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Café et FIV : une analyse approfondie de l'impact de la consommation de café sur la fertilité et les traitements de FIV

Introduction

Le café, boisson psychoactive populaire à travers le monde, est souvent perçu comme un stimulant dont les effets sur la santé sont sujets à débat. Si certaines études suggèrent des bénéfices potentiels, notamment en matière de protection cardiovasculaire et de réduction des risques de certains cancers de la peau, d'autres mettent en garde contre les effets négatifs d'une consommation excessive, en particulier pour les femmes suivant un traitement de fécondation in vitro (FIV). Cet article examine en profondeur les liens entre la consommation de café, la fertilité et les traitements de FIV, en s'appuyant sur des études scientifiques et des données factuelles.

Café et fertilité : ce que disent les études

L'étude danoise du Dr Kesmodel

Une étude danoise, présentée lors de la conférence annuelle de l'ESHRE (Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie) par le Dr Kesmodel, a mis en évidence un lien entre la consommation de café et les chances de conception par FIV. Selon cette étude, la consommation de cinq tasses ou plus de café par jour diminuerait de 50 % les chances de grossesse après une FIV, et de 40 % les chances de mener la grossesse à terme.

Le Dr Kesmodel a déclaré : « Bien que nous n'ayons pas été surpris par le fait que la consommation de café affecte les taux de grossesse dans la procréation médicalement assistée, nous l'avons été par l'ampleur de cet effet ».

Autres études sur le café et la fertilité

En 2012, une autre étude danoise portant sur 3959 femmes a montré que boire plus de cinq tasses de café par jour diminuait de moitié le taux de grossesses cliniques obtenues lors d'un cycle de FIV.

Une étude de cohorte danoise (1) a examiné si la consommation de café par les femmes pouvait affecter les chances de démarrer une grossesse et de la mener à terme avec un enfant vivant chez les femmes qui suivaient un traitement d’aide médicale à la procréation. Un total de 1 708 femmes et partenaires potentiels suivant un traitement de fertilité avec 1 511 cycles d’insémination intra-utérine (IIU), 2 870 fertilisations in vitro (FIV) et cycles d’injection de sperme intracytoplasmique (ISIC), ainsi que 1 355 cycles de transfert d’embryons congelés ont été recrutés pour cette étude. Parmi les femmes soumises à une FIV ou un traitement ISIC, la consommation de café n’affecte pas les chances de mener à terme une grossesse avec un enfant vivant. Les femmes traitées par IIU qui consommaient 1-5 tasses de café/jour augmentaient nettement leurs chances de mener une grossesse à son terme (risque relatif (RR) : 1,49 ; IC 95 % : 1,05-2,11) et d’avoir un enfant vivant (RR : 1,53 ; IC 95 % : 1,06-2,21) que le groupe de référence qui ne consommait pas de café.

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Limites et considérations

Il est important de noter que les études sur le café et la fertilité présentent certaines limites. Tout d'abord, la définition d'une "tasse" de café peut varier considérablement d'une étude à l'autre, ce qui rend difficile la comparaison des résultats. De plus, la plupart des études sont observationnelles, ce qui signifie qu'elles ne peuvent pas établir de lien de causalité direct entre la consommation de café et la fertilité. Enfin, il est important de prendre en compte d'autres facteurs de confusion potentiels, tels que l'âge, le tabagisme, la consommation d'alcool et l'état de santé général des participants.

Autres facteurs influençant la fertilité et les traitements de FIV

Outre la consommation de café, d'autres facteurs peuvent influencer la fertilité et les résultats des traitements de FIV. Il est essentiel de prendre en compte ces facteurs pour optimiser les chances de conception.

Stress et bien-être émotionnel

Le stress n'affecte pas directement les résultats d'un traitement de FIV. Cependant, la détresse émotionnelle peut pousser certains patients à mettre prématurément fin au traitement. Il est donc important de gérer le stress et de maintenir un bien-être émotionnel optimal pendant le processus de FIV.

Activité physique

Un programme sportif intelligemment mené améliore les résultats d’un traitement de FIV. Il est particulièrement recommandé que la femme qui fournit les ovules effectue des exercices modérés. Toutefois, l’excès d’activité physique est corrélé à une diminution des taux de succès d’une FIV[3].

Consommation d'alcool

Ne buvez pas d’alcool si vous projetez de tomber enceinte. Une étude portant sur 2574 couples et intitulée « La consommation d’alcool pendant une FIV » montre que les femmes qui consomment plus de quatre verres d’alcool par semaine ont 16 % de chances en moins d’obtenir une naissance vivante que les femmes qui boivent moins[4]. Chez les hommes, boire du vin blanc une fois par semaine augmente le risque d’anomalies chez les spermatozoïdes de 43 %.

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Tabagisme

Un rapport portant sur toutes les cliniques FIV de Hollande étudie les habitudes de consommation de la cigarette de 8457 femmes. Voici les conclusions : « Notre étude a démontré qu’au-delà d’une cigarette par jour pendant un an, les effets du tabac diminuent les chances d’une femme de donner naissance à un enfant vivant de 28 %. Le rapport poursuit : « C’est le tabac qui a le plus d’impact chez les femmes souffrant d’infertilité inexpliquée. Chez ces patientes, 20,7 % des non-fumeuses ont accouché d’un enfant vivant, contre 13,4 % pour les fumeuses.

Contraception et fertilité future

Les contraceptives oraux sont utilisés par au moins le 35 % de femmes en âge procréative. Il s’agit de la deuxième méthode contraceptive plus utilisée, après le préservative. Il y a beaucoup de faux mythes sur les contraceptives oraux et nous allons aborder leur rapport avec la fertilité, après avoir fini leur utilisation. Le niveau de l’hormone antimüllérienne (AMH) chez les patientes qui utilisent un certain type de contraception hormonale s’est avérée inférieure de 19 % à ce qui serait attendu selon leur âge (2). Normalement, nous utilisons l’AMH comme paramètre pour « mesurer » la réserve ovarienne, donc nous pourrions penser que ce mythe est vrai, mais il a été démontré que la valeur du AMH revient à la normalité après l’arrêt de la prise de ce type de contraceptifs (3), indépendamment de la durée de leur utilisation. En outre, il a été constaté que la probabilité de grossesse après la prise de contraceptifs dans le passé est la même que celle des femmes qui ne les ont jamais pris (4).

Repos après un transfert embryonnaire

Beaucoup de patientes pensent que si elles se lèvent après l’ET l’embryon pourrait sortir de l’utérus, en plus, dans les années 80 il était conseillé de faire du repos à la maison pendant quelques jours, au cas où. En 2009, une étude a démontré par échographie que le mouvement du contenu utérin en millimètres, après avoir marché après un transfert, n’était pas différent de celui des patientes qui n’avaient pas bougé du lit (21). Après la constatation de nombreuses études qui arrivent aux mêmes conclusions, une revue de la littérature a été publiée récemment en trouvant le même taux de grossesse clinique et de nouveau-né vivant chez les patientes qui ne se reposaient pas par rapport à celles qui l’ont fait (22).

Recommandations

Bien qu'il n'y ait pas de consensus clair sur la quantité de caféine qui est sans danger pour la fertilité et les traitements de FIV, il est généralement recommandé aux femmes qui essaient de concevoir de limiter leur consommation de caféine. La plupart des spécialistes tombent d'accord sur le fait qu'une consommation modérée de caféine - moins de 300 mg par jour, soit environ 450 ml de café - n'interfère pas avec la fécondité féminine.

En se basant sur les études mentionnées ci-dessus, il pourrait être prudent de limiter la consommation de café à moins de cinq tasses par jour, voire de l'éviter complètement pendant les traitements de FIV. Il est également important de prendre en compte d'autres sources de caféine, telles que le thé, le cola et le chocolat.

En outre, il est essentiel d'adopter un mode de vie sain, comprenant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, une gestion du stress et l'abstention de tabac et d'alcool.

tags: #café #FIV #kesmodel

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