La santé cardiaque d'un nourrisson est une source de grande préoccupation pour les parents. Lorsqu'un médecin détecte un rythme cardiaque rapide, ou une anomalie cardiaque, cela peut susciter de vives inquiétudes. Cet article vise à explorer les causes potentielles d'un rythme cardiaque rapide chez un nourrisson de 2 mois, les méthodes de diagnostic, et les options de traitement disponibles. Il est important de souligner que, bien que certaines anomalies cardiaques puissent être graves, beaucoup ne nécessitent pas d'intervention et se résolvent avec le temps.
Souffle cardiaque : Symptôme courant mais pas toujours grave
Les parents sont souvent inquiets lorsque le médecin leur annonce avoir identifié un souffle au cœur en examinant bébé. Pourtant, dans une immense majorité, celui-ci est bénin. Les souffles cardiaques sont très fréquents au sein de la population pédiatrique. Mais ils peuvent en réalité être détectés à tout âge, chez les nourrissons comme chez les personnes âgées. Cette terminologie est toutefois trompeuse, le mot “souffle” pouvant à tort faire penser qu’il s’agit d’un problème lié à la respiration de l’enfant. Le terme utilisé en anglais “heart murmure”, littéralement “bruit au cœur”, est plus à propos. Lorsque le médecin pose le stéthoscope sur la poitrine de l’enfant, il entend les battements de son cœur. En présence d’un souffle, il entend un bruit supplémentaire à l’auscultation. « Il ne s’agit pas d’une maladie mais d’un symptôme. Dire qu’un enfant a un souffle au cœur n’est pas un diagnostic. », explique la spécialiste. Certains facteurs anatomiques typiques chez l’enfant expliquent que l’on entende plus facilement des bruits supplémentaires chez le bébé et l’enfant. « Leur cage thoracique est plus étroite, leur cœur bat plus vite. Lorsque le sang passe dans les structures cardiaques, il y a facilement un effet de résonance. Les phénomènes de circulation qu’on entend sont amplifiés. », explique le Dr Laux. Lorsqu’un souffle est détecté chez un bébé, il est recommandé de réaliser un examen d’exploration par une échocardiographie pour déterminer son origine.
Les causes possibles d'un rythme cardiaque rapide
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à un rythme cardiaque rapide (tachycardie) chez un nourrisson de 2 mois. Il est essentiel de comprendre que la fréquence cardiaque normale d'un nourrisson est plus élevée que celle d'un adulte. Cependant, un rythme excessivement rapide peut indiquer un problème sous-jacent.
Souffles innocents (fonctionnels)
La découverte d'un souffle à la naissance, ou chez l'enfant plus âgé, ne signifie pas obligatoirement qu'il existe une authentique anomalie cardiaque. Il existe des souffles dits "fonctionnels", aussi appelés « souffles innocents » (très fréquents). Ils peuvent apparaître pendant la croissance ou dans des situations où le cœur s’accélère (fièvre, effort, nervosité, anémie…). Dans ces situations, le cœur de l’enfant fonctionne normalement et les souffles disparaissent en grandissant.
Arythmie respiratoire
La cause la plus fréquente de battement cardiaque irrégulier chez l’enfant est l’arythmie respiratoire. Il s’agit d’une particularité normale du fonctionnement cardiaque de l’enfant se traduisant par une accélération de la fréquence cardiaque à l’inspiration et un ralentissement à l’expiration.
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Malformations cardiaques congénitales
Diagnostiquées au cours de la grossesse, à la naissance ou pendant la croissance de l’enfant, les maladies cardiovasculaires liées à une malformation congénitale ou à des troubles du rythme cardiaque sont de gravité variable selon les cas. Décelées in utero ou à la naissance, les anomalies cardiaques ne sont pas rares et touchent 7 à 8 enfants pour 1000 naissances, selon les chiffres de la Fédération française de cardiologie. « Elles peuvent consister en des communications anormales entre les différentes cavités du cœur, une absence totale de cloison, un rétrecissement des gros vaisseaux ou d'une valve cardiaque (qui ne laisse pas passer le sang), un ventricule unique, de mauvaises connexions entre le cœur et les veines ou artères, etc. Elles sont le plus souvent détectées lors de la grossesse grâce aux échographies ou à la naissance grâce à l’échocardiographie et au doppler. La gravité et la complexité de ces affections est très variable. Certaines sont traitées par administration de médicaments, d’autres nécessitent une chirurgie.
Communication interventriculaire (CIV)
« Il s’agit d’un défaut structurel du cœur caractérisé par la présence d’un trou entre les deux chambres cardiaques que l’on appelle les ventricules. La séparation n’est pas complète. », explique la cardiopédiatre. « Cela explique donc qu’on entende un souffle quand le sang passe d’un côté à l’autre. », ajoute-t-elle. Dans une grande majorité des cas, le pronostic des communications interventriculaires est favorable avec le temps, dans un délai variable pendant la petite enfance. « L’enfant grandit, grossit, et le trou se colmate tout simplement sans opération. », observe le Dr Laux. Si la communication interventriculaire est large, on sait assez rapidement que cela ne se fermera seul et on opère habituellement entre 3 à 6 mois de vie.
Sténose pulmonaire
Il s’agit d’une autre anomalie organique chez les bébés qui touche cette fois l’artère qui va du cœur vers le poumon. « La valve pulmonaire est plus épaisse et a du mal à s’ouvrir correctement. Quand le sang passe pour aller vers le poumon, il y a une turbulence qui crée un bruit qui correspond au souffle entendu au stéthoscope. », explique le Dr Laux. Là encore l’évolution est souvent favorable avec la croissance. En revanche pour la sténose pulmonaire, le traitement par cathéter est réalisé en première intention à tout âge si la sténose devient très serrée.
Ouverture entre les oreillettes (CIA)
Enfin, si le souffle est lié à une ouverture entre les oreillettes (CIA), celle-ci peut dans une très grande majorité des cas être fermée par cathétérisme. Si la fermeture chirurgicale est nécessaire, il s’agit d’une opération courante avec un risque de complication extrêmement faible.
Autres malformations
D'autres malformations existent, telles qu’un rétrécissement au niveau de la valve pulmonaire. La tétralogie de Fallot associe un rétrécissement pulmonaire à une communication interventriculaire. "En réalité, il existe beaucoup d’autres types de malformations cardiaques donnant un souffle cardiaque. À savoir : aujourd'hui, grâce au dépistage néonatal, la plupart des anomalies sérieuses sont détectées pendant la grossesse et ne sont pas une surprise.
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Facteurs non cardiaques
Outre les problèmes cardiaques, d'autres facteurs peuvent influencer le rythme cardiaque d'un nourrisson, notamment :
- Fièvre: Une température corporelle élevée peut accélérer le rythme cardiaque.
- Déshydratation: Un manque de liquides peut affecter la fonction cardiaque.
- Anémie: Un faible taux de globules rouges peut entraîner une augmentation du rythme cardiaque pour compenser le manque d'oxygène.
- Stress ou agitation: Les nourrissons peuvent avoir un rythme cardiaque plus rapide lorsqu'ils sont anxieux ou agités.
Symptômes associés à un rythme cardiaque rapide
Un rythme cardiaque rapide chez un nourrisson peut s'accompagner d'autres symptômes, qui peuvent aider à identifier la cause sous-jacente. Ces symptômes peuvent inclure :
- Difficultés alimentaires: Un nourrisson qui a du mal à s'alimenter ou qui se fatigue rapidement pendant l'alimentation peut avoir un problème cardiaque.
- Mauvaise prise de poids: Une stagnation pondérale est un signe que l’on retrouve dans beaucoup de maladies (infections, maladies chroniques digestives, rénales, métaboliques ou génétiques).
- Respiration rapide ou essoufflement: Une respiration rapide ou difficile peut indiquer que le cœur ne pompe pas efficacement le sang.
- Cyanose: Une coloration bleutée de la peau, des lèvres ou des ongles peut indiquer un manque d'oxygène dans le sang.
- Transpiration excessive: Une transpiration excessive, surtout pendant l'alimentation, peut être un signe de problème cardiaque.
Diagnostic d'un rythme cardiaque rapide
Lorsqu'un médecin détecte un rythme cardiaque rapide chez un nourrisson, il effectuera un examen physique complet et posera des questions sur les antécédents médicaux de l'enfant. Des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour déterminer la cause du rythme cardiaque rapide.
Auscultation
Muni de son stéthoscope, le pédiatre va avant tout écouter le flux sanguin dans le cœur via la poitrine de l'enfant, les bruits des valves, et éventuellement le souffle, son intensité, sa localisation… Pour déterminer son origine et son impact.
Échocardiographie
« Elles sont le plus souvent détectées lors de la grossesse grâce aux échographies ou à la naissance grâce à l’échocardiographie et au doppler. Lorsqu’un souffle est détecté chez un bébé, il est recommandé de réaliser un examen d’exploration par une échocardiographie pour déterminer son origine. « Chez l’adulte en revanche, en l’absence de symptômes associés (essoufflement à l’effort, douleur à la poitrine etc.), un examen supplémentaire n’est pas toujours prescrit. », précise le Dr Laux. A l’échographie cardiaque, le médecin regarde la structure du cœur et la manière dont il fonctionne. « L’examen peut permettre de diagnostiquer une anomalie anatomique ou des anomalies fonctionnelles. Il arrive par exemple, même si cela n’est pas fréquent chez l’enfant, que les valves ou le muscle cardiaque dysfonctionnent. », explique la cardiopédiatre. En cas d'anomalie, une échographie cardiaque est prévue dès le premier mois.
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Électrocardiogramme (ECG)
Un ECG enregistre l'activité électrique du cœur et peut aider à identifier les arythmies ou d'autres problèmes cardiaques.
Radiographie pulmonaire
Une radiographie pulmonaire peut aider à évaluer la taille du cœur et à détecter d'autres problèmes pulmonaires qui pourraient contribuer au rythme cardiaque rapide.
Analyses sanguines
Des analyses sanguines peuvent être effectuées pour vérifier la présence d'une infection, d'une anémie ou d'autres problèmes médicaux qui pourraient affecter le rythme cardiaque.
Traitement d'un rythme cardiaque rapide
Le traitement d'un rythme cardiaque rapide chez un nourrisson dépend de la cause sous-jacente. Dans de nombreux cas, aucun traitement n'est nécessaire. Si un traitement est nécessaire, il peut inclure :
- Médicaments: Des médicaments peuvent être utilisés pour ralentir le rythme cardiaque ou pour traiter d'autres problèmes cardiaques.
- Chirurgie: Dans certains cas, une chirurgie peut être nécessaire pour corriger une malformation cardiaque. « Quel que soit le type d’intervention, l’enfant ira habituellement très bien après sans nécessité de traitement médical au long cours. En cas d’intervention cardiaque, l’enfant a par contre besoin d’un suivi spécialisé par un cardiopédiatre tout au long de sa vie.
- Cathétérisme: En revanche pour la sténose pulmonaire, le traitement par cathéter est réalisé en première intention à tout âge si la sténose devient très serrée. Enfin, si le souffle est lié à une ouverture entre les oreillettes (CIA), celle-ci peut dans une très grande majorité des cas être fermée par cathétérisme.
Pronostic
Le pronostic d'un nourrisson avec un rythme cardiaque rapide dépend de la cause sous-jacente. De nombreux nourrissons atteints de souffles cardiaques innocents n'ont pas besoin de traitement et mènent une vie normale. Les nourrissons atteints de malformations cardiaques peuvent nécessiter une intervention chirurgicale ou d'autres traitements, mais beaucoup peuvent mener une vie saine et active.
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