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L'Exploitation Maternelle : Définition et Rôle des Rituels à l'École Maternelle

L'école maternelle représente la première étape du parcours scolaire pour les enfants dès l'âge de 3 ans. Elle constitue un espace de socialisation, de construction de l’autonomie et d’apprentissage. L'école maternelle est une étape essentielle du parcours des élèves pour garantir leur réussite scolaire. Sa mission principale est de donner envie aux enfants d'aller à l'école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité. C'est une école où les enfants vont apprendre ensemble et vivre ensemble. L’école maternelle joue un rôle majeur dans la réduction des inégalités sociales et scolaires. En offrant un accès à des apprentissages de qualité dès le plus jeune âge, elle permet à tous les enfants, quel que soit leur milieu d’origine, de bénéficier des mêmes chances de réussite. La scolarisation d’un enfant de moins de trois ans constitue un moyen efficace de favoriser sa réussite scolaire.

Le Cycle des Apprentissages Premiers

L’école maternelle n’est pas un mode de garde mais un lieu d’apprentissage scolaire qui s’adapte à l’âge des enfants. Elle accueille les enfants en ouvrant les portes de la classe aux parents. Elle aide les jeunes élèves à franchir les grandes étapes de la petite enfance en tenant compte de leur développement individuel et favorise l’apprentissage intuitif et ludique. Les connaissances et les compétences de l’élève s’acquièrent sur plusieurs années scolaires. On parle de cycle pour désigner ces périodes d’apprentissage. La maternelle constitue le cycle des apprentissages premiers (cycle 1). Il regroupe les trois premières années de la scolarité obligatoire : la petite section, la moyenne section et la grande section. Une école maternelle comprend uniquement des classes de maternelle, de la petite à la grande section.

Acteurs et Organisation de l'École Maternelle

L’article 11 de la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance instaure l’instruction obligatoire pour les enfants de 3 à 5 ans. Les directeurs d'école exercent des responsabilités administratives et pédagogiques, et représentent l'institution auprès de la commune et des parents d'élèves. Les inspecteurs de l'Éducation nationale ont la responsabilité d'une circonscription sous l'autorité du directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN). Les agents territoriaux spécialisés (Atsem) assistent les professeurs et encadrent les enfants pendant le temps scolaire et certains temps périscolaires, comme la cantine, la garderie, le goûter ou les ateliers périscolaires. En maternelle, ce personnel veille aux soins corporels et à l’hygiène des enfants. Le statut des Atsem est défini par le décret n°92-850 du 28 août 1992, modifié en 2018 (décret 2018-152 du 1er mars 2018). Les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles appartiennent à la communauté éducative. Ils peuvent participer à la mise en oeuvre des activités pédagogiques prévues par les enseignants et sous la responsabilité de ces derniers. En outre, ils peuvent être chargés de la surveillance des enfants des classes maternelles ou enfantines dans les lieux de restauration scolaire. Les parents sont des membres à part entière de la communauté éducative, et l'enseignant de la classe assure le dialogue avec eux sur la situation de leur enfant. Le conseil d'école est composé du directeur et des enseignants affectés à l'école. Il se réunit au moins une fois par trimestre, vote le règlement intérieur de l'école, établit l'organisation pédagogique de la semaine scolaire, et donne des avis et des suggestions sur les questions intéressant la vie de l'école.

Définition et Fonctions des Rituels à l'École Maternelle

Les rituels semblent un incontournable de l’activité en école maternelle. Les rituels sont des séquences de comportements attendues dans des contextes spécifiques. Ils marquent l’appartenance au groupe et la place de l’individu dans celui-ci. Ces temps sont assortis d’attentes en termes d’interactions, de postures et même de style vestimentaire dans certains cas. Ils constituent pour les nouveaux venus dans un groupe le canevas sur lequel s’appuyer pour identifier et construire sa place : ils leur permettent de comprendre ce qui est autorisé, interdit ou attendu. Leur répétition sert de terrain pour l’apprentissage des attentes, des valeurs et des codes en usage.

À l’école maternelle, l’enfant va, grâce à ces rituels, identifier les lieux et les temps d’activité, les statuts et rôles de chacun (adultes et autres enfants). Au-delà de cette fonction de repérage, les rituels sont des temps transitionnels qui vont permettre à l’enfant d’élaborer son individualité, de se sécuriser mais également d’explorer son environnement.

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Si certains auteurs établissent une distinction entre « rites » et « rituels », dans le langage courant les deux termes sont souvent confondus. En ce qui concerne l’école maternelle, le terme de rituel semble davantage correspondre aux activités proposées sous ce même nom aux élèves. De façon générale, les rituels sont considérés comme des séquences de comportements qui ont une double fonction symbolique : ils indiquent des temps spécifiques dans le parcours de vie des individus et ils signent l’appartenance de l’individu au groupe et aux valeurs qui fondent celui-ci.

Par l’adhésion aux signes du rituel, l’individu affirme à la fois sa place dans le groupe et son identité en tant que membre de celui-ci. Ainsi, en revêtant un costume particulier, en prononçant une série de paroles définies par les institutions, en adoptant un comportement de respect à l’égard des représentants desdites institutions, les nouveaux mariés marquent leur affiliation à un groupe social et culturel dont ils reproduisent les codes. Par là même ils participent à la pérennisation de ceux-ci.

Les modes et l’évolution de la société font évoluer la forme des rites sans que ceux-ci ne perdent de leur fonction symbolique.

Selon Bourdieu, le rituel est « un acte d’institution lui-même acte de communication mais d’une espèce particulière : il signifie à quelqu’un son identité, mais au sens à la fois où il la lui exprime et la lui impose en l’exprimant à la face de tous […] et en lui notifiant avec autorité ce qu’il est et a à être ».

Goffman définissait les rituels comme une sémantique et une syntaxe des comportements qui sont définis et appris par transmission des règles sociales. Ces comportements ont alors valeur de communication puisqu’ils indiquent comment se conduire dans certains temps et lieux, comment interagir avec chacun des protagonistes, selon la place de chacun d’entre eux, et quelle attitude adopter. Ils ont une fonction de repérage dans l’espace social : ils permettent d’identifier les situations et d’y agir en concordance avec les attentes.

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À l’école maternelle, l’enseignant va, au travers des rituels, instituer un temps au cours duquel chacun des enfants pourra construire sa place en tant qu’élève, au-delà des différences de genre et de culture, dans un système dont il apprend les codes et les valeurs.

Exemples de Rituels à l'École Maternelle

À l’école maternelle, l’enseignant va, au travers des rituels, instituer un temps au cours duquel chacun des enfants pourra construire sa place en tant qu’élève, au-delà des différences de genre et de culture.

Lorsqu’il entre à l’école maternelle, l’enfant accède à un nouveau statut : il devient un élève dans une institution qui possède ses propres codes, des valeurs spécifiques, qui privilégie certaines façons de se comporter vis-à-vis des adultes, à l’égard des pairs, qui contraint les déplacements, etc.

Ce sont ces temps intermédiaires, qui font le lien d’abord entre l’espace personnel de vie et l’espace social d’apprentissage qui vont permettre à l’enfant d’intégrer ces nouveaux éléments : lors de l’accueil, un espace-relais est mis en place entre les adultes du cercle familial et ceux qui le prennent en charge à l’école. Puis l’enfant marque son entrée dans la classe en laissant son manteau ou ses affaires dans le couloir. Une fois dans la classe, il déplace son étiquette-prénom d’un lieu neutre à un tableau qui symbolise le groupe-classe et qui permet d’identifier les présents et les absents (qui seront nommés à part). Après avoir accueilli tous les élèves, l’enseignant procède à ce que l’on nomme communément les rituels du matin : appel, dénombrement des présents et éventuellement des absents, identification de la date. Ces activités sont souvent suivies de comptines et/ou jeux de doigts, récités en chœur.

Ainsi la place de chacun est identifiée (« présent ! »), ce qui rassemble est indiqué (apprendre la date, la comptine numérique en essayant chaque jour d’aller plus loin), ce qui est attendu est spécifié et référé à un type particulier d’activité (attendre son tour pour parler ou chanter en même temps que les autres). Le rôle d’élève devient chaque jour plus lisible en même temps que la fonction de l’adulte-enseignant (régulateur, initiateur des activités) se différencie de celle de l’adulte familier.

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Ces rituels ont une fonction de repérage car ils permettent d’identifier les statuts et les rôles de chacun. Il s’agit d’un apprentissage à partir duquel vont pouvoir se construire les interactions, les attentes, les demandes. En réduisant la marge d’incertitude, ils permettent à l’enfant de mieux se situer dans ce nouveau contexte et d’y trouver une place qui correspondra à un compromis entre ses particularités et le cadre défini par l’enseignant. L’élève apprend à se discipliner pour répondre aux attentes de l’enseignant mais peut, dans le même temps, construire son individualité en la confrontant aux limites tolérées par l’adulte (voire les adultes) de la classe et en observant ce qui se passe pour ses camarades.

D’autres activités peuvent également être ritualisées dans le sens où à partir d’une base identifiée, l’enseignant peut développer des apprentissages en enrichissant et/ou diversifiant les supports, les attentes… Dans tous les cas, il ne s’agit pas de répéter l’activité mais de déployer celle-ci en permettant aux élèves d’élargir le spectre des possibles.

Fonctions des Rituels dans le Développement de l’Enfant

Pour les jeunes élèves, les transitions entre leurs différents temps de vie sont des moments privilégiés de construction de leur identité. D. Winnicott est le premier à travailler la notion d’espace transitionnel : un temps de retrait dans son monde intérieur où l’on peut être soi et imaginer (donc créer) un nouveau mode de rapport au monde. Il s’agit dans un premier temps de se retrouver, de se recentrer, afin de pouvoir, dans un second temps, se projeter, se décentrer. Le sujet peut par exemple se laisser aller à la rêverie et s’imaginer dans différentes situations qui lui permettront d’explorer d’autres rôles, d’autres interactions sociales. Dans ces scènes imaginaires, il est souvent le principal acteur (« on dirait que je serais…). Il s’appuie sur ce qu’il sait de lui-même (les qualités que lui reconnaissent les adultes familiers), dépasse ce qui lui est parfois reproché, cherche des éléments pour comprendre les problématiques qui traversent son existence. À dessein, D. Winnicott parlait d’« espace potentiel », c’est-à-dire un « lieu de repos pour l’individu engagé dans cette tâche humaine interminable qui consiste à maintenir, à la fois séparées et reliées l’une à l’autre, réalité intérieure et réalité extérieure ». Ainsi, petit à petit, la réalité, parfois douloureuse, est intégrée à l’existence, à la perception de soi dans le monde.

« Cette aire intermédiaire d’expérience, qui n’est pas mise en question quant à son appartenance à la réalité intérieure ou extérieure (partagée), constitue la plus grande partie du vécu du petit enfant. Elle subsistera tout au long de la vie, dans le mode d’expérimentation interne qui caractérise les arts, la religion, la vie imaginaire et le travail scientifique créatif ».

Les activités ritualisées semblent permettre de soutenir la construction de ces espaces. En effet, en s’appuyant sur du familier (connaissance des premiers mots de la comptine reprise en chœur), l’enfant peut, sans trop de crainte, accepter d’aller vers de l’inconnu (les autres termes de la comptine, une autre comptine…). Il accepte plus facilement de s’aventurer vers les objets de connaissance extérieurs à son monde lorsqu’il peut s’appuyer au départ sur des éléments déjà intégrés. C’est ce qui s’appelle grandir.

Pour cela, il faut que les activités ritualisées se constituent sur une base connue et qu’elles permettent l’accès à des éléments inconnus jusqu’alors. En ce sens, elles accompagnent le développement de l’enfant qui est toujours une recherche de stabilisation entre les mouvements de sécurisation et d’exploration.

Ainsi un rituel qui consisterait à répéter tous les jours la même comptine est un rituel qui va rapidement perdre de l’intérêt pour les élèves : en quelque sorte, il tourne à vide. La sécurisation, même pour les très jeunes enfants, n’a de sens que si elle s’inscrit dans un mouvement de décentration. L’enseignant, comme le parent, doit vouloir pour l’enfant qu’il acquière les connaissances (langagières, motrices, cognitives…) qui lui permettront de devenir autonome et de se détacher de son tuteur pour explorer seul.

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