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Le Shivering chez le Cheval : Symptômes, Diagnostic et Gestion

Le shivering, ou "maladie des tremblements", est une affection neuromusculaire énigmatique qui affecte les chevaux. Bien qu'elle soit reconnue depuis longtemps, ses causes exactes et ses mécanismes sous-jacents restent mal compris. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète du shivering, en abordant ses symptômes, son diagnostic, sa gestion et les perspectives actuelles de recherche.

Description et Prévalence

Le shivering est considéré comme relativement courant, avec des cas rapportés dans le monde entier chez des chevaux de tous âges et de toutes races. Curieusement, les poneys semblent être moins sensibles à cette affection. Le shivering se manifeste par des spasmes involontaires et intermittents, le plus souvent observés au niveau des membres postérieurs du cheval.

Symptômes

Les signes cliniques du shivering varient considérablement d'un cheval à l'autre, en fonction du degré d'atteinte. Cependant, certains schémas typiques émergent :

  • Spasmes lors de mouvements spécifiques : Les symptômes apparaissent généralement dans des situations précises, telles que le reculer, les virages serrés ou lors de la préhension du pied.
  • Absence de symptômes en mouvement : Fait notable, les symptômes disparaissent souvent lorsque le cheval est en mouvement.
  • Hyperflexion et abduction : Un signe classique est le soulèvement brusque d'un membre, qui reste bloqué en l'air en hyperflexion et abduction (le sabot est tourné vers l'extérieur).
  • Tremblements : Le membre affecté tremble avant de se reposer doucement au sol.
  • Atteinte variable : Bien que les membres postérieurs soient le plus souvent touchés, l'encolure et la face peuvent également être affectées dans de rares cas.
  • Démarche anormale : Certains chevaux peuvent présenter une démarche saccadée, ressemblant au mouvement de harper, en particulier lors des premiers pas.

Diagnostic

Le diagnostic du shivering peut être complexe, car les signes cliniques peuvent être intermittents et subtils, surtout au début de la maladie. De plus, les examens complémentaires habituels, tels que les bilans sanguins, les échographies musculaires et les électromyogrammes, ne donnent généralement pas de résultats concluants.

Le diagnostic repose principalement sur l'observation attentive des signes cliniques et l'exclusion d'autres affections potentielles. Le vétérinaire recherchera des signes d'hyperflexion de la jambe pendant l'effort et une éventuelle atrophie des muscles de la cuisse.

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Causes

À l'heure actuelle, la cause exacte du shivering chez le cheval reste indéterminée. Plusieurs hypothèses ont été avancées, notamment :

  • Facteurs génétiques : Une composante génétique ou héréditaire est suspectée, car certaines races (chevaux de trait, Warmbloods, Pur-sang, Quarter Horse et Morgans) et les grands chevaux semblent être plus prédisposés.
  • Lésions nerveuses : Des recherches ont suggéré que des lésions dans le cervelet (une partie du cerveau) pourraient être impliquées.

Gestion et Traitement

Malheureusement, il n'existe actuellement aucun moyen de guérir le shivering. La gestion de la maladie vise donc principalement à atténuer les symptômes et à améliorer la qualité de vie du cheval. Les stratégies suivantes peuvent être utiles :

  • Conditions de vie adaptées :
    • Exercice régulier : Assurer des sorties quotidiennes régulières, de préférence longues, et éviter l'inactivité. La mise au pré permanente peut être recommandée, couplée à un travail d'entretien régulier. L'immobilité aggrave le Shivering. L’exercice est très bon pour un cheval atteint.
    • Gestion du stress : Éviter au maximum les situations de stress, notamment lorsqu'il est associé à l'enfermement comme lors d'un transport. En effet, si un cheval est réprimandé car il n’arrive pas à donner ses pieds, les signes ne vont faire qu’augmenter.
    • Protection contre le froid : La mise en place de couvertures pour le pré en hiver est fortement conseillée, le froid étant source d'aggravation des symptômes. La nuit au box pour éviter le froid (au moins l’hiver) et la journée au pré pour favoriser le mouvement. Couvrir son cheval l’hiver avec une couverture et éviter les douches froides.
  • Maréchalerie : Faire appel à un maréchal-ferrant patient et doux, familiarisé avec le shivering. Le propriétaire ou le cavalier peut être présent lors de la ferrure pour aider à détendre le cheval. Les maréchaux ferrant connaissent bien cette maladie et ont souvent l’habitude de ferrer des chevaux atteints de Shivering. Pour pouvoir tenir le pied longtemps et travailler dessus, le pied doit rester immobile ainsi que la personne qui le tient.
  • Travail adapté : Un travail régulier et adapté est bénéfique pour le cheval. Au pas, vous pouvez bouger les hanches à droite, à gauche, incurver, faire des cercles…etc le but étant de l’assouplir et de le détendre au maximum mais de façon très progressive. Certaines thèses sur la maladie parlent d’éviter le travail sur 2 pistes ou encore le reculer.
  • Alimentation : Certains préconisent un régime riche en graisses et pauvre en amidon, bien que les preuves scientifiques soient limitées.
  • Ostéopathie : L’ostéopathe peut aider à mobiliser et assouplir le cheval, en particulier lors des premières minutes de détente.

Il est crucial d'écouter son cheval et d'adapter l'approche en fonction de ses besoins individuels et de sa tolérance.

Pronostic

Le pronostic du shivering est variable et dépend de l'intensité des signes, de leur évolution et de la tolérance de chaque animal. Dans de nombreux cas, les symptômes sont stables et n'évoluent pas ou très peu, ce qui permet au cheval de maintenir une activité sportive normale pendant de nombreuses années. Cependant, dans les cas plus graves, on peut observer une amyotrophie progressive de l'arrière-main, une perte de puissance et une baisse de performance. Le cheval peut même devenir impossible à ferrer.

Chaque cas est à prendre dans son ensemble car l’évolution et le pronostic sont extrêmement dépendants de l’animal et de ses possibilités à supporter les signes cliniques associés.

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Perspectives

La recherche sur le shivering est limitée, mais des études sont en cours pour mieux comprendre les causes et les mécanismes de cette affection. L'identification des facteurs génétiques et des lésions nerveuses potentielles pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de diagnostic et de traitement.

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