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Comment Optimiser la Lactation chez la Vache Allaitante : Un Guide Complet

La gestion de la lactation chez la vache allaitante est un facteur déterminant pour la santé du veau, la performance de l'élevage et la rentabilité globale. Cet article explore les différentes stratégies pour améliorer la lactation, en s'appuyant sur des données scientifiques et des pratiques éprouvées.

L'Importance du Colostrum et de la Lactation

Le colostrum, premier lait sécrété après le vêlage, est essentiel pour l'immunité du veau. Il lui permet de développer une immunité protectrice. Le taux d’absorption des anticorps diminue rapidement après la naissance pour se refermer complètement dans les 24 à 48 heures suivant la naissance (Serieys, 1993 ; Matte et al., 1982) : un apport précoce est indispensable. Une lactation abondante et de qualité contribue à la croissance du veau et à sa santé à long terme.La gestion de la période de tarissement est capitale pour la performance zootechnique de l’élevage : il s’agit d’une phase de repos pour la mamelle, la lactation reprendra ensuite dès la naissance du veau.

La Préparation au Vêlage : Une Étape Cruciale

La préparation au vêlage est un moment clé dans la conduite d’élevage. Elle conditionne pour beaucoup le retour des fonctions de reproduction. L’importance accordée par l’éleveur à cette phase va conditionner le futur vêlage, mais également la reproduction suivante. En effet, il faut savoir que le cycle folliculaire chez la vache reprend dès le dernier mois de gestation.

Rationnement des Vaches Taries

La maitrise du rationnement des vaches taries est le point clé dans la gestion de la préparation vêlage et joue donc un rôle majeur dans la qualité du colostrum. Cette phase doit donc répondre à des règles simples : Fibres, Energie, Azote, Minéralisation, BACA (cf. Privilégiez une base paille, pour 9 à 11 UFL par jour, et 12 à 16% de MAT selon vos objectifs de production. La minéralisation joue également un rôle important dans la composition du colostrum et dans le bon déroulement du vêlage. La gestion de la BACA ne vient que dans un cinquième plan.

  • Fibres : Essentielles pour la rumination et la santé digestive.
  • Énergie : Fournit l'énergie nécessaire pour le développement du fœtus et la production de colostrum.
  • Azote : Nécessaire à la synthèse des protéines.
  • Minéralisation : Contribue à la composition du colostrum et au bon déroulement du vêlage.
  • BACA (Balance Alimentaire Cations-Anions) : Influence l'équilibre acido-basique de l'organisme.

État d'Engraissement

L’état d’engraissement des vaches taries reflète leurs capacités à faire des réserves de nutriments dans leur organisme : les vaches maigres (NEC < 2.5) auront donc souvent des qualités de colostrum inférieurs aux vaches en état corporel correct : NEC de 3 à 3,3. Il est essentiel de maintenir les vaches dans un état corporel optimal.

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Durée du Tarissement

Un tarissement trop court ne permettra pas aux vaches de produire un colostrum de très bonne qualité car le délai de repos de la mamelle sera insuffisant. La durée du tarissement impactera également la qualité des colostrums.

Prévention des Pertes de Lait

Les pertes de lait avant vêlage sont souvent le reflet d’une carence minérale avant vêlage et pourront donc être corrigées en adaptant les apports minéraux sur la phase de tarissement globale (y compris sur la période dite « sèche »).

Nutrition et Lactation : Un Équilibre Délicat

La nutrition joue un rôle primordial dans la production laitière. Une ration équilibrée, adaptée aux besoins spécifiques des vaches allaitantes, est essentielle pour optimiser la lactation et la santé du veau.

Besoins Énergétiques et Protéiques

Plusieurs études ont fait état de la relation existante entre le statut nutritionnel et les performances reproductives chez les bovins. Une ingestion insuffisante d’énergie, de protéines, de vitamines, d’oligo-élements et de macro-minéraux ont tous été associés avec une faible performance reproductive. De toutes ces composantes nutritionnelles, l’énergie est probablement le nutriment le plus intimement relié aux faibles performances reproductives des vaches durant la période entourant le vêlage. Durant les 4 à 10 semaines suivant le vêlage, un grand nombre de vaches et surtout les génisses en système allaitant, expérimentent une balance énergétique négative. L’énergie exerce aussi une action cruciale sur la production d’hormones reliées à la reproduction.

Pour que l'organisme fonctionne bien et que le métabolisme soit optimal, il faut un bon équilibre énergie-protéines. Si la vache n'ingère pas assez de protéines, l'énergie de la ration ne peut pas être utilisée. La vache se retrouve en déficit énergétique, s'amaigrit et part en stéatose : des acides gras non estérifiés commencent à s'accumuler dans le foie (en tant que gras), et nuisent à son fonctionnement.

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  • Énergie : Essentielle pour la production de lait et le maintien des fonctions vitales.
  • Protéines : Nécessaires à la synthèse des protéines du lait et à la croissance du veau.

Oligo-éléments et Vitamines

Plus en détails, de nombreuses recherches ont porté sur leur action directe (sélénium, vitamine E), ou indirecte (zinc, cuivre, manganèse, béta carotène), sur l’amélioration du transfert de l’immunité de la mère au veau. Il apparaît ainsi clair que l’apport en oligo-éléments et vitamines chez la mère va booster son propre système immunitaire.

Les apports en oligoéléments et vitamines pour les vaches en fin de gestation nécessitent quelques précautions pour être efficaces. « Il faut avant tout bien équilibrer les fondamentaux - protéines et énergie - sinon les apports d’oligoéléments n'apporteront aucun bénéfice à la vache et à son veau », insiste Dominique Landais.

  • Sélénium et vitamine E : Diminuent le stress oxydatif et renforcent le système immunitaire.
  • Cuivre : Un cofacteur du métabolisme.
  • Zinc, iode et vitamine D3 : Sont aussi à assurer les besoins en zinc, iode et vitamine D3.

Surveillance de la Ration

Si on suspecte un défaut dans la préparation alimentaire des vaches au vêlage, par rapport à des événements sanitaires et/ou les pratiques de complémentation, des analyses planifiées avec le vétérinaire peuvent apporter plusieurs sortes d’informations. Les résultats sont extrapolés au troupeau entier à partir d’un modèle statistique. Ce bilan permet de connaître le niveau de couverture des besoins en oligoéléments. Il renseigne aussi sur le niveau de couverture des besoins en protéines alimentaires, par le dosage dans le sang des protéines totales, de l’albumine et de l’urée.

Gestion de la Période de Tarissement

Le tarissement se définit comme l’arrêt de la sécrétion de lait. Cette période peut être vue comme une période improductive de la vache. C’est aussi la préparation de la lactation suivante et la dernière ligne droite de l’évolution du veau avant la naissance. Les mesures de préventions mises en œuvre à ce moment-là sont souvent très rentables. L’arrêt de la sécrétion lactée par la mamelle est une phase physiologique nécessaire pour une production optimale lors de la lactation suivante. Lors de cette période le volume de lait et de tissu mammaire se réduisent énormément. Les agents pathogènes responsables des mammites et des cellules sont alors largement exposés au système immunitaire et aux antibiotiques, et donc plus facilement détruits. Allonger la durée du tarissement est une des mesures possibles pour améliorer la guérison des mammites subcliniques.

Besoins Évolutifs

Au début du tarissement, les besoins nécessaires à la production de lait deviennent très faibles avec une capacité d’ingestion encore correcte. En fin de tarissement, les besoins nécessaires à la croissance du veau deviennent très importants alors que la capacité d’ingestion diminue jusqu’à atteindre la moitié de celle de la vache en milieu de lactation. On cherche alors à concentrer la ration. De plus, on veut que la vache digère tout de suite après vêlage la ration des vaches laitières.

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Prévention des Fièvres de Lait

L’hormone régulatrice de la concentration de calcium met plusieurs jours à s’activer si beaucoup de calcium était disponible dans la ration au tarissement.

Impact sur la Santé du Veau

La santé du veau sera la résultante des 2 premiers aspects du tarissement : pour que le veau termine sa croissance dans de bonnes conditions et que le vêlage se passe bien, il faut une ration bien conçue. Pour qu’il absorbe un colostrum de bonne qualité, il faut que la mamelle soit saine.

Adapter l'Alimentation aux Besoins de la Fin de Gestation

La fin de gestation est une période critique, où les besoins des vaches augmentent chaque jour. Deux mois avant le vêlage, ils sont supérieurs en moyenne de 1 UFL par jour par rapport à la période de mi-gestation, puis de 1,7 UFL par jour un mois avant le vêlage, et enfin de 2,5 UFL par jour au terme de la gestation. Durant le dernier mois surtout, la croissance du foetus est très importante : son poids double. La place disponible pour le rumen est réduite d’autant et l'ingestibilité diminue. Il faut favoriser une alimentation de haute qualité et très digestible pour la vache en fin de gestation.

Éviter les Excès et les Déficits

« Les apports alimentaires doivent être adaptés afin que les vaches ne s’amaigrissent ni ne s’engraissent pendant cette période », recommande le Dr Julie Renoux, vétérinaire conseil au GDS de l’Eure. Trop de mobilisation ou trop de prise d’état sont plutôt dangereux pour le déroulement du vêlage et la santé du veau, et en plus, ce n’est pas efficient sur le plan physiologique.

Objectifs de Note d'État Corporel

On peut retenir comme objectif une note d’état corporel au vêlage de 2 au minimum pour des vêlages en fin d’hiver, et au minimum 2,5 pour des vêlages d’automne ou de fin d’été.

Rationnement Précis

Pour établir la ration des vaches gestantes, les recommandations de l’Inra sont déclinées en fonction de la race, du gabarit, et de la note d’état corporel. Les besoins en protéines sont de 90 g PDI par UF pendant les deux derniers mois de gestation.

Importance des Oligo-éléments et des Vitamines

« Les facteurs les plus importants sont le cuivre, le sélénium, la vitamine A et la vitamine E.

Adaptation de la Ration

Il faut également comme toujours tenir compte du temps d'adaptation de la flore ruminale au moment du changement de ration : la ration nécessaire au moment du vêlage doit être introduite trois semaines avant la date prévue pour qu’elle soit bien assimilée le jour J.

Mesures de Production Laitière (PL)

Les mesures de Production Laitière (PL) des vaches allaitantes consistent à évaluer la quantité de lait bu par le veau grâce à deux pesées répétées avant et après tétée, mais elles restent difficilement réalisables et limitées aux unités expérimentales.

Facteurs de Variation

La race influence la production laitière (1 600 ± 313 kg lait/lactation en race limousine, 1840 ± 355 kg en race charolaise et 2250 ± 470 kg en race salers) et on observe toujours environ 11% d’écart entre primipares et multipares soit environ 1 kg/j de plus pour les multipares.

Pics de Production Laitière

Dans un système « classique » de production de broutards, avec vêlage d’hiver et conduite semi-extensive au pâturage, deux pics de production laitière sont observés. Le premier a lieu un mois après le vêlage et le second, plus important, peu après la mise à l’herbe.

Persistance de la Lactation

L’analyse de la base de données a permis de quantifier la persistance de la lactation et sa variabilité (diminution de la production de lait de 17 à 27 g de lait bu par jour).

Impact sur le Gain de Poids des Veaux

Une meilleure production laitière amène un meilleur gain de poids des veaux. Au cours de la lactation entière, le surplus de gain de poids moyen quotidien des veaux est de 60 g/litre de lait bu en plus, soit 70 kg de gain de poids vif pour une lactation de 2 300 kg par rapport à une lactation de 1 200 kg.

Sensibilité aux Apports Énergétiques

La production de lait de la vache allaitante est peu sensible à la diminution du niveau des apports énergétiques ou globaux si celle-ci est inférieure à 3 UFL. En effet la fonction de production laitière est priorisée quel que soit l’état d’engraissement au vêlage. Néanmoins, la production laitière peut être réduite significativement lorsqu’une durée de sous-alimentation même modérée se prolonge.

Optimisation des Coûts Alimentaires

B. P. J. En cette année 2025, éleveurs de vaches laitières et allaitantes, vous faites face à des prix d'aliments très élevés et vous cherchez à diminuer votre coût alimentaire pour augmenter votre marge. Il suffit parfois de trouver un substitut à une matière première trop coûteuse ou de diminuer la distribution d'un aliment en excès.

Exemples de Rations

Calculer la ration des vaches allaitantes n'est pas simple car leurs besoins évoluent selon la période dans laquelle elles se trouvent : en gestation, en sevrage, vêlage, en post vêlage (lactation), en reproduction ou en post sevrage. Souvent, les éleveurs français donnent à leurs vaches à l'étable une ration à base d'herbe composée de foin à volonté, complété d'1 kg de blé tendre par jour. Si on retire le blé tendre de cette ration, on rééquilibre l'apport d'énergie (UFL) et d'une partie des protéines.

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