avoir moins besoin d’exprimer certaines choses au niveau moteur et de canaliser son attention. Sans oublier que cela contribue à sa socialisation !
- Évaluer la juste dose de socialisation : chez les enfants hyperactifs ou ayant de très forts besoins moteurs, la socialisation est parfois difficile, a fortiori quand ils évoluent dans de grands groupes où l’agitation peut devenir ingérable. L’idéal est donc plutôt de proposer, quand cela est possible, des activités en groupes restreints ou de limiter le temps d’activité dans des groupes élargis. Si les enfants sont généralement demandeurs de ces temps de socialisation, il est en effet essentiel qu’ils restent supportables pour les professionnels et les autres enfants du groupe, l’excitation, voire la mise en danger, pouvant parfois affecter le quotidien de l’accueil. Dans le cas d’un enfant accueilli chez une assistante maternelle, la dynamique est plutôt inversée. L’enfant étant accueilli dans un petit groupe, il entre moins dans une spirale d’excitation et les échanges entre enfants et avec l’assistante maternelle sont souvent plus aisés. Par contre, il ne faut non plus verser dans l’excès inverse en restant en permanence dans cette dynamique de petit groupe. Veillez à proposer aux enfants régulièrement des activités avec un groupe élargi, au RPE ou à la ludothèque par exemple, en veillant là aussi à cadrer ces temps de socialisation afin qu’ils restent agréables pour tous.
Traitements et accompagnement
À ce jour, il n’est malheureusement pas possible de guérir un enfant hyperactif. Cependant, en adaptant son éducation et en l’aidant à organiser son espace et son temps, vous pouvez l’aider à bien vivre son handicap. Un traitement médicamenteux n'a rien de systématiquement nécessaire. En France, les médecins prescrivent de la Ritaline®, uniquement lorsque la situation n'est plus tenable - ni à la maison, ni à l'école - afin de réduire l'intensité des symptômes perturbants et donc de rendre l'enfant socialement « intégrable ».
Il est important, lorsqu'on élève un enfant hyperactif, de décider quels sont les problèmes qui méritent d'être combattus et d'être clair sur le fait qu'il ne faut pas punir un comportement lié à l'hyperactivité.
Le premier objectif consiste à comprendre ce qu’est le TDAH : le PEHP aide les parents à identifier les symptômes ou comportements qui relèvent du TDAH, et donc d’un handicap et non d’une faute ! Le PEHP forme également les parents à des techniques spécifiques pour gérer les comportements problématiques des enfants atteints de TDAH. Par exemple, les parents apprennent à utiliser des renforcements positifs, des systèmes de récompense et des techniques de discipline cohérentes pour encourager des comportements appropriés et gérer les conflits.
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